Alan Moore

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Alan Moore
Description de cette image, également commentée ci-après
Alan Moore en 2008.
Alias
Curt Vile
Jill de Ray
Translucia Baboon
Naissance (64 ans)
Northampton, Angleterre
Nationalité Drapeau du Royaume-Uni Britannique
Activité principale
Distinctions

Alan Moore [ˈælən mʊə(ɹ)][1], né le à Northampton, est un scénariste de bande dessinée et écrivain britannique dont les œuvres les plus connues sont les comics Watchmen, V pour Vendetta et From Hell.

Moore commence sa carrière au Royaume-Uni avant de travailler pour des éditeurs américains. Célèbre pour avoir rendu dans les années 1980 les comics plus matures et plus littéraires, il a également beaucoup apporté à la forme du médium, par des effets de mise en page inédits jusqu'alors. Ses influences, très diverses, comptent des auteurs comme William S. Burroughs, Thomas Pynchon, Robert Mayer et Iain Sinclair, des écrivains de science-fiction comme Michael Moorcock et d'horreur comme H.P. Lovecraft, Clive Barker, des cinéastes comme Nicolas Roeg. En bande dessinée, l'influence de Bryan Talbot, précurseur de la bande dessinée « adulte » avec The Adventures of Luther Arkwright, a été déterminante.

Végétarien[2] et connu pour ses opinions anarchistes[3], il se présente par ailleurs comme un « magicien »[4] et un adorateur de Glycon, une divinité-serpent romaine[5].

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Alan Moore nait le à l'hôpital Saint-Edmond de Northampton[6]. Ses parents, Ernest Moore et Sylvia Doreen, se sont mariés l'année précédente. Ils sont originaires d'un milieu modeste : lui travaille à la brasserie locale avant de creuser des tranchées pour le réseau électrique et elle occupe, une fois ses enfants assez grands, un poste dans une imprimerie de la ville[7].

Alan Moore grandit dans les Boroughs, le quartier historique de Northampton et l'un des plus défavorisés d'Angleterre. Il vit avec ses parents, son frère Mike (de deux ans son cadet) et sa grand-mère maternelle, Clara, dans une maison de St. Andrew's Road, louée à la municipalité. Cette demeure, de style victorien, est en mauvais état et offre peu de commodités : il n'y a pas de salle de bains, les toilettes sont situées à l'extérieur et ne possèdent pas de chasse d'eau[7].

Dans un quartier où une grande partie de la population est analphabète, Ernest et Sylvia Moore souhaitent offrir à leurs deux enfants la meilleure éducation possible. C'est donc encouragé par ses parents qu'Alan développe très tôt un fort attrait pour la lecture. En effet, dès l'âge de cinq ans, il s'inscrit à la bibliothèque et commence à lire tout ce qui lui tombe dans les mains selon un rythme effréné d'environ deux à trois livres tous les deux jours. Il découvre alors des styles très divers et s'intéresse plus particulièrement à la fantasy, aux contes de fées, à la geste arthurienneetc.[8]

La découverte des comics[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup d'enfants anglais de son époque, Alan Moore lit les comics publiés par l'éditeur écossais D. C. Thomson tels que The Beano, The Beezer ou The Dandy. Ces comics, qui mettent souvent en scène des enfants de la classe ouvrière auxquels Moore peut s'identifier, sont plutôt basiques et banals[9].

À l'âge de six ans, le jeune Moore découvre, sur l'étal d'un marché de Northampton, les comics de super-héros américains. C'est pour lui une vraie révélation. En effet, ils attirent immédiatement l'œil du jeune garçon car, contrairement aux comics anglais, ils sont entièrement en couleurs et ils mettent en scène des personnages fascinants : Flash, Superman, Les Quatre fantastiquesetc.[9]. Moore devient un véritable fan des comics américains (notamment ceux de Marvel et plus particulièrement ceux écrits par Jack Kirby) et il en achète chaque semaine autant qu'il peut[10].

Scolarité[modifier | modifier le code]

La scolarité du jeune Moore se déroule d'abord à l'école primaire de Spring Lane, située à quelques minutes du domicile familial[11]. Elle se passe sans heurt : le jeune garçon récolte de très bonnes notes et se hisse en tête de classe les deux ou trois dernières années. Dans la continuité de ces résultats, il obtient logiquement le 11+ (en) (examen de passage du primaire au secondaire) qui lui donne le droit de s'inscrire à la grammar school de Northampton.

Mais Alan Moore déclarera à propos de l'école primaire : « j'étais persuadé d'être un génie. Je ne me rendais pas compte qu'en fait, j'étais juste le plus malin d'une bande de simplets ». En effet, l'arrivée au collège est difficile : outre des règles très strictes et le port obligatoire de l'uniforme, il s'avère que la quasi-totalité des élèves sont issus de la classe moyenne et sont passés par des classes préparatoires. Le jeune garçon se retrouve alors isolé pour deux raisons[12],[6] : son appartenance à la classe ouvrière (il prend conscience de l'existence d'une hiérarchie sociale, dans laquelle il se situe tout en bas) et son classement parmi les derniers de la classe (de premier à l'école primaire, il passe dix-neuvième, puis vingt-septième).

Dégoûté par ce nouvel environnement (il comparera la grammar school aux Jeunesses hitlériennes) et par son classement parmi les plus mauvais élèves, persuadé qu'il n'y obtiendra aucun succès, Moore décide de tourner définitivement le dos à l'univers scolaire[12].

À l'adolescence, Moore se laisse pousser les cheveux ; il commence à sortir le soir, à aller à des fêtes. Il se met à fumer du cannabis, puis découvre le LSD lors d'un concert de Canned Heat à Hyde Park. Cette découverte le marque durablement : « elle m'a permis de comprendre que la réalité n'était pas quelque chose de définitif. Que la réalité qui faisait notre quotidien était une réalité tout à fait valable, mais qu'il y en avait d'autres qui ne l'étaient pas moins »[13].

En septembre 1971, Alan Moore est surpris en plein trafic de LSD. Le directeur du lycée l'exclut immédiatement[14] et écrit à tous ses confrères de lycée, d'université et d'autres écoles pour leur conseiller de ne pas accepter l'adolescent dans leurs établissements. Définitivement exclu du système éducatif, Moore doit chercher du travail. Tâche qui s'avère compliquée puisqu'il a besoin, pour postuler à un poste, des références de la dernière école fréquentée[15].

Premiers pas dans les arts[modifier | modifier le code]

Alan Moore commence à dessiner et à réaliser ses propres bandes dessinées, Omega Comics, dès la fin du primaire. Il s'agit à cette époque de dessins esquissés sur des blocs-notes avec des stylos à bille de couleur[11].

Plus tard, il fournit quelques illustrations pour le fanzine d'horreur de David Sutton, Shadow. Il écrit également une nouvelle intitulée L'hypothèse du lézard destinée à Weird Window, l'anthologie amateur de Sutton. Enfin Derek Stokes, propriétaire d'une librairie consacrée à la BD et à la science-fiction, utilise un dessin de Moore pour une publicité[16].

À l'âge de 16 ans, il fonde le magazine Embryo avec des filles d'une école religieuse de Northampton et certains élèves de la grammar school. Cinq ou six numéros, principalement dédiés à la poésie, voient le jour[17],[6].

