Olivier Dard

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Olivier Dard
Olivier Dard Forum France Culture Philosophie 2016.JPG
Olivier Dard en 2016.
Fonctions
Directeur
Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire (d)
jusqu'en
Stefano Simiz (d)
Professeur des universités
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Comité pour l'histoire préfectorale (d) (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse

Olivier Dard est un historien français.

Professeur à l'université Paris-Sorbonne, il est spécialiste d'histoire politique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Olivier Dard est titulaire d'une licence en information-communication (1984), d'une maîtrise en droit public (1985), diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (1986)[1] et d'études approfondies en science politique (1987)[2],[3]. Après avoir obtenu l'agrégation en 1990[4], il soutient sa thèse de doctorat en histoire en 1994 sous la direction de Serge Berstein à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP Paris)[5]. Son travail s'intitule : Les Novations intellectuelles des années trente : l'exemple de Jean Coutrot.

Poursuivant une carrière d'enseignant et chercheur, il est maître de conférences à l'IEP de Paris, à l'université de Franche-Comté et à l'université Paris X de Nanterre. En 2001, il obtient son habilitation à diriger des recherches puis est élu en 2003 professeur d'histoire contemporaine à l'université Paul-Verlaine à Metz[6]. Il dirige jusqu'en 2013 le Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire.

Depuis 2013, il est professeur à l'université Paris-Sorbonne (Paris IV)[7]. Il co-dirige également l'axe 2 du Labex EHNE : « Épistémologie du politique »[8], dans le cadre de l'encyclopédie pour une histoire nouvelle de l'Europe.

De 2015 à 2018, il appartient au Comité pour l'histoire préfectorale[9].

En , il est invité à déjeuner par le président François Hollande, avec Nonna Mayer, Alexandre Dézé, Nicolas Lebourg et Jean-Claude Monod, pour évoquer l'hypothèse d'une victoire de Marine Le Pen lors de l'élection présidentielle de 2017[10].

En 2018, il participe au lancement de la Fondation du Pont-Neuf, cercle de réflexion conservateur qui chercherait des « convergences entre droite dure et extrême droite », selon Louis Hausalter de l'hebdomadaire Marianne [11]. La fondation a pour objet de « fournir des notes aux proches de Marion Maréchal-Le Pen mais aussi aux équipes de Laurent Wauquiez », d'après Le Canard enchaîné[12].

Axes de recherche[modifier | modifier le code]

Olivier Dard s'intéresse principalement à l'histoire des élites en France pour la période de l'entre-deux-guerres. Ses travaux relèvent autant de la prosopographie que de l'analyse politique de la première moitié du XXe siècle. Issu de l'Institut d'études politiques de Paris, il s'inscrit dans la tradition de l'histoire politique renouvelée au sein de cette institution par René Rémond et ses successeurs dont son directeur de thèse Serge Berstein.

Olivier Dard a contribué avec d'autres à l'effort entrepris pour une histoire économique de Vichy, sujet peu ou pas abordé jusqu'aux années 1980 dans l'historiographie française. N'étant pas un spécialiste de l'économie (au sens technique), son apport à cette histoire se concentre pour l'essentiel dans la dimension idéologique et les parcours individuels des élites de l'époque. On remarquera l'attention particulière portée au groupe issu de l'École polytechnique X-Crise (étudié dans Les Relèves en Europe d'un après-guerre à l'autre. Racines, réseaux, projets et postériorités) ainsi qu'au patronat français[7].

Un autre axe important de sa recherche concerne les droites radicales en France et en Europe. Olivier Dard a codirigé une série de tables rondes et colloques consacrés à l'Action française, Charles Maurras et Jacques Bainville, qui ont fait l'objet de publications.

À la demande du Haut Comité des commémorations nationales[13], il rédige une notice de trois pages sur Charles Maurras, « personnage emblématique et controversé », pour le livre des commémorations nationales de 2018[14]. Sur décision de la ministre de la culture Françoise Nyssen, les trois pages sont intégralement « supprimées » et les ouvrages déjà imprimés sont envoyés au pilon[15],[16]. A la suite de cela, le Haut comité des commémorations nationales (incluant les historiens Jean-Noël Jeanneney et Pascal Ory) présente sa démission[17].

Dans Libération, Daniel Schneidermann reproche à l'historien de n'avoir pas évoqué plus clairement l'antisémitisme de Maurras autrement que par cette phrase qu'il juge « contournée » : « Antidreyfusard, [Maurras] dénonce « le syndicat de la trahison », que symbolise « l'Anti-France », celle des « quatre États confédérés » (juifs, francs-maçons, protestants, et métèques). » Le journaliste précise que les concepteurs de la notice officielle sont, à ses yeux, « insoupçonnables de toute complaisance à l'égard de l’antisémitisme (...) Olivier Dard compris, qui convint sur France Culture, que oui, Maurras était incontestablement antisémite, tellement antisémite qu'il ne valait pas la peine de le rappeler[18]. »

