Bernard Tricot

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Bernard Tricot, né le à Aurillac, mort le 8 juin 2000 à Paris, est un haut fonctionnaire, membre du Conseil d'État, secrétaire général de l'Élysée de 1967 à 1969.

Biographie[modifier | modifier le code]

Tant au Conseil d'État que dans ses nombreux détachements au sein de différents ministères, Bernard Tricot a mené une carrière de « grand commis de l’Etat » aussi bien pour moderniser la jurisprudence administrative[1] que pour améliorer le fonctionnement de l’Administration (il a présidé la Commission du Rapport du Conseil d’Etat) ou encore faciliter les processus de décolonisation :

  • Possibilité de changer de patronyme en cas de risques ou d’inconvénients graves (1947).
  • Motivation des actes administratifs, pouvoir réglementaire, conflits d’intérêts généraux …
  • Préparation, en qualité de Conseiller Juridique du Gouvernement Tunisien (puis de Directeur de Cabinet du Résident Général), des « accords de Tunis » qui seront signés par Pierre Mendès France et Habib Bourguiba (indépendance de la Tunisie en 1956).
  • Rédaction, sous l’inspiration du Général de Gaulle et la direction de Michel Debré, et avec quelques collègues, de la Constitution de la Ve République.

À la recherche d'une hypothétique troisième force en Algérie, il organise en juin 1960 la venue secrète de Si Salah à l'Élysée pour rencontrer le Général de Gaulle. (Affaire Si Salah).

Il est nommé par de Gaulle, successivement, chargé de mission auprès de lui, conseiller technique puis secrétaire général (1967-69). Il travaille donc une dizaine d’années, de façon quasi-continue, à l’Élysée. Il participe à la préparation et à la négociation des accords d'Évian en 1962 ; ainsi qu’à la mise en place d’un État et d’une Administration algérienne (Rocher Noir).

Le Général de Gaulle et ses successeurs lui confieront d’autres missions :

  • Amélioration du fonctionnement du ministère des armées par la création d’un secrétariat général pour l’administration.
  • Réflexion sur le développement de l’informatique et ses dangers, d’où sa proposition de créer la première, en France, commission spécialisée avec pouvoir juridictionnel : la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL, loi du 6 janvier 1978) dont il a été le premier secrétaire Général. Cet exemple de commission indépendante a été suivi par la création de nombreuses autres, sur le même modèle.
  • Fluidité et contrôle des opérations financières, mais aussi protection des épargnants et amélioration de la participation des salariés aux profits des entreprises : il a présidé la Commission des Opérations de Bourse (COB) de septembre 1980 à juillet 1984.

En août 1985, il est nommé par le président de la République François Mitterrand et le Premier ministre Laurent Fabius pour mener l'enquête sur l'Affaire du Rainbow Warrior. Ce rapport sera critiqué, car se fondant sur des déclarations qui se révèleront mensongères[2].

Son goût pour l’architecture l’a conduit à participer, à la demande du Conseil d’État, aux opérations de reconstruction de l’après-guerre, aux interventions de la Caisse nationale des monuments historiques, ainsi qu’à la création et à la présidence de la Commission pour l’Amélioration de la Qualité des Constructions Publiques (esthétiquement et techniquement). Enfin, il s’est passionné pour la rénovation et l’animation du site de l'Abbaye de Fontevraud.

Il a été par ailleurs professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (« Sciences Po ») de 1976 à 1984.

Membre du conseil de la Fondation Charles-de-Gaulle, il est l’un des principaux animateurs de l’Institut Charles de Gaulle, pour lequel il a préparé le colloque commémorant le centenaire de la naissance du Général.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Sentiers de la Paix, Plon - 1972
  • Institutions politiques françaises (avec R. HADAS-LEBEL) - Fondation des Sciences Politiques & Dalloz - 1985
  • Mémoires - Quai Voltaire -1994

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hommage du Conseil d’État à Bernard Tricot, juin 2001.
  2. Raphaëlle Bacqué, L'Enfer de Matignon : Ce sont eux qui en parlent le mieux, Points, 2010, p.  151.