Annie Le Brun

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Annie Le Brun
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Annie Le Brun en 2009.
Naissance (77-78 ans)
Rennes, Ille-et-Vilaine, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Annie Le Brun, née à Rennes en 1942, est une femme écrivain, poétesse surréaliste et critique littéraire française.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Alors qu'elle est encore étudiante en lettres, Annie Le Brun découvre ce qui change et déterminera le cours de son existence : le surréalisme[1]. En 1963, Hervé Delabarre lui présente André Breton, qu'elle retrouve à Paris et à Saint-Cirq-Lapopie, l'été. Dès lors, elle prend part aux activités du mouvement surréaliste jusqu'en 1969, année de l'autodissolution du groupe[2]. En 1967, Toyen illustre son premier recueil poétique Sur le champ[3].

Elle s'enflamme pour la révolte de mai 68, et à cette occasion signe avec Vincent Bounoure et Claude Courtot un texte intitulé « Vivent les Aventurisques ! », dans un virulent numéro de la revue surréaliste L'Archibras (n° 4, juin 1968), qui est censuré et saisi peu après sa publication, tandis que ses auteurs sont poursuivis pour offense au président de la République, apologie du crime, atteinte au moral des armées et diffamation envers la police. Seule l’amnistie générale qui suivra les événements permet d’éviter le procès[4].

Après cette époque, fidèle à l'insurrection lyrique du surréalisme[5], elle confie qu'« avec [lui] on respirait, ne fût-ce qu'à découvrir la multiplicité des horizons qu'aura ouverts cette tentative unique au XXe siècle de penser tout l'homme[6]. »

En 1972, elle retrouve une activité collective autour des éditions Maintenant fondées par son époux, le poète et auteur dramatique croate Radovan Ivšić, avec Georges Goldfayn, Gérard Legrand, Pierre Peuchmaurd et Toyen. Elle publie alors plusieurs recueils, qui seront rassemblés en 2004 en un seul volume, sous le titre Ombre pour ombre. Elle cosigne, entre autres, trois œuvres hybrides au sein desquelles son écriture poétique se marie aux illustrations – à la fois photographiques et plastiques – de différents artistes : La Traversée des Alpes, coécrit en 1972 avec Radovan Ivšić et illustré par les photographies du sculpteur italien Fabio De Sanctis ; Tout près les nomades, recueil poétique illustré par Toyen en 1972 ; et enfin Annulaire de lune, récit poétique également illustré par Toyen en 1977[7].

En 1977, avec son essai Lâchez tout, puis en 1988 avec Vagit-prop, Annie Le Brun fait polémique en critiquant violemment ce qu'elle considère comme l'imposture de l'idéologie dite « féministe »[8], une logique identitaire, « caricature du totalitarisme bien-pensant », la réapparition « insidieuse du moralisme et de la niaiserie qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité [...] sous couvert d'une enquête objective[9] ». Dans ce qu'elle regroupe sous le terme de « stalinisme en jupons »[10], sont nommément visés le livre d'Évelyne Sullerot Le Fait féminin (1978) et celui de Marie-Françoise Hans et Gilles Lapouge Les Femmes, la pornographie, l'érotisme (1978), mais aussi de grandes inspiratrices et figures du féminisme, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Benoîte Groult, Germaine Greer, Gisèle Halimi, Élisabeth Badinter, Annie Leclerc, Xavière Gauthier, Luce Irigaray, Hélène Cixous, etc.

Elle rencontre l'éditeur Jean-Jacques Pauvert en 1978[11], et s'intéresse à Sade[12], dont elle devient une spécialiste reconnue[13]. Elle rédige ainsi une longue préface à l'édition de ses œuvres complètes, laquelle préface prend la forme d'un livre, et est rééditée en volume séparé sous le titre Soudain un bloc d'abîme, Sade (1986)[14].

Dans Les Châteaux de la subversion (1982), Annie Le Brun se penche sur le roman gothique et le roman noir fantastique[15]. Elle lit notamment dans ces ouvrages, à une époque dominée par le discours de la Raison, le surgissement d'une violence poétique et l'émergence, dans la littérature comme dans les arts plastiques, d'un romantisme noir[16] qui apparaît comme « l'envers des Lumières[17] ».