Parmi les élèves de la grammar school participant au magazine, figure Ian Fleming. Celui-ci est proche du Laboratoire d'Arts de Northampton, une communauté artistique locale appartenant au mouvement Arts Lab et qui met en place des espaces partagés et des ateliers pour les artistes[17]. Après avoir assisté à l'un de ces ateliers, Moore et ses collaborateurs décident de fusionner Embryo avec le Laboratoire d'Arts[18].

Tandis qu'il continue de superviser Embryo, Moore participe à plusieurs numéros de Rovel, le magazine du laboratoire. Par ailleurs, il s'essaie à différentes disciplines : écriture de chansons, de pièces et de spectacles, écriture et lecture de poésie. « Le Laboratoire d'Arts a joué un grand rôle dans mon développement. Il m'a encouragé à tenter beaucoup d'expériences. Il m'a donné une attitude vis-à-vis de l'art qui m'accompagnera pour le restant de mes jours. J'y ai appris bien davantage qu'à l'école »[18].

Carrière et vie familiale[modifier | modifier le code]

Premiers emplois[modifier | modifier le code]

Après son exclusion du lycée, Alan Moore éprouve des difficultés à trouver un travail. Sans diplôme et sans référence, seuls les emplois non qualifiés sont à sa portée. Il occupe d'abord un poste dans une tannerie coopérative (il est licencié au bout de deux mois après avoir été surpris en train de fumer un joint dans la salle de repos). Ensuite, il devient portier au Grand Hôtel de Northampton[19]. En 1975, il travaille comme assistant dans une papeterie avant d'occuper différents postes administratifs[20], notamment chez Pipeline Constructors, Ltd., un sous-traitant de la compagnie locale de gaz[21].

Début d'une carrière d'artiste et d'une vie de famille[modifier | modifier le code]

En 1972, le Laboratoire d'Arts est dissous et remplacé par le Groupe d'Arts de Northampton formé par une génération plus jeune. Moore s'implique au sein de ce groupe notamment en illustrant les couvertures de ses magazines[20].

Alors âgé de 20 ans, Moore rencontre, après une séance de lecture de poésie au sein du Groupe d'Arts, Phyllis Dixon, une femme originaire de Northampton. Tous deux commencent à se fréquenter et emménagent rapidement ensemble dans un studio situé dans Queen's Park Parade[20].

En 1975, ils se marient et déménagent dans un deux pièces sur Colwyn Road. À cette période, Moore publie dans un journal alternatif de Northampton appelé ANON[22]. Il tente également de monter un fanzine multimédia appelé Dodgem Logic qui finalement n'aboutit pas[21].

En 1977, Phyllis devient enceinte. Au même moment, Alan démissionne du poste administratif qu'il occupe afin de tenter sa chance en tant que dessinateur. Ce choix, longuement mûri et pris en accord avec sa femme, s'avère risqué car si une carrière de dessinateur apparaît plus gratifiante, elle ne garantit pas la sécurité financière[21].

De 1978 à 1979, Alan réalise des strips pour le journal local de contre-culture de la ville d'Oxford, le Back Street Buggle. Il publie ainsi des épisodes du Panda de St. Pancras, « une version cynique de l'Ours Paddington » dans laquelle il parodie des sujets d'actualité. Ce travail n'est pas rémunéré mais il permet à Moore d'acquérir de l'expérience[23]. Sa première vente professionnelle (deux dessins vendus 40 livres pièce) a lieu avec l'hebdomadaire britannique New Musical Express. Ensuite, il publie dans le fanzine londonien de rock west-coast Dark Star un premier strip intitulé The Avenging Hunchback[23], puis un second, en collaboration avec Steve Moore. Enfin, il publie une double page de dessins consacrés au Père Noël pour le Frantic Winter Spécial de Marvel UK[24].

En février 1978, sa fille Léah naît. La situation financière du couple est compliquée. En effet, les Moore ne parviennent à subsister que grâce aux aides de la sécurité sociale. Alan Moore se rend alors compte que la vente de quelques dessins de temps en temps ne suffit pas à faire vivre sa famille et qu'un travail régulier et stable est plus que nécessaire[24].

Premiers travaux d'envergure[modifier | modifier le code]

Roscoe Moscow[modifier | modifier le code]

En 1979, Alan Moore envoie une proposition de strip au magazine de musique Sounds. Il s'agit de deux épisodes d'une série intitulée Roscoe Moscow. Quelques jours plus tard, l'éditeur du magazine le contacte et accepte de l'embaucher pour un salaire de 35 livres par semaine. La bande dessinée, publiée sous le pseudonyme de « Curt Vile » (référence au compositeur allemand Kurt Weill), raconte les aventures d'un malade mental alcoolique se prenant pour un détective privé[25],[6].

Elle s'étale au total sur soixante épisodes avant de laisser sa place, en juin 1980, à une nouvelle série intitulée The Stars My Degradation. Alan Moore y parodie des œuvres de science-fiction comme Alien de Ridley Scott, E.T. l'extraterrestre ou encore X-Men. Cette bande-dessinée dure cent épisodes et s'achève en 1984. C'est une expérience enrichissante pour le jeune dessinateur : « ça m'a enseigné la construction des histoires, la continuité case à case, la narration graphique. Je choisissais mon éducation au fur et à mesure et avec ces strips, j'avais fait mon apprentissage dans les comics »[26].

Maxwell the Magic Cat[modifier | modifier le code]

Six mois après avoir été embauché par le Sounds, le Northants Post, un journal local, l'engage pour publier une bande dessinée intitulée Maxwell the Magic Cat, destinée à un jeune public[6]. Il utilise cette fois le pseudonyme de « Jill de Ray », homonyme de Gilles de Rais, un noble français du XVe siècle, compagnon de Jeanne d'Arc, exécuté pour l'assassinat de plus d'une centaine d'enfants. Moore décide de stopper la publication de ce strip en 1986 à la suite de la parution dans le journal d'un édito homophobe[27].

Succès britanniques[modifier | modifier le code]

2000 AD[modifier | modifier le code]

Une nouvelle fois, les problèmes financiers mettent Alan Moore au pied du mur. En effet, ses revenus obtenus grâce à ses différents travaux pour Sounds et le Northants Post ne parviennent pas à subvenir totalement aux besoins de sa famille. De plus, le dessin lui demande beaucoup trop de temps et il éprouve parfois des difficultés pour la représentation de certains objets. Plus confiant dans l'élaboration de scénario, Moore décide de délaisser le dessin[28].

À la fin des années 70, Alan Moore écrit, avec l'aide de son ami Steve Moore, un script pour Judge Dredd qu'il envoie à 2000 AD, un hebdomadaire britannique de science-fiction. Si le scénario, n'est pas retenu, le style de Moore retient l'attention du magazine. Alan Grant, le rédacteur, lui demande de continuer à envoyer des travaux. Ce qui finit par payer puisque l'une de ses histoires est retenue pour Future Shocks.

En 1980, un script d'Alan intitulé L'héritage noir est publié dans Doctor Who Weekly[29] et est suivi l'année suivante par toute une série d'épisodes courts. C'est à cette occasion qu'il est amené à collaborer avec David Lloyd, un dessinateur régulier de Marvel UK et qui aura une grande importance dans sa carrière[30]. Il enchaîne ensuite par un travail d'adaptation de L'Empire contre-attaque dans Star Wars Weekly.

