May Picqueray

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
May Picqueray
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Mouvement

Marie Jeanne Picqueray, dite May Picqueray ou May la Réfractaire, née le à Savenay (Loire-Inférieure), de François-Jean-Marie Picqueray et de Marie-Louise Françoise Leray, et décédée le à Paris, était une militante anarcho-syndicaliste et antimilitariste libertaire.

D'avril 1974 à décembre 1983, elle anime Le Réfractaire, d'abord « journal de l’association Les Amis de Louis Lecoin ; social, pacifiste, libertaire » puis « organe libertaire pour la défense de la paix et des libertés individuelles », périodique pacifiste et antimilitariste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle passe son enfance entre Châteaubriant et Saint-Nazaire.

Naturellement attirée dans sa jeunesse par la Révolution soviétique en Russie, elle fait un premier voyage dès 1922, à l'occasion du congrès de l'Internationale syndicale rouge à Moscou, au cours duquel elle monte sur la table pour dénoncer des congressistes en train de se goberger alors que le peuple soviétique crève de faim. Elle refuse de serrer la main au généralissime Trotski à qui elle était pourtant venu demander la libération de camarades anarchistes emprisonnés par les bolchéviques.

En 1921, deux anarchistes d'origine italienne, Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, se voient condamnés à mort par la justice américaine, alors qu'ils crient leur innocence. La presse française reste muette. Pour déclencher la campagne de presse, May envoie à l'ambassade américaine un colis piégé contenant un grenade défensive et des tracts. Cette "initiative" n'a causé que des dégâts matériels. Malgré l'ampleur des manifestations mondiales en leur faveur, Sacco et Vanzetti seront exécutés en 1927 - et réhabilités en 1978.

En 1924, elle fait le coup de poing au meeting de la Grange-aux-Belles lors duquel les communistes tuèrent deux ouvriers anarchistes à coups de revolver. Ses autres voyages en URSS lui font rapidement prendre conscience du caractère dictatorial du régime communiste, alors même que Staline n'est pas encore à la tête du pays. Elle n'hésite pas à faire part de son sentiment de déception à Lénine, comme elle aimait le rappeler bien des décennies plus tard.

Le Réfractaire[modifier | modifier le code]

Le numéro 80 du Réfractaire. Dessin de Jossot
Article détaillé : Le Réfractaire.

Figure importante du milieu libertaire, May Picqueray est surtout connue pour être la fondatrice du journal des « Amis de Louis Lecoin » Le Réfractaire (« Organe libertaire pour la défense de la paix et des libertés individuelles »), elle a fait paraître ce mensuel du 1er avril 1974 jusqu'à sa mort, le 2 novembre 1983 - soutenue jusque-là par de nombreux jeunes artistes objecteurs de conscience, et des dessinateurs du Canard enchaîné : Moisan, Cardon, Escaro, Pino Zac, ou Plantu, Dominique, Didier Le Bornec, Ritche... (voir : May la réfractaire).

Féministe avant l'heure, May Picqueray a vécu en femme indépendante sans se priver de fonder une famille. Elle a donc élevé seule ses trois enfants nés de trois pères différents. Mariée à Saint-Nazaire, le 22 juillet 1916, avec Fred Schneyder, de nationalité hollandaise, elle s'en sépare trois semaines plus tard. En 1923, elle met au monde une fille, Sonia, conçue pendant son voyage en Russie. Puis en août 1930, elle épouse François Niel, dont elle aura un fils, Lucien. Enfin, en 1941, en pleine guerre, elle met au monde une fille, Marie-May, qu'elle a conçue avec Isaac Gilman, juif bielo-russe réfugié à Toulouse.

Pacifiste convaincue, May Picqueray entre au Comité d'Aide aux enfants espagnols où son activité consiste à transporter des orphelins espagnols et de réunir les membres épars des familles à la fin de la guerre d'Espagne. Elle se trouve à Toulouse au moment de la Débâcle où elle s'occupe de l'accueil des réfugiés. Puis de ravitailler les camps français de Noé et du Vernet d'où elle parvient à faire évader 9 internés.

Camarade de Louis Lecoin, elle s'est associée à tous ses combats et a poursuivi sa vie de militante après la mort de ce dernier.

Enthousiaste en mai 68, très engagée au Larzac, elle a participé à toutes les campagnes anti-nucléaires et soutenu les objecteurs de conscience et les réfractaires au service militaire.

Selon sa volonté, May Picqueray a été incinérée au Père-Lachaise.

Depuis 2015, un jardin lui rend hommage, au niveau du 94, boulevard Richard-Lenoir, dans le 11e arrondissement de Paris.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

May Picqueray a été une des figures du syndicat des correcteurs. Elle fut notamment correctrice à Ce Soir, Libération et pendant 20 ans, au Canard enchaîné.

Hommages[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • May Picqueray, 1898-1983, une mémoire du mouvement anarchiste, Olivia Gomolinski, mémoire de maîtrise (dir. Antoine Prost, Claude Pennetier), Paris I-CRHMSS, 1994, 173 p.
  • May Picqueray, une réfractaire, une libertaire, une femme libre, collectif, Éditions libertaires, Graine d'ananar, 2004.
  • Lucien Seroux, Parcours croisés : Nicolas Faucier, Louis Lecoin et May Picqueray, intervention aux IXèmes Rencontres du Front libertaire, Saint-Nazaire, 27 mai 2006, texte intégral.
  • Michel Ragon, Dictionnaire de l'anarchie, Albin Michel, 2009, page 328.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Baissat, Écoutez May Picqueray, pacifiste libertaire, 16 mm, 70 min, TV Suisse Romande, Planète, 1983, voir en ligne[1],[2].
  • Les rêves brisés de l'entre-deux-guerres, série de Jan Peter et Frédéric Goupil, coproduction Arte, sept. 2018[3].

Radio[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]