En 1989, Annie Le Brun organise l'exposition Petits et grands théâtres du marquis de Sade[18]. Selon elle, le génie de Sade réside dans sa folle tentative de repenser le monde à partir de la singularité de sa « façon de penser », avec la volonté de tout dire, tout voir, tout imaginer. Sade lui apparaît ainsi, selon l'expression reprise par Pierre Peuchmaurd, comme le « philosophe des lumières de la nuit »[19], révélant les excès du désir comme manifestation physique de l'infini en nous : « une conscience physique de l'infini »[20].

Comme le souligne Isabelle Rüf, « ses interventions dans la vie publique et dans le domaine de l'érudition sont toujours marquées par la passion, souvent mâtinée d'une ironie féroce[21] », ce dont témoignent ses multiples essais, articles, préfaces ou postfaces, notamment sur Aimé Césaire[22], Alfred Jarry[23], Raymond Roussel (dont elle exhume plusieurs textes inédits)[24], Victor Hugo[25], Charles Fourier[26], Pierre Louÿs[26], Georges Bataille[27], Robert Desnos[28], Suzanne Lilar[29], Hans Bellmer[30], Radovan Ivsic[31] ou Jean Benoît[32]. Par ailleurs, outre l'œuvre de Sade, avec Jean-Jacques Pauvert[33], elle participe, en écrivant articles ou préfaces, à l'exhumation et la connaissance de textes dits « érotiques », méconnus ou publiés d'abord clandestinement, tel Le Supplice d'une queue (1931) ou Le Fils de Loth de François-Paul Alibert, Roger ou les à-côtés de l'ombrelle (1926) de Jean Lurçat (sous le pseudonyme de Jean Bruyère), etc. - qu'elle oppose à l'essentiel de la production contemporaine[34].

En 1996, elle préface Manifeste : l'avenir de la société industrielle de Theodore Kaczynski, surnommé Unabomber, et le soutient malgré ses accusations de terrorisme.

En 2000, elle revient avec son essai intitulé De l'éperdu sur plusieurs écrivains (notamment Jarry, Sade, Jean Meckert, Roussel, Louÿs, Fourier) considérés comme autant de figures de la liberté, et, avec Du trop de réalité, rappelle la nécessité de l'utopie et du rêve, avec « une passion de l'excès » qui lui fait retrouver « les racines d'un surréalisme enragé[35] ». Sous toutes les menaces de terrorisme rhétorique, « discours du terrorisme » et « terrorisme du discours », elle perçoit la même « menace d'anéantissement [...] dirigée contre l'individualité. »[36]

En 2013, elle participe au documentaire Naked War, sur le mouvement Femen, diffusé sur LCP le [37],[38].

En 2014, elle assure le commissariat de l'exposition « Sade. Attaquer le soleil » au musée d'Orsay[39], et l'année suivante, elle présente au Musée d'art contemporain de Zagreb une exposition consacrée à Radovan Ivšić, son compagnon disparu en 2009, publiant à cette occasion un ouvrage intitulé Radovan Ivsic et la forêt insoumise.

Également en 2015, Valérie Minetto lui consacre un documentaire, L'Échappée, à la poursuite d'Annie Le Brun[40]. L'année suivante, un autre film lui est consacré, réalisé par Marie Alberto Jeanjacques et intitulé S’il en reste une, c’est la foudre, sorte de correspondance filmée entre les deux femmes, présenté au Centre international de poésie Marseille en [41].

Suite à sa critique de la marchandisation culturelle dans Ce qui n'a pas de prix. Beauté, laideur et politique (2018), son essai suivant, intitulé Un espace inobjectif. Entre les mots et les images (2019), marque une célébration de ses passions, après l'éclat de sa colère[42]. En effet, dans ce livre, consacré essentiellement aux images, au sens plastique et poétique, elle revient sur quelques-unes des figures des arts plastiques et de la poésie qui la hantent et parcourent toute son œuvre : Jean Benoît, Toyen, Leonora Carrington, Radovan Ivšić, mais aussi Slavko Kopač, Pablo Picasso, Max Ernst[43], Francis Picabia, Romaine Brooks, Jean-Jacques Lequeu, et le surréalisme en général.