Dans le même temps, Alan Moore multiplie les histoires courtes pour 2000 AD telles que Vacances en enfer, L'homme réversible ou encore Récit édifiant[31]. Toujours pour 2000 AD, il écrit des histoires complètes dans les suppléments du magazine Future Shocks et Time Twisters, avec des séries comme Skizz (dessin de Jim Baikie), D.R. and Quinch (avec Alan David) et The Ballad of Halo Jones (avec Ian Gibson)[32].

Marvel UK[modifier | modifier le code]

Tous les différents strips écrits notamment pour 2000 AD prouvent la valeur de Moore en tant que scénariste, et Marvel décide alors de lui confier les rênes d'une série régulière avec le dessinateur Alan Davis : Captain Britain[33]. L'objectif donné à Moore est de démêler l'historique de la série et des intrigues rendu confus par la multiplicité des scénaristes depuis sa création en 1976. Moore opte pour une solution radicale : annihiler l'univers entier de la série au bout de quelques épisodes afin de repartir sur de nouvelles bases.Le travail avec Davis est très collaboratif et enrichissant faisant ainsi le succès de la série : « avec Captain Britain, on a pris un super-héros Marvel de base plutôt plat et on s'est amusés autant qu'on pouvait »[34].

Moore travaille également sur Night Raven, un héros de pulp archétypal et l'un des rares personnages créés par Marvel UK (au total, 11 épisodes en prose paraissent dans The Daredevils)[35].

En 1984, Moore quitte Captain Britain après en avoir écrit 21 épisodes et cesse, par la même occasion, toute collaboration avec Marvel. En effet, il entre en conflit avec la maison d'édition d'abord pour des retards de paiement, puis à cause de questions de droit d'auteur concernant la réédition d'épisodes de Doctor Who[36].

Warrior[modifier | modifier le code]

En 1982, alors que sa famille s'est agrandie avec la naissance de Amber, Alan Moore est contacté par Dez Skinner, un ancien rédacteur de chez IPC et Marvel UK. Skinner lance sa propre anthologie de bande-dessinée, Warrior (en), et demande à Moore, à cette occasion, de créer de nouvelles séries dont certaines vont marquer durablement l'histoire des comics britanniques[37] :

  • Marvelman (renommé par la suite Miracleman pour des raisons de droit). Moore, avec l'aide du dessinateur Gary Leach (remplacé plus tard par Alan Davis, puis par John Totleben) revisite complètement le personnage. Innocent et plutôt kitsch dans les années 50, celui-ci se retrouve transposé dans un univers moderne et réaliste. L'interaction du super-héros avec le reste de l'humanité (notamment sa femme) est l'angle de vue privilégié par les auteurs ;
  • V pour Vendetta. Réalisée avec David Lloyd, cette contre-utopie met en scène un anarchiste flamboyant qui, prenant les traits de Guy Fawkes, combat un gouvernement fasciste dans l'Angleterre de la fin du XXe siècle. Cette bande-dessinée va connaître un grand succès et obtenir de nombreux prix dont celui de meilleur album étranger à Angoulême en 1990. « c'est avec V pour Vendetta que j'ai commencé à prendre conscience qu'on pouvait obtenir des effets incroyables en associant des mots et des images (...). J'ai commencé à comprendre ce qu'on pouvait faire grâce au découpage et aux couches successives, les niveaux de sens qu'on pouvait donner à l'histoire. Je suis convaincu que V pour Vendetta fut le premier pas de géant que je franchis vers mon propre style »[38] ;

Au bout de 26 numéros, en janvier 1985, Warrior s'arrête. Les séries de Moore ne sont pas terminées pour la plupart. Certaines, tel que V pour Vendetta, seront prolongées et achevées des années plus tard chez d'autres éditeurs.

Le travail pour les éditeurs américains[modifier | modifier le code]

DC Comics[modifier | modifier le code]
Swamp Thing[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1983, Len Wein, de DC Comics, qui a remarqué le travail de Moore en Grande-Bretagne, l'appelle et lui demande d'écrire des scénarios pour sa création Swamp Thing, alors l'un des titres de DC qui se vend le moins[40]. Cette série raconte l'histoire d'Alec Holland, un chercheur qui, au cours de l'une de ses expériences, est victime d'une explosion. Tombé dans un marais, une réaction chimique le transforme en Swamp Thing, un être mi-homme, mi-plante. Il décide alors de partir en quête de son humanité perdue[41].

Moore, travaillant avec les dessinateurs Stephen Bissette, Rick Veitch et John Totleben, déconstruit puis reconstruit entièrement les personnages, en écrivant des histoires à la forme expérimentale qui délaissent parfois l'horreur et le fantastique pour un discours environnemental, politique ou social[42]. On entend beaucoup parler des méthodes de travail de l'auteur qui, afin de mieux comprendre les personnages et de rendre parfaitement les atmosphères, se documente énormément sur la culture de la Louisiane et se met à écouter de la musique cadienne.[réf. nécessaire]

Le succès de la série, à la fois critique et commercial, permet à ses auteurs de porter l'expérimentation toujours plus loin et de repousser les limites des comics. Ce qui débouche sur un conflit avec la Comics Code Authorithy (CCA), chargée de garantir, grâce à un cachet d'approbation apposé sur la couverture, des comics sans contenu subversif. Des thématiques telles que l'inceste ou la nécrophilie conduise la CCA à refuser de donner son approbation à partir de l'épisode no  31. Swamp Thing devient donc le premier comics à être publié sans le cachet de la CCA, remplacé par un bandeau portant la mention "Suspense Sophistiqué"[42].

Moore, dont les idées pour ce personnage sont épuisées, démissionne de la série en 1987, au numéro 64. En quatre années de travail, il a fait passer les ventes de 17 000 à 100 000 exemplaires et a remporté de nombreuses récompenses[43].

Après le succès de Swamp Thing , Alan Moore se voit confier d'autres travaux par DC Comics. Ainsi, il écrit des histoires courtes de Green Arrow (dans Detective Comics) et d'Omega Men, d'autres dans Vigilante et quelques Batman (dont Batman: The Killing Joke, album réalisé avec Brian Bolland) et Superman (dont Whatever Happened to the Man of Tomorrow?).

Watchmen[modifier | modifier le code]

Alan Moore établit définitivement sa réputation avec la maxi-série Watchmen, publiée de septembre 1986 à octobre 1987. Imaginant ce qu'aurait été le monde si les super-héros avaient réellement existé depuis les années 1940, Moore et le dessinateur Dave Gibbons dépeignent une Amérique craignant une guerre nucléaire dans le contexte de la Guerre froide. Les super-héros doivent alors travailler pour le gouvernement du pays ou se voir déclarés hors-la-loi. Névrosés, amoraux, sexuellement perturbés, mégalomanes, ils se montrent avant tout humains[44].

L'intrigue n'est pas développée de façon linéaire et la narration dépend de plusieurs points de vue. Moore insère une multitude de détails au cœur du récit et utilise la technique de la mise en abyme (notamment Les Contes du Vaisseau Noir, une bande-dessinée incluse dans la bande-dessinée) offrant ainsi à son œuvre une richesse et une texture rarement atteintes. Le scénario présente ainsi un entremêlement d'histoires, de vies et de destins et multiplie les connexions renvoyant fréquemment le lecteur à des événements du passé qui peu à peu éclairent la situation. Enfin, le scénariste inclut dans son histoire des éléments philosophiques (questions de la prédestination, de la morale, de libre arbitre, etc.), phénomène inédit dans l'univers des super-héros[45].

