Élisée Reclus

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Élisée Reclus

Description de l'image EliseeReclusNadar.jpg.


Biographie
Naissance
Sainte-Foy-la-Grande (Gironde)
Décès (à 75 ans)
Torhout, Belgique
Thématique
Formation Université de Berlin, autodidacte
Titres Professeur agrégé de l'Université libre de Bruxelles (1892-1893)
Professeur à la Nouvelle Université libre de Bruxelles (Université nouvelle de Bruxelles, 1894-1905)
Grande médaille d’honneur annuelle de la Société de topographie de France (1891)
Grande médaille d’or de la Société de géographie de Paris (1892)
Médaille d’or de la Royal Geographical Society de Londres (1894)
Approche Géographie sociale
Travaux La Terre, description des phénomènes de la vie du globe en 2 volumes (1867-1868)
Nouvelle Géographie universelle, la terre et les hommes en 19 volumes (1875-1893)
L’Homme et la Terre en 6 volumes (1905-1908)
Élisée Reclus
Élisée Reclus par Nadar (autour de 1900)
Élisée Reclus par Nadar (autour de 1900)

Naissance
Sainte-Foy-la-Grande (Gironde)
Décès (à 75 ans)
Torhout, Belgique
Type de militance activistethéoricienpropagandistegéographe
Cause défendue communisme libertaire
anarchisme

Élisée Reclus, de son nom complet Jacques Élisée Reclus, né à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) le et mort à Thourout en Belgique le , est un géographe libertaire[1],[2],[3],[4],[5].

Communard, militant et théoricien anarchiste, il fut un pédagogue[6] et un écrivain prolifique. Membre de la Première Internationale, il rejoint la Fédération jurassienne après l'exclusion de Michel Bakounine. Avec Pierre Kropotkine et Jean Grave, il participe au journal Le Révolté[7].

En 1892, il est invité par l’Université libre de Bruxelles qui lui offre une chaire de géographie comparée à la Faculté des sciences. Mais avant même d'avoir commencé, le cours est suspendu fin 1893 à la suite de l'attentat d'Auguste Vaillant à Paris. Il donne alors ses premiers cours dans les locaux de la loge maçonnique Les Amis philanthropes. En octobre 1894, avec d'autres professeurs démissionnaires, il crée à Bruxelles l'Université Nouvelle.

Citoyen du monde avant l’heure[8], précurseur de la géographie sociale, de la géopolitique et de l'écologie, ses ouvrages majeurs sont Histoire d’un ruisseau, sa Géographie universelle en 19 volumes et L'Homme et la Terre en 6 volumes.

La revue Hérodote le considère comme l'un des géographes les plus importants de son temps, au point d'avoir consacré deux numéros entiers à son œuvre en 1981 et 2005.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une famille protestante[modifier | modifier le code]

Élisée Reclus par Nadar (sans date)

Son père Jacques Reclus, né en 1796, était pasteur calviniste français (tout d’abord rémunéré par l’État, puis indépendant) et a aussi été quelques années professeur au collège protestant de Sainte-Foy-la-Grande. Le pasteur eut, avec son épouse Zéline Trigant-Marquey (1805-1887), quatorze enfants (il y eut peut-être encore trois fausses couches), dont trois filles qui moururent jeunes.

Élisée Reclus est le frère du publiciste et ethnographe Élie Reclus, du géographe Onésime Reclus, de l'officier de marine et explorateur Armand Reclus, du chirurgien Paul Reclus ; le cousin germain de Pauline Kergomard née Reclus, fondatrice des écoles publiques maternelles françaises ; l'oncle de Paul Reclus qui le seconde dans ses travaux à la fin de sa vie, l'oncle de l'historien d'art Élie Faure fils de sa sœur Zéline Reclus épouse Faure (1836-1911), l'oncle du haut fonctionnaire Maurice Reclus dernier fils d'Onésime Reclus ; le cousin de Franz Schrader (1844-1924), géographe, alpiniste, cartographe et peintre paysager, fils de sa cousine germaine Marie-Louise Ducos ; le grand-oncle du militant anarchiste et sinologue Jacques Reclus (1894-1984), fils de Paul Reclus et petit-fils d'Élie Reclus.

Les années de formation[modifier | modifier le code]

Quatrième enfant du pasteur Jacques Reclus, Élisée est élevé jusqu'à l’âge de 8 ans par ses grands-parents maternels, à La Roche-Chalais en Dordogne, à la suite de la décision prise par son père de ne plus être pasteur rétribué. En 1838, il regagne le foyer parental, à Orthez.

En 1842, il a douze ans, son père, qui souhaite le destiner à une charge de pasteur, l’envoie rejoindre son frère Élie à Neuwied, en Prusse sur les bords du Rhin, dans un collège tenu par des pasteurs luthériens Frères Moraves[9]. Mais Élisée supporte mal le caractère superficiel de l’enseignement religieux de cette école : il rentre en 1844 à Orthez en passant par la Belgique. Son séjour à Neuwied n'est cependant pas entièrement négatif : il a l’occasion d’y apprendre des langues vivantes (allemand, anglais, néerlandais), et le latin, ainsi que d’y rencontrer des personnalités qu’il revit plus tard.

Avec son frère aîné Élie jusqu'en 1847, il loge pendant quatre ans (1844-1848) chez la sœur de sa mère, Louise Trigant (1812-1897) épouse du riche notaire Pierre Léonce Chaucherie (1811-1885), à Sainte-Foy-la-Grande où il est inscrit au collège protestant de cette ville pour y préparer le baccalauréat[9], obtenu à l'Université de Bordeaux à l'été 1848. Il rencontre vraisemblablement à cette période un ancien ouvrier parisien ce qui lui permet de lire Saint-Simon, Auguste Comte, Fourier et Lamennais[10].

En 1848-1849, Élisée et Élie suivent des études de théologie à la faculté de théologie protestante de Montauban[10]. Ils en sont exclus à l'été 1849 pour des raisons politiques, à la suite d’une fugue qu’ils firent en juin vers la Méditerranée. C’est sans doute au cours de ces années qu’il prit goût à ce qui devait devenir sa conception de la géographie sociale. Élisée perd très vite la foi et est séduit par les idéaux socialistes de son époque[7]. Il décide alors d’abandonner définitivement les études théologiques. Il se rend cependant au collège de Neuwied où il est engagé comme maître répétiteur (1850).

Il est à nouveau déçu par l’atmosphère du collège, qu’il quitte pour se rendre à Berlin en 1851. Vivant assez chichement de leçons de français, il s’inscrit à l’université et, pendant un semestre, il y suit notamment les cours du géographe allemand Carl Ritter dont il devient le disciple[7].

À l'été 1851, Élisée retrouve son frère Élie à Strasbourg et ensemble ils décident de rentrer à Orthez (via Montauban) en traversant la France, à pied, ce qui a certainement contribué à former son caractère. Acquis dès cette époque aux idées politiques progressistes et anarchistes, il écrit son premier texte d'inspiration libertaire, Développement de la liberté dans le monde[10], où il évoque « l'anarchie, la plus haute expression de l’ordre ». L'article est publié, vingt ans après sa mort, en 1925, dans Le Libertaire[11].

Premier exil[modifier | modifier le code]

À Orthez, apprenant le coup d’État du 2 décembre 1851, les deux frères manifestent publiquement leur hostilité au nouveau régime et leur engagement républicain. Menacés d’être arrêtés, ils s’embarquent pour Londres où ils connaissent l’existence miséreuse des exilés. Élisée ne reverra la France qu’en 1857[12]. À Londres, il prend la mesure de l’humiliation qu’engendre la pauvreté. Élisée vit chichement de quelques leçons. En Irlande, où il est pendant plusieurs mois (1852) régisseur d'un domaine agricole à Blessington dans le comté de Wicklow, il découvre la pauvreté de la campagne irlandaise encore très marquée par la grande famine de 1847 et la dureté de la domination coloniale anglaise[12].

Début 1853, il s’embarque pour La Nouvelle-Orléans. Il y exerce divers petits métiers dont celui d’homme de peine, puis est embauché comme précepteur des trois enfants d’une famille de planteurs d’origine française, les Fortier. C’est au cours de cette période qu'il est confronté à une nouvelle situation de domination, la société esclavagiste des planteurs. Révolté par la condition des esclaves dont il vit indirectement pendant plus de deux ans (1853-1855), il sera un partisan indéfectible des Nordistes durant la guerre de Sécession[12].

Il forme le projet de s’installer en Amérique du Sud comme agriculteur et de faire venir auprès de lui son frère Élie et sa femme, mariés à Bordeaux en 1855. Fin 1855, il part donc pour la Colombie (alors Nouvelle-Grenade), par Cuba et la province colombienne du Panama. Il essaye pendant un an et demi de s’installer comme planteur de bananes ou de café. Peu doué pour les affaires, sans capitaux suffisants pour créer son exploitation, affaibli par les fièvres, l’échec est total. Il quitte la Colombie en juillet 1857 grâce à l’argent envoyé par son frère aîné qui lui permet de payer ses dettes et son billet pour le retour[12].

Géographe et socialiste[modifier | modifier le code]

Reclus1.gif

En août 1857, Élisée revient en France et se fixe chez son frère Élie, à Neuilly-sur-Seine (partie occidentale du 17e arrondissement de Paris en 1860). Les deux frères y rencontrent Auguste Blanqui et Pierre-Joseph Proudhon[11]. Tout en donnant des cours de langues étrangères, Élisée s’engage dans ce qui allait par la suite devenir sa principale occupation : il entre à la Société de géographie le 2 juillet 1858.

Fin 1858, il retourne à Orthez en compagnie de son père qui revient d’Angleterre, où il est allé chercher des aides financières pour un asile de vieillards qu’il a créé à Orthez. Le 11 mars 1858, il est initié dans la loge maçonnique, Les Émules d’Hiram du Grand Orient de France[13]. Il n’y est jamais actif et au bout d’un an il s'éloigne de la franc-maçonnerie. Le 13 décembre 1858, il se marie civilement avec Clarisse Brian[14] et il retourne à Paris où il forme un ménage communautaire avec son frère Élie, marié à leur cousine germaine paternelle Noémi Reclus (1828-1905).

De 1859 à 1868, il contribue à l'influente Revue des Deux Mondes où il donne des articles de géographie, de géologie, de littérature, de politique étrangère, d'économie sociale, d'archéologie et de bibliographie, qui sont fort remarqués[9]. Fin décembre 1858, la maison Hachette recrute Élisée pour rédiger des guides pour voyageurs (guides Joanne), dont le Guide du voyageur à Londres et aux environs (1860), ce qui l’amène à parcourir la France et divers pays d'Europe occidentale (Allemagne, Suisse, Alpes italiennes, Angleterre, Sicile, Pyrénées espagnoles). Son premier livre tout à fait personnel, Voyage à la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, un récit de son aventure colombienne, est publié chez Hachette en 1861[10].

En 1862, Élisée se rend à Londres à l’occasion de l’Exposition universelle, dont il signe le guide Joanne chez Hachette. De 1863 à 1871, les deux frères font de fréquents séjours à Vascœuil (Eure, Haute-Normandie) chez leur ami Alfred Dumesnil (1821-1894), gendre de Jules Michelet. Adèle Dumesnil, la fille de l'historien, étant décédée en 1855, Dumesnil, veuf, épouse en 1871 Louise Reclus (1839-1917), sœur d'Élisée et d'Élie qu'il employait depuis 1863 comme gouvernante de son château de Vascœuil et préceptrice de ses deux filles Jeanne Dumesnil (1851-1940) et Camille Dumesnil (1854-1940).

Le 1er octobre 1863, il est parmi les fondateurs de la Société du Crédit au Travail, banque dont le but était d’aider à la création de sociétés ouvrières[10]. En juin 1864, avec son frère Élie Reclus, il est l’un des vingt-sept fondateurs de la première coopérative parisienne de type rochdalien : l'Association générale d’approvisionnement et de consommation. Élisée est élu secrétaire de L’Association, bulletin international des coopératives, fondé le 1er novembre. Il collabore à La Coopération, qui lui succède. En 1866, il fait partie avec Élie d’une société coopérative d’assurances sur la vie humaine créée à Paris sous le nom de L’Équité[11],[10].

Militant de la Première Internationale et communard, La Terre[modifier | modifier le code]

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En septembre 1864, les deux frères Élie et Élisée adhèrent à la section des Batignolles de l’Association internationale des travailleurs fondée le 28 septembre à Londres (AIT, Première Internationale)[11].

En novembre de la même année à Paris, Élie et Élisée rencontrent Bakounine avec qui ils entretiennent des liens amicaux et politiques forts. Ils militent ensemble à la Fraternité Internationale, société secrète fondée par Bakounine. En 1865, Élisée se rend à Florence, où il revoit Bakounine et fait la connaissance de révolutionnaires italiens[11].

En 1867, Élisée participe à deux réunions internationales : du 2 au 7 septembre, deuxième Congrès de l’Association internationale des travailleurs à Lausanne et du 9 au 12 septembre, premier Congrès de la Ligue de la Paix et de la liberté à Genève. Du 21 au 25 septembre 1868 il participe activement au 2e Congrès de la Ligue de la Paix et de la Liberté, à Berne. Il y fait une intervention que l’on considère généralement comme sa première adhésion publique à l’anarchisme. Élisée, Bakounine et quelques autres s’opposent à la majorité des congressistes sur la question de la décentralisation. Ils en tirent les conséquences et quittent la Ligue[14].

Parallèlement, Élisée publie chez Hachette en 1867 et 1868 (datés 1868 et 1869) les deux volumes d'un magistral traité de géographie générale, La Terre, description des phénomènes de la vie du globe, qui lui assure une grande renommée dans les milieux intellectuels européens et sera, a posteriori, la première oeuvre de sa vaste trilogie géographique avec la Nouvelle Géographie universelle (1875-1893) et L'Homme et la Terre (1905-1908).

En 1868, il adhère à l’Alliance internationale de la démocratie socialiste fondée par Bakounine et admise, en juillet 1869, par le Conseil général de l’Association internationale des travailleurs, au nombre des sections genevoises[14]. Le 6 juillet et le 17 août 1869 à Londres, Élisée assiste, à titre d’invité, à deux séances du Conseil général de la Première Internationale.

