Bérurier noir

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Bérurier Noir
Description de cette image, également commentée ci-après
Bérurier Noir sur scène en 2005.
Informations générales
Autre nom Béru, les Bérus, BxN
Pays d'origine Drapeau de la France France
Genre musical Punk
Années actives 1983-1989, 2003-2006
Site officiel www.beruriernoir.fr
Composition du groupe
Membres Fanfan
Loran
Masto

Bérurier Noir, aussi appelé les Bérus, et abrégé BxN, est un groupe de punk français, originaire de Paris. Il est le groupe phare de la scène punk et alternative française des années 1980, composé principalement de deux membres : Loran à la guitare et Fanfan[1] au chant, issus du mouvement des squats parisiens.

À la différence de la plupart des autres groupes de l'époque (excepté Métal urbain et Warum Joe), il n'a pas de batteur. Le « troisième membre » du groupe est Dédé, qui est en fait la boîte à rythmes des Bérurier Noir (une Electro-Harmonix DRM-16). Olaf, l'un des membres de la toute première formation (avant le concert de l'usine de Pali-Kao), fut plus tard membre fondateur de Ludwig von 88, un autre groupe marquant de la scène alternative des années 1980.

Dissous en 1989, le groupe se reforme temporairement entre 2003 et 2006.

La discographie de Bérurier Noir a été éditée par Rock Radical Records puis Bondage Records entre 1983 et 1989. Elle fut ensuite rééditée en CD en 2004 sur leur éphémère label Folklore de la zone mondiale, puis une nouvelle fois en 2012 sur Archives de la Zone Mondiale. Elle peut également être écoutée librement sur le site web du groupe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Béruriers (1978-1982)[modifier | modifier le code]

Olaf et Stef forment le groupe Béruriers (ou Les Béruriers) en 1978[2] en référence à l’adjoint du commissaire San-Antonio des romans de l'écrivain Frédéric Dard. Cette première mouture est une formation rock classique avec un seul concert à son actif à la MJC de Nogent-sur-Marne en 1979[3]. Stef, guitariste fondateur, change de style et quitte le groupe. François rejoint le groupe à la fin de l'année 1979.

Entre 1980 et 1982, la formation de base sera composée du trio François (chant), Olaf (guitare), Pierrot (guitare) et la fameuse boîte à rythmes d'Electro Harmonix. Pendant cette période chaotique le line-up change continuellement autour de ce trio de base. Les Béruriers s'inventent de multiples appellations : Béruriers rebelles, Béruriers véritables, Béruriers Army, Béruriers moines, Béruriers UTDM, Barbelés, Poli-Mili…[3],[4]

Son style de musique s'inspire de celui de Métal Urbain : une voix, une boîte à rythmes et une guitare électrique saturée. Le groupe fait moins de dix concerts principalement dans les squats (Vilins, Cascades, CAES de Ris Orangis) ou dans la rue à l'occasion de la fête de la musique[4].

Pierrot est appelé sous les drapeaux, puis, ayant déserté, se voit contraint de faire un séjour en prison. Pour le remplacer, les Béruriers font alors appel au guitariste du groupe Guernica, Loran, qui rejoint bientôt définitivement le groupe. En décembre 1982, Olaf, parti également au service militaire, en Allemagne, annonce qu'il quitte le groupe dans une lettre adressée à François[3],[5],[4]. François et Loran décident alors de faire un concert d'adieu, en hommage, marquant la fin à l'aventure des Béruriers. En signe de deuil, ils adoptent un nouveau nom : « Bérurier Noir ». Le concert d'adieu se déroule le 19 février 1983 à l'usine de Pali-Kao (une ancienne papeterie du XXe arrondissement de Paris qui accueille la frange la plus « alternative » des artistes parisiens). C'est lors de ce premier concert-performance qu'ils apparaissent masqués et qu'une aventure singulière démarre[4],[6].

Bérurier Noir (1983–1989)[modifier | modifier le code]

Au lieu d'être un final, ce spectacle les propulse en avant. Après avoir sorti le live de ce premier concert en K7 sur le label alternatif (V.I.S.A.), d'autres concerts suivent. Le troisième concert de Bérurier Noir (et second à Paris) est organisé dans la salle de La Roquette devant 1 000 spectateurs lors d'un festival alliant défilé de mode et musique alternatives. L'accueil est chaleureux et le groupe va jusqu'à reprendre trois fois le titre Lobotomie pour faire plaisir à son public[4].

