Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Article général Pour des articles plus généraux, voir Mouvement Emmaüs, Emmaüs International et Emmaüs France.
Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Fondation reconnue d'utilité publique
But Lutter contre l'exclusion en combattant le mal-logement
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1992
Fondateur Abbé Pierre
Identité
Siège Paris, Île-de-France
Président Raymond Étienne
Vice-présidents Dominique Jeanningros
Aminata Koné
Secrétaire Laurent Desmard
Trésorier Pierre Marcenac
Délégué général Christophe Robert
Financement La Fondation Abbé-Pierre vit de la générosité du public.
Membres 250 bénévoles
Employés 140
Slogan « Être Humain »
Site web Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata

La Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés est une fondation membre d'Emmaüs International et d'Emmaüs France, reconnue d'utilité publique le . L’abbé Pierre en était le président d’honneur jusqu'au , date de sa disparition.

Pour la Fondation Abbé-Pierre, avoir un toit est un besoin vital, au même titre que la nourriture, la santé et l’emploi. Elle s'est donc fixé pour objectif d'agir « pour que les plus défavorisés trouvent à se loger dignement et durablement, quels que soient le montant de leurs ressources et leur situation sociale ».

Son action[modifier | modifier le code]

La Fondation Abbé-Pierre œuvre pour une plus grande prise en compte des besoins en logement des personnes aux ressources les plus faibles et apporte un important soutien financier à la création de logements très sociaux[1] depuis 2005, au travers de trois programmes consécutifs, « 1 500 logements très sociaux », « 2 000 toits pour 2 000 familles » et « Toits d'abord », lancé le 3 avril 2012.

Son action contribue beaucoup à la sensibilisation du grand public à la crise du logement et à la mobilisation des donateurs.[réf. nécessaire]

Rapport annuel[modifier | modifier le code]

La fondation Abbé-Pierre rend chaque année, le 1er février, un rapport sur l’état du mal-logement en France, diffusé le jour de l'anniversaire de l'appel lancé par l’abbé Pierre en hiver 1954.

En 2004, le Rapport annuel sur l'état du mal-logement faisait état d'un manque de six cent mille logements en France ; la fondation demandait la création de 80 000 logements sociaux par an et regrettait que « les responsables politiques ne prennent pas la mesure d’une crise sans précédent ». En mai 2004, la fondation Abbé-Pierre et la Fédération nationale des offices d'HLM ont fait savoir dans une déclaration commune la nécessité de construire par an et sur trois ans au moins 90 000 logements locatifs accessibles aux personnes et familles à ressources modestes. Les deux organismes précisaient alors que les familles à revenus modestes représentent 65 % de la population française.

Le rapport 2005 de la fondation Abbé-Pierre fait état d'inquiétudes persistantes à l’observation de la situation du logement, et spécifiquement du logement indigne, en dépit des mesures gouvernementales prises depuis 2004 pour relancer la construction de logements, que la fondation avait saluées comme une reconnaissance de la gravité de la situation qu'elle dénonçait depuis des années. Le rapport note que près d'un million de personnes sont hébergées en France chez des tiers (famille, amis, ou autres) faute de solution dans le parc social ou privé, dont au moins 150 000 dans des conditions très difficiles. L'emballement des loyers et le manque de logements sociaux créent des situations d'itinérance entre chambres d'hôtels, centres d'hébergement, habitats de fortune, ce qui fait des personnes ou ménages concernés des sans domicile permanent.

Le , en présentant son 17e rapport sur l'état du mal-logement, la fondation témoignait d'une situation qui n'a cessé de se dégrader pendant 20 ans pour devenir insupportable. Revenant dans ce rapport, sur deux décennies de politique du logement, elle dressait un état des lieux des personnes frappées par le mal-logement. Aujourd'hui, ce sont près de 10 millions de personnes qui sont touchées de près ou de loin par la crise du logement.

Contrat social pour une nouvelle politique du logement[modifier | modifier le code]

Afin qu’un véritable changement de cap soit porté au plus haut niveau de l’État, la Fondation a invité le 1er février 2012 les principaux candidats à l’élection présidentielle à s’engager solennellement en faveur d’un « contrat social pour une nouvelle politique du logement » élaboré aux côtés des forces vives du pays (associations, experts, acteurs du logement, syndicats, collectivités locales…).

Ce contrat s’appuyait sur les quatre engagements majeurs de la Mobilisation générale pour le logement lancée par la Fondation le . Cette action engagée avec de nombreux partenaires de la société civile a pris fin le . Cependant, l’action de la Fondation ne s’est pas arrêtée à cette date et la Fondation Abbé-Pierre restera vigilante et surveillera, mois après mois, l’application des quatre engagements contenus dans le contrat social signé par le président de la république, François Hollande.