En 1869, il publie chez Pierre-Jules Hetzel son Histoire d’un ruisseau. Soucieux de donner un foyer à ses filles, confiées à deux de ses sœurs à la suite de la mort de sa femme Clarisse le 22 février 1869, Élisée et Fanny L'Herminez, une institutrice venue d'Angleterre, déclarent s’accepter librement l’un l’autre pour « époux » le 26 mai 1870 lors d'une réunion de famille[14] à Vascœuil.

Durant la guerre franco-prussienne de 1870, puis la Commune de Paris, Élisée s’engage activement dans l’action politique et militaire. À l'automne 1870, pendant le siège de Paris par les Prussiens, il s’engage comme volontaire au 119e bataillon de la Garde nationale puis dans le bataillon des aérostiers dirigé par le photographe Nadar[14] qui devient un ami intime. En décembre, il participe, avec André Léo, Benoît Malon et son frère Élie Reclus, à la création du journal La République des travailleurs[11]. Il tente de se présenter aux élections législatives du 8 février 1871 à Orthez, sans succès (il n'a pas eu le temps de faire inscrire sa candidature). Après la proclamation de la Commune, le 18 mars 1871, il s'engage comme volontaire dans la Fédération de la Garde nationale[9]. Le 4 avril 1871[10], à l'occasion d'une sortie confuse à Châtillon, il est fait prisonnier le fusil à la main par les Versaillais[9],[14].

Emprisonné au camp de Satory[14] à Versailles, il est rapidement transféré en rade de Brest, au fort de Quélern puis sur l’île de Trébéron, avant de revenir en banlieue parisienne pour y être jugé. Il connaît en tout une quinzaine de prisons en onze mois de captivité[11] (avril 1871-mars 1872).

Bannissement en Suisse[modifier | modifier le code]

Élisée Reclus en Suisse.

Le , le 7e Conseil de guerre le condamne à la déportation[9] simple (transportation) en Nouvelle-Calédonie[14].

Sa renommée scientifique, ainsi que les réseaux créés par son frère Élie dans les milieux intellectuels et coopératifs britanniques, valent à Élisée une pétition de soutien regroupant essentiellement des scientifiques britanniques et réunissant une centaine de noms (dont Charles Darwin) : le 3 février 1872, la peine est commuée en dix années de bannissement[9]. Élisée Reclus se refuse à signer un recours en grâce. Sa peine sera remise le 17 mars 1879[14].

À la suite de sa commutation de peine, Élisée, sa compagne et ses deux filles séjournent en Suisse, à Lugano (1872-1874)[9],[15].

Élisée assiste au congrès de la Paix de Lugano (septembre 1872), et fonde une section internationaliste en 1876 à Vevey, avec son ami cartographe Charles Perron, qui dessine pour lui dans la Nouvelle Géographie Universelle. La section publie un journal, Le Travailleur, prônant notamment l'éducation populaire et libertaire[16].

En février 1874, sa compagne Fanny meurt en couches, ainsi que leur nouveau-né prénommé Jacques : Élisée et ses filles quittent le Tessin et s'installent au bord du lac Léman, dans le canton de Vaud : à La Tour-de-Peilz (1874-1875), Vevey (1875-1879) puis Clarens (1879-1890). Le 10 octobre 1875, il s'unit à Ermance Gonini veuve d’un cousin Trigant-Beaumont de la mère des Reclus, et mère adoptive d'une fille d'un couple de sauniers charentais, Sophie Guériteau dite Georgette Gonini (qui s'unira en 1889 au graveur William Barbotin). Héritière d’une petite fortune, Ermance fait construire une maison à Clarens, au bord du lac Léman (1876-1879), où la famille s’installe de 1879 à octobre 1890[11].

Communiste anarchiste[modifier | modifier le code]

En Suisse, il est membre de la Fédération jurassienne où il acquitte sa cotisation de membre « central »[11]. Il entretient des relations suivies avec Michel Bakounine dont il publie et préface, en 1882, Dieu et l'État[10], puis avec Pierre Kropotkine[15] dont il fait la connaissance en février 1877[11]. Une grande amitié le lie en outre à James Guillaume[11].

En 1873 et 1874, il collabore à l’Almanach du peuple, et en 1877, à La Commune. Le 19 mars 1876 à Lausanne, il affirme son communisme libertaire lors d’une réunion commémorative de la Commune de Paris[11]. Le 3 juillet 1876, à Berne, il assiste aux obsèques de Bakounine et prononce un discours funèbre[14]. Au printemps 1877, il lance à Genève la revue Le Travailleur avec son camarade et collaborateur Charles Perron, ainsi que Nicolas Joukovsky et Alexandre Oelsnitz, dans laquelle ils se déclarent « an-archistes »[11].

Amnistié en 1879, il reste à Clarens où il collabore au journal Le Révolté dirigé à Genève par Pierre Kropotkine et François Dumartheray[7],[11], puis par Jean Grave. Les persécutions de la police suisse conduisent au transfert du titre à Paris en 1885.

Les 9 et 10 octobre 1880, il participe au congrès de la Fédération jurassienne. Il y définit son communisme libertaire, « conséquence nécessaire et inévitable de la révolution sociale » et « expression de la nouvelle civilisation qu’inaugurera cette révolution », et qui implique notamment « la disparition de toute forme étatiste » et « le collectivisme avec toutes ses conséquences logiques, non seulement au point de vue de l’appropriation collective des moyens de production, mais aussi de la jouissance et de la consommation collectives des produits » (Le Révolté, 17 octobre 1880)[11].

En 1883, les autorités tentent de l'impliquer dans le procès mené, à Lyon, contre Kropotkine. Il est présenté comme son collaborateur dans l'organisation du « parti anarchiste international », alors que l'anarchisme, par définition, ne se prête guère à une discipline ni à une hiérarchie. Il écrit au procureur général pour se mettre à sa disposition et finalement les poursuites sont abandonnées[9].

Nouvelle Géographie universelle[modifier | modifier le code]

Pendant toute cette période, il rédige certains de ses grands textes géographiques : Histoire d’une montagne (1876, puis 1880 pour l'édition définitive chez Pierre-Jules Hetzel), ainsi que les premiers volumes de sa Nouvelle Géographie universelle, dont la publication est poursuivie régulièrement chez Hachette de 1875 (1er volume daté 1876) à 1893 (19e volume daté 1894)[7].

Il continue aussi à voyager (Italie, Algérie, États-Unis, Canada, puis Brésil, Uruguay et Argentine). En février 1886, il se rend à Naples et y rencontre le révolutionnaire hongrois Kossuth. En octobre 1890, Élisée et sa famille reviennent en France et se fixent en banlieue parisienne à Nanterre (1890-1891), Sèvres (1891-1893), enfin Bourg-la-Reine (1893-1894)[10].

La Nouvelle Géographie universelle lue en français ou en traduction dans le monde entier, en Europe, en Amérique du Nord et du Sud aussi bien qu'en Australie, en Perse ou en Chine, lui vaut une célébrité internationale, unique pour un géographe de langue française et qui en fait, de son vivant, un égal en renommée planétaire de Victor Hugo ou de Louis Pasteur[17]. Elle lui fait également recevoir, entre autres, les prestigieuses distinctions de trois sociétés savantes : en novembre 1891, la grande médaille d’honneur annuelle de la Société de topographie de France alors présidée par le contrôleur général de l’armée Léonard Martinie ; en février 1892, et "à titre exceptionnel" car normalement réservée aux explorateurs, la grande médaille d’or de la Société de géographie de Paris[10] ; en mai 1894, la médaille d’or annuelle (Patron’s Medal) de la Royal Geographical Society de Londres.

Bruxelles et l’Université Nouvelle[modifier | modifier le code]

RECLUS3.jpg

En 1892, à la suite de la condamnation de Ravachol, les anarchistes sont de plus en plus étroitement surveillés par la police, et Élisée Reclus a presque achevé sa Nouvelle Géographie universelle, si bien qu'il décide d’accepter une proposition de l’Université libre de Bruxelles (ULB) qui lui offre une chaire de géographie comparée en lui décernant le titre d'agrégé de la Faculté des sciences[9].

Ses cours doivent commencer en mars 1894, mais deux événements modifient son entrée dans une carrière professorale en Belgique. Le 9 décembre 1893, Auguste Vaillant lance une bombe à la Chambre des députés à Paris ; recherché parce qu'il a reçu la visite de Vaillant peu avant l'attentat, son neveu Paul Reclus est en fuite, et le géographe est jugé moralement coresponsable de l'attentat par les autorités judiciaires françaises. Au même moment, un texte de Reclus intitulé « Pourquoi sommes-nous anarchistes ? »[18] est diffusé sur le campus bruxellois. Dans ce texte, il condamne la bourgeoisie, les prêtres, les rois, les soldats, les magistrats qui ne font qu’exploiter les pauvres pour s’enrichir. C'est un véritable appel à la révolution : l’unique moyen d’arriver à l’idéal anarchiste, c’est-à-dire à la destruction de l’État et de toutes autorités, par « l'action spontanée de tous les hommes libres ». Dès lors, les événements se succèdent rapidement[19].

En sa séance du 30 décembre 1893, le conseil d'administration de l'ULB prie Élisée Reclus de reporter son cours sine die, ce qui provoque la démission du recteur de l'université Hector Denis, et de plusieurs professeurs. C’est à ce moment que surgit l’idée de créer une institution concurrente, la Nouvelle Université libre de Bruxelles ou Université Nouvelle, répondant mieux à leurs convictions philosophiques, matérialistes et positivistes, d'autant que plusieurs professeurs étrangers sont prêts à venir y donner cours. Le 30 janvier 1894, alors que l’Université libre de Bruxelles est fermée pour une durée indéterminée, les premiers cours sont donnés, rue du Persil à Bruxelles, dans les locaux de la loge maçonnique Les Amis philanthropes, elle-même à l’origine de la fondation de l’ULB en 1834. L'Université Nouvelle est fondée officiellement le 25 octobre 1894 : elle est ouverte aux théories positivistes et basée sur le libre examen[19]. Ses professeurs ne reçoivent aucune rémunération. Élisée Reclus s'installe à Ixelles, en banlieue Sud de Bruxelles, ainsi que son frère Élie brièvement emprisonné le 1er janvier 1894 à Paris en raison de la fuite de son fils aîné Paul Reclus ; Louise Dumesnil, sœur d'Élie et Élisée et veuve d'Alfred Dumesnil depuis février 1894, vient s'installer auprès de ses deux frères : à quelques rues de distance, tous trois ainsi que l'épouse d'Élie, Noémi Reclus, forment à Ixelles une communauté familiale, à l'instar de celle formée à Paris entre 1857 et 1871.

Les cours d’Élisée Reclus attirent énormément de monde, une manifestation étudiante suit sa première conférence. Son frère Élie y donne des cours d'ethnographie religieuse. Des personnalités éminentes y enseignent : Émile Vandervelde, Louis de Brouckère, Paul Janson, Edmond Picard, etc[20],[21].,[19].

L’Université Nouvelle existe jusqu’en 1919, date à laquelle elle fusionne avec l’Université libre de Bruxelles, mettant fin au conflit entre libéraux doctrinaires et progressistes[19].

La rencontre avec Alexandra David-Néel[modifier | modifier le code]

C'est en 1886 qu'Élisée Reclus rencontre à Bruxelles la fille d'un communard, Eugénie David, une jeune fille appelée à devenir célèbre par la suite : Alexandra David-Néel[10]. Il a cinquante-six ans, elle en a dix-huit. Une forte amitié se noue entre eux, qui ne cesse qu'à la mort d'Élisée. Il eut sur sa jeune admiratrice une influence certaine : le premier ouvrage écrit par Alexandra David (Pour la vie) parut en 1898 avec une préface d'Élisée Reclus. Ils s'écrivent à plusieurs reprises, notamment lors du séjour d'Alexandra à Hanoï, en 1895.

Les dernières années : Grand Globe, cartes globulaires, L'Homme et la Terre[modifier | modifier le code]

Fin janvier 1893 Élisée se rend à Florence pour témoigner dans un procès d’anarchistes italiens, qui sont relaxés. Le 21 mars 1897, il a la douleur de perdre sa fille cadette, dont il recueille à Ixelles, avec sa sœur Louise Dumesnil, trois enfants.

De 1895 à 1898, il se lance dans un projet de construction d'un Grand Globe, une maquette de plus de 127,5 mètres de diamètre, destinée à représenter fidèlement la Terre par une même échelle du 1:100 000 pour la surface et les reliefs, et qui devait être érigée sur la colline parisienne de Chaillot pour l'Exposition universelle de 1900[22]. Le projet réunit Reclus, Charles Perron, l'urbaniste Patrick Geddes pour réaliser le relief de l'Écosse[16], mais il ne voit pas le jour faute de pouvoir réunir les financements nécessaires (environ 20 millions de francs-or[23]).

Le 18 mars 1898, Élisée Reclus fonde l'Institut d'études géographiques ou Institut géographique, qui dépend de l'Université Nouvelle et forme les étudiants par des excursions et la rédaction de mémoires originaux.

Cette même année, le 2 août 1898, il crée aussi une Société anonyme d’études et d’éditions géographiques Élisée Reclus en association avec des capitalistes belges. Elle fera faillite le 14 juin 1904. La société publie d'une part divers mémoires de géographie entre 1899 et 1905[24], et d'autre part quelques exemplaires de « cartes globulaires » ou « disques globulaires ». Ce sont des cartes planes en couleur, mais gravées sur un support métallique convexe qui figure, à l'échelle, la courbure de la surface terrestre ; 36 feuilles assemblées constitueraient un globe terrestre à l'échelle du dix-millionième. Cette représentation d'un genre nouveau est conçue par le cartographe belge Émile Patesson et Élisée Reclus qui, en 1902 et 1903, tente d'intéresser à leur diffusion les Sociétés de géographie de Paris, Londres et Berlin, sans grand succès.

Entre 1896 et 1901, Élisée fournit en outre plusieurs mémoires importants à des revues françaises, belges, suisses ou anglaises[25].