Période "Théâtre de Force" (1983-1984)[modifier | modifier le code]

Les Bérurier Noir s'illustrent dans un autre concert improvisé devant le Liberty's (une boîte branchée du quartier latin). À la suite d'un désaccord avec le gérant de l'établissement, le groupe décide de jouer devant le club sur le trottoir. En effet, la boîte avait bouché les entrées d'air pour pousser à la consommation. La police arrive sur place mais le public composé de punks et d'autonomes ne les laisse pas s'approcher du groupe qui continue à jouer quelques minutes avec leurs masques à gaz sous les gaz lacrymogènes[7].

Le groupe enchaîne les concerts dans des salles ou bien de manière sauvage dans des squats, dans la rue, dans le métro parisien, dans des amphithéâtres, etc. Le groupe se forge une identité musicale en développant le concert de petit "théâtre de force". Leur son brut incisif et tranchant et leurs textes rebelles, crus, violents, dénoncent l'injustice et incarnant sur scène, par sa puissance artistique, une sorte d'effervescence insurrectionnelle froide et contagieuse, qui devient par la suite plus festive…[8] Leur réputation grandit très vite en France dans le milieu punk alternatif par le biais du bouche à oreille et des fanzines puis de leurs premiers vinyles, auto-produits par de petits labels punk qui commencent en même temps qu'eux : V.I.S.A. puis Bondage Records. Ils arpentent fin 1984 les scènes étrangères (Pays-Bas, Belgique, Suisse, Irlande) avec d'autres groupes alternatifs français.

Période "Troupeau d'Rock" (1985-1987)[modifier | modifier le code]

Durant l'année 1985, à l'occasion de la sortie de l'album Concerto pour Détraqués, Bérurier noir entame une tournée dans toute la France tout en continuant à expérimenter dans la rue pour des causes sociales ou politiques. Bérurier Noir joue notamment sur un camion, le jour d'une manifestation pour les chômeurs. Leur défilé est stoppé par la police de manière assez violente et la presse de l'époque relate cette intervention[9]. François et Loran exercent d'autres activités en parallèle à la fois pour des raisons alimentaires et pour conserver un pied dans la réalité sociale. François est manutentionnaire au sous-sol du BHV et Loran animateur dans un centre de loisirs pour enfants à Torcy (en Seine-et-Marne)[8]. Cette même année, la composition du groupe est la suivante : François (chant), Loran (guitare), Pascal Kung-Fou (Saxophone), Helno et son frère Ritier (chœurs), Laul alias Bol (chœurs + dessins/pochettes/affiches), "petite Titi" (chœur, décors et costumes) et la "grande Titi" (chœur). La sortie du maxi 45t Joyeux merdier en décembre 1985 en pleine grève des transports en commun marque le tournant plus festif du groupe incarné par l'hymne "Salut à toi".

En , huit-cents CRS entourent la salle de la Mutualité, à Paris, pendant un concert du groupe. En décembre 1986, les Bérurier Noir commencent à passer en radio, L'Empereur Tomato Ketchup fait un carton inattendu sur NRJ et séduit la frange la plus jeune du public. Cette soudaine notoriété apporte un nouveau public au groupe qui se voit qualifié de commercial par une petite partie de ses fans de la première heure. De plus en plus de monde se déplace à leurs concerts (quarante-sept dates cette année-là), et ils organisent même leur propre service d'ordre. À l'époque, dans ses déplacements, le groupe est accompagné par les Red Warriors et des autonomes pour empêcher que le public ne subissent les attaques très fréquentes de skinheads d'extrême droite.

En 1987, ils continuent leurs concerts, jouent dans divers festivals indépendants et participent à un concert organisé Place de la Bastille par SOS Racisme. Leur carrière continue à être marquée par des positions radicalement antiracistes. En 1987, le groupe, auto-qualifié de "troupeau d'rock" comprend François (chant), Loran (guitare), Masto (saxophone), Helno (chœurs), Laul alias Bol (chœurs et graphismes), la petite Titi (chœur, décors et costumes) et la grande Titi (chœur). Lassé par des conditions extrêmes des tournées et une médiatisation qu'il ne maîtrise plus le groupe se met en grève à l'été 1987[10].

