Caroline Fourest

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Caroline Fourest
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Caroline Fourest en , lors de la fête organisée par l'Inter-LGBT pour fêter l'adoption de la loi autorisant le mariage homosexuel en France.

Nom de naissance Caroline Guillemot
Naissance (41 ans)
Aix-en-Provence
(Bouches-du-Rhône)
Nationalité Drapeau : France Française
Activité principale

Caroline Fourest, née le [1] à Aix-en-Provence, est une journaliste, essayiste et réalisatrice française.

Figure intellectuelle médiatique depuis les années 2000, « polémiste redoutable et très controversée »[2], elle milite pour le féminisme, les droits des homosexuels et la laïcité et s'engage dans la lutte contre les intégrismes religieux catholiques, juifs et musulmans, l'antisémitisme et les extrémismes politiques.

Elle est également rédactrice en chef de la revue ProChoix. Elle est la compagne de Fiammetta Venner, avec qui elle a cosigné de nombreux textes[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, adolescence[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest est née Caroline Guillemot[4] d'un père marchand de vin, et d'une mère antiquaire dont elle porte le « nom de jeune fille ». Elle a « grandi dans la bonne bourgeoisie provinciale »[5].

Études[modifier | modifier le code]

Après avoir étudié à Aix-en-Provence dans un collège privé catholique[5], Caroline Fourest s'installe à Paris avec sa mère à l'âge de 14 ans[5] après le divorce de ses parents. Elle découvre durant l'adolescence son homosexualité, ainsi qu'une conscience politique qui l'amène « à militer pour les droits des minorités ».

Diplômée en histoire et en sociologie de l'EHESS, elle est également titulaire d'un DESS de communication politique et sociale, obtenu à la Sorbonne. Elle y a étudié la communication de crise (réactions aux boycotts et aux rumeurs), à laquelle elle a consacré un livre, Face au boycott[6].

Journalisme et engagement[modifier | modifier le code]

Années 1991-2000[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest débute dans le journalisme en 1994 par un stage à France 3. De 1995 à 1997, elle est journaliste au magazine Transfac, trimestriel distribué gratuitement aux étudiants, pour lequel travaille également Fiammetta Venner. Renvoyées car considérées comme trop militantes, les deux femmes se spécialisent sur « l’extrême droite catholique ». Caroline Fourest devient pigiste dans ce domaine à L'Événement du jeudi, puis au magazine à destination de la communauté gay Têtu et au magazine catholique de gauche Golias de 1996 à 2000.

En 1997, elle fonde la revue ProChoix avec Fiammetta Venner et Moruni Turlot. Éditée par l'association du même nom, cette revue s'est donné pour objet de « défendre les libertés individuelles contre toute idéologie dogmatique, liberticide, essentialiste, raciste ou intégriste. » Ses thèmes de prédilection sont la protection de la laïcité, les droits des femmes et des homosexuels[7]. Le nom ProChoix vient de l'anglais prochoice utilisé par les mouvements en faveur du droit à l'interruption volontaire de grossesse. La revue ne se limite cependant pas à la question de l'avortement.

En 1998, elle coécrit, avec Fiammetta Venner, Le Guide des sponsors du FN. Utilisant de nombreuses sources écrites (publications proches du Front national, documents officiels), le livre dresse la liste de nombreuses entreprises ayant financé ce parti. Il remet également en cause certaines enquêtes précédentes, par exemple concernant le boulanger Lionel Poilâne[8].

En 1999, elle publie, à nouveau avec Fiammetta Venner, Les Anti-PACS ou la dernière croisade homophobe, une enquête sur les mouvements anti-PaCS, leurs liens avec la droite catholique radicale, et Christine Boutin. En annexe, l'association ProChoix rend publique la liste des maires ayant signé la pétition contre le PaCS. Il s'avère que plus de 15 000 maires de France l'ont signée (soit 41 %), mais qu'elle n'a jamais été publiée. Cette pétition a directement conduit à ce que les PaCS ne soient pas signés en mairie (au même titre que le sont les mariages et les déclarations de concubinage)[9].

Elle préside le Centre gay et lesbien de Paris de mai 1999 à mars 2000 pendant le débat sur le PaCS.