En 1903, il demande à son neveu Paul Reclus de s'établir à Ixelles pour l'aider à achever et éditer L'Homme et la Terre, qu'il rédige depuis 1895 sous le titre provisoire L'Homme, géographie sociale. Grâce à son frère géographe Onésime Reclus, ce dernier grand ouvrage est publié en feuilleton périodique puis en 6 volumes par la Librairie universelle à Paris, pour l'essentiel après sa mort (1905-1908) et sous le contrôle vigilant de Paul Reclus[26],[27].

Œuvre de géographie sociale appliquée à l'histoire de l'humanité, L'Homme et la Terre est aussi ce qu'on nomme aujourd'hui un ouvrage de géohistoire, et encore de philosophie de l'histoire et d'anthropologie historique. Si certains géographes du début du XXe siècle ont pour cela rechigné à y voir un ouvrage de géographie[28], inversement, il fait tout aussi bien d'Élisée Reclus un historien original et pénétrant, ignoré jusqu'à présent par une profession historienne pour laquelle il est seulement géographe : les cloisonnements disciplinaires dont se jouait Élisée Reclus ont ainsi provoqué une double exclusion de ce titre majeur, chez les géographes et chez les historiens. En 1927, dans les colonnes du quotidien communiste L'Humanité, l'écrivain Henri Barbusse déclare pourtant que selon lui, « il existe un grand livre d’histoire universelle, une œuvre capitale, admirable, et qui surplombe toute la production actuelle. C’est L'Homme et la Terre d’Élisée Reclus. »[29]

Fruit de quarante ans de travail, la « trilogie » géographique d'Élisée Reclus comprend en 1908, dans des formats différents, trois grands ouvrages qui totalisent 27-1 volumes et 22 218 pages : La Terre, 1867-1868 (datés 1868-1869), 2 vol., 1 554 p., 7 % du total ; la Nouvelle Géographie universelle, la Terre et les hommes, 1875-1893 (datés 1976-1894) et 1894, 19-1 vol., 16 977-39 p., 77 % du total ; L'Homme et la Terre, 1905-1908, 6 vol., 3 648 p., 16 % du total.

Disparition sans cérémonie[modifier | modifier le code]

Les Temps nouveaux du 15 juillet 1905 annoncent la mort de Reclus.

Durant les toutes dernières années de sa vie, Élisée Reclus, qui souffre d’angine de poitrine, voyage encore (France, Pays-Bas, Londres, Berlin).

Fin juin 1905, il apprend la révolte des marins du cuirassé Potemkine, ce qui constitue l’une de ses dernières joies.

Il meurt le 4 juillet 1905 à Tourhout (Torhout), près de Bruges. Conformément à ses dernières volontés, aucune cérémonie n’a lieu : seul son neveu Paul Reclus suit le cercueil[30],[31].

Il est enterré au cimetière d’Ixelles, commune faisant partie de l'agglomération de Bruxelles, dans la même tombe que son frère Élie mort l’année précédente. Dix jours plus tard, l'épouse de ce dernier, Noémi Reclus, morte à Ixelles le 14 juillet 1905, les y rejoint.

Les idées d’Élisée Reclus[modifier | modifier le code]

L'Homme et la Terre (1905-1908).

Le bannissement politique d’Élisée Reclus pour ses idées anarchistes a certainement été à l’origine de l’oubli relatif dans lequel il est aujourd’hui. Selon la géopoliticienne Béatrice Giblin : « C’est bien parce qu’on ne pouvait dissocier le géographe, qui aurait dû être nanti d’on ne sait de quelle sereine impartialité scientifique, du militant anarchiste, que les représentants de l’institution universitaire ont choisi de l’oublier et de le faire oublier au plus vite »[12].

Il est méfiant envers la valeur du progrès : « Certes, l’industrie amena de réels progrès dans son cortège, mais avec quel scrupule il importe de critiquer les détails de cette grande évolution ! », il faut « prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même ». Pour lui, le progrès s'accompagne de « régrès », de régressions qui inscrivent les évolutions dans une problématique dialectique. Ainsi, dans L’Homme et la Terre il revient à de nombreuses reprises sur cette idée : « Le fait général est que toute modification, si importante qu’elle soit, s’accomplit par adjonction au progrès de régrès correspondants » (tome VI p° 531). Reclus ne désapprouve pas l'action de l'homme sur la nature, mais cette dernière doit répondre à des critères sociaux, moraux et esthétiques[12].

Pour Yves Lacoste, il serait le père de la réflexion géopolitique française (même si Reclus n'emploie jamais ce mot dans son œuvre)[32].

L'un des aspects les plus marquants de sa personnalité, outre ses convictions libertaires, est sa faculté de penser et d'agir par lui-même. À 18 ans, il affirme : « Je ne veux avoir sur le front la marque d'aucun maître, je veux garder ma libre pensée, ma volonté intacte, ne rendre compte de ma conduite qu'à ma conscience ! »[33]. Plus tard, il sera proche de la Fédération de la libre pensée (créée en 1848) et donnera des conférences dans des loges maçonniques[13].

En ce qui concerne ses idées religieuses, bien que formé dans sa jeunesse pour devenir pasteur, il se détache rapidement et radicalement du christianisme. Selon la géopoliticienne Béatrice Giblin : « Son projet [de jeunesse] est alors d’établir la République chrétienne, plus tard, devenu athée, il parlera de la République universelle. Devenir athée, ne signifie pas que Reclus perde ce qui fait de lui un être « religieux », s’il ne croit plus en l’existence de Dieu, il croit avec la foi du charbonnier à la liberté, condition indispensable pour qu’existe un jour la République universelle. »[12].

Élisée Reclus vécut toujours très simplement et mit les revenus de ses droits d'auteur versés par les éditions Hachette au service de la famille, des amis, des militants et du mouvement anarchiste[11].

Le géographe[modifier | modifier le code]

Illustration dans Géographie Universelle
Un exemple d'illustration dans La Nouvelle Géographie Universelle : Le Lac de Sete Cidades.

Prolongeant les travaux du géographe Carl Ritter dont il a suivi les cours à Berlin à l'hiver et au printemps 1851[12],[15], Élisée Reclus observe la nature, conçoit la Terre comme une totalité harmonieuse et contribue à diffuser la théorie rittérienne des articulations littorales[34]. Il rédige de nombreux ouvrages de géographie, dont la Nouvelle Géographie universelle en 19 tomes et L'Homme et la Terre sont sans doute les plus importants[9].

Son œuvre en fait un précurseur de la géographie sociale[35]. Pour Reclus, il s’agit d’inclure la dimension humaine dans le processus géographique, y compris sous l'angle des rapports de force sociaux et internationaux.

Il réfléchit aussi à l’enseignement de la géographie et souhaite mettre à la portée de chacun des outils originaux de compréhension dont le Projet de globe terrestre au 100 000e en collaboration avec l'architecte Louis Bonnier[36].

Ses engagements anarchistes assurent à ses travaux géographiques un réseau d'informateurs dans le monde entier (et la qualité de son travail, dans tous les milieux sociopolitiques), mais ils ont également contribué à lui fermer les portes de la reconnaissance universitaire française pendant presque tout le XXe siècle[12]. Son anti-institutionnalisme ne lui a pas procuré de disciples, laissant ainsi le champ libre, en France, à l'émergence de l'"école française de géographie" née dans le sillage de son contemporain plus jeune de quinze ans Paul Vidal de La Blache.

En revanche, il fut membre actif, correspondant ou honoraire de nombreuses sociétés savantes, fondées sur le double principe de la libre adhésion et de la cooptation : Société de géographie de Paris, Società degli Amici dell’Educazione del Popolo de Lugano, Société vaudoise des sciences naturelles à Lausanne, Société de géographie de Genève, Commission de géographie commerciale à Paris, Société de géographie de Pest à Budapest, Société de géographie de Berne, Association française pour l'avancement des sciences à Paris, Société pour la protection des indigènes à Paris, Ligue du reboisement de l'Algérie à Alger, Société d'anthropologie de Paris, Société royale écossaise de géographie à Édimbourg, Société neuchâteloise de géographie, Società geografica italiana de Rome, Société d'ethnographie de Paris, Société royale belge de géographie à Bruxelles[37].

Une bonne part des succès éditoriaux que ses œuvres géographiques ont connus de son vivant est redevable à un style souple et puissant, qui en fait l'un des grands écrivains français de la seconde moitié du XIXe siècle.

L’anarchiste[modifier | modifier le code]

Reclus - L’Anarchie, 1896.djvu

Élisée Reclus est un militant impliqué directement dans des organisations ouvrières comme l'Association internationale des travailleurs, la Fédération jurassienne, la Ligue de la Paix et de la liberté[14]. Il est également en relation avec nombre des grandes figures du mouvement libertaire de l'époque : Bakounine, Kropotkine, Dumartheray, Jean Grave, James Guillaume, Max Nettlau, etc.

L’écrasement sanglant de la Commune de Paris l'a convaincu de l’antagonisme irréductible entre le capital et le travail, du rôle néfaste de l’État et de l’impossibilité de parvenir au socialisme par des voies pacifiques ou électoralistes, ce qui n’empêche pas des pratiques éducationnistes. De son exil en Suisse à sa mort, il ne cesse de prendre position sur les problèmes théoriques et pratiques qui se posent au mouvement libertaire : déclaration en faveur de l’union libre à l’occasion du mariage libre de ses deux filles (Le Révolté, 11 novembre 1882) ou prise de position catégorique contre le principe des élections : « Voter, c’est abdiquer » (Le Révolté, 11-24 octobre 1885)[11].

Sur certaines questions, il défend des positions originales. Il considère que la révolution ne se produira pas dans un proche avenir (Bulletin de la Fédération jurassienne, 11 février 1878). En opposition à Jean Grave, il se déclare favorable au droit de reprise individuelle : « Le révolutionnaire qui opère la reprise pour la faire servir aux besoins de ses amis peut tranquillement et sans remords se laisser qualifier de voleur » (Correspondance, t. III, 21 mai 1893). Enfin, il se montre hostile aux expériences de colonies anarchistes ou milieux libres : « Il ne faut nous enfermer à aucun prix, il faut rester dans le vaste monde pour en recevoir toutes les impulsions, pour prendre part à toutes les vicissitudes et en recevoir tous les enseignements » (Les Temps Nouveaux, 7-13 juillet 1900). Dans un long passage de L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique (1897), en accord avec Kropotkine, il se livre à un sévère réquisitoire contre Thomas Malthus. Il est également hostile au néo-malthusianisme défendu par Paul Robin[11].

En 1895, il publie dans Les Temps nouveaux des 18 mai 1895, 26 mai et 1er juin 1895 l'un de ses plus célèbres textes, L’Anarchie, issu d’une conférence prononcée à Bruxelles le 18 juin 1894 dans la salle de la loge maçonnique Les Amis philanthropes (rééd. en brochure, Paris, Publications des Temps nouveaux, 1896, 23 p.)[10].

Élisée Reclus et la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Le 11 mars 1858, Élisée Reclus est initié en franc-maçonnerie à la loge Les Émules d'Hiram du Grand Orient de France à Paris[13],[38],[10],[39]. Son frère Élie déjà initié à la loge Renaissance est présent.

Élisée se contente de l'initiation[40]. Au bout d'un an, il s’en détache et ne fréquente, à nouveau, les loges que lors de son dernier exil à Bruxelles, pour y donner de nombreuses conférences sur l'anarchie[13],[41]. Même s'il ne fut jamais un franc-maçon actif, sa présence à Bruxelles en 1894, a une importance déterminante sur la Maçonnerie belge, et notamment sur la loge Les Amis philanthropes[42].

Le partisan de l’union libre[modifier | modifier le code]

Union libre

« Je crois que votre frère E. s'est trompé lorsqu'il vous répondit que «chez nos camarades, la question de l'union libre a peu d'importance». Au contraire, l'opinion est désormais fixée et l'importance capitale de la liberté complète, absolue de la femme en face du masculin est reconnue chez tous les anarchistes [...] Je puis dire qu'à mon avis la révolution est accomplie, le mariage officiel a virtuellement vécu. Il ne reste qu'à déblayer la voie. »[43]

Article détaillé : Anarchisme et liberté sexuelle.

Fervent partisan de l'union libre[44], Élisée Reclus eut quatre compagnes, avec chacune desquelles le contrat social fut différent. Une constante est cependant marquée : il a toujours refusé le mariage religieux[45].

  • La première, Clarisse Brian (1832-1869), qu’il épouse civilement à Sainte-Foy-la-Grande le 13 décembre 1858, avec qui il a trois filles (Anna, la troisième, vécut deux semaines en janvier 1869), avait des origines Peul (sa mère Marie John dite Yon, qui avait épousé le négociant de Sainte-Foy-la-Grande Charles Brian, était la fille d'un Anglais et d'une Peul du Sénégal). Clarisse meurt un mois après son troisième accouchement, le 20 février 1869[14]. Ce mariage, qui dura dix années, avait une signification toute particulière pour l’antiesclavagiste de retour de Louisiane.
  • Le 26 mai 1870, à Vascœuil, il s’unit avec la seconde, Fanny L'Herminez (1839-1874), née à Londres d'Édouard L'Herminez (1804-1882), un curé du Nord devenu pasteur calviniste (et par ailleurs condamné à Londres en octobre 1856 pour n'avoir pas reconnu une enfant naturelle née d'une domestique), en union libre[14], mariage « sous le soleil » dit-il[46]. Une très grande unité de vues les rassemble pendant leur courte vie commune de quatre ans entrecoupés par près d'un an et demi de séparation, entre septembre 1870 et mars 1872, en raison de la guerre de 1870 et du siège de Paris (femme et enfants sont mises à l'abri en Gironde), puis de la Commune de Paris et de l'emprisonnement d'Élisée Reclus[47]. En février 1874, Fanny meurt en mettant au monde un garçon, Jacques, qui ne vécut pas.
  • C’est avec sa troisième compagne, Ermance Gonini (1826-1918), petite-fille du pasteur calviniste d'origine piémontaise Jean-David dit aussi Jean-Daniel Gonini (1760-1840), elle-même veuve d'un cousin maternel des Reclus, le pasteur Jean-François Trigant-Beaumont (1824-1854), qu’il forme le ménage le plus durable, jusqu'aux environs de 1895. Le 10 octobre 1875, à Zurich, ils s'unissent librement sans aucune formalité civile ou religieuse mais après lecture d'un texte qui fut signé par les deux « époux » et leurs seize témoins[48]. Il a 45 ans, elle en a 49 ; ils n’eurent aucune descendance.
  • Avec sa dernière compagne, la grande bourgeoise Florence Tant (de son nom d'épouse Florence de Brouckère, v. 1841-1927), une riche veuve du fait de ses deux mariages successifs dans la famille de Brouckère qui appartient à la noblesse belge (Louis de Brouckère est à la fois son neveu et son beau-fils), nulle union libre et encore moins un mariage, mais une fréquentation assidue à partir de 1895 et plus encore de 1900, chacun demeurant en son foyer[49]. C'est avec elle et grâce à son automobile qu'Élisée Reclus parcourt le Jura français à l'été 1902 puis à l'été 1903, et c'est chez elle qu'il s'éteint en 1905, dans sa résidence campagnarde de Thourout (Torhout).