Période "Macadam Circus" (1988-1989)[modifier | modifier le code]

Le 3 mars 1988, ils organisent un concert devant 6 800 personnes au Zénith. Le billet coûte cinquante francs (neuf euros) ; Bérurier Noir veut dénoncer les prix prohibitifs des concerts. Avec une entrée à prix modique, la salle est comble et le spectacle qui rassemble quinze personnes sur scène est total…[11] Pour créer cette version « Macadam circus », ils sont rejoints par des membres d'autres groupes. Sur scène, on trouve François, Loran, Titi, Helno, Paskal Kung-Fou, Masto, les frères Lulu (acrobaties et éclairages), Jojo, le cracheur de feu, et Otto Wessely, un magicien accompagné de son assistante[11]. Depuis le duo de départ centré autour de François et Loran, le groupe s'est étoffé et a entamé peu à peu une transformation festive tout en gardant la tension froide de leurs débuts. Il emprunte sur scène des éléments au cirque, mêlant à leurs déguisements grotesques habituels des nez de clown, et sur disque ajoutant des sifflets et des instrumentations orientales aux sirènes de police, mélangeant le punk destroy et l'ambiance « fanfare » sur l'album Abracadaboum paru en 1987. Laul (Bol) signe pratiquement tous les dessins et visuels du groupe. Avec Masto, saxophoniste et photographe, ce sont deux ex-membres de Lucrate Milk, un autre groupe dont les délires musicaux et la folie scénique marquèrent la scène alternative parisienne.

Bérurier Noir devient le porte-voix d'une partie de la jeunesse, notamment avec une variante du titre Porcherie avec le refrain « la jeunesse emmerde le Front national »[8]. Le 20 avril 1988, le groupe se voit décerner le Bus d'Acier (un grand prix du rock français) par une presse qui les a quasiment ignorés ainsi que tous les groupes alternatifs de l'époque. Si le groupe refuse le prix par un coup d'éclat chaotique, cela ne l'empêche pas de partir avec le trophée qui se retrouve pendant une bonne année dans la boîte à outils de leur camion de tournée[12].

Sur le plan de la communication avec son public, le groupe édite le bulletin d'information le Mouv'ment D'La Jeunesse (MDLJ) entre septembre 1987 et mars 1989[13].

Vers l'auto-dissolution (1989)[modifier | modifier le code]

Le 17 avril 1988, quand un groupe terroriste nommé Black War fait exploser les bureaux du président de la Chambre régionale des huissiers, la police accuse les milieux autonomes proches du service d'ordre de Bérurier Noir : ils sont abusivement accusés par certains médias et la police d'être "la branche culturelle" d'Action Directe[8]. Les accusations sont abandonnées le 23 avril, les personnes arrêtées relâchées, mais l'image du groupe est ternie, des organisateurs annulent leurs concerts. Après une tournée éclair de trois concerts en Suisse, le groupe prend la décision de se séparer. Toujours dans un esprit festif et décalé, Bérurier Noir va s'offrir un « hara-kiri » en fanfare.

Le groupe se « suicide » en novembre 1989 lors de trois concerts d'adieu qui eurent lieu à l'Olympia (9, 10 et 11 novembre). Leur séparation repose sur plusieurs facteurs : en partie à cause de problèmes avec leur label Bondage Records qui désire garder les masters de leurs enregistrements, de l'enlisement des tournées épuisantes et surtout de leur esprit exigeant d'indépendance qui, outre les divergences sur des questions politiques notamment entre Loran et François, qui est source de tension permanente au sein du groupe dans les derniers temps[8],[14]. Les trois derniers concerts des Bérus, enregistrés et filmés, sont disponibles dans l'album live Viva Bertaga (1990) et la K7 VHS Secam éponyme sortie en 1991.

Durant quatorze ans, les membres du groupe font chacun leurs expériences en solo, tous dans des voies différentes, avec plus ou moins de succès. François forme Molodoï (1990-1996) et François Béru et les Anges Déchus en 1999 ; plus radical, Loran crée Ze6, Tromatism puis A. D. (Division de la horde). Il est également membre des Ramoneurs de menhirs depuis 2006. Ces quatorze années de silence sont jalonnées par la sortie, tous les cinq ans, d'un album souvenir, qui relance à chaque fois des rumeurs de reformation.