Watchmen connait un succès retentissant et phénoménal. Il a revitalisé le genre et initié un nouveau genre de bande-dessinée (roman graphique), tout comme à la même époque Frank Miller (The Dark Knight Returns) et, dans un autre registre, Art Spiegelman (Maus) et les frères Gilbert et Jaime Hernandez (Love and Rockets). Il obtient de nombreuses récompenses dont le prix Hugo du meilleur roman de science-fiction, en 1988 (seul comic-book à l'avoir remporté)[46] et le prix du meilleur album étranger à Angoulême, en 1989[réf. nécessaire].

Moore est acclamé pour son travail. Il devient de plus en plus courtisé par les médias pour lesquels il enchaîne les interviews. Très sollicité, il se met à éviter les festivals de BD dans lesquels il déclenche des émeutes et où ses admirateurs le harcèlent jusqu'aux toilettes[47].

Rupture avec DC Comics[modifier | modifier le code]

Moore travaille pour DC Comics sur Twilight or the Superheroes, un cross-over réunissant presque tous les super-héros DC. Mais cette œuvre ne verra jamais le jour car le scénariste cesse toute collaboration avec la maison d'édition[48].

Les causes de cette rupture sont multiples. D'abord, Moore est mécontent des royalties sur les produits dérivés de Watchmen. Lui et Gibbons, qui ne possèdent pas les personnages qu'ils ont créés, n'ont en effet rien reçu sur le produit de la vente de badges en édition limitée qui représentaient personnages et scènes de la série, car l'éditeur considère qu'il s'agit d'articles promotionnels. Ensuite, le scénariste juge insuffisants les revenus provenant de la réédition de certaines de ses œuvres. En outre, la volonté de DC de mettre en place un système de classement des comics en fonction de l'âge du public tend encore plus les rapports. Enfin, DC menace de confier les personnages de Watchmen à d'autres auteurs si Moore et Gibbons quittent l'éditeur. Elle finit de convaincre Moore de partir[49].

Éditeurs indépendants et rééditions[modifier | modifier le code]

Parallèlement à son travail chez DC Comics, Alan Moore publie certains travaux chez des éditeurs indépendants. Ainsi, en 1985, il participe à American Flagg!, une série policière futuriste créée par Howard Chaykin. Il publie également L'Énigme du refus récalcitrant dans la série Mr. Monster de Michael T. Gilbert. L'année suivante[réf. nécessaire], paraît In Pictopia ! dans Anything Goes !, l'anthologie caritative de Fantagraphics. Ce strip, dessiné par Donald Simpson, décrit une ville où chaque habitant est un personnage de bande-dessinée[50].

Par ailleurs, plusieurs éditeurs indépendants rééditent certains de ses premier travaux. C'est le cas, entre autres, de The Bojeffries Saga par Upshot Comics de Fantagraphics, de D.R. & Quinch par Eagle Comics ou encore de Marvelman (rebaptisé Miracleman, car Marvel se plaignait d'une possible confusion avec son nom) par Eclipse Comics[51]. Moore achève d'ailleurs l'histoire (avec Chuck Austen, Rick Veitch et John Totleben) avant de transmettre l'œuvre à Neil Gaiman (scénario) et Mark Buckingham (dessin).[réf. nécessaire]

La période indépendante[modifier | modifier le code]

À la fin des années 80, Moore reçoit des propositions de toute part, que ce soit pour la bande-dessinée ou pour d'autres médias. Il choisit de se consacrer à la réalisation de nouveaux comics plus innovants et plus expérimentaux[52].

Taboo et Brought tout Light[modifier | modifier le code]

Ainsi, en 1988, il participe à Taboo, une anthologie de comics créée par Stephen Bissette. Pour le premier numéro, il fournit un strip intitulé Come On Down, qui est une parodie des jeux télévisés. La même année, il travaille sur Brought to Light, une histoire sur les opérations secrètes de la CIA, avec le dessinateur Bill Sienkiewicz, chez Eclipse Comics[52].

Mad Love et AARGH[modifier | modifier le code]

Toujours en 1988, il crée sa propre maison d'édition, Mad Love, chez laquelle il publie l'anthologie AARGH! (Artists Against Rampant Government Homophobia) (Artistes opposés à l'homophobie gouvernementale rampante), dont le but est de lutter contre la politique anti-homosexuelle du gouvernement conservateur alors au pouvoir. À l'époque, Alan Moore et sa femme vivent avec une troisième partenaire, Deborah Delano. Tous les trois sont scandalisés par la clause 28 qui interdit aux autorités locales de promouvoir l'homosexualité[52],[53]. Pour cette anthologie, Moore écrit un poème intitulé Le Miroir de l'amour qui décrit l'histoire de l'homosexualité depuis la nuit des temps jusqu'à la crise du SIDA. Cette œuvre est sublimée l'année suivante par l'artiste espagnol José Villarrubia qui réalise une série de photos illustrant chaque strophe[54].

Big Numbers[modifier | modifier le code]

En 1990, il commence la publication de Big Numbers chez Mad Love. Réalisée avec Bill Sienkiewicz, cette bande-dessinée, prévue pour 12 épisodes, apparaît très ambitieuse et éloignée des standards du médium. Le récit, qui met en scène 40 personnages, prend place dans la Grande-Bretagne des années 1990 et se base sur la théorie du chaos et les découvertes mathématiques de Benoît Mandelbrot. Bill Sienkiewicz illustre les deux premiers épisodes dans un style peint intense mais, ne pouvant plus suivre le rythme de travail, il abandonne le projet et passe le relais à son assistant Al Columbia. Mais l'épisode dessiné par ce dernier n'a jamais été édité et, entre-temps, Mad Love fait faillite[55].

C'est à cette époque que le mariage de Moore avec Phyllis prend fin. Celle-ci déménage dans le nord du Royaume-Uni avec Deborah, leur troisième partenaire, et emmène leurs deux enfants, Leah et Amber[56].

A Small Killing[modifier | modifier le code]

En 1991, il publie A Small Killing chez l'éditeur britannique Victor Gollancz Ltd, un roman graphique dessiné par Oscar Zarate. Cette bande-dessinée raconte l'histoire de Timothy Hole, un publicitaire idéaliste hanté par les erreurs de son passé. En quête de rédemption, il décide d'affronter son passé douloureux. Cette bande-dessinée, passée inaperçue, est considérée par Moore comme une œuvre « définitivement adulte » et figure, selon lui, parmi ces meilleurs travaux, « l'un des plus beaux livres » sur lequel il a travaillé[57].

From Hell[modifier | modifier le code]

À partir de 1988, Alan Moore commence à travailler sur From Hell, une bande-dessinée consacrée à Jack l'Éventreur, appuyé par le dessinateur Eddie Campbell. L'intrigue repose en partie sur la théorie de Stephen Knight selon laquelle les assassinats faisaient partie d'une conspiration maçonnique pour dissimuler la naissance d'un enfant illégitime de la famille royale. Elle s'attarde principalement sur les motivations du tueur et la dimension mythique des crimes. C'est également l'occasion de dépeindre la société victorienne (tensions sociales et lutte des classes)[58] et de mener une réflexion sur la position de la femme dans la société occidentale.[réf. nécessaire]

Les six premiers chapitres de la série sont publiés, entre 1989 et 1992, dans Taboo n° 2 à 7. Mais l'anthologie de Bissette rencontrant d'importantes difficultés notamment économiques, elle est stoppée après le septième numéro. La publication de From Hell se poursuit en 1993 à partir du numéro 3 sous le label Kitchen Sink jusqu'au dernier numéro, en 1996. L'ensemble de l'oeuvre fait l'objet d'une publication en 2000 sur le label Eddie Campbell Comics[59].