Le 14 octobre 1882, à l'hôtel Continental à Paris, « sans permettre à la loi religieuse et civile de s'en occuper »[48], « dans des conditions de vérité où les fiancés n'eurent point à faire de cérémonies civile ou religieuse en l'honneur d'une loi qui leur paraît injuste ou d'un culte qu'ils ne pratiquent point »[13], ses deux filles s'unissent librement, avec des amis de son neveu Paul : Magali Reclus (1860-1953) avec l'ingénieur et architecte Paul Régnier (1858-1938), fils d'un constructeur d'ouvrages d'art pour les chemins de fer, et Jeannie Reclus (1863-1897) avec l'ingénieur chimiste Léon Cuisinier (1859-1887), petit-neveu par sa mère du chimiste Augustin-Pierre Dubrunfaut[11]. À cette occasion, il prononce une allocution rédigée par son frère Élie Reclus, dans laquelle sont détaillées ses principales idées sur le mariage et l’éducation des enfants[50] : « Ce n’est point au nom de l’autorité paternelle que je m’adresse à vous, mes filles, et à vous, jeunes hommes qui me permettez de vous donner le nom de fils. Notre titre de parents ne nous fait en rien vos supérieurs et nous n’avons sur vous d’autres droits que ceux de notre profonde affection »[51].

Élisée Reclus et l’espéranto[modifier | modifier le code]

Élisée Reclus appelle de ses vœux une langue universelle qui ne viendrait pas se substituer aux langues maternelles mais qui serait une langue vraiment commune à l’humanité entière. Cette langue ne peut pas être une langue ancienne : « à de nouveaux pensers il faut un instrument nouveau. Nulle langue moderne ne convient non plus au rôle de véhicule universel de l’intelligence humaine »[52]. Il cite l'espéranto en exemple et se réjouit du fait que dix ans seulement après son invention, il réunisse déjà quelques 120 000 adeptes[53].

Le naturiste[modifier | modifier le code]

Élisée Reclus pensait que la nudité était l'un des moyens de développer la socialisation entre individus, il en vantait les bienfaits hygiéniques moralement comme physiologiquement, et il la mettait en perspective dans de vastes vues englobantes sur l'histoire et la géographie des cultures. Certains le considèrent comme le fondateur du naturisme.

Le végétarien[modifier | modifier le code]

Très tôt rebuté par la viande, Élisée Reclus pratique un végétarisme strict[11]. Il fut un « légumiste » convaincu comme il aimait à le dire et partageait cette conception avec son frère Élie.

Citations[modifier | modifier le code]

Sur la morale

« Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. Des deux côtés. comme tyran ou comme esclave, comme préposé ou comme subordonné, l'homme s'amoindrit. La morale qui naît de la conception actuelle de l'État, de la hiérarchie sociale, est forcément corrompue. "La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse", nous ont enseigné les religions, elle est le commencement de toute servitude et de toute dépravation, nous dit l'histoire. » 18 juillet 1892, Correspondance[54].

Sur la famille

« C’est dans la famille surtout, c’est dans ses relations journalières avec les siens que l’on peut le mieux juger l’homme : s’il respecte absolument la liberté de sa femme, si les droits, la dignité de ses fils et de ses filles lui sont aussi précieux que les siens, alors la preuve est faite ; il est digne d’entrer dans une assemblée de citoyens libres ; sinon, il est encore esclave, puisqu’il est tyran. » L'Homme et la Terre, 1905[55].

Sur l'anarchie

« Notre destinée, c'est d'arriver à cet état de perfection idéale où les nations n'auront plus besoin d'être sous la tutelle d'un gouvernement ou d'une autre nation; c'est l'absence de gouvernement, c'est l'anarchie, la plus haute expression de l'ordre. » Le développement de la liberté dans le monde, 1851[56],[57].

« Pour que l’anarchie triomphe, il faut qu’elle soit déjà une réalité concrète avant les grands jours qui viendront. » Aux compagnons rédacteurs des Entretiens, Les Entretiens politiques et littéraires, juillet 1892, p. 3-6[58].

Sur la révolution

« [...] l’équilibre rompu d’individu à individu, de classe à classe, se balance constamment autour de son axe de repos : le viol de la justice crie toujours vengeance. De là, d’incessantes oscillations. Ceux qui commandent cherchent à rester les maîtres, tandis que les asservis font effort pour reconquérir la liberté, puis, entraînés par l’énergie de leur élan, tentent de reconstituer le pouvoir à leur profit. Ainsi des guerres civiles, compliquées de guerres étrangères, d’écrasements et de destructions, se succèdent en un enchevêtrement continu, aboutissant diversement, suivant la poussée respective des éléments en lutte.Ou bien les opprimés se soumettent, ayant épuisé leur force de résistance : ils meurent lentement et s’éteignent, n’ayant plus l’initiative qui fait la vie ; ou bien c’est la revendication des hommes libres qui l’emporte, et, dans le chaos des événements, on peut discerner de véritables révolutions, c’est-à-dire des changements de régime politique, économique et social, dus à la compréhension plus nette des conditions du milieu et à l’énergie des initiatives individuelles. » L’Homme et la Terre, préface du tome I, Paris, La Librairie universelle, 1905[59].

« Il est cependant des esprits timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution. Ils l’évoquent et la conjurent en même temps : ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur. Êtres incomplets, ils n’ont que le désir, sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. » L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Paris, Stock, 1902[60].

Sur le vote

« Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant, ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage. [...] Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir. Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement. » Le Révolté, octobre 1885[61].

Sur le progrès

« De quels chants de triomphe en l’honneur du progrès n’ont pas été accompagnées les inaugurations de toutes les usines industrielles avec leurs annexes de cabarets et d’hôpitaux ! Certes, l’industrie amena de réels progrès dans son cortège, mais avec quel scrupule il importe de critiquer les détails de cette grande évolution ! Les misérables populations du Lancashire et de la Silésie nous montrent que tout n’a pas été progrès sans mélange dans leur histoire ! Il ne suffit pas de changer d’état et d’entrer dans une classe nouvelle pour qu’on acquière une plus grande somme de bonheur. » L’Homme et la Terre, t. VI, Paris, La Librairie universelle, 1908[62].

« [...] prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même, embrasser du regard nos origines, notre présent, notre but rapproché, notre idéal lointain, c’est en cela que consiste le progrès. » L’Homme et la Terre, tome VI, 1908[63],[64].

Sur l'écologie

« La question de savoir ce qui dans l’œuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribue à dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi,là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre nourricière. Ils abattaient les forêts, laissaient tarir les sources et déborder les fleuves, détérioraient les climats, entouraient les cités de zones marécageuses et pestilentielles ; puis, quand la nature, profanée par eux, leur était devenue hostile, ils la prenaient en haine, et, ne pouvant se retremper comme le sauvage dans la vie des forêts, ils se laissaient de plus en plus abrutir par le despotisme des prêtres et des rois. » Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La Revue des Deux Mondes, n° 63, 15 mai 1866[65].

Sur le naturisme

« Au fond, il s’agit de savoir lequel, du nu ou du vêtement, est le plus hygiénique, le plus sain pour développement harmonique de l’homme au physique et au moral. Quant au premier cas, il ne peut y avoir aucun doute. Pour les hygiénistes, c’est une question jugée que celle de la nudité. Il n’est pas douteux que la peau reprend de sa vitalité et de son activité naturelles quand elle est librement exposée à l’air, à la lumière, aux phénomènes changeants du dehors. La transpiration n’est plus gênée ; les fonctions de l’organe sont rétablies ; il redevient plus souple et plus ferme à la fois ; il ne pâlit plus comme une plante isolée privée de jour. Les expériences faites sur les animaux ont prouvé aussi que, lorsque la peau est soustraite à l’action de la lumière, les globules rouges diminuent de même que la proportion d’hémoglobine. C’est dire que la vie devient moins active et moins intense. Encore un exemple de ce fait, que les progrès de la civilisation ne sont pas nécessairement des progrès et qu’il importe de les soumettre au contrôle de la science. » La question des vêtements et de la nudité, L'Homme et la Terre[66].

Commentaires[modifier | modifier le code]

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  • Pour le géographe et géopoliticien, Yves Lacoste dans la revue Hérodote en 2005 : « Élisée Reclus nous a énormément apporté et depuis une vingtaine d’années notamment depuis la redécouverte de son œuvre, l’école géographique française, pour d’autres raisons a progressé. Il fut un homme du XIXe siècle qui, comme bien d’autres hommes de haute culture, avait l’espérance d’un monde meilleur et ses convictions libertaires, et en vérité sa religiosité profonde, le rendaient à la fois plus lucide à moyen terme et plus utopique pour l’avenir. Nous vivons dans un monde qui a perdu ses illusions et où l’on raisonne en termes de dangers quant à l’avenir de la planète. C’est une raison majeure de nous interroger sur notre position à l’égard de l’œuvre d’Élisée Reclus »[32].
  • Pour la naturaliste et historienne Valérie Chansigaud : « le géographe Élisée Reclus, l’un des premiers à étudier la place de l’espèce humaine dans la nature après les révolutions industrielles, pose les bases de ce qui s’appellera plus tard l’écologie. »[67]
  • Selon Philippe Garnier dans Philosophie Magazine : « Sa pensée mêle anarchisme et méfiance vis-à-vis du progrès, lequel s’accompagne selon lui nécessairement de « régrès ». Face aux idéologies saint-simonienne et positiviste qui fleurissent sous le Second Empire, il regrette la « bruta­lité » avec laquelle l’homme prend possession de la terre et prône la recherche d’un équilibre avec le milieu naturel. Reclus travaille à un moment où l’humanité bascule des campagnes vers les villes, où la planète est en voie de globalisation tout en présentant encore d’immenses différences de paysages et de cultures. Écologiste avant l’heure, il saisit dans une vision embrassant le social, l’économique, le psychologique, l’impact des migrations et des masses sur l’environnement. S’intéressant autant à l’Afrique centrale qu’aux volcans, à Bakounine qu’à l’union libre en passant par le régime végétarien, il a construit, avec ces classiques que sont devenus Histoire d’un ruisseau ou L’Homme et la Terre, l’une des dernières œuvres encyclopédiques. »[68]
  • Pierre Kropotkine, ami intime d’Élisée qu’il a rencontré pour la première fois en 1877, le défini : « Type du vrai puritain dans sa manière de vivre et, au point de vue intellectuel, le type du philosophe encyclopédiste français du dix-huitième siècle »[14].
  • Un fonctionnaire de police l’a jugé ainsi : « M. Reclus est un homme fort instruit, laborieux et d’habitudes régulières, mais très rêveur, bizarre, obstiné dans ses idées et croyant à la réalisation de la fraternité universelle » (rapport du 9 janvier 1874, Archives de la Préfecture de Police)[14].

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Reclus - La Peine de mort.djvu
Reclus - À mon frère le paysan.djvu

Ouvrages de géographie[modifier | modifier le code]