Déformation (2003–2005)[modifier | modifier le code]

Le , le groupe donne un concert aux Transmusicales de Rennes lors du 25e anniversaire de ce festival qui les avait programmés en 1986.[15] Les quelques milliers de personnes n'ayant pu obtenir de place ce jour-là furent à l'origine de heurts avec les CRS à l'extérieur de la salle. Les médias parlent immédiatement de reformation, le groupe préfère parler de « transformation » ou de « déformation ». Ce concert coïncide avec la sortie du coffret Même pas mort, retraçant la carrière du groupe, comprenant le concert d'adieu de l'Olympia de novembre 1989. Ils donnent de nombreuses interviews préfigurant un réel retour du groupe sur le devant de la scène. Après le succès du concert de Rennes et leur envie manifeste de rejouer et de reprendre la route ensemble, le groupe s'engage pour deux concerts énormes : à Québec le 11 juillet 2004 devant 50 000 personnes[16] au Festival d'été de Québec et lors du festival de Dour en Belgique le 18 juillet. Le groupe apparaît aussi par surprise au festival du journal Combat Syndicaliste (journal de la CNT) aux Voûtes à Paris[17], ainsi qu'à L'Abattoir, café-concert à Lillers lors d'un dernier concert où participent des groupes du label FZM (Folklore de la zone mondiale, dont le logo orne déjà les albums des Bérus à l'époque), créé par le groupe en 2004. Par ce label, les Bérus diffusent leurs disques, mais relancent surtout toute une « contre-culture en mouvement » en diffusant de nombreux fanzines, écrits politiques, comics indépendants, ainsi qu'une multitude de petits groupes indépendants. Le groupe joue aussi au mois d'août 2005 à Brest, lors du festival Astropolis, où une soirée FZM est organisée. Ce concert apparaît comme un concert surprise, le groupe étant annoncé sous le nom de « Kamouflage »[18],[19].

Dissolution (depuis 2006)[modifier | modifier le code]

La dissolution de Bérurier Noir est annoncée à l'AFP le samedi 6 mai 2006 : « Considérant que l’aventure bérurière entre 1983 et 1989 est restée dans le cœur de tous comme une époque héroïque, empreinte d’amitié et de solidarité, et que nous devons la préserver ; considérant également que le retour du groupe entre 2003 et 2006 fut provisoire et qu’il ne s’agissait pas d’une reformation classique, le groupe Bérurier Noir décide de s'autodissoudre en mai 2006. Un nouvel album intitulé « Dérive mongole » sort pour signifier la fin de cette aventure collective, généreuse et combative, une façon de rendre hommage au mouvement de la jeunesse qui a soutenu le groupe depuis plus de vingt ans. Salutations bérurières. » Cet ultime album, intitulé Invisible, voit le jour le 4 décembre 2006.

À la suite des concerts de « déformation », Bérurier Noir sort un CD-DVD retraçant ces événements, L'Opéra des loups réalisé par Stef Bloch. On peut les voir à la fin de la manifestation du « mais sans François, donc amputés » jouer sur un véhicule aux couleurs de la CNT.

Depuis l'auto-dissolution de Bérurier Noir le 6 mai 2006, Loran et Masto sont montés de temps en temps sur scène par surprise pour reprendre les titres des Bérus sous le nom d'« Amputé Commando Bérurier », du fait qu'ils sont amputés d'un membre (François). Loran, parallèlement, joue dans un groupe : Les Ramoneurs de menhirs, qui reprend des chants traditionnels bretons chantés en français ou en langue bretonne avec une tonalité punk et joue quelques morceaux de Bérurier Noir.

Le chanteur (François), passionné par l'Asie du Sud-Est depuis des années, est devenu ingénieur de recherche au CNRS[20] après avoir obtenu un doctorat d'histoire en 2003[14],[21].

Philippe Reniche, choriste pendant la période 1984-1985, est torturé et assassiné dans la nuit du par deux individus qui l'ont pris en auto-stop sur son chemin alors qu'il sortait d'une discothèque. Ses assassins sont condamnés en 2010 à la perpétuité assortie d'une peine de sûreté de vingt ans[22]. Le groupe affiche son soutien à la famille et aux enfants de leur choriste en éditant une compilation intitulée Le C(r)adeau De La Béruse (2011) comprenant dix reprises bérurières "à la mémoire de Philippe"[23].