En 2000, elle publie un livre aux éditions Golias, Foi contre choix : la droite religieuse et le mouvement pro-life, qui étudie la montée en puissance et l'inspiration « pro-vie » ou anti-avortement d'organisations chrétiennes et de leurs alliés du Parti républicain, actifs dans l'entourage de George W. Bush.

Années 2001-2010[modifier | modifier le code]

En 2003, elle coécrit Tirs croisés avec Fiammetta Venner[10] sur la « laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman ». Le livre ne porte pas sur la religion en tant que telle mais plutôt sur l'« intégrisme », que les auteurs définissent en introduction comme « l'emprise autoritaire, nécessairement politique, qu'exercent certains groupes sur la vie en société au nom de la religion »[11]. Le livre conclut que si l'intégrisme musulman est bien le plus virulent des trois intégrismes, « ce surcroît de nocivité n'a rien à voir avec la religion mais avec l'instrumentalisation de la religion »[12]. En l'occurrence, selon les auteurs, le phénomène serait dû au fait qu'un nombre élevé de pays à majorité musulmane ne sont pas réellement sécularisés[13].

Caroline Fourest en 2011 à l'Université de la Terre.

Elle dénonce régulièrement l'extrême droite et l'intégrisme chrétien, qui comptent parmi ses principaux objets d'étude[14],[15]. Dans les années 2000, elle oriente également ses travaux sur l'intégrisme musulman : dans ce cadre, elle publie les livres Tirs croisés, la laïcité à l’épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman (2003)[15], Frère Tariq (2004) et La Tentation obscurantiste (2005). Dans ce dernier ouvrage, elle accuse une partie de la gauche de s'être rapprochée de la mouvance islamiste. Elle considère à ce titre qu'« il existe aujourd'hui, à gauche, de nouveaux « compagnons de route » pour trouver séduisante la dictature de la charia comme jadis la dictature du prolétariat »[16].

Dans Frère Tariq, Caroline Fourest se livre à une analyse des écrits et des propos de Tariq Ramadan, et conclut que ce dernier tient un « double discours », relativement libéral lorsqu'il s'exprime dans les médias et fondamentaliste et réactionnaire quand il s'exprime devant ses partisans musulmans. Tariq Ramadan affirme qu'elle multiplie les approximations, les erreurs historiques et les mensonges, tandis que d'autres vantent sa rigueur, lui attribuant d'avoir été la première à analyser toutes ses déclarations. L'ouvrage est salué par Bernard-Henri Lévy[17]. Catherine Coroller de Libération est moins laudative comparant l'essai aux « charges qui, par leur violence et leur parti pris, affaiblissent le propos de leurs auteurs »[18]. En 2008, Frère Tariq est édité aux États-Unis par la maison d'édition de David Horowitz, « Encounter Books », sous le titre « Brother Tariq. The doublespeak of Tariq Ramadan »[19]. En Angleterre le livre est édité par « Social Affairs Unit »[20].

En 2005, elle obtient avec Fiammetta Venner le prix national de la laïcité, remis par le Comité Laïcité République, une association présidée par l'ancien Grand-Maître du Grand Orient de France Patrick Kessel[21], les récompensant « pour leurs actions contre tous les fondamentalismes religieux et leurs avatars liberticides, ainsi que pour leur engagement face à l’extrême-droite. »

La Tentation obscurantiste obtient le prix du livre politique 2006 de l'Assemblée nationale[22] au premier tour de scrutin, par 80 % des membres du jury composé de journalistes. Le livre pose cette question : « la complaisance voire la fascination pour l'islamisme — une idéologie réactionnaire, intégriste et totalitaire — a-t-elle sa place à gauche ? » Les deux précédents livres de Caroline Fourest, Tirs croisés (coécrit avec Fiammetta Venner) et Frère Tariq étaient finalistes les années précédentes.

Elle continue par ailleurs à étudier l'intégrisme chrétien, notamment dans ses articles de Charlie Hebdo.

En 2007, Caroline Fourest publie un livre intitulé Le Choc des préjugés, dans lequel elle dénonce « l'impasse des postures sécuritaires et victimaires[23] ». La même année, elle prend position contre la loi Hortefeux et l'amendement Mariani sur l’immigration autorisant le recours aux tests ADN et aux statistiques ethniques[24],[25].