From Hell obtient le Grand prix de la critique à Angoulême en 2001 et fait l'objet d'une adaptation cinématographique la même année.[réf. nécessaire]

Lost Girls[modifier | modifier le code]

Lost Girls, réalisé avec Melinda Gebbie, est une bande-dessinée pornographique mettant en scène trois personnages féminins issus de la littérature populaire enfantine : Alice d'Alice au pays des merveilles, Wendy de Peter Pan et Dorothy duMagicien d'Oz. L'histoire, qui se déroule avant la première guerre mondiale, cherche à décoder les sous-entendus sexuels dans chacune de ces œuvres et extrapole le développement de la sexualité chez les trois héroïnes. Très osée et très provocante, notamment par la représentation d'actes sexuels explicites, la bande-dessinée n'en est pas moins placée sous le signe de l'émotion et de la psychologie, attirant de ce fait un public relativement féminin[60].

À l'instar de From Hell, la publication de Lost Girls est chaotique : cinq épisodes sont publiés dans Taboo avant l'effondrement de l'anthologie ; Kitchen Sink réédite ces épisodes deux ans plus tard, complétés par deux nouveaux épisodes avant sa chute ; en 2006, Top Shelf décide de publier toute la série en trois volumes, puis en un seul, en 2009[60].

Lost Girls reçoit un très bon accueil. 35 000 exemplaires sont vendus la première année[61]. La série connaît quelques problèmes dans certains états américains où les populations conservatrices crient à la pédopornographie.[réf. nécessaire]

Retour dans le monde des super-héros[modifier | modifier le code]

Image Comics et Awesome Entertainment[modifier | modifier le code]

Au début des années 90, pendant l'écriture de From Hell et de Lost Girls, Alan Moore est un peu dans le creux de la vague et connait des difficultés éditoriales et financières. Il est alors contacté par Stephen Bissette qui l'invite à se joindre à Image Comics, une maison d'édition indépendante créée par des dessinateurs vedettes telles que Todd McFarlane, Jim Lee ou Jim Valentino et qui rencontre alors un succès important. D'abord peu enthousiaste, Moore voit dans sa participation l'occasion d'une « vengeance puérile » à l'égard de Marvel et DC Comics et l'opportunité de défendre l'indépendance des auteurs (dont la rémunération est bien plus équitable que chez les gros éditeurs)[62].

Moore crée d'abord une série originale avec Bissette et Rick Veich intitulée 1963. Écrit en réaction contre la perte d'innocence des super-héros, ce comic book parodie les premières publications de Marvel, parues au début des années 1960. Le scénariste écrit selon les caractéristiques de cette période : sexisme, anti-communisme outrancier, qui apparaissent très datées à l'époque. Ce comic comporte aussi une satire des éditoriaux auto-hagiographiques et pompeux qu'écrivait alors Stan Lee pour Marvel[63].

Alan Moore en dédicace, en 2006.

Après 1963, Moore travaille sur Spawn de Todd McFarlane[64], WildCATS de Jim Lee[65] et quelques titres de Rob Liefeld comme Supreme[66] (un pseudo-Superman), Youngblood[67] et Glory[67] permettant à des séries aux personnages peu développés de devenir plus intéressantes.

Comics courts[modifier | modifier le code]

Parallèlement à tous ces travaux, Alan Moore écrit des comics courts dans différents cadres. Ainsi, il élabore The Worm, « la bande-dessinée la plus longue du monde », une sorte de tapisserie de Bayeux des comics. Il réalise Outbreaks of Violets destiné aux MTV Europe Awards de 1995. Il écrit avec Oscar Zarate le strip I Keep Coming Back pour l'anthologie It's Dark in London (il s'agit d'un retour dans le quartier de Jack l'Éventreur). Enfin, il écrit ded histoires courtes pour divers magazines et fournit des textes pour des ouvrages caritatifs[68].

America's Best Comics (ABC)[modifier | modifier le code]

Après la fin d'Awesome Entertainment, Moore crée la collection America's Best Comics, un ensemble de nouveaux personnages publiés par Wildstorm, la maison éditoriale de Jim Lee. Cependant, juste avant que les premiers titres ne paraissent, Lee vend Wildstorm à DC Comics. Moore, qui s'était jurée de ne plus travailler pour DC envisage de tout arrêter. Cependant, Jim Lee et Scott Dunbier, responsable éditorial chez WildStorm parviennent à le convaincre de continuer. En partie parce que WildStorm servira d'intermédiaire entre la maison d'édition et le scénariste et que de cette façon, celui-ci est assuré qu'aucune entrave de la part de l'éditeur américain ne sera fait à son travail[69].

La collection ABC comprend :


Anarchiste attaché à la classe ouvrière, il déplore aussi l'évolution du Parti travailliste sous Tony Blair : « J'ai haï madame Thatcher, mais j'ai haï encore davantage Tony Blair, surtout parce qu'il a séparé le Parti travailliste de son engagement à respecter « la Clause IV », qui le liait au socialisme. (...) il y a eu ce fameux discours où il déclarait benoîtement : « nous faisons tous partie de la classe moyenne à présent, n'est-ce pas ? » Eh bien, non, Tony, ce n'est pas le cas[75]. »

En 1994, il participe au projet multimédia The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels et publie un roman intitulé La Voix du feu (Voice of the Fire) en 1996[réf. nécessaire].

Il publie aussi, toujours pour Rob Liefeld et le Studio Awesome, Judgement Day où, à l'instar d'un Crisis on Infinite Earths des années 1990, il propose de refonder tout un univers.

En 1999, il publie la collection ABC. Elle comprend entre autres La Ligue des gentlemen extraordinaires adapté au cinéma en 2003, Top Ten, Promethea et Tom Strong. Cette collection devait être éditée par la compagnie de Jim Lee, Wildstorm. La société ayant été vendue entretemps à DC Comics, Alan Moore accepte plutôt de mauvaise grâce cet accord et annonce que l'univers du label se terminerait avec la fin du 32e épisode de Promethea.

Jusqu'ici les films tirés de l'œuvre de Moore ont été des adaptations hollywoodiennes ayant finalement peu à voir avec l'original au point que Moore refuse même de toucher les droits sur les films tirés de ses œuvres. Il accorde peu de crédit au cinéma qui, en raison du nombre d'intervenants qu'il requiert, ne lui semble pas permettre la même liberté d'expression que l'écriture.

En 2006, James McTeigue réalise l'adaptation de V pour Vendetta, sur un scénario des sœurs Wachowski. En 2009, c'est au tour de Watchmen d'être adapté sur grand écran par Zack Snyder, un premier projet d'adaptation par Terry Gilliam ayant été abandonné par le producteur Joel Silver.

Alan Moore a reçu neuf fois le prix du meilleur scénariste aux Eisner Award depuis 1988, trois fois aux Jack Kirby Award, et sept fois aux Harvey Award. Cette liste de récompenses fait probablement de lui le scénariste le plus primé dans le domaine du comic.