En 2015, une nouvelle chanson, Mourir à Paris, est composée suite aux attentats à Paris de janvier, mais est diffusée sur le site du groupe le lendemain des attentats du 13 novembre [24],[25].

Le 29 novembre 2019, François et Masto accompagnent le groupe Bagarre à l'Olympia en jouant "Salut à toi" transformé en "Salut à toutes" pour rendre hommage aux nombreuses victimes de féminicides[26].

Reformation 2020 ?[modifier | modifier le code]

En octobre 2020, un projet de reformation est évoqué[27].

Citations[modifier | modifier le code]

"Les Bérus, encore une fois, ont une longueur de différence sur les autres groupes en ceci qu'ils sont toujours en contradiction : gauchistes à look Orange mécanique, grands frères bienveillants à goût d'ultraviolence, dénonciateurs picoleurs, sérieux et enragés, dérisoires et j'm'en foutistes, on ne s'y retrouve pas et c'est bien pourquoi on s'y retrouve. Pas besoin de matraquage, pas besoin de marketing : l'engouement tourne au magnétique. [...] [Bérurier Noir] c'était un triomphe de pirates, une des rares aventures collectives heureuses de la fin du siècle dernier. (Virginie Despentes, prologue, dans Roland Cros (photograhies) & Laul (dessins), Bérurier Noir, ta rage n'est pas perdue, Paris, Vade Retro / Folklore de la Zone Mondiale, 2005, p. 12 et 23).

"François derrière son micro, Loran avec sa six-cordes et Dédé, l'imperturbable petite boîte (à rythmes), réussiront plusieurs coups de force, comme celui de rentrer en play-list sur NRJ sans l'avoir voulu mais aussi de remplir l'Olympia. Également, de se faire suivre par les renseignements généraux, mais c'est une autre histoire, celle d'observateurs persuadés que derrière il y a toute une organisation secrète ou politique tant ils correspondent à leur époque. Mais non, partis à deux, si les Bérus voient effectivement leur troupe ne cesser de grossir, c'est que des sympathisants les rejoignent, surtout parce qu'il est impossible de rester indifférent à leur cri. Avant de cesser toute activité, les Bérurier Noir ont été un groupe majeur, un véritable contre-pouvoir au Top 50. [...] Les Bérurier Noir auront été un incroyable phénomène, une fantastique météorite, une page importante de l'histoire du punk-rock français, et même du rock tout court". (Cf. "Le minimalisme cradingue des Bérurier Noir", dans Christian Eudeline, La bible Punk. 35 ans de contre-culture musicale, Paris, Éditions Didier Carpentier, 2013, p. 101 et 104.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le suicide de Bérurier Noir à l'Olympia aura été une apothéose. Le groupe en a l'habitude puisque, sept ans auparavant, il était né d'un autre concert d'adieux. Mais refusant les compromissions sur lesquelles tant d'autres ont fermé les yeux, les Bérus sont entrés au Panthéon Rock. Et ce n'est qu'un prélude, car Bérurier Noir semble complètement hermétique à la valse des modes musicales. En effet, jamais le groupe n'aura été aussi populaire que depuis sa disparition.[...] c'était ça Bérurier Noir : un groupe qui ne s'est jamais pris au sérieux mais qui se mettait en quatre pour faire plaisir aux petits bérus, qui soutenaient la contamination. Une aventure emplie de joies, de douleurs, d'intégrité et de contradictions... mais une aventure totale et sincère. (dans Erwan Marcil, Bérurier Noir, contre cruel de la jeunesse, Malzeville, Éditions Camion Blanc, 1997, p. 195-196).

"De cette aventure passionnante, on retiendra une pulsation musicale et sociale virulente et libératrice, des morceaux à l'emporte-pièce, souvent efficaces et surtout un sens du spectacle total". (dans Gilles Verlant (dir.), L'encyclopédie du rock français, 1960-2000, Paris, Éditions Hors-Collection, p. 131).

"En sept ans d'existence, tant d'un point de vue scénique que politique, Bérurier Noir a laissé une trace indéniable dans l'histoire de la scène rock indépendante" ("Bérurier Noir" par Flavien Bertran de Balanda, dans Luc Robène et Solveig Serre (dir.), Punk is not Dead. Lexique franco-punk, Paris, Éditions Nova, 2019, notice 016).