En septembre 2009, Caroline Fourest et Fiammetta Venner quittent la rédaction de Charlie Hebdo ; « l’audace se cherche ailleurs »[26], expliquent-elles alors.

Elle est chroniqueuse dans l'édition du samedi du journal Le Monde de 2007 à [27] et pour les radios France Culture[28] et France Inter[29]. Elle anime ensuite, en 2012, 2013 et 2014, la chronique de France Inter Ils changent le monde[30]. Elle participe également, en tant que chroniqueuse, à l'émission de télévision Semaine critique ! (France 2) de septembre 2010 à juin 2011.

Caroline Fourest cosigne avec Antoine Sfeir plusieurs textes dénonçant le « péril islamiste » et elle accuse Reporters sans frontières de soutenir des journalistes tunisiens « de tendance islamiste », « au nom d’une liberté de la presse qui ne devrait connaître aucune frontière, pas même celle de l’incitation à la haine »[31],[32].

Depuis 2011[modifier | modifier le code]

En janvier 2012, Caroline Fourest prend position contre la circulaire Guéant menaçant d'expulsion les étudiants étrangers[33], et elle parraine un de ces étudiants[34].

Elle participe à la création en mars 2012 du Collectif Roosevelt avec l'aide de Stéphane Hessel, Edgar Morin et de nombreux intellectuels et personnalités publiques de la société civile et politique. Ce collectif présente 15 propositions pour éviter un effondrement économique, élaborer une nouvelle société et lutter contre le chômage endémique et créer une Europe démocratique[35].

Fin 2012, elle prépare pour France 2 un documentaire sur les militantes féministes ukrainiennes Femen. Filmant une action militante non autorisée[36] contre une manifestation autorisée de l'Institut Civitas opposée au projet de légalisation du mariage et de l'adoption pour des couples de même sexe, elle a été prise à partie et insultée[37] par des participants au défilé, et affirme avoir été tabassée[38]. À la suite de la plainte qu'elle a déposée, quatre individus ont été placés en garde à vue[39]. L'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), proche de l’extrême-droite, porte également plainte contre les Femen pour « violences aggravées, en réunion, en préméditation, sur mineur de moins de 15 ans, avec armes, et en raison de l’appartenance des manifestants à la religion catholique et injures en raison de l’appartenance des manifestants à la religion catholique », et contre Caroline Fourest pour « complicité de violences aggravées »[40].

Depuis fin 2016, Caroline Fourest écrit une chronique intitulée « Sans détour » dans l'hebdomadaire Marianne[41].

Engagements[modifier | modifier le code]

Sur l'intégrisme religieux[modifier | modifier le code]

Dans son livre consacré à Tariq Ramadan, Caroline Fourest affirme que « [le] message [de ce dernier] vise moins à faire connaître l’islam qu’à rendre plus acceptable l’islamisme. » Elle lui reproche de chercher « des journalistes suffisamment naïfs ou complices pour devenir les relais de [sa] propagande. »

Elle affirme également qu'il a fait interdire la pièce Le Fanatisme ou Mahomet le Prophète de Voltaire, en 1993. Tariq Ramadan a répondu à cette accusation, la qualifiant de « mensonge éhonté »[42]. Caroline Fourest a confirmé ses informations et parle de « mauvaise foi, (…) de mensonges et de campagnes diffamatoires »[43]. Dans son livre sur Tariq Ramadan, elle écrit que Saïd Ramadan, le père de Tariq Ramadan et l’un des dirigeants des Frères musulmans, qui s’était réfugié en Arabie saoudite, aurait, en 1962, supervisé la création de la Ligue islamique mondiale, et que celle-ci a été encouragée pour que les États-Unis comptent sur l’Arabie saoudite « pour combattre le pacte de Bagdad conclu entre Nasser et les Soviétiques »[44].