Conception de la littérature[modifier | modifier le code]

Aux yeux d'Annie Le Brun, la littérature ne vaut rien en elle-même, n'est qu'« inanité »[44], si elle ne participe pas d'une aventure de l'esprit, en ouvrant des espaces inconnus, les perspectives infinies de la représentation sensible et mentale. À l'inverse, « il est des livres qu'on ne referme plus parce qu'il suffit de les ouvrir pour qu'avec eux s'ouvre l'horizon. »[45] En ce sens, cette conception et pratique existentielle de la littérature, et de la poésie en particulier, s'inscrit sous le mot d'ordre d'André Breton, selon lequel il convient avant tout de « pratiquer la poésie[46] ». C'est pourquoi elle refuse tout monde séparé de la littérature, tous les snobismes et esthétismes de salon, comme tous les abus théoriciens (en particulier le « trop de théorie » de la French Theory, qu'elle a souvent égratignée dans ses essais[47]), soulignant cette « négligence majeure de notre modernité finissante : à savoir la criminelle légèreté de croire que les mots vivent indépendamment des choses et que les êtres vivent indépendamment des mots. »[48]

À l'inverse, rejoignant « l'expérience intérieure » de Georges Bataille, la littérature comme « aventure de l'esprit » est ce qui peut permettre d'élargir les horizons, au-delà des signes, du formalisme, de l'esthétisme et de la rhétorique ; elle consiste alors, pour reprendre les termes de Patrick Beray, reconnaissant à Annie Le Brun ce désir de porter « le mouvement de la vie dans l'écriture », à « se donner les moyens (jusqu'aux plus irréalisables) de l'invention de sa propre vie[49]. » Selon cette vision, l'écriture aurait ce pouvoir de révéler autant de façons de penser et sentir qui portent en elles la promesse d'autres façons de vivre. Ce qui explique son refus du monde tel qu'il est, « sa démarcation anti-consensuelle d'une “distance” au monde »[50], que certains peuvent juger hautaine[51].

Dans l'espace littéraire et culturel, sa distance vis-à-vis de tous les discours théoriques et leur appareillage conceptuel, et aussi vis-à-vis d'une culture devenue « marchandise vedette de la société spectaculaire[52] », rejoint la critique de la société du spectacle par Guy Debord, qui reste, malgré ses lacunes, une référence pour Annie Le Brun[53]. Parmi son refus de ce qu'elle nomme le « kitsch théorique », qui réduit tout à un fétichisme du discours, voire « un sabir sémanalytique », on peut relever sa critique sans appel vis-à-vis de Jacques Lacan et du lacanisme, qui la conduit à saluer l'ouvrage de François Georges, L'Effet 'yau de poêle de Lacan et des lacaniens (1979), et ce qu'elle considère comme une magistrale démystification de « la saga lacanienne », « une des plus prestigieuses réussites françaises dans la course à la crétinisation internationale. »[54]

Critiques de la société contemporaine[modifier | modifier le code]

« Sentinelle en colère - une saine colère [...] une saine violence[55] », dans une époque qu'elle considère comme asphyxiante, notamment en raison des divers maux de la société de consommation, et des fausses promesses de libération qu'elle engendre, elle se positionne constamment comme une insoumise, révoltée, dans un « écart absolu[56] », revendiquant un « lâchez tout » cher aux surréalistes, à l'écart de toute organisation, dans la solitude d'une « désertion intérieure[57] ». Car « malheureusement, écrit-elle, ce ne sont pas là des questions d’ordre littéraire mais des questions de respiration. Et si je m’alarme à ce point du sort de la poésie, c’est que le nôtre en dépend, tant les risques d’étouffement sont sérieux[58]. » Avec toujours au centre de ses réflexions la dimension sensible, le souci de rendre au désir et au corps, sous les idées, son importance capitale, « c'est avec les seules armes de la passion, et en premier lieu la passion amoureuse, qu'elle s'enflamme, à la suite d'autres traqueurs d'infini et de liberté[59] ».