Membres[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

Singles, EP, Maxis 45t., Mini-albums[modifier | modifier le code]

Œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

  • 2015 : Mourir à Paris
  • 2017 : Au pays des routes contraires, tiré du 45t Dérive mongole #01
  • 2017 : Mourir à Falloujah, tiré du 45t Dérive mongole #01

Vidéos[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Des artistes québécois ont sorti un album hommage à Bérurier Noir intitulé Viva Béru - Hommage des Bûcherons Kébécois à Bérurier Noir.
  • En mai 2007 sont parus deux hommages électroniques :

De nombreux groupes ont repris des chansons des Bérus :

  • Dans leur album Peuh ! de 1996, le groupe Lofofora reprend Vive le feu des Bérus, morceau qui sera aussi présent dans le CD + DVD live Lames de Fond (2004) et par lequel le groupe avait l'habitude de finir ses concerts de 1996 à 2005.
  • Laréplik reprend la chanson Petit agité dans son album La folie des glandeurs.
  • Les Ogres de Barback ont quant à eux l'habitude de reprendre Salut à toi dans leurs concerts, qui figure par ailleurs sur leur album Repris de justesse (2000), sur l'album live avec Les Hurlements d'Léo 1 Air 2 Familles (2002) et sur l'album live Concert avec La Fanfare du Belgistan (2005).
  • Kiemsa ont repris la chanson Salut à toi qui sera nommée Salut à toi (l'intermittent) dans leur album Nuits rouges (2003).
  • Le groupe Les déserteurs reprend la chanson Camouflage sur son premier album.
  • Le groupe Tagada Jones de punkcore français a repris Vivre libre ou mourir sur leur album 6.6.6 (6 reprises, 6 inédits, 6 remixes) en 2007.
  • Les Betteraves ont repris Pavillon 36 sur leur album Pour en finir.
  • Le groupe de métal Anarchophobia a chanté Chromosome Y sur leur album God Baise You sorti en 2006[28].
  • Le groupe D.Majiria a repris La Mort au choix sur leur premier album On a marché sur la Terre… avec Jojo, le cracheur de feu.
  • L'artiste électro liégeois LSB Superstar a réalisé une adaptation de Salut à toi sur son EP Spoken, sorti en 2008. Pour cette reprise, disponible en téléchargement gratuit sur son site[29], il a légèrement modifié les paroles.
  • Les Ramoneurs de menhirs, groupe de Loran, ont repris Vive Le Feu et Captain Kirk sur leur premier album Dans An Diaoul.
  • Damien Saez leur rend un hommage en 2010 avec la phrase Salut à toi le bérurier dans Les Anarchitectures, première chanson de l'album J'accuse.
  • Les Fatals Picards leur rendent un hommage dans l'album Coming out sorti en 2011 dans les chansons Noir(s) et Militant.
  • Seth Gueko a repris et réadapté Salut à toi sur son deuxième album Michto en 2011. Il s'agit de la chanson Shalom Salam Salut" Trois ans auparavant lors d'un passage sur Canal+ au Grand Journal (le 19 décembre 2008), il avait déjà rappé quelques extraits de cette future chanson.
  • Le groupe Mansfield.TYA a repris Les Rebelles sur son 45 tours "La Jungle nous Appelle" dit-elle, sorti en 2012.
  • En 2010-2011, Muriel de Mars donne une version acoustique de J'aime pas la soupe dans son tour de chant « à partir de zéro an » À cloche-pied hop hop hop.
  • Le groupe BAK XIII d’électro industriel a repris Petit agité.
  • Le groupe Skip the Use reprend souvent sur scène le titre Porcherie.
  • Le festival Vive le feu à Saint-Claude-de-Diray dans le Loir-et-Cher est créé en hommage à leur titre éponyme.
  • Le groupe Les Haricots sauvages reprend depuis 2001 la chanson La Makhnovtchina, en hommage à l'insurrection anarchiste en Ukraine, chanson composée à l'origine par Etienne Roda-Gil sur l'air du chant des partisans russe, et adaptée par les Bérus.