Dénonciation du conspirationnisme[modifier | modifier le code]

Caroline Fourest dénonce régulièrement les « errements » du réseau Voltaire. Avec Fiammetta Venner, elle a consacré un ouvrage aux positions et engagements du réseau Voltaire et de Thierry Meyssan, dont elle souligne la dérive conspirationniste et le rôle de « diplomatie parallèle » au service d'intérêts iraniens, syriens ou chinois[45],[46]. Le réseau Voltaire la qualifie en retour de « porte-parole des thèses néoconservatrices et pro-israéliennes auprès d'une certaine partie de la gauche française »[47]. Caroline Fourest et Fiammetta Venner ont, de leur côté, écrit contre les néo-conservateurs américains[48].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Autour de la religion et de la laïcité[modifier | modifier le code]

À partir de la publication de Frère Tariq, Caroline Fourest a participé à de nombreuses controverses tenant à la place de l'islam dans la société, et tout particulièrement aux liens entre la mouvance islamiste et des milieux de gauche. Elle souligne à ce titre que c'est après ce livre que ses écrits et ceux de Fiammetta Venner ont commencé à être critiqués par certaines franges de la gauche : pour elle, « [après la publication du livre sur Tariq Ramadan] une partie de la gauche séduite par le discours du prédicateur nous lâche. Pour eux, critiquer l’islamisme, c’est trahir la gauche. Le Monde diplomatique ou Politis, qui aimaient bien nos livres, nous dézinguent. Parce qu’on souligne que l’absence de solidarité à gauche fragilise le camp laïc face aux intégrismes musulmans. Je savais que ce serait dur après l’enquête sur Tariq Ramadan, mais je n’imaginais pas un tel enfer »[15].

Elle dénonce régulièrement le phénomène d'« islamo-gauchisme » et, à ce titre, critique notamment le site internet Les mots sont importants pour ses liens avec les mouvements islamistes au sein des Indigènes de la République[49]. Démentant toute connivence ou complaisance avec l'islamisme[50], Pierre Tevanian, l'un des animateurs du site, accuse de son côté Caroline Fourest d'être « obsédée par l'islam et par l'exclusion des femmes voilées »[51].

Sous le titre « Les lauriers de l'obscurantisme », Jean Baubérot, Bruno Étienne, Franck Fregosi, Vincent Geisser et Raphaël Liogier protestent dans Le Monde du contre le prix du livre politique décerné à Caroline Fourest. Selon eux, l'ouvrage primé de Caroline Fourest fait partie du genre littéraire de ceux qui « sous couvert de la "défense des Lumières" de la laïcité, [condamnent] ceux qui refusent de se plier au moule de leurs catégories sectaires [et qui] jettent en pâture des listes de personnes accusées de "trahir les idéaux de la République" et d'être les "faire-valoir du radicalisme islamique" »[52]. Peu après, toujours dans Le Monde, Michael Smadja, professeur de philosophie, soutiendra un avis contraire[53].

Le journaliste Didier Lestrade reproche au discours de Caroline Fourest d'attiser les peurs et de contribuer à l'essor d'un certain populisme anti-musulman[54], une critique également formulée par l'ancien président de l'Institut des cultures d'Islam Hakim El Karoui[55]. Caroline Fourest répond que :

« de vrais communautaristes homos, Didier Lestrade et quelques militants gays de minorities.org, font de la couture... Pour [lui] tailler un joli costume d'islamophobe dans un livre et une revue à paraître (j’y reviendrai). Oui parce que pour eux attaquer le sexisme et l’homophobie de l’intégrisme musulman, ou simplement critiquer Tariq Ramadan, c’est être islamophobe. Si vous considérez que les musulmans forment une communauté, forcément, ceux qui critiquent les intégristes attaquent tous les musulmans… Bon là aussi, les gars, vous hiberniez ou quoi ? C’est pas très original de reprendre aujourd’hui les raccourcis malhonnêtes rabâchés depuis la sortie de Frère Tariq par les compagnons de route des Frères musulmans (Les Indigènes de la République, Dieudonné, Boniface et j’en oublie tellement !). Vous n’avez pas d’autres lesbiennes à fouetter ?[56] »

Elle a critiqué le journaliste Xavier Ternisien, à l'époque chargé des questions religieuses au Monde[57], notamment au sujet de la laïcité, mais elle lui reproche aussi via son absence d'objectivité de « « dédiaboliser » par tous les moyens les penseurs proches des Frères musulmans, comme Tariq Ramadan, et discréditer au maximum les musulmans libéraux et laïques qui s'y opposent »[58].