  • Guide du voyageur à Londres et aux environs, Paris, Hachette, coll. Guide Joanne, 1860, 530 p.
  • Voyage à la Sierra Nevada de Sainte Marthe. Paysages de la nature tropicale, Paris, Hachette, 1861, 305 p., 2e éd. définitive, 1881, VI-337 p. ; rééd. Cadeilhan, éd. Zulma, 1991, 248 p., édition établie sur la 2e éd. (1881), avec une présentation d’Hélène Sarrazin.
  • Londres illustré, guide spécial pour l’exposition de 1862, Paris, Hachette, coll. Guide Joanne, 1862, VIII-216 p. (rééd. 1865).
  • Les Villes d’hiver de la Méditerranée et les Alpes maritimes, itinéraire descriptif et historique, Paris, Hachette, coll. Guide Joanne, 1864, 501 p.
  • Introduction au Dictionnaire [...] de la France, Paris, Hachette, 1864, 1869 et 1905 :
    • Introduction à Adolphe Joanne (dir.), Dictionnaire des communes de France, Paris, Hachette, 1864, 2 vol., vol. I, p. XVII-CLIX (143 p.).
    • Introduction revue et augmentée en collaboration avec son frère Élie Reclus, dans Adolphe Joanne (dir.), Dictionnaire géographique, administratif, postal, statistique, archéologique, etc., de la France, de l’Algérie et des colonies, 2e éd. révisée, Paris, Hachette, 1869, vol. I, p. V-CLXXXVIII (184 p. sur deux colonnes, partie géographie par Élisée Reclus, partie statistique par Élie Reclus).
    • Introduction entièrement actualisée en collaboration avec son neveu Paul Reclus, dans Paul Joanne (dir.), Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, nouvelle éd. révisée, Paris, Hachette, 1890-1905, 7 t., t. VII, 1905, p. I-CLXIII (163 p. sur deux colonnes, partie géographie par Élisée Reclus, partie statistique par Paul Reclus).
  • États-Unis (République fédérative, présidence de M. Andrew Johnson), dans Annuaire des Deux Mondes (Paris) (Revue des Deux Mondes), liv. VII Race anglo-américaine, « Histoire des États américains », 1866, p. 646-788 [143 p.], rééd. dans Federico Ferretti (éd.), Élisée Reclus, Histoire de la guerre de Sécession aux États-Unis (1861-1865), Paris, Pocket, 2014, 350 p., p. 161-328.
  • La Terre. Description des phénomènes de la vie du globe, Paris, Hachette, 1867-1868, 2 vol. (datés 1868-1869), 1554 p.
    • t. I, Les Continents, Paris, Hachette, 1867 (daté 1868), 783 p.
    • t. II, L’Océan, l’atmosphère, la vie, Paris, Hachette, 1868 (daté 1869), 771 p.
  • Histoire d’un ruisseau, Paris, Hetzel, 1869, 320 p. texte intégral ; rééd. Paris, Albin Michel, 1930 ; Joël Cornuault (éd.), Arles, Actes Sud, coll. Babel, 1995, 224 p. ; Joël Cornuault (éd.), Gollion, Infolio éditions, 2010, 203 p., (ISBN 9782884745987), notice éditeur.
  • Nice, Cannes, Monaco, Menton, San Remo, Paris, Hachette, coll. Guide Joanne, 1870, 192 p. ; rééd. 1874 (puis rééd. entièrement révisée par Paul Joanne sous le titre Stations d’hiver de la Méditerranée, Paris, Hachette, coll. Guide Joanne, 1879, 383 p.).
  • Les Phénomènes terrestres, Paris Hachette, 1870-1872, 2 vol., 469 p.
    • t. I, Les Continents, Paris, Hachette, 1870, 235 p. (éd. abrégée et de poche de La Terre, t. I, 1867, rééd. 1874, 1879, 1882, 1884).
    • t. II, Les Mers et les météores, Paris, Hachette, 1872, 234 p. (éd. abrégée et de poche de La Terre, t. II, 1868, rééd. 1875, 1879, 1882, 1886).
  • Histoire d’une montagne, 1re éd. en périodique, La Science illustrée, Paris, 1875-1876 ; éd. définitive en volume, Paris, Hetzel, 1880, 306 p. texte intégral ; rééd. Paris, Albin Michel, 1930 ; Joël Cornuault (éd.), Arles, Actes Sud, coll. Babel, 1998, 228 p., rééd. 2006, (ISBN 2742716858) ; Joël Cornuault (éd.), Gollion, Infolio éditions, 2011, 240 p., (ISBN 9782884746199), notice éditeur.
  • Nouvelle Géographie universelle, la terre et les hommes, 19-1 volumes, Paris, Hachette, 1875-1893 (datés 1876-1894) et 1894, 16 977-39 p. BNF
    • t. I, L’Europe méridionale (Grèce, Turquie, Roumanie, Serbie, Italie, Espagne et Portugal), Paris, Hachette, 1875 (daté 1876), 1012 p. texte en ligne disponible sur IRIS ; 2e éd. 1887.
    • t. II, La France, Paris, Hachette, 1876 (daté 1877), 961 p. ; 2e éd. 1881, 961 p. texte en ligne disponible sur IRIS ; 3e éd. 1885, 1019 p. avec un Glossaire géographique de la France, p. 969-984.
    • t. III, L’Europe centrale (Suisse, Austro-Hongrie, Allemagne), Paris, Hachette, 1877 (daté 1878), 983 p.
    • t. IV, L’Europe du Nord-Ouest (Belgique, Hollande, îles Britanniques), Paris, Hachette, 1878 (daté 1879), 971 p.
    • t. V, L’Europe scandinave et russe, Paris, Hachette, 1879 (daté 1880), 944 p.
    • t. VI, L’Asie russe, Paris, Hachette, 1880 (daté 1881), 919 p.
    • t. VII, L’Asie orientale, Paris, Hachette, 1881 (daté 1882), 885 p.
    • t. VIII, L’Inde et l’Indo-Chine, Paris, Hachette, 1882 (daté 1883), 983 p.
    • t. IX, L’Asie antérieure, Paris, Hachette, 1883 (daté 1884), 951 p.
    • t. X, L’Afrique septentrionale, première partie (Bassin du Nil : Soudan égyptien, Ethiopie, Nubie, Égypte), Paris, Hachette, 1884 (daté 1885), 641 p.
    • t. XI, L’Afrique septentrionale, deuxième partie (Tripolitaine, Tunisie, Algérie, Maroc, Sahara), Paris, Hachette, 1885 (daté 1886), 919 p., avec un Glossaire géographique de l’Afrique septentrionale : mots arabes, mots berbères, mots tibbou, p. 883-893.
    • t. XII, L’Afrique occidentale (archipels atlantiques, Sénégambie et Soudan occidental), Paris, Hachette, 1886 (daté 1887), 751 p.
    • t. XIII, L’Afrique méridionale (îles de l’Atlantique austral, Gabonie, Congo, Angola, Cap, Zambèze, Zanzibar, Côte de Somal), Paris, Hachette, 1887 (daté 1888), 879 p.
    • t. XIV, Océan et terres océaniques (îles de l’océan Indien, Insulinde, Philippines, Micronésie, Nouvelle-Guinée, Mélanésie, Nouvelle-Calédonie, Australie, Polynésie), Paris, Hachette, 1888 (daté 1889), 1004 p.
    • t. XV, Amérique boréale (Groenland, archipel Polaire, Alaska, Puissance du Canada, Terre-Neuve), Paris, Hachette, 1889 (daté 1890), 723 p.
    • t. XVII [sic], Indes occidentales (Mexique, isthmes américains, Antilles), Paris, Hachette, 1890 (daté 1891), 932 p.
    • t. XVI [sic], Les États-Unis, Paris, Hachette, 1891 (daté 1892), 847 p.
    • t. XVIII, Amérique du Sud, les régions andines (Trinidad, Venezuela, Colombie, Ecuador, Pérou, Bolivie et Chili), Paris, Hachette, 1892 (daté 1893), 848 p.
    • t. XIX, Amérique du Sud, l’Amazonie et La Plata (Guyanes, Brésil, Paraguay, Uruguay, République argentine), Paris, Hachette, 1893 (daté 1894), 824 p.
    • Tableaux statistiques de tous les États comparés, années 1890 à 1893, Paris, Hachette, 1894, 39 p.
  • Projet de construction d'un globe terrestre à l'échelle du cent-millième, Bruxelles, éd. de la Société nouvelle, 1895 (et dans Report of the Sixth International Geographical Congress, Londres, 1896, p. 25-36).
  • Renouveau d’une Cité, dans La Société nouvelle (Paris et Bruxelles), juin 1896, p. 752-758 (avec Élie Reclus).
  • L’Afrique australe, Paris, Hachette, 1901, 358 p., réédition partielle, entièrement revue et actualisée par Onésime Reclus, du t. XIII de la Nouvelle Géographie universelle, 1887 (daté 1888).
  • L'Empire du Milieu. Le climat, le sol, les races, les richesses de la Chine, Paris, Hachette, 1902, 667 p., réédition partielle, entièrement revue et actualisée par Onésime Reclus, du t. VII de la Nouvelle Géographie universelle, 1881 (daté 1882), texte intégral, et réimpression en fac-similé, Paris, éd. You Feng, 2007, 667 p. et ill.
  • L’Homme et la Terre avec Paul Reclus, Paris, La Librairie universelle, 1905-1908, 6 vol., 3 648 p. distribuées en 51 chapitres répartis en 4 livres de géohistoire : Livre I, Les Ancêtres, préhistoire et anthropologie (6 chapitres, t. I, 1905) ; Livre II, Histoire ancienne, l'Antiquité (13 chapitres, t. I à III, 1905-1906) ; Livre III, Histoire moderne, de la fin de l'Antiquité à 1900 (20 chapitres, t. III à V, 1906-1907) ; Livre IV, Histoire contemporaine, le monde au début du XXe siècle (12 chapitres, t. V et VI, 1907-1908). Le manuscrit d'Élisée Reclus (1905) est actualisé par son neveu Paul Reclus en cours de publication, en 1906 (t. II et III), 1907 (t. IV et V) et 1908 (t. VI).
    • t. I de 9 chapitres comprenant le Livre I, Les Ancêtres (6 chapitres) et les 3 premiers chapitres du Livre II, Histoire ancienne (Antiquité : « Iranie », « Caucasie », « Potamie »), Paris, La Librairie universelle, 1905, 597 p. préface au tome 1.
    • t. II de 7 chapitres, suite du Livre II, Histoire ancienne (Antiquité : de la Phénicie à Rome en passant par l'Afrique), Paris, La Librairie universelle, 1906 (daté 1905), 582 p.
    • t. III de 9 chapitres comprenant les 3 derniers chapitres du Livre II, Histoire ancienne (Chine, Inde, océan Indien, océan Pacifique), puis les 6 premiers chapitres du Livre III, Histoire moderne (de la fin de l'Antiquité au XIe siècle, avec le monde arabo-musulman), Paris, La Librairie universelle, 1906 (daté 1905), 652 p.
    • t. IV comprenant 9 chapitres du Livre III, Histoire moderne (XIIe-XVIIIe siècles, dont les mondes asiatiques et américains), Paris, La Librairie universelle, 1907 (daté 1905), 663 p.
    • t. V de 9 chapitres comprenant les 5 derniers chapitres du Livre III, Histoire moderne (1780-1900), puis les 4 premiers chapitres du Livre IV, Histoire contemporaine, le monde au début du XXe siècle, Paris, La Librairie universelle, 1907 (daté 1905), 575 p.
    • t. VI comprenant les 8 derniers chapitres du Livre IV, Histoire contemporaine, Paris, La Librairie universelle, 1908, 579 p.
      • Paul Reclus, Gustave Goujon et Aimé Perpillou (éd.), Élisée Reclus, L'Homme et la Terre, Paris, Albin Michel, 1930-1931, 3 vol., 670, 692 et 690 p., version abrégée, et actualisée en raison des bouleversements de la période 1909-1929 ; réimpr. en fac-similé de format réduit, Antony, éd. Tops/H. Trinquier, 2007.
  • Paul Reclus et Pierre Schœnaers (éd.), Élisée Reclus, Les Volcans de la Terre, Bruxelles, Société belge d'astronomie, de météorologie et de physique du globe, 1906-1910, 3 parties en 2 vol., 515 p. (partie 1, Asie antérieure, 1906 ; partie 2, Méditerranée et Europe centrale, 1910 ; partie 3, Italie et Sicile, 1910).

Ouvrage politique[modifier | modifier le code]

  • Évolution et révolution, dans Le Révolté (Genève), 21 février 1880, p. 1-2, et en brochure, Genève, Impr. jurassienne, 25 p., texte intégral.
  • Évolution et révolution, Paris, Bureau de La Révolte, 6e éd. 1891, 61 p., texte de 1880 très augmenté (plusieurs rééditions depuis la fin du XXe siècle).
  • L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Paris, Pierre-Victor Stock, 1897 (daté 1898), 296 p., texte de 1891 très augmenté, extraits de l'édition de 1898. Réimpr. en fac-similé, Paris, Stock, 1979, V-296 p.
  • L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Paris, Pierre-Victor Stock, 1902, version augmentée définitive, réimpressions à partir de 1906 (plusieurs rééditions depuis la fin du XXe siècle), texte intégral, pdf.

Textes géographiques[modifier | modifier le code]

  • De l’action humaine sur la géographie physique, Revue des deux mondes, 15 décembre 1864, texte intégral.
  • Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes, Revue des deux mondes, no 63, 15 mai 1866, texte intégral & pdf.
  • Atlas de la Colombie, Bulletin de la Société de géographie, 1866, texte intégral.
  • L'enseignement de la géographie, revue Ciel et Terre, vol. 23, 1903, p. 29-38, texte intégral.
  • Aperçu géographique, dans Émile Levasseur, prince Roland Bonaparte, Léon Bourgeois, Jules Claretie et alii, Le Mexique au début du XXe siècle, Paris, Delagrave, 1904, 2 t., t. I, p. 35-80.
  • Les grandes voies historiques, dans Bulletin de la Société royale belge de géographie, 1904, p. 5-15 (notes de conférence à la Nouvelle Université libre de Bruxelles mises en forme par Émile Cammaerts).
  • H. D. Thoreau et É. Reclus, La Montagne, Saint-Quentin-de-Caplong (Gironde), Atelier de l’Agneau, 2012, 68 p. Sous ce titre sont regroupés Henry David Thoreau, Une marche au Wachusett (1842) (p. 5-52, bilingue), et Élisée Reclus, La Montagne (1880), chap. 1 et 2 (p. 53-66).
  • Ronald Creagh, Élisée Reclus et les États-Unis, suivi de son Fragment d’un voyage à La Nouvelle-Orléans (1855) [1860], Paris, éd. Noir et Rouge, 2013, 52-16 p.
  • Béatrice Giblin (éd.), Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, histoire contemporaine, Paris, Fayard, coll. Corpus des œuvres de philosophie en langue française, 1990, 2 vol., 847 p., rééd. du texte, des cartes et des diagrammes du Livre IV, Histoire contemporaine (seconde partie du t. V et t. VI) de L’Homme et la Terre, 1907-1908.
  • François Graveline (prés.), Élisée Reclus, En descendant le Mississippi (texte de 1858 paru dans la Revue des Deux Mondes), Paris, éd. Nicolas Chaudun, 2013, 158 p.
  • Nikola Jankovic (éd.), Élisée Reclus, Projet de globe au 100 000e (1895), Paris, éd. B2, 2011, 94 p.
  • Jean Morisset (prés.), Élisée Reclus, Fragment d’un voyage à La Nouvelle-Orléans (revue Le Tour du monde, Hachette, 1860), Paris, éditions du Sextant, 2013, 79 p.
  • Georges Nicolas (prés.), Élisée Reclus, Harmonie des formes océaniques (extraits de La Terre dans ses rééd. de 1874-1876) et Le Japon (extraits du t. VII de la Nouvelle géographie universelle, 1881), dans Marie-Claire Robic, Jean-Louis Tissier et Philippe Pinchemel (dir.), Deux siècles de géographie française, une anthologie, Paris, éd. du CTHS, 2e éd., 2011, 559 p., p. 44-51.
  • Milda Rivarola Espinoza (éd.), La polémica francesa sobre la guerra grande : Eliseo Reclus, la guerra del Paraguay, Laurent-Cochelet, correspondencia consular, Asunción (Paraguay), Editorial Historica, 1988, 281 p. Dans sa première partie, p. 13-103, cette anthologie reproduit de larges extraits traduits en espagnol des quatre articles d’Élisée Reclus publiés à Paris entre 1866 et 1868 dans la Revue des Deux Mondes, sur la guerre de la Triple Alliance qui, de 1865 à 1870, opposa le Paraguay à une coalition formée par le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay.
  • Claude Villers (commentateur), Élisée Reclus, Préface à la Nouvelle Géographie universelle (1875), Bordeaux, Elytis, 2014, 64 p.