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Direction d'ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Olivier Dard (dir.) et Daniel Lefeuvre (dir.), L'Europe face à son passé colonial, Paris, Riveneuve éditions, coll. « Actes académiques », , 391 p. (ISBN 978-2-914214-55-1, présentation en ligne).
  • Olivier Dard (dir.) et Victor Pereira (dir.), Vérités et légendes d'une OAS internationale, Paris, Riveneuve éditions, coll. « Actes académiques », , 256 p. (ISBN 978-2-36013-187-7, présentation en ligne).
  • Olivier Dard (dir.), Georges Valois, itinéraire et réceptions, Berne, Peter Lang, coll. « Convergences » (no 59), , VI-266 p. (ISBN 978-3-0343-0505-1, présentation en ligne).
  • Olivier Dard (dir.) et Gilles Richard (dir.), Les droites et l'économie en France au XXe siècle, Paris, Riveneuve éditions, coll. « Actes académiques », , 366 p. (ISBN 978-2-36013-049-8, présentation en ligne).
  • Olivier Dard (dir.) et Michel Grunewald (dir.), Charles Maurras et l'étranger, l'étranger et Charles Maurras : l'Action française - culture, politique, société II, Berne, Peter Lang, coll. « Convergences » (no 50), , VIII-432 p. (ISBN 978-3-0343-0039-1, présentation en ligne).
  • Olivier Dard (dir.) et Michel Grunewald (dir.), Jacques Bainville : profils et réceptions, Berne, Peter Lang, coll. « Convergences » (no 57), , 276 p. (ISBN 978-3-0343-0364-4, présentation en ligne).
  • François Cochet (dir.) et Olivier Dard (dir.), Subversion, anti-subversion et contre-subversion, Paris, Riveneuve, coll. « Actes académiques », , 373 p. (ISBN 978-2-914214-97-1, présentation en ligne).
  • Olivier Dard, Hans-Jürgen Lusebrink (éds), Américanisations et antiaméricanismes comparés, Presses universitaires du Septentrion, 2008.
  • Dominique Barjot, Olivier Dard, Jean Garrigues, Didier Musiedlak et Eric Anceau (dir.), Industrie et Politique en Europe occidentale et aux États-Unis (XIXe-XXe), Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2006.
  • Olivier Dard, Étienne Deschamps (dir), Les Relèves en Europe d'un après-guerre à l'autre. Racines, réseaux, projets et postériorités, PIE, Peter Lang, 2005.
  • Olivier Dard, Gilles Richard (dir), Les Permanents patronaux : éléments pour l'histoire de l'organisation du patronat en France dans la première moitié du XXe siècle, Centre de Recherche Histoire et Civilisation de l'université de Metz.
  • Patrice Caro, Olivier Dard, Jean Claude Daumas (dir.), Les Politiques d'aménagement du territoire en France. Racines, logiques et résultats, Presses universitaires de Rennes, 2002.
  • Olivier Dard, Jean-Claude Daumas, François Marcot (dir.), L'Occupation, l'État français et les entreprises, Association pour le développement de l'histoire économique, A.D.H.E. (Association pour le développement de l'histoire économique), 2000.
  • Olivier Dard, Claude Didry, Florent Le Bot et Cédric Perrin (dir.) Les mille peaux du capitalisme, L'Homme et la Société, L'Harmattan, 2015 (ISBN 978-2-343-06309-6).
  • Olivier Dard, Éric Anceau et Jacques-Olivier Boudon, Histoire des internationales, Nouveau Monde éditions, 2017, 320 p.
  • Olivier Dard (dir.) avec Christophe Boutin (dir.) et Frédéric Rouvillois (dir.), Le Dictionnaire du conservatisme, Éditions du Cerf, 2017.
  • Florent Le Bot, Olivier Dard, Camille Dupuy et Cédric Perrin (dir.), L'Homme-Machine (1). Le Travailleur-Machine, L'Homme et la Société, 205, 2017, L'Harmattan (ISBN 978-2-343-13933-3).

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.sciences-po.asso.fr/profil/olivier.dard86_1.
  2. https://archive.is/sEHLW.
  3. Son mémoire a pour sujet Les Idées politiques de Lucien Rebatet des années trente à 1944.
  4. https://www.lemonde.fr/archives/article/1990/07/20/concours-d-agregation-1990_3993416_1819218.html.
  5. http://www.theses.fr/1994IEPP0004
  6. Fiche de présentation d'Olivier Dard, Centre de recherche universitaire lorrain d'histoire (CRUH).
  7. a et b Fiche de présentation d'Olivier Dard, Unité mixte de recherches (UMR) Sorbonne, Identités, relations internationales et civilisations de l'Europe (SIRICE), Paris-Sorbonne.
  8. Axe 2 du LabEx EHNE «Épistémologie du politique », LabEx EHNE (écrire une histoire nouvelle de l'Europe)
  9. https://univ-droit.fr/actualites-de-la-recherche/47-vie-academique/8238-comite-pour-l-histoire-prefectorale-nominations-jorf-20-oct-2015.
  10. Eric Aeschimann, « Et si Marine Le Pen gagnait ? Hollande consulte », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 15 mars 2017).
  11. « Marianne, la fondation du Pont-Neuf - ce futur think-tank qui se rêve en terra nova conservateur »
  12. Florent Georgesco, « Un spectre nommé Maurras », sur lemonde.fr, .
  13. Sonya Faure, « POUR. Olivier Dard : « Maurras est représentatif de notre histoire » », sur liberation.fr, (consulté le 6 février 2018).
  14. « http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache%3Ahttps%3A%2F%2Ffrancearchives.fr%2Fcommemo%2Frecueil-2018%2F82097773&oq=cache%3Ahttps%3A%2F%2Ffrancearchives.fr%2Fcommemo%2Frecueil-2018%2F82097773&aqs=chrome..69i57j69i58.1665j0j4&sourceid=chrome&ie=UTF-8 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  15. « Françoise Nyssen retire la référence à Charles Maurras du livre des commémorations 2018 », sur lefigaro.fr, (consulté le 30 janvier 2018).
  16. Mohammed Aïssaoui et Claire Bommelaer, « Pourquoi Charles Maurras ne sera pas « commémoré » », (consulté le 30 janvier 2018).
  17. « Françoise Nyssen annonce une évolution du Haut Comité aux commémorations nationales »
  18. Daniel Schneidermann, « Maurras, une amnésie d'État ? », sur liberation.fr, (consulté le 6 février 2018).

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