Caroline Fourest et Fiammetta Venner affirment que le mot « islamophobie » « a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de « mauvaises musulmanes[59]. » Ces propos ont été contestés entre autres par les sociologues Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, qui affirment que le mot « islamophobie » est inconnu en langue persane, et qu'on le trouve dans des ouvrages français dès 1910[60],[61],[62]. Caroline Fourest a répondu à cette polémique sur l'usage du mot islamophobie dans le journal Libération en 2013[63] et dans son ouvrage l'« Éloge du blasphème ». De plus, selon elle, le livre coécrit par Marwan Mohammed et Abdellali Hajjat, est « très contestable »[64].

Esther Benbassa, historienne et sénatrice Europe Écologie Les Verts, accuse Caroline Fourest d'être « un stratège, elle s’est placée du côté des islamophobes pour plaire à la fois à la droite et à une partie de la gauche au nom de la laïcité en jouant la Jeanne d'Arc au visage lisse qui va défendre les femmes contre les horribles musulmans. Ça lui a permis de grimper à toute vitesse les marches de la notoriété. […] Pour elle, les causes c’est du business, Fourest c’est une affairiste qui fait commerce d’idées. C’est une boutique qui marche et qui renouvelle ses articles. Une bonne affaire[65]. » Une accusation que Caroline Fourest a pourtant démenti, lorsqu'elle s'est exprimée pour la première fois dans un site communautaire. En effet, dans un long entretien donné au journaliste d'Info Halal, elle a répondu : « Non, je ne suis pas islamophobe[66]. »

Caroline Fourest critique l'universitaire Raphaël Liogier qui l'attaque sur Oumma.com, « le site des partisans de Tariq Ramadan », un site que Prochoix juge « islamiste »[67].

En 2016, Philippe Corcuff, du Centre de recherche sur les liens sociaux, écrit[68]:

« La journaliste et essayiste Caroline Fourest a joué un certain rôle dans la légitimation médiatique de stéréotypes islamophobes à partir des années 2000 sous une étiquette « de gauche » se réclamant à la fois du féminisme et de la laïcité [...] Dans certains écrits de Fourest, les stéréotypes islamophobes ne sont pas énoncés d’un seul bloc et de façon complètement constitués, mais dans un mouvement d’amalgames successifs et d’associations lexicales et sémantiques plus soft. »

Accusations de mensonges[modifier | modifier le code]

En juin 2010, Alain Juppé accuse Caroline Fourest d'avoir écrit à propos de « l'affaire Saint-Éloi » un article publié dans Le Monde[69] qui « contient toute une série de contre-vérités ou de mensonges »[70] ; elle conteste le fait que ces écrits seraient mensongers, et déplore que les accusations de contre-vérités ne soient pas étayées par des sources[71].

Pascal Boniface, dans son livre Les Intellectuels faussaires : Le triomphe médiatique des experts en mensonge[72], qualifie Caroline Fourest de « sérial-menteuse ». Selon lui, « [l]a grande force de Caroline Fourest est d’enfourcher des chevaux de bataille largement majoritaires dans l’opinion et plus encore parmi les élites médiatiques. Qui oserait se déclarer contre la laïcité, contre l’égalité entre hommes et femmes, pour la répression des minorités sexuelles ou en faveur de l’antisémitisme ? Ce qui pose problème, ce n’est pas ce que Caroline Fourest défend, c’est la façon dont elle le fait. Régulièrement, elle attribue à ses adversaires des positions, sans doute critiquables mais qui ne sont pas les leurs, ou des faits répréhensibles… inexistants. »[73],[74],[75]. Caroline Fourest répond que « Pascal Boniface […] traite de « faussaires » tous les intellectuels ne partageant pas sa complaisance envers l'islam politique de Tariq Ramadan ou du Hezbollah[76]. »

