Laurent Dingli

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Laurent Dingli
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Biographie
Nationalité
Activité

Laurent Dingli est un historien et romancier français.

Littérature[modifier | modifier le code]

Il est docteur en histoire. En 1995, il soutient à Paris IV une thèse L’œuvre de Seignelay : structuration de l'État sous le règne de Louis XIV, Seignelay étant le marquisat du fils de Jean-Baptiste Colbert, également nommé Jean-Baptiste Colbert. Influencé par la psychanalyse et l'ethnologie, Laurent Dingli s'est particulièrement intéressé aux questions d'identité, notamment à travers son roman, Une pureté sans nom, consacré à l'histoire de l'Allemagne entre 1914 et 1945[1].

Louis Renault[modifier | modifier le code]

Laurent Dingli est le mari de la petite-fille de Louis Renault.

En 2011, sa famille tente de réhabiliter l'industriel Louis Renault dont les usines furent confisquées et nationalisées sous le motif de collaboration économique à la Libération[2].

Robespierre[modifier | modifier le code]

Suivant l'académicien Max Gallo, la thèse développée par Laurent Dingli dans cet ouvrage « est forte mais… n'emporte pas l'adhésion […] Beaucoup ont conclu — comme Laurent Dingli — que « Robespierre appartenait à une personnalité de type paranoïde, dont le discours était d'autant plus redoutable qu'il se fondait dans le réel » ». Max Gallo récuse la comparaison faite par l'auteur entre la personnalité de Robespierre et celle d'Hitler, considérée comme anachronique[3]. À travers sa critique, Max Gallo se situe dans la ligne des historiens robespierristes pour lesquels les excès reprochés à l'Incorruptible s'expliquent suffisamment par le contexte de la Révolution, notamment celui de la guerre européenne et des complots aristocratiques. Laurent Dingli soutient en revanche que le discours de Robespierre s'articule sur une obsession du complot, manifeste dès avant la Révolution alors qu'il exerçait son métier d'avocat en Artois.

Dans un entretien avec Frédéric Mitterrand, il se défend par ailleurs d'avoir voulu comparer le contexte des grandes dictatures du XXe siècle avec celui de la Terreur révolutionnaire, mais revendique le droit d'établir des comparaisons entre Robespierre et les personnalités d'Hitler, de Staline ou de Pol Pot. Il affirme que le génie de Robespierre est d'avoir su adapter la réalité à son « scénario intérieur » et non l'inverse[4]. L'historien marxiste Claude Mazauric, qui a assuré la direction collégiale de la Société des études robespierristes, reproche entre autres à Laurent Dingli ses arguments de type téléologique, notamment lorsque l'auteur de la biographie voit dans le célèbre discours du 18 décembre 1791 contre la guerre une anticipation de la Terreur. Claude Mazauric s'insurge en outre contre l'affirmation de Laurent Dingli suivant laquelle Robespierre serait un apôtre du puritanisme, opposé à l'esprit des Lumières[5]. Pour le journal Le Monde, en revanche, l'auteur « a le mérite de montrer que les mécanismes de la Terreur sont en place bien avant 1789 »[6].

D'après le magazine Lire, l'intérêt essentiel de la biographie consacrée à Robespierre réside « dans l'analyse de ce mouvement pervers qui aboutit à ce que Jacob Talmon a appelé la démocratie totalitaire […] Et Robespierre est bien l'inventeur de ce chiasme monstrueux qui naît d'une vision binaire du monde — bons et méchants, riches et pauvres, amis, ennemis —, qui s'attache à une représentation du peuple à la fois totalement abstrait et réduit à ses phalanges les plus sanguinaires, qui procède, enfin, d'une conception paranoïaque du conflit politique, faisant du complot le moteur de l'histoire »[7].

Dans cette biographie, Laurent Dingli avance que Robespierre a contribué à forger avec Bertrand Barère le mythe national, notamment à travers le culte des héros Bara et Viala, qui sera repris sous la IIIe République, et conservera une réelle vigueur jusqu'à la Première Guerre mondiale. « Le culte de la Belle Mort […] fut l'un des fondements de l'idéologie républicaine sous la IIIe République, du moins jusqu'en 1914 »[8]. Se référant de surcroît à l'historiographie américaine, Laurent Dingli explique l'influence passagère de Robespierre comme le recours d'une population française en perte de repères.

Convictions[modifier | modifier le code]

Laurent Dingli est très investi en matière de préservation de la nature et de condition animale[9]. Il préside l'Association de protection du site de Kerveron-Menhir, en Presqu'île de Crozon (Finistère)[10], elle-même membre de l'Union des associations de défense du littoral (UADL)[11]. Dans le cadre des élections régionales de 2015, il fait partie du comité de soutien de la liste Europe Ecologie Les Verts, Une autre voie pour la Bretagne (Un hent all evit Breizh) conduite par René Louail[12]. En 2017, il participe à la campagne des Législatives auprès de Bernard Fehringer, candidat du Parti animaliste pour la sixième circonscription du Finistère. Il se dit "résolument écologiste et antispéciste"et se déclare "très proche des thèses de l'Écologie profonde (deep ecology)"[13].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies historiques[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Une pureté sans nom, Flammarion, 2007.
  • Dans l'ombre des Lumières, Flammarion, 2010.

Essais[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Voir « Laurent Dingli, autre retour sur le nazisme », par Jean-Claude Lebrun dans L'Humanité du 4 janvier 2007.
  2. Laurent Dingli, « Réponse à l'historienne Annie Lacroix-Riz », Le site de Louis Renault, avril 2011, lire en ligne.
  3. Max Gallo, Le Figaro littéraire, 16 septembre 2004 [lire en ligne].
  4. Entretien du 13 novembre 2004 avec Frédéric Mitterrand sur Europe 1.
  5. Claude Mazauric, Annales historiques de la Révolution française, no 339, janvier-mars 2005, p. 155-159, lire en ligne.
  6. A. de W., Le Monde, 8 novembre 2004.
  7. Marc Riglet, « L'inventeur de la démocratie totalitaire », Lire, 1er novembre 2004.
  8. Entretien cité avec Frédéric Mitterrand.
  9. Voir entre autres l'article « Muriel Arnal, biographie d'une militante de la cause animale », laurentdingli.com, août 2007.
  10. Le Télégramme du 8 février 2000.
  11. Voir le site de l'UADL.
  12. Une autre voie pour la Bretagne.
  13. "Biographie" Le site de Laurent Dingli.

Liens externes[modifier | modifier le code]