Charles Malato

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Charles Malato
Photo anthropométrique du 29 avril 1890.
Photo anthropométrique du 29 avril 1890.

Naissance 7 septembre 1857
Foug (Meurthe-et-Moselle)
Décès 7 novembre 1938
Paris
Origine italienne
Type de militance écrivain
journaliste
Cause défendue libertaire
Caricature de Malato par Aristide Delannoy, en 1909, pour Les Hommes du jour.

Charles Malato, né le 7 septembre 1857 à Foug (Meurthe-et-Moselle) et mort le 7 novembre 1938 à Paris, est un correcteur à la Chambre des Députés, écrivain, éditeur et journaliste anarchiste français d'origine italienne.

Militant libertaire, il fut également franc-maçon, membre de la Grande Loge symbolique écossaise[1].

Des années 1880 à la Grande Guerre, il est une figure notoire de l’anarchisme en France, et un « nœud de réseau » du mouvement libertaire européen[2].

Lors de la Première Guerre mondiale, il est l’un des signataires du Manifeste des seize rassemblant les libertaires partisans de l'Union sacrée face à l'Allemagne[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

À l'âge de 17 ans, avec ses parents communards, il est déporté en Nouvelle-Calédonie, où il rencontre Louise Michel[4]. Avec elle, il est l'un des rares européens à soutenir les révoltes canaques de 1878.

Journaliste et éditeur libertaire[modifier | modifier le code]

Revenu en France en juin 1881, il s'engage pour la promotion des idées anarchistes.

En 1886, il crée un groupe et un journal intitulés La Révolution cosmopolite qui est poursuivi dès le quatrième numéro pour « incitation au meurtre, pillage et incendie ».

Le 9 août 1888 au cours d’un meeting en pleine grève des terrassiers, Joseph Tortelier prend la parole devant 400 personnes aux côtés de Louise Michel et Charles Malato : « Ce n’est que par la grève universelle que l’ouvrier créera une société nouvelle, dans laquelle on ne trouvera plus de tyrans ».

En 1897, il publie Philosophie de l'anarchie dans lequel il affirme son idéal communiste libertaire.

Journaliste, il collabore à de nombreuses publications telles L'Art social, La Société nouvelle, L'Aurore, Le Réveil lyonnais, ainsi qu'à L'Attaque[5], journal d'Ernest Gegout[6] avec lequel il est condamné, en avril 1890, à quinze mois de prison pour « provocation au meurtre, au pillage et à l'incendie »[7].

Expulsé de France (il n'a pas encore la nationalité française), il arrive le 4 avril 1892 à Londres, où il reste deux ans. Il y publie le journal Le Tocsin.

De retour en France en 1894, il poursuit son engagement.

L'Affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Lors de l'Affaire Dreyfus, il anime le Journal du peuple avec Sébastien Faure et prend part au comité révolutionnaire chargé de répondre aux manifestations nationalistes.

Arrêté à la suite d'un attentat contre Alphonse XIII, il est jugé à partir du 27 novembre 1905 et sera acquitté.

Article détaillé : Attentat de la rue de Rohan.

Entre 1907 et 1914, Charles Malato collabore aux journaux La Guerre sociale et La Bataille syndicaliste.

Il était un ami proche de l'éducateur libertaire espagnol Francisco Ferrer.

Signataire du Manifeste des 16[modifier | modifier le code]

Dès le début de la Première Guerre mondiale, il rallie « L'union sacrée » puis signe le « Manifeste des 16 ».

En juin 1918, alors qu'il va avoir 61 ans, il s'engage en tant qu’infirmier, « tant pour soigner les Français que les Allemands »[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L’Assassinat de Ferrer, 1911.
  • Avant l’heure, 1887.
  • Barbapoux, drame satirique en 2 actes, 1901.
  • César, pièce satirique en 2 actes, s.d.
  • Les Classes sociales au point de vue de l'évolution zoologique, 1907.
  • De la Commune à l'anarchie, 1894.
  • Entre deux amours, 1880 ?
  • Les Forains, 1925.
  • La Grande Grève, roman social, 1905.
  • Les Joyeusetés de l’exil, 1897.
  • Le Nouveau Faust, 1919.
  • Perdu au Maroc, s.d.
  • Philosophie de l'anarchie, 1889.
  • Pierre Vaux ou Les Malheurs d'un instituteur, s.d.
  • Prison fin-de-siècle. Souvenirs de Pélagie.
  • Révolution chrétienne et révolution sociale1891.
  • Avec Ernest Gegout et Théophile Alexandre Steinlen (ill. de), Prison fin de siècle. Souvenirs de Pélagie, Cœuvres-et-Valsery, Ressouvenances, 1999, fac-similé de l'édition de 1891, 352 p., (ISBN 2-904429-95-6).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social : notice biographique.
  2. Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  3. Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, de 1914 à nos jours, tome 2, Paris, Gallimard, 1992, page 15.
  4. a et b Loïc Jumeau, « Il veut redorer l'image de son grand-oncle », L'Action républicaine,‎ (lire en ligne).
  5. René Bianco, 100 ans de presse anarchiste : L'Attaque.
  6. Dictionnaire des anarchistes : Ernest Gegout.
  7. Alain Accardo, Albert Libertad, Gaetano Manfredonia, Le culte de la charogne, Marseille, Agone, coll. « Mémoires Sociales », 2006 (ISBN 2748900227)