Lors de l'émission On n'est pas couché de Laurent Ruquier du 2 mai 2015, Aymeric Caron fait référence à la réputation de « menteuse » de Caroline Fourest[2]. Lors de leurs échanges, il lui reproche sa condamnation de novembre 2014 pour diffamation. Caroline Fourest l'insulte, le traitant de « con » et rétorque qu'elle a gagné le procès en appel. Elle précise plus tard que la partie adverse aurait laissé filer le « délai de prescription » et abandonné les poursuites[77]. À l'inverse, l'avocat de la partie civile dément et affirme que l'affaire est toujours en cours, la cour d'appel ne s'étant pas encore prononcée[78],[79]. La semaine suivante, Ruquier déclare qu'à cause de ce qu'il qualifie de mensonge, il n'invitera plus Caroline Fourest dans ses émissions[80]. Dans le cadre de cette affaire elle reçoit le soutien de Mohamed Sifaoui qui critique durement non seulement Aymeric Caron mais aussi Laurent Ruquier et Catherine Barma, la productrice de l'émission[81]. Fin août 2016, Caroline Fourest publie sur son blog que la cour d'appel confirme qu'elle n'a pas menti[82],[83]. Quelques jours plus tard, Aymeric Caron persiste dans sa version et indique qu'« elle a (...) menti [ce soir-là] puisqu’elle assurait avoir gagné son procès, alors que les faits ont simplement été prescrits, et la condamnation annulée »[84].

Y'a bon award[modifier | modifier le code]

En mars 2012, le jury des Indivisibles décerne un Y'a bon award à Caroline Fourest, pour avoir pointé du doigt, en 2010, lors d'un discours à la convention du Parti socialiste pour l'égalité réelle[85], « des associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas[86]. » Celle-ci proteste en accusant Les Indivisibles de soutenir l'intégrisme religieux[87] et réagit au prix en écrivant que les « “Y’a bon Awards” déshonorent l’antiracisme[88]. » Elle déclare qu'« elle a l'intention de porter plainte pour diffamation et injure, voire pour incitation à la haine[88] »[89]. Selon Pascal Boniface : « Recevoir une telle distinction était plutôt gênant pour quelqu'un qui s'autoproclamait militant antiraciste. L'humour attaché au prix ajoutait au discrédit. Il fallait donc une riposte à la hauteur[85]. »

Le magazine Les Inrockuptibles — pour lequel ; « Caroline Fourest et Rokhaya Diallo s’affrontent » — donne la parole aux deux personnalités engagées dans le combat antiraciste. Rokhaya Diallo explique : « l’irrévérence est dans la tradition française, le prix les Y’a bon awards, c’est un prix où l’humour et la dérision sont un mode d’action de l’association », il s'agit de « remettre en question une certaine tendance universelle à énoncer des propos maladroits dans la sphère publique ». Caroline Fourest, qui « ne souhaite pas être dénoncée dans son combat pour les droits de la femme et contre les fanatismes », précise : « dans ce contexte, décerner un Y’a Bon Awards accrédite l’idée que je suis raciste et contribue à renforcer la propagande des radicaux et des intégristes qui m’attaquent toute la journée »[90].

Dans une tribune intitulée « Y’a bon Awards : nous votons Caroline Fourest ! », des intellectuels autour de Christine Delphy[85] (Alain Brossat, Éric Fassin, François Burgat, Achille Mbembe, Joan Wallach Scott), des artistes et personnalités (Nicolas Fargues, Claire Denis, Zebda, etc.) critiquent la réaction de Caroline Fourest de vouloir porter plainte et signent un manifeste de soutien au Y’a bon Award qui lui a été décerné[91] dans lequel ils déclarent : « Nous exprimons donc notre solidarité avec Les Indivisibles en décernant, nous aussi, un Y’a Bon Award à Caroline Fourest. Et si c'est un délit, il faudra nous poursuivre avec les jurés. »[92]. En juin 2013, Rokhaya Diallo affirme que selon elle, Caroline Fourest n'a pas porté plainte[93], ce qui d'après Pascal Boniface est toujours le cas en 2015[85].

C.S.A.[modifier | modifier le code]

Durant la crise ukrainienne, Caroline Fourest évoque à plusieurs reprises « trois officiers ukrainiens [dont] les paramilitaires séparatistes venaient [d']arracher les globes oculaires avec un couteau »[94],[95],[96], malgré des doutes exprimés sur la réalité de l'affaire[97]. Le CSA, estimant que l'information « n’avait pas fait l’objet de vérifications préalables suffisantes »[98], rappelle à l'ordre son employeur Radio France. Fourest répondra par un article sur Le Huffington Post intitulé "A quoi joue le CSA ?"[99].

