André Zeller

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Officier général francais 5 etoiles.svg Marie-André Zeller
Naissance
Besançon
Décès (à 81 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance France
Algérie française
Grade Général d'armée
Années de service 19151959
Conflits Première Guerre mondiale
Campagne de Cilicie
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Famille fils de Léon Zeller
frère de Henri Zeller
père de Bernard Zeller
grand-père de Guillaume Zeller

André Zeller, né le à Besançon et mort à Paris le , est l'un des quatre généraux organisateurs du putsch des généraux à Alger (Algérie française) en 1961.

Il fut condamné à quinze ans de détention criminelle, mais bénéficia d'une amnistie en 1968.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le à Besançon, André Zeller entre en classe préparatoire au collège Stanislas (Paris) pour préparer le concours de l’École polytechnique quand la guerre est déclarée.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il s'engage pour la durée du conflit en mai 1915, à seulement 17 ans, ayant fini par obtenir de guerre lasse l'autorisation de son père. Il fait ses classes de canonnier à Maisons-Alfort au dépôt du 59e régiment d’artillerie. Il est reçu au concours d'élève officier et rentre à l'école de l'artillerie de Fontainebleau le 25 juin.

A la fin octobre il est affecté au 8e régiment d’artillerie. Il participe aux combats de Verdun[1]. Ainsi son groupe s'installe du 1er au 6 juin 1916 au calvaire d'Esnes à 1500 mètres des allemands en vue du Mort-Homme et y subit un incessant bombardement allemand. Il y gagne une citation à l'ordre du régiment. Il prend part à la bataille de la Somme au coté du 20e corps d'armée avant d'être renvoyé six semaines en cours à Fontainebleau.

Promu sous-lieutenant, André Zeller est affecté au 27e régiment d’artillerie qui fait partie du 1er corps d'armée. Il est désigné comme officier de liaison avec l'infanterie. De novembre 1916 à février 1917, il séjourne dans le secteur de Champagne. Transporté dans l'Aisne il assiste le 16 avril au début désastreux de la bataille du chemin des dames (anéantissement de deux des trois bataillons du 208e régiment d’infanterie, destruction en quelques minutes d'un groupe du 13e régiment d’artillerie ayant avancé fidèlement à l'ordre d'opération, incendie des tanks du commandant Bossut).

Il participe à quatre batailles de l'offensive des Flandres entre le 31 juillet et le 23 octobre 1917. Le 1er décembre il est de nouveau envoyé à Fontainebleau pour y suivre durant trois mois un cours de "commandants de batterie de la victoire".

De retour le 23 mars 1918 au 27e régiment d’artillerie dans l'Aisne il est dépité d'être désigné à l'état-major du régiment comme officier de transmissions du régiment. Entre le 5 et le 15 avril 1918 son régiment est mis à la disposition de la 151e division d’infanterie du général des Vallières engagée au nord de l'Ailette pour protéger son repli au sud de la rivière. Dans les derniers jours d'avril André Zeller est nommé lieutenant.

Cantonné dans la région de Beauvais, il participe à des manœuvres de division. A la fin de celles-ci le 23 mai, le général Mignot commandant la 2e division d’infanterie explique que les allemands s'essoufflent, qu'ils ne pourront renouveler leurs efforts de mars et d'avril, que la grippe met leurs unités sur le flanc, que le point critique est dépassé.

Il participe à la Seconde bataille de la Marne et à l'offensive finale de l'été 1918. Il termine la guerre commandant d'une batterie.

Campagne de Cilicie[modifier | modifier le code]

Renonçant à Polytechnique, il reste dans l’armée et part en novembre 1920 pour la Syrie. Il participe au début de l'année 1921 au siège et à la prise aux Turcs d'Aïntab. Dans la suite de l'année 1921, il mène diverses opérations le long de l'Euphrate.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Promu au grade de capitaine en 1928, il est admis à l'École supérieure de Guerre en 1931. Il sert à l'état-major du 19e corps à Alger en 1935. Commandant en 1938, il est chef de la mission française des transports en Belgique auprès du roi des Belges.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Il est à Bruges le 27 mai 1940, au moment de la reddition de l’armée belge. Échappant à l'encerclement à Dunkerque, il embarque le 29 mai 1940 sur un chasseur de sous-marins français à La Panne, entre Dunkerque et Nieuport. Après un bref séjour à Londres et revenu en France, il est nommé « régulateur général » de la VIIe armée (général Frère) au début de juin.

