Roger Langeron

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Roger Langeron
Roger Langeron 1934.jpg
Fonction
Préfet de police de Paris (d)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
Nom de naissance
Roger Marie Félix LangeronVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Membre de
Distinction

Roger Marie Félix Langeron, né à Brest le et mort à Garches le , est un haut fonctionnaire et historien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'historien, il mène d'abord une carrière politique. Il est au cabinet de Georges Clemenceau, que dirige Georges Mandel en 1917[1]. Il est préfet des Côtes-du-Nord de 1922 à 1924, préfet de la Marne de 1924 à 1929 et préfet du Nord de 1929 à 1934. Il est nommé préfet de police de Paris en mars 1934[2].

Durant l'hiver 1939-1940, il fait mettre en place les organes spécifiques de la lutte anticommuniste auprès de la police militaire et des renseignements généraux : les brigades spéciales[3]. Lors de la bataille de France (1940), il fait évacuer les archives du service des Étrangers et des Renseignements généraux par péniches à vapeur. L'une d'elle se retrouve bloquée, lors des derniers jours de la retraite française devant l'avance allemande, à Roanne ; l'autre est sabordée dans le Loing[4].

Maintenu dans ses fonctions par l'État français après l'armistice, ses relations avec l'occupant ne sont pas au beau fixe. Pour avoir protesté contre la déportation de sept commissaires de police par les Allemands, en violation des accords d'armistice, il reçoit la visite de trois officiers supérieurs allemands le dimanche 24 juin qui lui annoncent qu'il est remplacé par Jean Chiappe, président du conseil municipal de Paris et proallemand (il est possible que ce dernier ait joué un rôle dans l'affaire aussi, depuis qu'il avait lui-même été destitué de ses fonctions de préfet de police en amont de la crise du 6 février 1934). Il garde la jouissance de ses appartements et est rétabli dans ses fonctions dès le 16 juillet[5],[2] sur intervention de l'ambassadeur Léon Noël, alors membre de la délégation française à la convention d'armistice. Durant cet été 1940, Langeron lutte contre les manifestations anti-juives, provoquées par les gardes françaises, et contre lesquelles les autorités allemandes lui offrent leur soutien, ou au contraire l'empêchent de sévir[6].

Il est finalement destitué par le gouvernement de Vichy le 26 février 1941, avec d'autres préfets qualifiés de républicains. Il est traité de collaborateur par les uns[Qui ?], notamment à cause de la création par lui d'un groupe de policiers chargé de traquer les gaullistes et de ses actes de répression contre les premiers résistants de la Préfecture de Police, appartenant au groupe du « Coq Gaulois », livrés par lui aux Allemands en janvier 1941, et contre le Parti communiste. Il est qualifié de résistant « républicain » par les autres[Qui ?], son rôle pendant les premiers mois de l'Occupation faisant encore l'objet de controverses[7],[8]. Selon Henri Amouroux[2], il a involontairement sauvé la réputation du parti communiste et son futur revirement de juin 1941, en arrêtant ses dirigeants qui tentaient de reprendre leurs activités décrétées illégales en 1939 à cause du pacte germano-soviétique (les communistes, alliés aux Allemands à l'est, voulaient profiter de l'occupation allemande pour sortir de la clandestinité et faire reparaître l'Humanité, notamment).

Devenu par la suite historien de la Restauration, il est élu membre de l'Académie des sciences morales et politiques en 1960.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Politique d'abord : Souvenirs et anticipations (1943)
  • Paris, juin 40. Journal du préfet de police à Paris du 10 juin 1940 au 20 janvier 1941 (1946)
  • Un conseiller secret de Louis XVIII : Royer-Collard (1956)
  • Autour de trois rois, 1814-1848 (1957)
  • Madame Royale, la fille de Marie-Antoinette (1958)
  • Decazes, ministre du roi (1960)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand Favreau, Georges Mandel : =ou la passion de la République, Fayard, , 572 p. (lire en ligne)
  2. a, b et c Henri Amouroux, Paris sous l'Occupation
  3. Jean-Marc Berlière et Denis Peschanski, « Police et policiers parisiens », dans François Marcot, La Résistance et les Français : Lutte armée et maquis : colloque international de Besançon 15-17 juin, Presses Universitaires de Franche-Comté, , 54 p. (ISBN 9782251606170, lire en ligne), p. 176
  4. Gérard Delahaye, « Les archives de la Préfecture de Police », Arts et métiers du livre, no 307, mars-avril 2015, ISSN 0758-413X, p. 38.
  5. Paris, juin 1940, Flammarion, Roger Langeron
  6. Maurice Rajsfus, Opération Étoile jaune, Cherche Midi, , 312 p. (ISBN 9782749125589, lire en ligne)
  7. André Mahé, « La Police parisienne sous l'occupation allemande » in Le Veilleur, no 83 et 84 de juillet et septembre 1995.
  8. Annie Lacroix-Riz, « Le PCF entre assaut et mea culpa : juin 1940 et la résistance communiste ».

Liens externes[modifier | modifier le code]