Georges Sarre

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Georges Sarre
Illustration.
Georges Sarre en 2005.
Fonctions
2e Premier secrétaire du Mouvement républicain et citoyen

(3 ans, 6 mois et 25 jours)
Prédécesseur Jean-Luc Laurent
Successeur Jean-Pierre Chevènement
(comme Président du Mouvement républicain et citoyen)
2e président du Mouvement des citoyens

(11 mois et 3 jours)
Prédécesseur Jean-Pierre Chevènement
Successeur Jean-Pierre Chevènement
(comme Président du Pôle Républicain)
Maire du 11e arrondissement de Paris

(12 ans, 8 mois et 26 jours)
Prédécesseur Alain Devaquet
Successeur Patrick Bloche
Député de la 6e circonscription de Paris

(9 ans, 2 mois et 16 jours)
Législature 10e et 11e (Ve République)
Prédécesseur Jean-Yves Autexier
Successeur Danièle Hoffman-Rispal

(1 mois et 5 jours)
Législature 9e (Ve République)
Prédécesseur circonscription créée
Successeur Jean-Yves Autexier
Secrétaire d'État aux Transports routiers et fluviaux

(4 ans, 10 mois et 15 jours)
Président François Mitterrand
Gouvernement Michel Rocard I et II
Édith Cresson
Pierre Bérégovoy
Prédécesseur Jacques Douffiagues
Député de Paris
Scrutin proportionnel par département

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Législature 8e (Ve République)
Député de la 9e circonscription de Paris

(4 ans, 8 mois et 30 jours)
Prédécesseur Alain Devaquet
Successeur circonscription supprimée
Député européen

(2 ans, 1 mois et 30 jours)
Successeur Nicole Péry
Conseil municipal de Paris
Biographie
Nom de naissance Georges Sarre
Date de naissance
Lieu de naissance Chénérailles (Creuse, France)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Française
Parti politique SFIO (1964-1969)
PS (1969-1993)
MRC (1993-2019)
Profession Inspecteur central des PTT

Georges Sarre, né le à Chénérailles (Creuse) et mort le à Paris, est un homme politique français.

Après avoir participé à la fondation du Parti socialiste à Épinay en 1971, il fut secrétaire d’État dans divers gouvernements socialistes entre 1988 et 1993. En 1992, il fut co-fondateur, avec Jean-Pierre Chevènement, du Mouvement des citoyens. Il fut maire du 11e arrondissement de Paris de 1995 à 2008. En 2008, il devint adjoint au maire de Paris, chargé de la sécurité et de la prévention, fonction qu’il quitta en 2010. Georges Sarre est connu également pour être le père du permis à points.

Biographie[modifier | modifier le code]

Postier au temps de « Paris-Brune »[modifier | modifier le code]

Fils d'Alcide Sarre, maire socialiste de Chénérailles, conseiller général et suppléant du sénateur Pauly, et d'Alice Kenette, Georges Sarre a épousé une institutrice, Jacqueline Lesage, dont il a eu deux enfants[1]. Il était entré aux PTT en 1955. C’est là qu'il fait ses premières armes de militant. Après son service militaire en Algérie, il est nommé au centre de tri postal Paris-Brune, mis en place au début des années 1960 (et démoli depuis). Il a passé le concours d'inspecteur des PTT, chargé d’encadrer un certain nombre d’agents trieurs.

Aux journalistes qui l’interrogent, il s’étend sur « l’épopée de Paris-Brune », un centre employant plus de mille postiers, jeunes et provinciaux pour la plupart d’entre eux. Au travail répétitif, aux normes contraignantes, les postiers opposent la force d’un syndicalisme pluriel, animé par des militants très disponibles. Georges Sarre milite au syndicat Force ouvrière, qui est loin d’être majoritaire face à une CGT puissante, et une CFDT qui progresse en avançant des thèmes autogestionnaires. Surtout, adhérant à la SFIO en 1964, il crée l’association des postiers socialistes[2]. Cette structure politique, qui répond à l'organisation des communistes dans des « cellules d'entreprises », aurait compté plusieurs milliers de membres sur Paris. En mai 1968, par le biais de cette association, Georges Sarre participe au comité de grève de Paris-Brune et acquiert une notoriété qu'il met au service du courant politique qu'il anime.