  • Pendant la pandémie de coronavirus, des versions de "Salut à toi" sont diffusées sur la toile en hommage aux personnels soignants et à toutes les héroïnes et héros du quotidien[30].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roland Cros (photographies, Laul (dessins), Virginie Despentes (prologue), Bérurier Noir, ta rage n'est pas perdue, Paris, Vade Retro / Folklore de la Zone Mondiale, 2005.
  • Sylvain David, « « Le commando Pernod ». De l’appellation incontrôlée à la sémiologie éthylo-politique », Contextes, no 6 « Qui a lu boira »,‎ (DOI 10.4000/contextes.4463, lire en ligne, consulté le 15 août 2017)
  • FanXoa, Un jeune homme éventré, Saint Martin en Vercors, Archives de la Zone Mondiale, 2017. (voir en particulier le chapitre "Bérurier, commando-suicide", p. 117-127).
  • François Guillemot, Bérurier Noir. Sociogenèse culturelle et itinéraire personnel.
    • Référence papier : François Guillemot, « Bérurier Noir. Sociogenèse culturelle et itinéraire personnel », Volume !, 13 : 1 | 2016, 61-85.
    • Référence électronique : François Guillemot, « Bérurier Noir. Sociogenèse culturelle et itinéraire personnel », Volume ! En ligne, 13 : 1 | 2016, mis en ligne le 25 novembre 2019, consulté le 26 mai 2019 ; DOI:10.4000/volume.4928
  • Erwan Marcil, Bérurier Noir, conte cruel de la jeunesse, Malzeville, Camion Blanc, 1997.
  • Rémi Pépin, Rebelles. Une histoire de rock alternatif, Die, Archives de la Zone Mondiale, 2018. (première édition Hugo & Compagnie 2007).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon cette interview, il avait 15 ans en 1978
  2. Biographie de Bérurier Noir Article de Benjamin d'Alguerre sur www.music-story.com
  3. a b et c FanXoa, Un jeune homme éventré, Saint Martin en Vercors, Archives de la Zone Mondiale, , p. 117-127 (chapitre "Bérurier, commando-suicide")
  4. a b c d et e Erwan Marcil, Bérurier Noir, conte cruel de la jeunesse, Nancy, Camion Blanc, , p. 16-23
  5. Béruriers dossier noir, Paris, Archives de la Zone Mondiale, 2013 (réédition, première parution en 1983)
  6. Rémi Pépin, Rebelles. Une histoire de rock alternatif, Die, Archives de la Zone Mondiale, , p. 100-101
  7. « Fiche Bérurier Noir (passage Fanzine Manifestes n°2, 1985) », sur Archives de la Zone Mondiale (consulté le 10 octobre 2020)
  8. a b c d et e Philippe Brochen, « Retour de baston », Libération,‎ , (portrait publié en dernière page) (lire en ligne)
  9. reportage de Philippe Chambon, Christophe Nick, Christian Perrot, « "Bérurier Noir, c'est interdit de s'agiter" », Actuel (n°79),‎
  10. Francis Dordor, « "Drôle de grève" », Best,‎ , p. 24-29
  11. a et b Erwan Marcil, Bérurier Noir, conte cruel de la jeunesse, Malzeville, Camion Blanc, (ISBN 2-910196-14-3), p. 149-160
  12. Erwan Marcil, Bérurier Noir, conte cruel de la jeunesse, Nancy, Camion Blanc, , p. 162
  13. AZM, « Le Mouv'ment D'La Jeunesse », sur Archives de la Zone Mondiale (consulté le 11 octobre 2020)
  14. a et b AFP, « François Guillemot, le chanteur punk des "Béru" devenu historien au CNRS », sur L'Express, (consulté le 11 octobre 2020)
  15. Mickaël Louédec, « Il y a 10 ans, le concert des Bérurier Noir... », sur Ouest France, (consulté le 10 octobre 2020)
  16. Site officiel - Communiqué du 10.06.2005
  17. « Bérurier Noir : "On veut pas travailler !" », sur CNT, (consulté le 10 octobre 2020)
  18. Nicolas Dambre, « Les excès d'Astropolis », sur RFI Musique, (consulté le 10 octobre 2020)
  19. Julien Marchand, « Astropolis. Le « bordel » des Bérus », sur Bikini, (consulté le 10 octobre 2020)
  20. Adrien Le Gal, « François Guillemot, de Bérurier noir au CNRS », sur Le Monde, (consulté le 11 octobre 2020)
  21. Fiche François Guillemot sur le site de l'Institut d'Asie Orientale à Lyon.
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