Textes politiques[modifier | modifier le code]

Textes sur les mœurs[modifier | modifier le code]

  • Unions libres. Allocution du père à ses filles et à ses gendres du 14 octobre 1882, Paris, Chamerot, 1882, texte d'Élie Reclus lu par Élisée et imprimé pour la famille à l'occasion du mariage de ses filles Magali et Jeannie, texte intégral..
  • La question des vêtements et de la nudité, L'Homme et la Terre, texte intégral.
  • La grande famille, dans Le Magazine International, janvier 1897, texte intégral, format doc.
  • Pages de sociologie préhistorique, dans L'Humanité Nouvelle, février 1898, texte intégral.
  • Première moitié du chap. XI Éducation de L'Homme et la Terre, t. VI, 1908, reproduite dans Michel Onfray, Rendre la raison populaire, Paris, Librio, 2013, p. 53-77.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Élie Reclus, 1827-1904, Paris, L’Émancipatrice, 1905, 32 p., rééd. sous le titre Vie d’Élie Reclus en 1964[71], puis, sous ce dernier titre, dans Alexandre Chollier (éd.), Élie Reclus, Physionomies végétales, portraits d’arbres et de fleurs, d’herbes et de mousses, Genève, Héros-Limite, 2012, 205 p., p. 161-198.

Préfaces[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

  • La Peine de mort, Genève, 1879, texte intégral.
  • L'Anarchie, Bruxelles, 1894, texte intégral ; Éditions du Sextant, Paris, 2006, 2011, préf. Hélène Sarrazin, postf. Isabelle Pivert.
  • Discours à la séance solennelle de rentrée du 22 octobre 1895 de l’Université Nouvelle de Bruxelles, Bruxelles, Imprimerie veuve Ferdinand Larcier, texte intégral.

Nombreux articles dans des revues géographiques ou anarchistes[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Correspondance, 3 volumes, réimpression en fac-similé, Paris, Archives Karéline, 2010, de :
    • Louise Dumesnil [Reclus] (éd.), Élisée Reclus, Correspondance, t. I, Décembre 1850-mai 1870, Paris, Schleicher, 1911, 352 p., extraits en ligne.
    • Louise Dumesnil [Reclus] (éd.), Élisée Reclus, Correspondance, t. II, Octobre 1870-juillet 1889, Paris, Schleicher, 1912 (daté 1911), 519 p., extraits en ligne.
    • Louise Dumesnil [Reclus] et Paul Reclus (éd.), Élisée Reclus, Correspondance, t. III, Septembre 1889-juillet 1905 et compléments aux deux premiers volumes, Paris, Alfred Costes, 1925, 339 p., extraits en ligne.
  • Federico Ferretti (éd.), Élisée Reclus, Lettres de prison et d’exil, Lardy (Essonne), éd. À la frontière, 2012, 159 p., correspondance entre Élisée Reclus et son éditeur Pierre-Jules Hetzel (1867-1881), notice éditeur.

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • Soizic Alavoine-Muller (éd.), Élisée Reclus, Les États-Unis et la guerre de Sécession, Paris, éd. du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2007, 331 p., recueil de cinq textes d’Élisée Reclus sur les États-Unis parus dans la Revue des Deux Mondes entre 1859 et 1863.
  • Rosa Ascón avec Angela Broggi, Anna Bachs, Jaume Busquets, Antonia Carbonell, Victoria Carbonell, María Martí, Nuria Puig-Sureda (éd.), Eliseo Reclús, La Geografía al servicio de la vida (antología), Barcelone, Editorial 7½, 1980, 428 p.
  • Christophe Brun (éd.), Élisée Reclus, Les Grands Textes, Paris, Flammarion, coll. Champs classiques, 2014, 503 p., confrontation de textes d'Élisée avec des extraits de sa correspondance, d'articles de presse, et les trajectoires des membres de la famille Reclus (ISBN 9782081289901), notice, Philosophie Magazine.
  • Alexandre Chollier et Federico Ferretti (éd.)
    • Élie et Élisée Reclus, L’Homme des bois, les populations indiennes d’Amérique du Nord, Genève, Héros-Limite, 2012, 220 p.
    • Élisée Reclus, Écrits sociaux, Genève, Héros-Limite, 2012, 251 p.
    • James Guillaume, Charles Perron, Élisée Reclus, Les Alpes, Genève, Héros-Limite, 2015, 256 p.
  • John P. Clark (éd.), Élisée Reclus, Natura e società, scritti di geografia sovversiva, Milan, Elèuthera, 1999, 282 p.
  • John P. Clark et Camille Martin (éd.), Anarchy, geography, modernity: the radical social thought of Élisée Reclus, Langham, Lexington Books, 2004, xii-271 p., rééd. Oakland, 2013, xiv-283 p.
  • Joël Cornuault (éd.), Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes et autres textes, Éditions Premières Pierres, 2002, 2e éd. 2014 (ISBN 9782913534117).
  • Pier Luigi Errani (éd.), Élisée Reclus, L’Homme, geografia sociale, Milan, Franco Angeli, 1984, 308 p.
  • Federico Ferretti (éd.), Élisée Reclus, Histoire de la guerre de Sécession aux États-Unis (1861-1865), Paris, Pocket, 2014, 350 p.
  • Daniel Hiernaux-Nicolás, La geografía como metáfora de la libertad, textos de Eliseo Reclús, México, Centro de Investigaciones Científicas Tamayo/Plaza y Valdés editores, 1999, 314 p.
  • Ernesto Mächler Tobar (éd.), Un nom confisqué, Élisée Reclus et sa vision des Amériques, Paris, éd. Indigo/Côté-Femmes, 2007, 260 p., anthologie « américaine », (ISBN 978-2-35260-017-6), notice éditeur.
  • Guillaume Sgherri (éd.), Élisée Reclus, Les Arméniens, Paris, éd. Magellan & Cie, 2006, 192 p., 2e éd. 2011 (ISBN 9782350740614), notice, anthologie de textes d’Élisée sur l’Arménie prélevés dans les t. VI, L’Asie russe (1880) et IX, L’Asie antérieure (1883), de la Nouvelle Géographie universelle.
  • Thomas Van Ruymbeke (éd.), Élisée Reclus, La Guerre civile américaine, 1862-1864, Bécherel, Les Perséides, 2010, 129 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages (biographies, études diverses)[modifier | modifier le code]

  • Manoel Correia de Oliveira Andrade (coord.), Élisée Reclus, Geographia, São Paulo, Ática, coll. Grandes Cientistas Sociais, 1985.
  • Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, avril 2015, 440 p., illustrations, tableaux généalogiques, documents, texte intégral à télécharger en pdf, texte intégral à télécharger. Centrée sur Élisée Reclus, cette chronologie concerne conjointement les membres de la famille Reclus.
  • Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, Éditions Alternative libertaire, 1996, lire en ligne, pdf.
  • Henriette Chardak
    • Élisée Reclus. L'homme qui aimait la Terre, Paris, Stock, 1997, 592 p., biographie romancée[72].
    • Élisée Reclus : un encyclopédiste infernal !, Paris, L’Harmattan, 2005, 514 p., biographie romancée (ISBN 2-7475-9841-1), notice éditeur.
  • John P. Clark, La Pensée sociale d’Élisée Reclus, géographe anarchiste, Lyon, Atelier de création libertaire, 1996, 142 p.
  • Joël Cornuault
    • Élisée Reclus, géographe et poète, Église-Neuve d'Issac, Éditions Fédérop, 1995, 2e éd. 2014, 79 p. (ISBN 978-2-85792-216-2), notice éditeur.
    • Élisée Reclus, étonnant géographe, Périgueux, Éditions Pierre Fanlac, 1999, 2e éd. 2003, 157 p. (ISBN 978-2865772117), notice.
    • Élisée Reclus et les Fleurs Sauvages, Bergerac, Librairie La Brèche, 2005, 24 p. (ISBN 9782912753212), notice.
    • Élisée Reclus, six études en géographie sensible, Paris, Isolato, 2008, 99 p.
  • Emílio Costa, Élisée Reclus, uma figura moral, Lisbonne, Cadernos da Seara Nova, série Biografias, 1933, 46 p., texte intégral en pdf.
  • Ronald Creagh, Élisée Reclus et les États-Unis, suivi de son Fragment d’un voyage à La Nouvelle-Orléans (1855) [1860], Paris, éd. Noir et Rouge, 2013, 52-16 p.
  • Ronald Creagh, Philippe Pelletier, Georges Roques et Tom Steele, Élisée Reclus e a geografia das liberdades, São Paulo, Editora Imaginário et Expressão & Arte Editora, 2010, 125 p.
  • Florence Deprest
    • Géographes en Algérie (1880-1950). Savoirs universitaires en situation coloniale, Paris, Belin, 2009, notice éditeur, recension critique.
    • Élisée Reclus et l’Algérie colonisée, Paris, Belin, 2012, 142 p.
  • Gary S. Dunbar
    • Élisée Reclus historian of nature, Hamden, Archon Books, 1978, 193 p.
    • The History of Geography, Collected Essays, Utica, 1996, 218 p., contient plusieurs articles sur Élisée Reclus.
  • Federico Ferretti
    • Il mondo senza la mappa, Élisée Reclus e i geografi anarchici, Milan, Zero in Condotta, 2007, 250 p.
    • Anarchici ed editori, reti scientifiche, editoria e lotte culturali attorno alla Nuova Geografia Universale di Élisée Reclus (1876-1894), Milan, Zero in Condotta, 2011, 263 p.
    • Élisée Reclus, pour une géographie nouvelle, Paris, éd. du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2014, 448 p. L'étude de référence sur la Nouvelle Géographie universelle, issue d'une thèse soutenue en 2011.
    • Da Strabone al cyberspazio, introduzione alla storia del pensiero geografico, Milan, Guerini, 2014, 208 p.
  • Federico Ferretti et Patrick Minder (éd.), Pas de la dynamite, mais du tabac. L’enquête de 1885 contre les anarchistes en Suisse romande, Paris, éd. du monde libertaire, 2015, 180 p.
  • Marie Fleming
    • The anarchist way to socialism, Élisée Reclus and nineteenth-century European anarchism, London (Ontario), Croom Helm, et Totowa (New Jersey), Rowman & Littlefield, 1979, 299 p.
    • The Geography of Freedom, the Odyssey of Élisée Reclus, Montréal, Black Rose Books, 1988, 246 p.
  • Roger Gonod, Élisée Reclus, prophète de l'idéal anarchiste, Pau, Covedi, 1996, 205 p.
  • Hem Day
    • Élisée Reclus, savant et anarchiste, Paris-Bruxelles, Cahiers Pensée et Action, 1956.
    • Deux frères de bonne volonté : Élisée Reclus et Han Ryner, Bruxelles, Pensée & Action, Amis de Han Ryner, 1956.
  • Guy Henocque (membre du Groupe Bakounine de la Fédération anarchiste), Élisée Reclus, Saint-Georges d’Oléron, Éditions libertaires, coll. Graine d’Ananar, 2008, 65 p., qui contient une biographie expresse Élisée Reclus, une conscience libre de Guy Hénocque, suivie du texte de Paul Boino, La pensée géographique d’Élisée Reclus, prélevé dans le numéro double consacré à Élisée par la revue Itinéraire : une vie, une pensée en 1998, puis de notices sur Reclus en Belgique et Élisée Reclus et l’éducation par Olivier Clairat, enfin de L’anarchie et l’Église (1900) par Élisée Reclus et son neveu Paul Reclus.
  • Ishikawa Sanshirô, Eerize Rukusuru, shiisô to shôgai [Élisée Reclus, sa pensée et sa vie], Tokyo, Kokumin Kagaku-sha, 1948, rééd. 1983.
  • Joseph Ishill (éd.), Élisée and Élie Reclus, in memoriam, Berkeley Heights (New Jersey), The Oriole Press, 1927, xvi-360 p., texte intégral.
  • Peter Jud, Élisée Reclus und Charles Perron, Schöpfer der « Nouvelle Géographie universelle », ein Beitrag zur geographischen Wissenschaftshistorie des 19. Jahrhunderts, Constance, Stadler, 1987, XX-277 p.
  • Didier Jung
    • Élisée Reclus, Grez-sur-Loing, éd. Pardès, coll. Qui suis-je ?, 2013, 128 p., avec une Étude astrologique d’Élisée Reclus par Marin de Charrette, p. 125-128. (ISBN 9782867144639).
    • Les Anarchistes de l’île de Ré, Reclus, Barbotin, Perrier et Cie, Saintes et Saint-Georges d’Oléron, éd. Le Croît vif et les éd. libertaires, 2013, 223 p.
  • Crestian Lamaison, Élisée Reclus, l'Orthézien qui écrivait la Terre, Orthez, éd. Gascognes, 2005, 137 p. (ISBN 978-2914444361), notice.
  • Nikolaï Konstantinovitch Lebedev, Ėlize Rekliu kak chelovek, uchenyï i myslitel [Élisée Reclus, l’homme, le savant, le penseur], Moscou et Petrograd, éd. Golos Truda, 119 p., rééd. partielle par Natalia Alexeievna Lebedeva, 1956.
  • Max Nettlau
    • Élisée Reclus, Anarchist und Gelehrter (1830-1905), Berlin, Verlag der Syndikalist/Fritz Kater, 1928, 345 p., réimpr. en fac-similé Vaduz, Topos, 1977, 345 p.
    • Eliseo Reclus, la vida de un sabio justo y rebelde, Barcelone, Publicaciones de la Revista Blanca, 1929-1930, 2 vol., 293 et 312 p. La biographie de référence.
  • Michel Papy et alii, Élisée Reclus, écrire la terre en libertaire, Orthez, éd. du Temps perdu, 2005, 295 p., contient également divers textes d’Élisée Reclus.
  • Philippe Pelletier
  • Paul Reclus, Michel Reclus et Jacques Reclus (éd.), Les Frères Élie et Élisée Reclus, ou du Protestantisme à l'Anarchisme, Paris, Les Amis d'Élisée Reclus, 1964, 209 p. notice.
  • Hélène Sarrazin, Élisée Reclus ou la passion du monde, Paris, La Découverte, 1985 ; rééd. Bordeaux, Aubéron, 1997 ; rééd. Paris, Éditions du Sextant, 2004, 241 p., avec une introduction de Kenneth White, p. 9-14 (ISBN 2-84978-000-6), notice éditeur.
  • María Teresa Vicente Mosquete, Eliseo Reclus, la geografía de un anarquista, Barcelone, Los Libros de la Frontera, 1983, 304 p.
  • Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Paris, Robert Laffont, 2010, 426 p., biographie semi-romancée note critique & note critique, Prix Fémina de l'essai 2010[73], rééd. Paris, Flammarion, « Champs biographies », 2014, 522 p.