En 2014, il annonce qu'il se retire de la création des bandes dessinées[76].

Nommé pour l'attribution du Grand Prix d'Angoulême 2017, Alan Moore figurait, à l'issue du premier tour, parmi les trois auteurs plébiscités et bien qu'il soit « heureux et fier de cet honneur », il fit savoir aux organisateurs qu'il ne souhaitait plus participer à la vie publique de la bande dessinée ou recevoir de prix.

Carrière[modifier | modifier le code]

Conflits avec DC et Marvel Comics[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, Moore est en conflit avec DC Comics, et il est contrarié d'être de nouveau placé dans le giron de l'éditeur après le rachat de Wildstorm. Wildstorm tente de le protéger de DC, par une sorte de « pare-feu éditorial ». Cependant, divers événements contribuent à l'irritation de Moore. La Ligue de Gentlemen Extraordinaires # 5 contenait une ancienne publicité authentique pour une poire à douche vaginale Marvel. Paul Levitz, le directeur éditorial de DC, fait détruire tout le stock puis le fait réimprimer sans la publicité.

Moore est encore plus irrité lorsque Paul Levitz décide de ne pas publier une histoire de Cobweb à paraître dans Tomorrow Stories # 8 car elle contenait des références à L. Ron. Hubbard, Jack Parsons et au « Babalon Working ». DC craint en effet un procès de la part des Scientologues, réputés pour leur caractère procédurier.

En 2002, Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics réussit à persuader Moore de travailler de nouveau pour Marvel, lui jurant que l'éditeur avait changé et que les problèmes qu'il avait eu précédemment (Marvel US avait réédité des strips de Moore parus dans Doctor Who Weekly sans sa permission) ne se reproduiraient jamais. Moore accepte donc la parution d'une édition collector de Captain Britain. Hélas, son nom ne figure pas dans les crédits à la suite d'une erreur de composition et il décide, malgré les plates excuses de Quesada, de ne plus jamais travailler pour Marvel.

Réactions aux adaptations cinématographiques de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Les adaptations cinématographiques des œuvres de Moore ont été elles aussi sujettes à controverses. Pour From Hell et La Ligue des gentlemen extraordinaires, il avait décidé de ne pas intervenir du tout, afin qu'aucune confusion ne puisse être faite entre la bande dessinée et le produit cinématographique. Moore admet qu'un tel raisonnement était plutôt naïf[77].

Les ennuis commencent lorsque Martin Poll (le producteur) et Larry Cohen (le storyboarder) engagent des poursuites contre la 20th Century Fox, prétendant que le film La Ligue des gentlemen extraordinaires plagie leur script intitulé Cast of Characters. Malgré les similitudes entre les deux scripts, la plupart des éléments du film final, ajoutés pour lui, ne figuraient pas dans les planches de Moore. Selon ce dernier, les deux accusateurs « semblaient croire que les dirigeants de la 20th Century Fox l'avait appelé et persuadé de voler leur story-board, puis d'en faire une bande dessinée qu'ils pourraient alors adapter en film, afin de dissimuler le vol initial ». L'auteur vit très difficilement le procès, estimant qu'il aurait mieux été traité s'il avait « violé puis tué un car entier d'enfants handicapés mentaux après les avoir drogués à l'héroïne ».

Moore décide alors de se séparer totalement du monde du cinéma. Pour les œuvres dont il ne détient pas seul les droits, il décide de ne plus faire apparaître son nom au générique et de ne percevoir aucun paiement. Ce choix s'est appliqué à Constantine, V pour Vendetta et Watchmen.

« Ce sont des films idiots, sans la moindre qualité, une insulte à tous les réalisateurs qui ont fait du cinéma ce qu'il est, des magiciens qui n'avaient pas besoin d'effets spéciaux et d'images informatiques pour suggérer l'invisible. Je refuse que mon nom serve à cautionner d'une quelconque manière ces entreprises obscènes, où l'on dépense l'équivalent du PNB d'un pays en voie de développement pour permettre à des ados ayant du mal à lire de passer deux heures de leur vie blasée. La majorité de la production est minable, quel que soit le support. Il y a des films merdiques, des disques merdiques, et des BD merdiques. La seule différence, c'est que si je fais une BD merdique, cela ne coûte pas cent millions de dollars. »

— Alan Moore, entretien dans la revue D-Side n°29 juillet-août 2005

Travaux récents[modifier | modifier le code]

Après avoir publié le volumineux roman Jerusalem en 2017, il souhaite écrire un dernier volume de La Ligue des gentlemen extraordinaires, puis quitter la bande dessinée qu'il estime s'être embourgeoisée[75].

Moore a parrainé de 2009 à 2011 la revue underground Dodgem Comics. Les huit numéros parus ont publié divers textes et illustrations d'artistes de Northampton, ou d'amis de Moore (Melinda Gebbie, Kevin Nowlan...), ainsi que de nombreux textes de Moore lui-même y compris, à chaque livraison, l'éditorial. Le 2e numéro, en février 2010, contenait en encart le premier comic-book (huit pages) entièrement écrit et dessiné par Alan Moore, Astounding weird penises.

Il prépare également un film original avec Mitch Jenkins, intitulé Jimmy's End.

Travaux dans d'autres médias[modifier | modifier le code]

Moore a écrit La Voix du feu, recueil de nouvelles à propos de l'histoire de Northampton de l'âge de bronze à nos jours. Le roman Jerusalem, se déroule lui aussi dans cette ville[78]. Alan Moore affirme en interview à propos du roman Jerusalem qu'il s'agit d'une célébration des valeurs de la classe ouvrière dont il se revendique[79].

Il a écrit un scénario de film qui n'a jamais été adapté, Fashion Beast, d'après La Belle et la Bête de Jean Cocteau et la vie du créateur de mode Christian Dior. Ce scénario avait été commandé par Malcolm McLaren[80].

Il s'est parfois essayé à la musique, formant avec David J (le bassiste de Bauhaus) et Max Akropolis (sous le pseudonyme de Translucia Baboon) le groupe The Sinister Ducks, qui a sorti un single, March of the Sinister Ducks (pochette réalisée par Kevin O'Neill). Moore et David J ont sorti un single incluant un enregistrement de Vicious Cabaret, chanson présente dans V for Vendetta. Il s'est aussi produit avec le groupe de Northampton Emperors of Ice Cream.

Moore pratique la magie, gnostique depuis le milieu des années 1990. Il est également membre d'un groupe d'art performance, « The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels », dont certaines pièces ont été enregistrées sur CD et deux, The Birth Caul et Snakes and Ladders, adaptées en bande dessinée par Eddie Campbell.