Dans son alliance de la critique sociale et de la critique poétique, « sa plume dévastatrice n'est dupe de rien, d'aucune illusion, d'aucune fausse révolution, d'aucune contrefaçon. Les plus petits détails, elle les note dans de jubilants paragraphes sur le conformisme, l'arrogance et l'exhibitionnisme des fausses rébellions bobo - barbe de trois jours, jean lacéré, tatouages[60] », écrit Marie-Dominique Lelièvre. Esprit insurgé et réfractaire à tout compromis, « franc-tireur à rebours des modes », elle apparaît ainsi comme une « mécontemporaine », selon le titre d'un article que lui a consacré Judith Perrignon[61], se tenant toujours à distance, pensant ailleurs et autrement (titre d'un de ses essais), position conciliant intransigeance critique et sens de « l'éperdu ». Et comme exemple de son « principe de discrétion », de son éloignement du spectacle de l'actualité littéraire, et de son refus de toute compromission et mascarade, Judith Perrignon rapporte dans son article son mépris des honneurs, prix ou décorations[62].

Dans son essai Ce qui n'a pas de prix, sous-titré Beauté, laideur et politique (2018), elle dénonce la collusion entre finance et culture[63], les « séductions du totalitarisme marchand », marchandisation du monde et d'une grande part de l'art contemporain, qui « nous font assister à cette grandiose transmutation de l'art en marchandise et de la marchandise en art. »[64] Annie Le Brun s'en prend à cet « enlaidissement du monde », à la fois esthétique et politique, opéré par une grande partie de l'art contemporain, et oppose le « capitalisme artiste » à « la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix » : le rêve, la passion, « la beauté vive »[65].

En deçà ou au-delà du réel – banal, éculé, contraignant, rongé par les maux d’une époque qui, à force de faire un spectacle de toutes choses, a perdu le sens de la transgression ou de l’unicité – la démarche intellectuelle d’Annie Le Brun est tout entière tournée vers un horizon symbolique qu’elle espère voir surgir[66]. Alors que son œuvre incite résolument à regarder « ailleurs et autrement », à déserter les rôles que la société attribue à tout un chacun, Annie Le Brun occupe une position – critique, politique, poétique – en marge de tout, en dehors de tout[67]. Comme « frères d'armes » dans sa révolté intellectuelle et son insurrection permanente, contre toutes les formes de soumission, dévotion ou « servitude volontaire »[68], elle ne se reconnaît guère aujourd'hui que les acteurs de l'Encyclopédie des Nuisances, notamment Jaime Semprun, René Riesel[69] ou Jean-Marc Mandosio, qui tentent d'articuler une critique sociale dans la lignée de Günther Anders ou de la « brutalité intellectuelle[70] » revendiquée par George Orwell. Elle estime ainsi qu'ils incitent « à penser que les éclipses de liberté ne sont peut-être que des éclipses. »[71]

Conception de l'amour et de la liberté[modifier | modifier le code]

Judith Perrignon parle de sa « plume endiablée[72] », toujours vive et tranchante, pour lancer des appels d'air, ouvrir l'horizon, de nouvelles perspectives face à l'appauvrissement du paysage sensible et mental, face aux menaces d'anéantissement, qu'elle décrit dans ses derniers essais (De l’éperdu, Du trop de réalité, Perspective dépravée. Entre catastrophe réelle et catastrophe imaginaire). Selon elle, l'essentiel demeure toujours dans l'unité entre la liberté et l'amour : « il me paraît grave que tout se passe aujourd'hui comme si l'idée de l'amour tendait à disparaître de l'horizon. Car, avec elle, c'est la plus exacte mesure de notre liberté encore inconnue que nous sommes en train de perdre. »[73]

Dans ses essais, son discours critique, comme dans sa révolte en général, elle reste fidèle au surréalisme.

