Abel Paz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Camacho et Paz.
Abel Paz
AbelPaz.jpg

Abel Paz, le 12 août 2007

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de

Abel Paz est le nom de plume de Diego Camacho Escanez[1], historien, écrivain espagnol et militant anarchiste, né le à Almería et mort le à Barcelone.

Contributeur assidu de nombreux titres de la presse libertaire française et espagnole, il est notamment connu pour sa biographie de Buenaventura Durruti qui fait référence[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Diego Camacho (Abel Paz), Liberto Sarrau, Federico Arcos, dans les années 1930 sans doute à Barcelone.

Sa vie est profondément liée à l'histoire de la lutte des anarchistes et antifascistes pendant la guerre d'Espagne.

En 1934, il commence à travailler comme ouvrier apprenti dans un atelier textile. Un an plus tard il rejoint les anarcho-syndicalistes de la CNT.

Après le soulèvement nationaliste des 17 et 18 juillet 1936 en Espagne et au début de la guerre civile, trop jeune pour rejoindre les colonnes de miliciens qui partent vers le front d'Aragon, il fonde avec deux amis anarchistes du même âge, Liberto Sarrau[3] et Federico Arcos, un groupe : « Les Quichottes de l'idéal »[4]. Ils publient un petit journal, Le Quichotte, dans lequel ils dénoncent le réformisme rampant qui se dessine au sein des dirigeants de la CNT.

En février 1939, Barcelone tombe aux mains des troupes de Franco : Abel Paz participe alors à la retirada (retraite) et traverse avec des milliers d'autres la frontière française.

Il fait le tour des camps de concentration français (Camp de concentration de Argelès-sur-Mer, Le Barcarès, Saint-Cyprien). Lors de l'occupation de France par la Wehrmacht, il rentre en Espagne et reprend la lutte dans le maquis. En décembre 1942, il est arrêté et libéré ; en 1943, il se fait arrêter une dernière fois et purge une peine de 9 ans de prison.

Abel Paz chez lui en 2006.

Libéré en 1953, il se réfugie ensuite en France où il milite au sein de la CNT espagnole en exil.

En 1960, il est admis dans un sanatorium pour suivre un traitement, à cause d'une vieille lésion pulmonaire contractée lors de ses années de prison[4].

Il exerce divers métiers avant de travailler à l'imprimerie Néogravure.

Il participe aux événements de mai 1968 et s'inscrit en Histoire dans la toute nouvelle faculté de Vincennes. Ses travaux sont consacrés à la figure révolutionnaire espagnole Buenaventura Durruti.

En 1972, il publie en français aux éditions la Tête de feuilles la première biographie sur ce personnage central de la révolution espagnole.

En 1977, comme de nombreux exilés en France, il est autorisé à retourner en Espagne. Il s'installe à Barcelone dans le quartier populaire de Gracia. Depuis, il a écrit de nombreux livres sur l'histoire du mouvement libertaire espagnol, ainsi que ses mémoires.

Abel Paz meurt le lundi 13 avril 2009 à Barcelone[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Durruti, le peuple en armes, Éditions de la Tête de Feuilles, 1972.
  • Un anarchiste espagnol, Durruti, Quai Voltaire, Paris, 1993.
  • Durruti (1896-1936), L'Insomniaque, Paris, 1996.
  • Chronique passionnée de la Colonne de Fer, Libertad CNT-RP, 1997 ; rééd. Nautilus, Paris, 2002.
  • Guerre d'Espagne, Hazan, 1997.
  • Buenaventura Durruti 1896-1936 : un combattant libertaire dans la révolution espagnole, Éditions de Paris, 2000.
  • Barcelone 1936, un adolescent au cœur de la révolution espagnole, Éditions La Digitale, 2001.
  • (es) Paradigma de una revolución (19 de julio de 1936), Ed. AIT, Paris, 1967
  • (es) Los Internacionales en la región española (1868-1872), Barcelone, 1992

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Éditions Champ Libre, Correspondance, volume 2, Champ Libre, Paris, 1981. (ISBN 978-2-85184-131-5)
    Ce volume (page 63) contient une lettre de l'éditeur Gérard Lebovici à Abel Paz lui expliquant les raisons de son refus de publier sa biographie de Durruti. Lebovici reproche à Paz de ne pas affirmer avec une clarté suffisante la responsabilité des dirigeants de la CNT et des staliniens dans la mort de Durruti.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Audio-visuel[modifier | modifier le code]

  • Fréderic Goldbronn, Diego, Cauri Films, 2001.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Quelques vidéos consacrées à Abel Paz, sur le site ascaso-durruti.info.
  • Entretien avec Abel Paz et témoignages sur sa vie, sur le site La voie du jaguar : lire en ligne.
  • Marc Tomsin, Écoute, petit..., sur le site La voie du jaguar : lire en ligne.

Référence[modifier | modifier le code]

  1. (es) Miguel Iñiguez, Esbozo de una Enciclopedia histórica del anarquismo español, Fundación de Estudios Libertarios Anselmo Lorenzo, Madrid, 2001, pages 464.
  2. (es) Juan Manuel Roca et Iván Darío Álvarez Escobar, Diccionario anarquista de emergencia, Norma Editorial, 2008, (ISBN 9789584507723, lire en ligne), p. 152.
  3. Chrisitian Mottier, Les anars, Temps présent, Radio télévision suisse, 3 avril 1970, voir en ligne.
  4. a et b Édouard Waintrop, Abel Paz, un ado sur les barricades, Libération, 6 août 2001, lire en ligne.
  5. (es) Fallece Abel Paz a sus 87 años, indymedia, 13 avril 2009.