Œuvres en anglais[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Ses premiers travaux, publiés en Angleterre[modifier | modifier le code]

DC Comics[modifier | modifier le code]

  • Watchmen, avec Dave Gibbons (Dessin), 1987. Prépublié en 12 fascicules (1986-1987).
  • Swamp Thing, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 20-58, 60-61, 63-64 et Annual #2 (1983-1987). Repris en 6 volumes :
    • Saga of the Swamp Thing, 1987 (reprend 21-27)
    • Swamp Thing: Love and Death, 1990 (reprend 28-34 & Annual 2)
    • Swamp Thing: The Curse, 2000 (reprend 35-42)
    • Swamp Thing: A Murder of Crows, 2001 (reprend 43-50)
    • Swamp Thing: Earth to Earth, 2002 (reprend 51-56)
    • Swamp Thing: Reunion, 2003 (reprend 57-61, 63 et 64)
    • L'histoire du numéro 20 n'a été rééditée que dans l'édition reliée.
  • V for Vendetta, avec David Lloyd (dessin), 1995. Deux premiers chapitres prépubliés dans Warrior 1-26 (1982-1985), puis le tout en dix fascicules de 1988 à 1989 par DC Comics.
  • This is Information, 9/11: Artists Respond, avec Melinda Gebbie (dessin), 2002.
  • DC Universe: The Stories of Alan Moore, 2006. Reprend diverses histories parues dans des publications DC Comics. Contient :
  • Albion (en), avec Leah Moore & John Reppion (scénario), Dave Gibbons (couvertures), Shane Oakley et George Freeman (dessin), 2005, 6 numéros. (Publié par WildStorm)
  • Alan Moore: Wild Worlds, collection d'histoires écrites pour Wildstorm, 2007

Image Comics[modifier | modifier le code]

  • 1963, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), 1986, 6 fascicules.
  • Glory, 4 numéros.
  • Judgement Day.
  • Spawn, avec Todd McFarlane (dessin), numéros 8, 32, 37.
  • Spawn/WildC.A.T.S 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Supreme, avec Joe Bennett, Rick Veitch, Keith Giffen, Dan Jurgens, Stephen Platt, Chris Sprouse, etc. (dessin), numéros 41-56, 1996-1998.
  • Supreme: the Return, avec Chris Sprouse, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 1-6, 1999-2000. Repris en deux tomes par Checker Books (The Story of the Year etThe Return).
  • Violator 3 numéros.
  • Violator vs. Badrock 4 numéros.
  • Voodoo: Dancing in the Dark 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Wildcats, avec Travis Charest (dessin), numéros 21-34 et 50, 1995-1998. Numéros 21-34 repris dans deux tomes : Gang War et Homecoming, numéro 50 repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007.
  • Wildstorm Spotlight numéro 1. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Un épisode de The Maxx de Sam Kieth.
  • Deathblow By Blows 3 numéros, 1999. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007

America's Best Comics[modifier | modifier le code]

Auto-édition et éditeurs divers[modifier | modifier le code]

Romans et livres illustrés[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • March of the Sinister Ducks, single des The Sinister Ducks, 1983.

À partir de 1996, les CD sont des enregistrements de pièces de théâtre réalisées avec son groupe d'art performance.

  • The Birth Caul, D.O.R., 1996.
  • The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels, Cleopatra, 1996.
  • Brought to Light, Codex Books, 1998.
  • The Highbury Working, RE, 2000.
  • Angel Passage, RE, 2002.
  • Snakes and Ladders, RE, 2003.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  1. Le Comédien, 1987
  2. Dr Manhattan, 1987
  3. Rorschach, 1988
  4. Le Hibou, 1988
  5. Laurie, 1988
  6. Ozymandias, 1988
Publication d'une intégrale en deux volumes en 1992. Publication d'une intégrale en un volume en 1998, chez Delcourt.
Bon anniversaire, 1988
Souriez !, 1989. Réédité en 2000 par Delcourt sous le titre Rire et mourir, puis en 2009 chez Panini sous le titre original, "The killing joke".
  1. Visages, 1989
  2. Vérités, 1989
  3. La valse du vice, 1989
  4. Valérie, 1989
  5. Voyages, 1989
  6. Victoria, 1990
Intégrale, Delcourt, 1999.
  1. Tome 4, avec Todd McFarlane, 1995
  2. Tome 19, avec Greg Capullo, 1997
  1. Racines, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 1998
  2. Invitation à la peur, avec Shawn McManus, 1999

Puis Delcourt réédite Swamp Thing sous forme d'intégrale 2. Amour & Mort, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 2004 3. La Malédiction, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 2005

  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1999
  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1998
  3. Tome 3, 2000
  4. Tome 4, 2000
Réédition intégrale sous le titre L'Âge d'or, Delcourt, 2003.
  1. Tome 1 avec Gene Ha, 2000
  2. Tome 2 avec Gene Ha, 2001
  3. Tome 3 avec Gene Ha, 2002
  4. Tome 4 avec Zander Cannon, 2004
  1. Les origines
  2. Le retour de Modular Man
  3. Les aztèques
  4. [Sans titre]
Intégrale en deux volumes, Semic, 2000-2001.
  1. Tome 1 (Semic, 2000) : épisodes #1-4
  2. Tome 2 (Semic, 2001) : épisodes #5-8 et America's Best Comics Giant
  3. Tome 3 (Semic, 2002) : épisodes #9-12
  4. Tome 4 (Panini Comics, 2007) : épisodes #13-18
  5. Tome 5 (Panini Comics, 2008) : épisodes #19-23
  6. Tome 6 (Panini Comics, 2008) : épisodes #24-28
  7. Tome 7 (Panini Comics, 2010) : épisodes #29-32
  1. Tome 1, 2001
  2. Tome 2, 2001. Ces deux tomes repris dans une intégrale, 2001.
  3. Tome 3, 2003
  4. Tome 4, 2003. Les tomes 3-4 repris dans une intégrale, 2004.
  5. Volume 3 : Century, 2010-2012
  6. Trilogie de Nemo, 2013-
  1. Tome 1, 2015
  1. Tome 1 : La Peur qui rôde, 2016
  2. Tome 2 : L'Abîme du temps, 2016

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Adaptations de travaux de Moore[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • The Birth Caul, Eddie Campbell Comics, 1999. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell.
  • Snakes and Ladders, Eddie Campbell Comics, 2001. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell.
  • Alan Moore's Magic Words, Avatar Press, 2002. Paroles de chansons, poèmes et autres écrits d'Alan Moore adaptés par divers artistes sous une couverture de Juan José Ryp.
  • Another Suburban Romance, Avatar Press, 2003. Pièce adaptée par Antony Johnston et Juan José Ryp.
  • Alan Moore's The Courtyard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston et Jacen Burrows.
  • A Hypothetical Lizard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston, Lorenzo Lorente et Sebastian Fiumara.