Décisions judiciaires[modifier | modifier le code]

  • À la suite de la publication du livre Le Guide des sponsors du FN en 1998, Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont relaxées pour diffamation mais condamnées pour faute civile au titre de l'article 1382 du Code civil (atteinte à la considération d'une entreprise)[100].
  • À la suite de la publication de l'ouvrage Marine Le Pen, cette dernière dépose plainte et, le 9 octobre 2012, le tribunal correctionnel de Paris condamne Caroline Fourest, sa co-auteur Fiammetta Venner et son éditeur pour diffamation[101],[102] « pour certains de ses extraits, les relaxant pour les autres. »[103] Caroline Fourest commente et détaille ce jugement dans son blog, le 19 octobre 2012, ainsi que les raisons qui les ont poussées à ne pas faire appel[104]. Le livre continuera néanmoins à être publié sans les passages diffamatoires. Par la suite, la version en poche, intitulée Marine Le Pen démasquée, revue et augmentée, est publiée[105][réf. insuffisante].
  • Le 23 octobre 2014, Caroline Fourest est condamnée en première instance par la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris pour avoir diffamé une jeune fille musulmane voilée, Rabia Bentot, victime d'une agression à Argenteuil. Lors de sa chronique du 25 juin 2013 sur France Culture, elle avait mis en doute la véracité de l'agression et jeté la suspicion sur la famille de la victime, en « l'absence totale de base factuelle à cette imputation » selon le tribunal[106],[107]. Caroline Fourest fait alors appel. En août 2016, la cour d'appel rend sa décision ; elle constate que les diligences de Rabia Bentot après la signification d'appel sont « largement postérieures au délai de trois mois dont dispose l'article 65 de la loi 29 juillet 1881 », et donc qu'est acquise la prescription de l'action de la plaignante, cette dernière est déboutée de ses demandes et est condamnée à payer 4 000 € à Caroline Fourest au titre de l'article 700 du code de procédure civile français[82],[83].
  • Le 31 mai 2016, Hicham Hamza, auteur du site conspirationniste[108],[109],[110] Panamza.com, est condamné en diffamation pour avoir traité Caroline Fourest de « désinformatrice » sur la base d'une séquence de son film Les Obsédés du complot. Sur son blog, il avait accusé Caroline Fourest d'avoir tronqué le sous-titrage d'un dialogue dans son reportage sur les réseaux complotistes mais la cour a admis l'explication de la journaliste qui indiquait que la mauvaise retranscription relevait « d'une erreur de sa monteuse lors du montage du documentaire » « en raison des propos « confus » et « inaudibles » ». Deux autres responsables de site qui ont relayé cet article sont condamnés (Zouhair Amri d'Oumma.com et Alain Soral d'Égalité & Réconciliation)[111],[112].

Publications[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Films et séries[modifier | modifier le code]

Documentaire audio[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

  • Prix du scénario du festival Cineffable pour Safia et Sarah[115]
  • Prix national de la laïcité 2005 pour Tirs croisés. La laïcité à l'épreuve des intégrismes juif, chrétien et musulman
  • Prix du livre politique 2006 et prix Jean-Zay - Laïcité et République 2006 pour La Tentation obscurantiste
  • Prix Condorcet-Aron pour la Démocratie 2008, Bruxelles
  • Prix Adrien-Duvand 2010 de l'Académie des sciences morales et politiques du « meilleur ouvrage sur l'éducation civique et morale dans une démocratie » pour La Dernière Utopie
  • Prix Fetkann, 2010

Distinction[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Documentation[modifier | modifier le code]

Sites personnels

Entretiens

Ouvrages

  • Pascal Boniface, Les Intellectuels faussaires, Jean-Claude Gawsewitch Éditeur, 2011.

Articles sur Caroline Fourest

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie de Caroline Fourest dans Gala.
  2. a et b Julie Rasplus, « Pourquoi Caroline Fourest dérange-t-elle tant ? », France TV Info, 14 mai 2015.
  3. Claude Askolovitch, « Caroline Fourest, Fiammetta Venner. Les hussardes », Le Nouvel Observateur, no 2064, 27 mai 2004.
  4. Femmes de lettres en Provence.
  5. a, b et c JeanBrirnbaum, « Caroline Fourest, missionnaire de la laïcité », sur lemonde.fr,
  6. Biographie de Caroline Fourest sur son site www.prochoix.org.
  7. Présentation de la revue ProChoix.
  8. Stop la rumeur.
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Liens externes[modifier | modifier le code]