Depuis vingt ans, la situation du logement en France s'aggrave et la Fondation Abbé-Pierre, au-delà de son rôle d'interpellation, poursuit son action pour pallier des manquements certains de l'État.

Le , en présentant son 19e Rapport sur l'état du mal-logement, la Fondation célébrait également les soixante ans de l'appel que son fondateur lança à la Nation le . Le cri d'un soulèvement de solidarité populaire qu'on appellera « l'insurrection de la bonté ». Ce 19e Rapport[2] explorait les liens entre logement et emploi, soutenant la thèse selon laquelle le logement (ou leur absence) et l'habitat peuvent générer d'importantes — et parfois graves — conséquences sociales dans la vie quotidienne des ménages.

Soutien à la suite de catastrophes naturelles[modifier | modifier le code]

Au-delà de ses actions sur le territoire national, la Fondation agit là où l'urgence se fait jour. Ainsi, en , au lendemain du tsunami en Asie du Sud-Est, la fondation Abbé-Pierre, en liaison avec Emmaüs International, s’est mobilisée pour venir en aide à trois mille familles parmi les plus touchées du sud de l’Inde, en liaison avec les communautés Emmaüs installées dans la région : construction d’abris provisoires et fourniture d’objets de première nécessité (nattes, ustensiles de cuisine, filets de pêche, vêtements, outils...).

Politique[modifier | modifier le code]

Dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la Fondation Abbé-Pierre appelle implicitement dans une tribune avec soixante autres associations à faire barrage à la candidate FN[3].

Agréments[modifier | modifier le code]

La Fondation est reconnue par l'administration fiscale française, ce qui permet aux donateurs de déduire jusqu'à 75 % de leurs dons de l'imposition sur leur revenu (à hauteur d'un plafond de 521 euros en 2011-2012 ; au-delà, la déduction fiscale est de 66 % dans la limite de 20 % du revenu).

La Fondation peut recevoir également des dons dans le cadre de l'impôt de solidarité sur la fortune. Si vous êtes redevable de l'ISF, vous pouvez déduire de cet impôt 75 % du montant de don effectué dans la limite de 50 000 euros par an (loi TEPA).

Membre du comité de la Charte, la Fondation Abbé-Pierre accepte de se soumettre volontairement au contrôle de cet organisme qui porte sur le respect des engagements de transparence souscrits.

La Fondation Abbé-Pierre a reçu en 2006 les félicitations de la Cour des Comptes pour sa gestion des « ressources collectées »[4].

Organisation et direction[modifier | modifier le code]

Les vice-présidents sont Aminaté Koné et Dominique Jeanningros. Parmi les autres membres du conseil d'administration, on rencontre le directeur de la Communication et de la Documentation de l'ancien Service social d'accueil aux émigrants (SSAÉ), Jean-Pierre Gilles, l'ancien secrétaire particulier de l’abbé Pierre, Laurent Desmard, ou encore le responsable de la communauté Emmaüs de Rédéné, Jacques Jaffredoux...

Des représentants des ministères chargés du Logement et de l'Intérieur siègent également au conseil d'administration de la Fondation.

Les équipes de la Fondation (cent salariés et plus de deux cents bénévoles) sont dirigées par un délégué général, Christophe Robert, qui pilote, à la délégation générale à Paris, une équipe de six directions, une direction administrative et financière, une direction des Missions sociales, une direction Développement des ressources et donateurs, une direction des Études et de l’Animation territoriale. Une direction de la Communication et une direction des Ressources humaines. Sur le territoire, la Fondation compte plusieurs agences régionales en PACA, dans le Grand-Est, en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine, dans les Hauts-de-France, en Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes et à l'Île de La Réunion.

La Fondation gère également un « Espace Solidarité Habitat », à Paris, lieu d’accès aux droits pour le public mal logé de la région parisienne ; des « Boutiques Solidarité » (trente en 2012 réparties sur toute la France), des pensions de famille (près de quarante sont aidées ou financées par la Fondation) et une résidence sociale à l'île de La Réunion.

  • Délégué général : Christophe Robert
  • Déléguée générale adjointe : Sonia Hurcet
  • Directeur administratif et financier : Denys Hammel
  • Directeur de la communication : Yves Colin
  • Directeur du développement territorial : Joaquim Soarès
  • Directeur des études : Manuel Domergue
  • Directrice des missions sociales : Frédérique Kaba
  • Directeur des ressources : Michel Raynaud
  • Directrice des ressources humaines : Isabelle Daumarès
  • Directeur adjoint des missions sociales : Bruno Six

Budget[modifier | modifier le code]

Son budget est d’environ 42 millions d’euros dont 90 % proviennent de la générosité du public (dons et legs). Des partenariats avec des entreprises et une poignée de subventions publiques le complètent[5].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]