Militant socialiste[modifier | modifier le code]

Cofondateur de l'Association des postiers socialistes, Georges Sarre participe à la fondation du parti socialiste en 1969 et donne avec ses amis du CERES la majorité à François Mitterrand.

De 1969 à 1971, il est Premier secrétaire de la Fédération de Paris du Parti socialiste et imprime à celle-ci une orientation et une dynamique nouvelles. Il fait adopter, par la Fédération de Paris en 1970 puis par la direction nationale du parti en 1971, l'emblème – inventé par Didier Motchane et dessiné par Marc Bonnet – que le PS a conservé depuis : le poing et la rose, remplaçant les trois flèches de la SFIO[3].

En 1971, Georges Sarre est élu conseiller municipal de Paris. Après un échec aux législatives de 1973, en Haute-Vienne, face à la communiste Ellen Constans, il est tête de liste du PS aux élections municipales à Paris en 1977. La gauche, menée par le député communiste Henri Fiszbin, est battue par Jacques Chirac avec seulement deux mille voix d'écart. Il est élu député européen en 1979, puis député de Paris en 1981.

Georges Sarre est nommé secrétaire d'État aux Transports routiers et fluviaux en 1988 à la demande du président Mitterrand, qui souhaite que le courant chevènementiste soit représenté au gouvernement[4]. Il conserve ce poste jusqu'à 1993, traversant les gouvernements formés par Michel Rocard, Édith Cresson et Pierre Bérégovoy. En , sous son secrétariat, le système du permis à points est voté ; il sera mis en application le .

Il est maire du 11e arrondissement de Paris de 1995 à 2008 et président du groupe MRC au Conseil de Paris de 2001 à 2008.

En 1991, la guerre du Golfe provoque une crise au sein du PS et de République et socialisme. Lorsque Jean-Pierre Chevènement démissionne du gouvernement, la crise éclate dans son courant parisien : certains dirigeants (Michel Charzat, Patrick Bloche, Roger Madec – tous anciens collaborateurs de Georges Sarre) prennent clairement le parti de François Mitterrand en faveur de l'engagement de la France dans la coalition américaine. Georges Sarre considère que Jean-Pierre Chevènement a « mal choisi son moment » pour démissionner, mais préfère lui rester fidèle, tout en restant lui-même au gouvernement, en accord avec Jean-Pierre Chevènement, qui ne veut pas envoyer de signal de rupture absolue à François Mitterrand et au Parti socialiste.

Député de 1981 à 1988 et de 1993 à 2002, il est battu par la socialiste Danièle Hoffman-Rispal à l'élection législative de 2002.

Il est président du groupe socialiste au Conseil de Paris entre 1977 et 1993 puis du groupe MRC entre 2001 et 2008.

Dirigeant du MDC puis du MRC[modifier | modifier le code]

En 1993, dans la débâcle électorale de la gauche, Georges Sarre reste le seul député de gauche de Paris. En désaccord avec le Parti socialiste dont il veut contrecarrer ce qu'il juge être une dérive libérale, il crée avec Jean-Pierre Chevènement le Mouvement des citoyens dont il devient le porte-parole et le vice-président, puis le président en 2001. En 2002, il soutient, au sein du Pôle républicain, la candidature de son ami Jean-Pierre Chevènement à l'élection présidentielle.

Vice-président puis président du Mouvement des citoyens entre 1992 et 2002, il est élu porte-parole du MRC (Mouvement Républicain et Citoyen), qui assure la continuité du Mouvement des Citoyens et du Pôle républicain, à sa création en 2003. En , à l'issue du congrès du gymnase de la Bidassoa, dans le 20e arrondissement de Paris, il est élu Premier secrétaire du MRC. Il le restera jusqu'en , avant que Jean-Pierre Chevènement ne souhaite assurer lui-même la présidence exécutive du MRC.

En , Georges Sarre, investi par le MRC dans la deuxième circonscription de la Creuse pour les élections législatives, reçoit officiellement le soutien du PS, dans le cadre de l'accord national entre le MRC et le PS pour les élections présidentielle et législatives. Chénérailles, le bourg de son enfance, se situe dans cette circonscription[5]. Il est battu au second tour par le député sortant Jean Auclair (UMP).