Colloques, rencontres, conférences[modifier | modifier le code]

  • Élisée Reclus, actes du colloque organisé à Bruxelles les 1er et 2 février 1985 par l’Institut des Hautes Études de Belgique et la Société Royale Belge de Géographie, édités par l'Institut des hautes études de Belgique et la Société royale belge de Géographie, Revue belge de géographie (Bruxelles), n° 110/1, 1986, 183 p.
  • Xavier Arnau, Lluís Calvo, Álvaro Girón et Francesc Nadal, Ciència i compromís social : Élisée Reclus (1830-1905) i la geografia de la llibertat, Barcelone, Publicacions de la Residència d’Investigadors CSIC-Generalitat de Catalunya, 2008, 176 p., actes d'un cycle de conférences, Barcelone, novembre 2005 texte intégral à télécharger (catalan, espagnol, français).
  • Jean-Paul Bord, Raffaele Cattedra, Ronald Creagh, Jean-Marie Miossec, Georges Roques (éd.), Élisée Reclus, Paul Vidal de la Blache, la géographie, la cité et le monde. Autour de 1905, Paris, L’Harmattan, 2009, 314 p., actes du colloque de Montpellier et Pézenas, 4-6 juillet 2005 (ISBN 978-2-296-10101-2), notice éditeur.
  • Marcella Schmidt di Friedberg (éd.), Élisée Reclus : natura ed educazione, Milan, Bruno Mondadori, 2007, 296 p., actes du colloque de Milan, 12-13 octobre 2005 (certaines contributions sont aussi publiées en français).
  • Isabelle Lefort et Philippe Pelletier (coord.), Élisée Reclus et nos géographies, textes et prétextes, Paris, éd. Noir et Rouge, 2013, 453 p., sélection de contributions au colloque de Lyon des 7-9 décembre 2005. Le tour d'horizon analytique le plus complet sur l'homme et l'œuvre.
  • Philippe Pelletier, Élisée Reclus, théorie géographique et théorie anarchiste, éd. de conférences en français de la Rencontre internationale de l’anarchisme, Saint-Imier, 8-12 août 2012, Paris, Place d’armes, 2013, 131 p., p. 5-46.
  • Rencontres Élisée Reclus, Orthez, décembre 2005, programme.

Thèses[modifier | modifier le code]

  • Federico Ferretti, L'Occident d'Élisée Reclus, thèse de doctorat en Géographie sous la direction de Marie-Claire Robic et de Franco Farinelli, Paris et Bologne, Université Panthéon-Sorbonne et Università di Bologna, 2011, résumé.
  • Marie Fleming, The theoretical works and the political activities of Élisée Reclus, a study in the development of anarcho-communism, Londres, Université de Londres (London School of Economics), 1976.
  • Béatrice Giblin, Élisée Reclus, géographe, Vincennes, Université Paris-VIII, 1971, 249-[11] p.[74],[75].
  • Bertrand Guest, Écritures révolutionnaires de la nature au XIXe siècle. Géographie et liberté dans les essais sur le cosmos d'Alexander von Humboldt, Henry David Thoreau et Élisée Reclus, thèse de doctorat en littératures française, francophones et comparée sous la direction de Jean-Paul Engélibert, Université Bordeaux Montaigne, 2013, résumé.
  • María Teresa Vicente Mosquete, La incorporación del pensamiento de Elíseo Reclus a la ciencia española : geografía y anarquismo, Salamanque, Université de Salamanque, 1987, 2 vol.

Revues[modifier | modifier le code]

  • Maurice Colombo et Didier Roy (éd.), Élisée Reclus, Chelles, revue Itinéraire : une vie, une pensée no 14-15, 1998, 109 p. sommaire[76].
  • Joël Cornuault (éd.), Les Cahiers Élisée Reclus (documents, informations, discussions), Bergerac, Librairie La Brèche, décembre 1996-2006, 59 numéros et 2 numéros hors-série en 2001, notice & notice.
    • L'Union plénière du civilisé avec le sauvage selon Reclus, s/d, texte intégral.
  • Ronald Creagh (intr.), Espaces d’anarchies, dossier de la revue Réfractions, recherches et expressions anarchistes, n° 4, automne 1999 ; quatre articles sur dix sont consacrés à Élisée Reclus : Georges Roques, Élisée Reclus géographe, un héritage encore virtuel ; Philippe Pelletier, La ville et la géographie urbaine chez Élisée Reclus et à travers son époque ; Paul Boino, Plaidoyer pour une géographie reclusienne ; Tom Steele, Élisée Reclus et Patrick Geddes géographes de l’esprit. textes en ligne.
  • Béatrice Giblin (dir.), Élisée Reclus, Hérodote no 117, 2005/2, 214 p., texte intégral.
    • Béatrice Giblin, Élisée Reclus : un géographe d'exception texte intégral.
  • Yves Lacoste (dir.), Élisée Reclus, géographe libertaire, Hérodote no 22, juillet-septembre 1981, 160 p., texte intégral,[78].
  • Paul Reclus, Joseph Ishill, Élie Faure et alii, Élie et Élisée Reclus, science… et conscience, Le Semeur (revue libertaire de Caen), numéro spécial 6, 1928, 63 p.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Francisco Cabral Alambert Jr., Élisée Reclus, dans Civilização e Barbárie, História e Cultura : representações culturais e projeções da “Guerra do Paraguai” nas crises do Segundo Reinado e da Primeira República, São Paulo, USP, 1998, p. 119-143.
  • Soizic Alavoine-Muller
    • Un globe terrestre pour l'Exposition universelle de 1900. L'utopie géographique d'Élisée Reclus, dans L’Espace géographique, 2003/2, p. 156-170, texte intégral.
    • Les Alpes d'Élisée Reclus, dans la Revue de géographie alpine, 89/4, 2001, p. 27-42, texte intégral.
  • James O. Berkland, Élisée Reclus, neglected geologic pioneer and first (?) continental drift advocate, dans Geology, vol. 7, avril 1979, p. 189-192.
  • Christophe Brun
  • Michel Chevalier[2], Élisée Reclus, géographie, bourgeoisie et anarchie au XIXe siècle, biographie de H. Sarrazin, compte rendu publié dans les Annales de géographie, vol. 96, n° 535, p. 356-358, texte intégral.
  • Paul Claval, Une biographie d'Élisée Reclus. Dunbar (Gary), 1978, Elisée Reclus, historian of Nature. Hamden (Connecticut), Archon Books, compte rendu publié dans L'Espace géographique, tome 11, no 4, 1982, p. 315-316, texte intégral.
  • Regina Horta Duarte, Natureza e sociedade, evolução e revolução : a geografia libertária de Élisée Reclus, dans Revista Brasileira de História (São Paulo), vol. 26, n° 51, 2006, p. 11-24, texte intégral.
  • Federico Ferretti
    • Intellettuali anarchici nell'Europa del secondo Ottocento : I fratelli Reclus (1862-1872), dans Società e Storia, n° 127, 2010, p. 63-93.
    • Comment Élisée Reclus est devenu athée: un nouveau document biographique, dans Cybergeo, 2010, texte intégral.
    • Les Reclus et la Maison Hachette : la première agence de la géographie française ?, dans L’Espace Géographique, 2010/3, p. 239-252, texte intégral.
    • La redécouverte d’Élisée Reclus : à propos d’ouvrages récents, dans EchoGéo, 2012, texte intégral.
    • Esclaves libérés et vols d’histoire : la géographie d’Élisée Reclus et l’Afrique subsaharienne, dans Elisée, revista de geografia da Universidade Estatal de Goiás, n° 2, 2012, texte intégral téléchargeable.
    • ’They have the right to throw us out’ : Élisée Reclus’ New Universal Geography, dans Antipode, a Radical Journal of Geography, vol. 45, n° 5, novembre 2013, p. 1337-1355, résumé en ligne, vidéo en ligne.
    • Le fonds Reclus-Perron et le contesté franco-brésilien de 1900, dans Terra Brasilis (Nova Série), 2013/2, texte intégral.
    • Un regard hétérodoxe sur le Nouveau Monde : la géographie d’Élisée Reclus et l’extermination des Amérindiens (1861-1905), dans le Journal de la Société des Américanistes, no 99, 2013, p. 141-164, texte intégral.
    • Géographie, éducation libertaire et établissement de l’école publique entre le 19e et le 20e siècle : quelques repères pour une recherche, dans Cartable de Clio, revue suisse sur les didactiques de l’histoire, n°13, 2013, p. 187-199, texte intégral.
    • Pioneers in the History of Cartography : the Geneva map collection of Élisée Reclus and Charles Perron, dans Journal of Historical Geography, 42 (2013), résumé en ligne.
    • De l’empathie en géographie et d’un réseau de géographes : la Chine vue par Léon Metchnikoff, Élisée Reclus et François Turrettini, dans Cybergeo, document 660, 13 décembre 2013, texte intégral.
    • Na orígem da ideia de fronteiras móveis : limites políticos e migrações nas geografias de Friedrich Ratzel e Elisée Reclus, dans Continentes, Revista de Geografia da UFRRJ, n° 44, 2014, texte intégral à télécharger.
    • La nature comme œuvre d’art : Élisée Reclus et les (néo)impressionnistes, dans Belgeo, 2014/3, numéro spécial Art(s) & Espace(s), 18 p. texte intégral.
    • Anarchism, geohistory, and the Annales: rethinking Elisée Reclus’s influence on Lucien Febvre, dans Environment and Planning D: Society and Space 33(2), 2015, p. 347-365, texte intégral à télécharger.
    • Neiges, glaces et géographie sociale : froid et théorie de l’entraide dans les écrits d’Élisée Reclus sur la montagne, dans A. Metzger, F. Rémy (eds.), Neiges et Glaces, Faire l’expérience du froid (XVIIe-XIXe siècles), Paris, Hermann, 2015, p. 59-76, notice éditeur.
  • Federico Ferretti et Philippe Pelletier, Spatialités et rapports de domination dans l’œuvre des géographes anarchistes Reclus, Kropotkine et Metchnikoff, dans Anne Clerval, Antoine Fleury, Julien Rebotier, Serge Weber (dir.), Espace et rapports de domination, Presses Universitaires de Rennes, 2015, p. 23-34, texte intégral à télécharger.
  • Federico Ferretti et Adriano Skoda, “Os anarquistas à Sociedade Geográfica Real...”, Cartas de Élisée Reclus e Peter Kropotkin a John Scott Keltie (1882-1917), dans Revista de História da UEG, n° 1, 2014, p. 213-255, texte intégral.
  • Federico Ferretti, Philippe Malburet et Philippe Pelletier, Élisée Reclus et les Juifs : étude géographique d’un peuple sans État, Cybergeo, 2011, texte intégral.
  • Béatrice Giblin
    • Élisée Reclus, géographie, anarchisme, Revue Hérodote, no 2, avril-juin 1976, p. 30-49, texte intégral.
    • Élisée Reclus (1830-1905), dans Geographers, Biobibliographical Studies, vol. 3, 1979.
  • Hem Day
    • Élisée Reclus en Belgique. Sa vie, son activité, 1894-1905, Paris-Bruxelles, Pensée et Action, 1956, notice.
    • Élisée Reclus et la jeunesse, Bruxelles, Contre-Courant, juillet 1957, notice.
  • Yves Lacoste, Élisée Reclus : géographicité et géopolitique, dans Yves Lacoste, Paysages politiques, Braudel, Gracq, Reclus, Paris, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1990, 288 p., p. 191-233 et 235-240.
  • Richard Lafaille, En lisant Élisée Reclus, dans les Annales de géographie, t. 98, n° 548, 1989, p. 445-459, texte intégral.
  • Yannick Lageat, Le communeux Élisée Reclus dans les geôles finistériennes (1871), dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, vol. 140, 2012, p. 469-500.
  • Isabelle Lefort, L'articulation littorale : un principe rittérien relu par Élisée Reclus, dans Études rurales, vol. 133, n° 133-134, 1994, p. 45-58 texte intégral.
  • Ernesto Mächler Tobar, Un avantage pour des hommes sans peur. El sueño anarquista de Élisée Reclus en el caribe colombiano, dans América, Cahiers du CRICCAL, Voyages et Fondations, 1re série, no 35, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2006, p. 75-85, sommaire.
  • Jean Maitron, Reclus, Jean, Jacques, Élisée, dans Jean Maitron (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Paris, Éditions ouvrières, partie 3 De la Commune à la Grande Guerre, 1871-1914, t. 15, 1977, 357 p., p. 17b-19a.
  • Jean Maitron et Michel Cordillot, Élisée Reclus, dans Guillaume Davranche, Rolf Dupuy, Marianne Enckell, Hugues Lenoir, Anthony Lorry, Claude Pennetier, Anne Steiner (coord.), Les Anarchistes, dictionnaire biographique du mouvement libertaire francophone, Ivry-sur-Seine, éd. de l’Atelier, 2014, 528 p., p. 413a-414b (rééd. en poche, 2015, 860 p.).
  • José Luis Oyón et Marta Serra, Las casas de Reclus : hacia la fusión naturaleza-ciudad, dans Scripta Nova, revista electrónica de geografía y ciencias sociales (Barcelone), 2012, article de synthèse sur les résidences successives d’Élisée de 1830 à 1905, illustré de cartes texte intégral.
  • Philippe Pelletier
  • Michelette Rossier-Menthonnex, Élisée Reclus, géographe (1830-1905), dans Vibiscum (revue de l'Association du Vieux Veley), n° 9, 2002, p. 75-113.
  • Hélène Sarrazin, Élisée Reclus en ses villes, dans Urbanisme, le magazine international de l’architecture et de la ville, n° 301, juillet-août 1998, p. 25-30.
  • Olivier Sigaut, Du roman des origines aux origines d'une conscience écologique, Élisée Reclus et le Pays foyen, dans Les Amis de Sainte-Foy-la-Grande et sa région (éd.), 750 ans de la bastide de Sainte-Foy-la-Grande, Saint-Quentin-de-Baron, éd. de l’Entre-deux-Mers, 2007, 228 p. (actes du colloque de Sainte-Foy-la-Grande, 3-4 décembre 2005), p. 101-121, texte intégral en pdf.
  • Kenneth White, Élisée Reclus : l'ouverture au monde, dans Kenneth White, Les Affinités extrêmes, Paris, Albin Michel, 2009, 213 p., p. 13-21 (reprise de l'introduction à la réédition de Hélène Sarrazin, Élisée Reclus ou la passion du monde, Paris, Éditions du Sextant, 2004, 241 p., p. 9-14).