Muté sur sa demande en Afrique du Nord, il arrive à Alger le 26 septembre 1940 comme « Directeur militaire des transports ». Promu Lieutenant-colonel en août 1942, il devient chef d’état-major du général Mast, commandant la division d’Alger, quelques jours avant le débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Chef de l’état-major de la Division de marche d’Alger, il participe à la campagne de Tunisie de novembre 1942 à mai 1943.

De décembre 1943 à juillet 1944, il est sous-chef d’état-major du Corps expéditionnaire français en Italie commandé par le général Juin. Le 16 août 1944, à l’état-major du général de Lattre, commandant de l’armée B, il débarque sur les côtes de Provence et prend peu après le commandement de l’artillerie de la 3e D.I.A. puis de la 1re D.B. avec laquelle il mène les combats des Vosges, participe à la « course au Rhin » et à la réduction, au début de 1945, de la poche de Colmar.

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Directeur de l’Artillerie et commandant en second l’École de guerre, il est promu général de brigade en 1946, puis nommé inspecteur de l’artillerie. Général de division en 1950, commandant la 3e région militaire à Rennes de 1951 à 1955, il est appelé au poste de chef d’état-major de l’armée par le général Koenig, ministre de la Défense et des Forces armées, en 1955, et prend rang de général de corps d’armée. Il démissionne de son poste en février 1956 pour protester contre une diminution d’effectifs en Algérie décidée par le gouvernement. Le 19 décembre 1957, il est nommé général d’armée dans la 2e section des officiers généraux de l’armée de terre. Réintégré dans la 1re section le 1er juillet 1958, après le retour au pouvoir du général de Gaulle, il reprend ses fonctions de chef d’état-major de l’armée qu’il conserve jusqu’au 1er octobre 1959, date à laquelle il passe définitivement en deuxième section.

Putsch des généraux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Putsch des généraux.

Il participe au Coup d'État d'Alger du 21 au 25 avril 1961 avec les généraux Challe et Jouhaud, bientôt rejoints par le général Salan[2]. Chargé des affaires économiques et financières, il n'a tout au plus qu'un mois de ressources pour payer les soldes des putschistes[3]. Caché un moment à Alger après son échec, destitué, il se rend le 6 mai 1961 au général de Belenet, à Alger, est incarcéré à la prison de la Santé et condamné, comme le général Challe, à 15 ans de détention criminelle et à la privation de ses droits civiques par le Haut tribunal militaire après que le procureur de la République, Antonin Besson, ait refusé de requérir la peine de mort exigée par Edmond Michelet, ministre de la Justice. Interné à la maison de détention de Clairvaux puis à celle de Tulle[4], il est libéré en juillet 1966 et amnistié en 1968.

Il meurt à Paris le 18 septembre 1979. Sa tombe se trouve à Menetou-Salon. Son épouse née Elisabeth Siméon est décédée centenaire en 2009.

Publications[modifier | modifier le code]

André Zeller est l’auteur de plusieurs ouvrages :

  • Dialogues avec un lieutenant, Plon, 1971
  • Dialogues avec un colonel, Plon, 1972
  • Dialogues avec un général, Presses de la Cité, 1974
  • Les Hommes de la Commune, Éditions Perrin, 1969
  • Soldats perdus, Éditions Perrin, 1977
  • Journal d'un prisonnier, Tallandier, 2014[5]

Décorations[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

  • Le procès des Généraux Challe et Zeller - Texte intégral des débats, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1961

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. «L'enfer de Verdun, un témoin raconte», revue Histoire du 26 février 1964.
  2. 1961 : pourquoi le putsch d'Alger de militaires français contre la politique du général de Gaulle a échoué, atlantico.fr, 5 avril 2014.
  3. Pierre Abramovici, Le Putsch des Généraux. De Gaulle contre l’Armée 1958-1961, éd. Fayard, mars 2011.
  4. Putsch d'Alger: dans la tête des généraux, Emmanuel Hecht et Grégoire Kauffmann, lexpress.fr, 29 mars 2014.
  5. Journal d’un prisonnier (1961-1966), valeursactuelles.com, 23 avril 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]