En 2008, jugeant « nécessaire de rassembler la gauche », il accepte de rejoindre la liste du député socialiste Patrick Bloche qui devient son successeur au siège de maire du 11e arrondissement de Paris, élu dès le 1er tour[6]. Il figure en troisième position sur cette liste, la deuxième étant réservée à une femme en application du principe de parité.

En , il est nommé adjoint au maire de Paris, chargé de la sécurité et de la prévention. Il démissionne de ce mandat en , et reste conseiller de Paris. Il est remplacé par Myriam El Khomri, en .

Décès[modifier | modifier le code]

Georges Sarre meurt le [7],[8].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Georges Sarre cosigna un appel demandant qu'une délégation du Comité des droits de l'enfant de l'ONU rende visite à un enfant tibétain en résidence surveillée depuis 1995 en Chine, Gedhun Choekyi Nyima, reconnu comme 11e panchen-lama par le 14e dalaï lama[9].

Georges Sarre s'est prononcé contre le Traité de Maastricht, puis contre le Traité constitutionnel européen lors du référendum de 2005 : il a écrit à cette occasion un livre, L'Europe contre la gauche[10]. Commentant le rejet de ce deuxième traité par les Français le , Georges Sarre affirme dans un entretien accordé au Figaro : « Nos concitoyens veulent que la conduite du pays soit assurée par ses élus et non par une technostructure européenne et nationale qui échappe à tout contrôle démocratique. »[2],[11].

Lors des débats à l'Assemblée nationale sur le pacte civil de solidarité (Pacs), Georges Sarre souligne que si la question de l'adoption ne figure nullement dans le projet, c'est parce que « Personne n’a un "droit à l’adoption" » et que « C’est le seul intérêt de l’enfant qui doit prévaloir ». Et d'ajouter : « Je veux bien admettre qu’il y ait des situations particulières mais qu’un enfant ait un père et une mère ne me semble ni infondé, ni réactionnaire ! »[12].

Fonctions électives[modifier | modifier le code]

Mandats locaux[modifier | modifier le code]

Mandat de député[modifier | modifier le code]

Député européen[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Noblecourt, « Mort de Georges Sarre, ancien secrétaire d’Etat aux transports », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Biographie de Georges Sarre », Fluctuat.net (consulté le 22 janvier 2008)
  3. Frédéric Cépède, « Le poing et la rose, la saga d’un logo », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 49,‎ , p. 18-30 (lire en ligne). Le poing est issu de la tradition militante et représente la classe ouvrière, tandis que la rose est un héritage de Mai 68.
  4. Attali, Jacques, (1943- ...), Verbatim III : chronique des années 1988-1991. Première partie : 1988-1989, Paris, Librairie générale française, (ISBN 2-253-14409-6 et 9782253144090, OCLC 496064040, lire en ligne)
  5. « Disparition - Décédé ce jeudi , Georges Sarre, ancien ministre et père du permis à points, était originaire de Chénérailles (Creuse) », sur www.lamontagne.fr,
  6. « Le PS et le MRC s'accordent pour Paris », Nouvelobs.com, (consulté le 22 janvier 2008) .
  7. « Décès de Georges Sarre, ancien secrétaire d’Etat de Mitterrand - Libération », sur liberation.fr, (consulté le 31 janvier 2019).
  8. « Décès de Georges Sarre, ancien secrétaire d'Etat de Mitterrand - Le Point », sur lepoint.fr, (consulté le 31 janvier 2019).
  9. « Appel pour le plus jeune prisonnier politique du monde », site de France-Tibet.
  10. Georges Sarre, L'Europe contre la gauche : reférendum, Paris, Eyrolles, , 190 p. (ISBN 2-7081-3322-5)
  11. Interview de Georges Sarre dans Le Figaro (du 14 août 2006) : « Arrêtons d'invoquer le 21 avril 2002 ! », reproduit sur blog Républicain de gauche à Sarcelles.
  12. Comptes rendus analytiques (1998-1999) de l'Assemblée nationale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Monde, , article de Jean-Louis Saux : Georges Sarre, « le préposé » de Paris
  • Maxime Vivas, Paris Brune (roman), Pantin, Le Temps des cerises, 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]