Vidéos[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Éprendre : Élisée Reclus, la passion du Monde, Antoine Martin production, 52 minutes, 2012, synopsis & bande annonce.
  • Gérard Fauconnier, Le génie des frères Reclus, conférence à la Médiathèque André Labarrère, Pau, 16 février 2012, voir en ligne.

Radio[modifier | modifier le code]

  • Sophie Joubert avec Christophe Brun, Pourquoi Élisée Reclus ?, émission Autour de la question, Radio France internationale, 20 mars 2015, 45 min. écouter en ligne.
  • Jean Lebrun avec Gaetano Manfredonia, Les anarchistes et l'écologie, émission La marche de l'histoire, France Inter, 16 février 2015, 30 min. écouter en ligne.

Exposition[modifier | modifier le code]

Festival[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notices et sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Élisée Reclus, géographe libertaire, Revue Hérodote, no 22, 1981, texte intégral.
  2. Delphine Papin, Londres à la lumière d’un géographe libertaire, Revue Hérodote no 117, 2/2005, texte intégral.
  3. Gérard Gonet-Boisson, Agents géographiques et société libertaire, Université de Pau et des Pays de l'Adour, DEA de Géographie, 2000, texte intégral.
  4. « un penseur libertaire majeur », John P. Clark, Lire Reclus aujourd’hui ?, texte intégral.
  5. Florence Deprest, Élisée Reclus et l'Algérie colonisée, Éditions Belin, 2012, résumé.
  6. Charles Heimberg, Élisée Reclus, un pédagogue libertaire, Mediapart, 17 mars 2013, texte intégral.
  7. a, b, c, d et e Paul Claudel, Élisée Reclus - 1830-1905, Encyclopædia Universalis, texte intégral.
  8. Pascal Bedos, Elisée Reclus, géographie et anarchie - Philippe Pelletier, Le Monde diplomatique, mars 2010, texte intégral.
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k H. Bourgin, Élisée Reclus, La Grande Encyclopédie, 1886-1902, Vol. 28, page 227, texte intégral.
  10. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Hortense Paillard, Élisée Reclus, La République des Lettres, notice biographique.
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Dictionnaire des anarchistes : notice biographique.
  12. a, b, c, d, e, f, g, h et i Béatrice Giblin, Élisée Reclus : un géographe d’exception, revue Hérodote, n°117, deuxième trimestre 2005, texte intégral.
  13. a, b, c, d et e Léo Campion, Le drapeau noir, l'équerre et le compas : les Maillons libertaires de la Chaîne d'Union, texte intégral.
  14. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français : notice biographique.
  15. a, b et c Peter Jud, « Reclus, Elisée » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  16. a et b Federico Ferretti, Charles Perron, cartographe de la « juste » représentation du monde, Le Monde diplomatique, 5 février 2010.
  17. Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, avril 2015, 440 p., illustrations, tableaux généalogiques, documents, texte intégral à télécharger en pdf, texte intégral à télécharger, passim.
  18. Pourquoi sommes-nous anarchistes ?, 1889, texte intégral.
  19. a, b, c et d Jacques Gillen, Chapitre 2 : Eugène Gaspard Marin et l’Université Nouvelle, in Les activités en Belgique d’un anthropologue anarchiste : Eugène Gaspard Marin (1883-1969), Mémoire de Licence en Histoire contemporaine sous la direction de Anne Morelli, Université libre de Bruxelles, 1996-1997, texte intégral.
  20. Pol Defosse, Dictionnaire historique de la laïcité en Belgique, Luc Pire Éditions, 2005, page 240.
  21. Un peu d'Histoire, Institut des hautes études de Belgique, Université libre de Bruxelles, texte intégral.
  22. Federico Ferretti, Élisée Reclus, le géographe qui n’aimait pas les cartes, blog du Monde diplomatique, 13 novembre 2007
  23. Nikola Jankovic (éd.), Élisée Reclus, Projet de globe au 100 000e (1895), Paris, éd. B2, 2011, 94 p.
  24. Liste des mémoires connus dans Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, avril 2015, 440 p., p. 149, texte intégral à télécharger en pdf, texte intégral à télécharger.
  25. Parmi ceux-ci, peuvent être mentionnés :
    • « The Progress of Mankind » (Contemp. Rev., 1896)
    • « Attila de Gerando » (Rev. Géograph., 1898)
    • « A Great Globe » (Geograph. Journ., 1898)
    • « L'Extrême-Orient » (Bul. Antwerp Geo. Soc., 1898), une étude suggestive de géographie politique concernant l'Extrême-Orient et les changements qui pouvaient y advenir.
    • « La Perse » (Bul. Soc. Neuchâteloise, 1899)
    • « La Phénicie et les Phéniciens » (ibid., 1900)
    • « La Chine et la diplomatie européenne » (série L'Humanité nouvelle, 1900)
    • « L'Enseignement de la géographie » (Instit. Géograph. de Bruxelles, No. 5, 1901)
  26. Béatrice Giblin, Élisée Reclus : un géographe d'exception, Hérodote, no 117, 2/2005, p. 11-28, texte intégral.
  27. L'Éphéméride anarchiste : Paul Reclus (1858-1941).
  28. Paul Girardin et Jean Brunhes, « Conceptions sociales et vues géographiques. La vie et l’œuvre d’Élisée Reclus (1830-1905) », Revue de Fribourg, n° 4 avril 1906 et n° 5 mai 1906.
  29. Henri Barbusse, « L'Humanité en action », L'Humanité, 16 janvier 1927, p. 4.
  30. Élisée Reclus, Le Libertaire, no 5, mai 1945, texte intégral.
  31. Lettre de Paul Reclus à Pierre Kropotkine 1905-07-06, RA.Forum, texte intégral.
  32. a et b Yves Lacoste, Hérodote et Reclus, Hérodote, no 117, deuxième trimestre 2005, texte intégral.
  33. Henriette Chardak, Élisée Reclus. L'homme qui aimait la Terre, Paris, Éditions Stock, 1997, page 34.
  34. Carl Ritter, Introduction à la géographie générale comparée. Essais sur les fondements d’une géographie scientifique, Berlin, 1852, textes traduits, présentés et commentés par Danielle et Georges Nicolas-Obadia, Annales littéraires de l’Université de Besançon et Les Belles Lettres, 1974, 255 p. ; Isabelle Lefort, « L'articulation littorale : un principe rittérien relu par Élisée Reclus », Études rurales, vol. 133, n° 133-134, 1994, p. 45-58 texte intégral, Federico Ferretti, « Articolazione costiera ed egemonia europea nella geografia del XIX secolo. Dinamiche dello sviluppo, dinamiche del territorio », actes de la Summer School du Dottorata « Storia e geografia d’Europa. Spazi, Linguaggi, Istituzioni e Soggetti in Età’ Moderna e Contemporanea », Bologne, 1er-2 juillet 2009 (lire en ligne) ; Christophe Brun, « Configuration géographique ʺeuropéenneʺ et dynamique d’innovation : sur l’hypothèse d’un engendrement mutuel depuis Strabon », dans Vincent Jullien, Efthymios Nicolaïdis et Michel Blay (éd.), Europe et sciences modernes, histoire d’un engendrement mutuel, Berne, Peter Lang, 2012, 369 p., p. 309-345.
  35. Encyclopédie Larousse, géographie sociale.
  36. Soizic Alavoine-Muller, « Un globe terrestre pour l'exposition universelle de 1900. L'utopie géographique d'Élisée Reclus », L'Espace géographique, vol. 32, no 2,‎ , p. 156-170 (lire en ligne)
  37. Christophe Brun, Élisée Reclus, une chronologie familiale, 1796-2015, 2e version, avril 2015, 440 p., illustrations, tableaux généalogiques, documents, texte intégral à télécharger en pdf, texte intégral à télécharger, Annexe 10, p. 288-289.
  38. « Élisée Reclus aurait donc été initié en 1858 ! 1858 ou 1861 ? De toute façon, il est entré en franc-maçonnerie après son retour de l'exil qui suivit le coup d’État du 2 décembre 1851, et avant sa rencontre avec Bakounine en 1864 », Revue belge de géographie, Volumes 110 à 112, 1986, page 10.
  39. Jean-Paul Bord, Raffaele Cattedra, Ronald Creagh, Jean-Marie Miossec, Georges Roques, Elisée Reclus - Paul Vidal de la Blache : Le géographe, la cité et le monde, hier et aujourd'hui, L'Harmattan, 2009, page 13.
  40. Revue belge de géographie, Volumes 110 à 112, 1986, page 10.
  41. RECLUS, Élisée, L’Anarchie, Conférence prononcée le 18 juin 1894 aux franc-maçons de la loge "Les Amis Philanthropes" de Bruxelles, précédée d’une notice préliminaire, texte intégral.
  42. Revue belge de géographie, Volumes 110 à 112, 1986, page 21.
  43. Lettre à Mme Clara Mesnil, Bruxelles, 5 janvier 1904, texte intégral..
  44. « L'union libre sera une de ses obsessions », Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont, 2010, Prix Fémina de l'essai 2010, lire en ligne.
  45. Henriette Chardak, Élisée Reclus : un encyclopédiste infernal !, L'Harmattan, 2006, page 119.
  46. Charles Sigel, « L'humeur vagabonde. Élisée Reclus, géographe anarchiste (épisode 4/5) », sur Radio télévision suisse,‎ .
  47. Sur cette période, cf. Max Nettlau, Eliseo Reclus, la vida de un sabio justo y rebelde, Barcelone, Publicaciones de la Revista Blanca, 1929-1930, 2 vol., 293 et 312 p., vol. I, p. 240-291.
  48. a et b Jacqueline Lalouette, La Libre-pensée en France, 1848-1940, Albin Michel, 2001, texte intégral.
  49. Max Nettlau, Eliseo Reclus, la vida de un sabio justo y rebelde, Barcelone, Publicaciones de la Revista Blanca, 1929-1930, 2 vol., 293 et 312 p., vol. II, p. 219-221.
  50. « [...] il maria ses filles, simplement en donnant à leur union son approbation de chef de famille (1882), fait qui dans la presse européenne donna naissance à des polémiques retentissantes », H. Bourgin, Élisée Reclus, La Grande Encyclopédie, 1886-1902, Vol. 28, page 227, texte intégral.
  51. Unions libres. Allocution du père à ses filles et à ses gendres du 14 octobre 1882, Paris, Chamerot, 1882, imprimé pour la famille à l'occasion du mariage de ses filles Magali et Jeannie, texte rédigé par Élie et lu par son frère Élisée texte intégral.
  52. L’Homme et la Terre, tome VI, Librairie universelle, 1905, page 466, texte intégral
  53. Caroline Granier, Le réel au miroir de l’utopie. L’anarchie dans la parole comme dans la pensée, in Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Thèse de doctorat de l’Université Paris-VIII, Volume II, 2003, texte intégral.
  54. Élisée Reclus, Correspondance, Tome 3, septembre 1889 - juillet 1905, texte intégral.
  55. L'Homme et la Terre, tome VI, La Librairie universelle, 1905, p. 174 texte intégral.
  56. J.-P. Bord, Élisée Reclus - Paul Vidal de la Blache, le géographe, la cité et le monde, hier et aujourd'hui, Paris, L'Harmattan, 2009, page 33.
  57. Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont, 2010, texte intégral
  58. Caroline Granier, Les écrivains anarchistes en France à la fin du dix-neuvième siècle, Thèse de doctorat de l’Université Paris-VIII, Volume II, Points de vue, L’utopie comme méthode, 2003, texte intégral
  59. Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, préface du tome I, 1905, texte intégral.
  60. Élisée Reclus, L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Paris, Stock, 1902, texte intégral.
  61. Jean-Didier Vincent, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste, Robert Laffont, 2010, texte intégral
  62. Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, tome VI, Paris, La Librairie universelle, 1908, p. 501-541, extraits en ligne.
  63. Élisée Reclus, L'Homme et la Terre, t. VI, Paris, La Librairie universelle, 1908, p. 565, extraits en ligne.
  64. Geneviève Férone, Jean-Didier Vincent, Bienvenue en Transhumanie. Sur l'homme de demain, Grasset, 5 octobre 2011, texte intégral.
  65. Élisée Reclus, Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La Revue des Deux Mondes, n° 63, 15 mai 1866, texte intégral.
  66. Élisée Reclus, La question des vêtements et de la nudité, texte intégral.
  67. De l’action humaine sur la géographie physique, texte intégral.
  68. Philippe Garnier, Les grands textes, Philosophie Magazine, n°79, 24 avril 2014, texte intégral.
  69. Les éditions de Londres, notice.
  70. Les éditions de Londres, notice.
  71. Paul Reclus, Les frères Élie et Élisée Reclus, ou du Protestantisme à l'Anarchisme, Paris, Les Amis d'Élisée Reclus, 1964, p. 157-184.
  72. Gisèle Vianey, « Henriette Chardak, Élisée Reclus. L'homme qui aimait la Terre, Paris, Éditions Stock, 1997, 592 p. », dans Ruralia, 3/1998, texte intégral.
  73. Max Angel, Élisée Reclus, géographe, anarchiste, écologiste Jean-Didier Vincent Prix Fémina de l'essai 2010, Mediapart, 18 février 2014, lire en ligne.
  74. Sudoc : notice.
  75. WorldCat : notice.
  76. Chroniques rebelles : notice.
  77. RA.forum : notice.
  78. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Lausanne) : notice.