Films[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • L'épisode « For the Man Who Has Everything" » de La Nouvelle Ligue des justiciers (Justice League Unlimited) est tiré de l'histoire du même nom de l'histoire de Moore parue dans Superman Annual.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1985 :
  • 1986 : Prix Kirby de la meilleure série (avec Stephen Bissette et John Totleben) et du meilleur scénariste pour Swamp Thing ; de la meilleure nouvelle série pour Miracleman (avec divers auteurs)
  • 1987 : Prix Kirby de la meilleure série pour Swamp Thing (avec Stephen Bissette et John Totleben) ; de la meilleure nouvelle série, de la meilleure mini-série, des meilleurs auteurs (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
  • 1988 :
    • Prix Hugo pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
    • Prix Eisner du meilleur album, des meilleurs auteurs, de la meilleure mini-série (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
    • Prix Harvey de la meilleure série, du meilleur album, de l'excellence dans la production (tous trois avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen ; du meilleur épisode pour Watchmen no 9 (avec Dave Gibbons)
    • Drapeau : Espagne Prix Haxtur de la meilleure histoire longue pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1989 :
    • Drapeau : France Prix du meilleur album étranger au Festival d'Angoulême 1989 pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
    • Prix Eisner du meilleur album (avec Brian Bolland) et du meilleur scénariste pour Batman: The Killing Joke
    • Prix Harvey du meilleur épisode et du meilleur album pour Batman: The Killing Joke (avec Brian Bolland)
    • Drapeau : Espagne Prix Haxtur du meilleur scénario pour Swamp Thing : La Malédiction
    • Drapeau : Norvège Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour Batman: The Killing Joke (avec Brian Bolland)
  • 1990 :
  • 1992 : Drapeau : Suède Prix Urhunden du meilleur album étranger pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1993 : Prix Eisner de la meilleure histoire à suivre pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1994 : Prix Eisner du meilleur album pour Petits Meurtres (avec Oscar Zarate)
  • 1995 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Harvey de la meilleure série pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1996 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour From Hell
  • 1997 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell et Supreme
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour From Hell
    • Prix Ignatz de la meilleure histoire pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1999 : Prix Harvey du meilleur scénariste pour l'ensemble de ses travaux
  • 2000 :
    • Prix Eisner (avec Al Gordon et Chris Sprouse) du meilleur numéro (Best Single Issue) pour Tom Strong no 1 : How Tom Strong Got Started et de la meilleure histoire à suivre pour Tom Strong no 4-7 ; de la meilleure nouvelle série pour Top 10 (avec Gene Ha et Zander Cannon) ; de la meilleure anthologie pour Tomorrow Stories (avec Rick Veitch, Kevin Nowlan, Melinda Gebbie et Jim Baikie) ; du meilleur recueil pour From Hell (avec Eddie Campbell) ; du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Top 10, Tom Strong et Tomorrow Stories
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires ; du meilleur album reprenant des travaux auparavant publiés pour From Hell (avec Eddie Campbell)
    • Prix Ignatz du meilleur roman graphique ou recueil pour From Hell (avec Eddie Campbell)
    • Drapeau : Allemagne Prix Max et Moritz du meilleur scénariste international
    • Drapeau : Suède Prix Adamson du meilleur auteur international pour l'ensemble de son œuvre
  • 2001 :
  • 2002 : Drapeau : Italie Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée pour From Hell (avec Eddie Cambpell)
  • 2003 :
    • Prix Eisner de la meilleure mini-série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. II (avec Kevin O'Neill)
    • Prix Harvey du meilleur scénariste pour Promethea ; de la meilleure série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires (avec Kevin O'Neill) ; du meilleur épisode pour The League of Extraordinary Gentlemen vol. 2, no 1 (avec Kevin O'Neill)
    • Drapeau : Italie Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée pour La Ligue des gentlemen extraordinaires (avec Kevin O'Neill)
  • 2004 :
    • Prix Eisner du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Smax, Tom Strong et Tom Strong's Terrific Tales
    • Prix Harvey de la meilleure série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. 2 (avec Kevin O'Neill)
    • Drapeau : Norvège Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. 2 (avec Kevin O'Neill)
  • 2006 :
    • Prix Eisner du meilleur album pour Top 10 : The Forty-Niners (avec Gene Ha) ; du meilleur scénariste pour Promethea et Top 10 : THe Forty-Niners ; du meilleur projet patrimonial (comic book) pour Absolute Watchmen (avec Dave Gibbons)
    • Prix Urhunden du meilleur album étranger pour V pour Vendetta (avec David Lloyd)
  • 2008 : Drapeau : Allemagne Prix Max et Moritz d'exception pour une œuvre remarquable
  • 2009 : Drapeau : Norvège Prix Sproing de la meilleure bande dessinée étrangère pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 2012 : Prix Bram-Stoker du meilleur roman graphique pour Neonomicon (en)
  • 2014 : Temple de la renommée Will Eisner
  • 2016 : Prix Bram-Stoker « Grand maître » pour l'ensemble de sa carrière

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la méthode de l'alphabet phonétique international (API).
  2. http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/books/article822552.ece
  3. David Caviglioli, La guerre des comics est déclarée, L'Obs, 8 décembre 2011, [lire en ligne].
  4. http://www.lesinfluences.fr/Alan-Moore-le-pop-magicien.html
  5. « Moore's murderer », un article de Steve Rose paru dans le Guardian du
  6. a b c d et e George Khoury, Les Travaux Extraordinaires d'Alan Moore, TwoMorrows Publishing, , 503 p. (lire en ligne), p. 11.
  7. a et b Millidge 2011, p. 18.
  8. Millidge 2011, p. 19.
  9. a et b Millidge 2011, p. 23.
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  14. (en) Interview d'A. Moore du 22 octobre 2001.
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  16. Millidge 2011, p. 30.
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  54. Millidge 2011, p. 162.
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  78. Interview du 9 mars 2006 dans l'émission « The Culture Show », sur la BBC.
  79. Un entretien avec Alan Moore : «"Jérusalem" est le seul roman qui promet l’immortalité à ses lecteurs», interview d'Alan Moore Par Olivier Lamm ans Libération Next le 25 novembre 2017. Page consultée le 7 avril 2018.
  80. (en) Hugh Armitage, « Alan Moore on 'Fashion Beast' and the fashion industry's dark side », sur digitalspy.com, (consulté le 28 janvier 2018).
  81. Pour le détail des histoires et auteurs voir « L'univers des Super-Héros DC par Alan Moore, avec Dave Gibbons, Klaus Janson, Rick Veitch, Kevin O'Neill, Curt Swan, George Freeman, Bill Willingham », sur bulledair.com (consulté le 19 février 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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  • (en) Annalisa Di Liddo, Alan Moore. Comics As Performance, Fiction as Scalpel, University Press of Mississippi, 2009.
  • (en) Samuel Efforn, Invocation and Formal Presentation of the Superhero Comic in Moore and Gibbons' Watchmen, 1996.
  • (en) Gary Groth, « Big Words », dans The Comics Journal numéros 138-140, Fantagraphics Books, 1990-1991.
  • George Khoury et Alan Moore, Les Travaux extraordinaires d'Alan Moore, TwoMorrows Publishing, .
  • (en) Alan Moore, From Hell: the Compleat Scripts Book One, Borderlands Press/SpiderBaby Graphics, 1994.
  • (en) Alan Moore, « Appendix I: Annotations to the Chapters » dans From Hell, Eddie Campbell Comics, 1999.
  • Benoît Mouchart, « Alan Moore, un gentleman extraordinaire » (retransciption de deux séries d'entretiens avec le scénariste), dans Bang ! numéro 5, 2004. Cinq courts extraits de cette entrevue sont consultables en vidéo sur Internet (YouTube - Alan Moore interviewed by Benoît Mouchart).
  • (en) Stuart Moulthrop et Nancy Kaplan (dir.), An Internet Companion for Readers of Watchmen, Watching The Detectives, 1997-2000.
  • (en) Roger Sabin, Adult Comics An Introduction, Routledge, 1993. Taking Off the Mask (Tirando a Máscara).
  • (en) Gary Spencer Millidge et Smoky Man (dir.), Alan Moore : Portrait of an Extraordinary Gentleman, Abiogenesis Press, 2003.
  • Gary Spencer Millidge, Alan Moore : une biographie illustrée, Huginn & Muninn/Dargaud, , 320 p. (ISBN 978-2-36480-004-5)
  • (en) Robert Young, « Zero Sum Masterpiece : The Division of Big Numbers », The Comics Interpreter vol. 2, no 3, 2004.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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