« Car la nouveauté du surréalisme est de subvertir complètement le rapport de la pensée à l’amour qui n’est plus thème mais la fin en soi. “Nous réduirons l’art à sa plus simple expression qui est l’amour”, écrit Breton dans Poisson soluble. Tout est dit[74]. »

Ces paroles d’Annie Le Brun, dans son texte « À propos du surréalisme et de l’amour », paru en 1994, la positionnent en artiste sensible et réceptive au pouvoir primordial de l’amour et du désir comme vecteur de découvertes et de création, au sens où l’entendait Breton aux origines du mouvement surréaliste. À ce titre, le critique Mathieu Terence affirme, dans un essai qui lui est dédié, qu'elle écrit le feu de la vie et l’ombre qu’elle sait faire au soleil :

« [L]’infracassable noyau de nuit au fond de nous – celui dont parle Breton –, soleil autour duquel prend corps la galaxie de nos sensations et de nos états d’âme mêlés, Annie Le Brun ne cesse de l’approcher, de le cerner, de le percer à jour. Non seulement pour voir plus clair en ce qui vit vraiment dans nos vies mais aussi pour donner, redonner, toute sa place au vide d’où tout émerge et qu’un monde pratique escamote[75]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Sur le champ, illustré avec six collages et trois pointes-sèches par Toyen, Paris, Éditions surréalistes, 1967.
  • Les mots font l’amour, citations surréalistes, Paris, Éric Losfeld, 1970.
  • Les Pâles et fiévreux après-midi des villes, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • La Traversée des Alpes, avec Fabio De Sanctis et Radovan Ivsic, Rome, éditions Maintenant, 1972.
  • Tout près, les nomades, avec une pointe-sèche de Toyen, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • Les Écureuils de l’orage, Paris, éditions Maintenant, 1974.
  • Annulaire de lune, illustré avec six dessins et trois pointes-sèches par Toyen, Paris, éditions Maintenant, 1977.
  • Ombre pour ombre, recueil des ouvrages précédents, Paris, Gallimard, 2004.

Essais[modifier | modifier le code]

  • L’Humour noir, dans Entretiens sur le surréalisme, dirigés par Ferdinand Alquié, Paris-La Haye, éd. Mouton, 1968.
  • Lâchez tout, Paris, Le Sagittaire, 1977.
  • Les Châteaux de la subversion, Paris, Jean-Jacques Pauvert et Garnier-Frères, 1982 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1986.
  • Le Sentiment de la nature à la fin du XXe siècle, avec des photographies de Petar Dabac, Paris, éd. Atelier, 1982.
  • À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984.
  • Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2014.
  • Appel d’air, réflexion sur la poésie, Paris, Plon, 1988 ; rééd. Paris, Verdier/poche, 2011.
  • Sade, aller et détours, Paris, Plon, 1989.
  • Petits et grands théâtres du Marquis de Sade s/d Annie Le Brun, Paris Art Center, 1989.
  • Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 ; rééd. Paris, Éditions du Sandre, 2010.
  • Qui vive. Considérations actuelles sur l'inactualité du surréalisme, Paris, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Perspective dépravée, Bruxelles, La Lettre volée, 1991 ; rééd. Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Surréalisme et subversion poétique, Stanford, University Lecture Series, 1991.
  • Les Assassins et leurs miroirs. Réflexion à propos de la catastrophe yougoslave, Paris, Jean-Jacques Pauvert / éd. Terrain Vague, 1993.
  • Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1994.
  • De l’inanité de la littérature (recueil de textes critiques), Paris, Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994.
  • Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994.
  • Statue cou coupé (dans le débat à propos de négritude et créolité), Paris, Jean-Michel Place, 1996.
  • Jean Benoît, monographie, Paris, Filippachi, 1996.
  • De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, « Folio essais », 2005.
  • Du trop de réalité, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, « Folio essais », 2004.
  • Pour ne pas en finir avec la représentation, avec cinq photographies de Jindrich Styrsky, Strelec, Prague, 2003.
  • On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006.
  • Leonora Carrington, la mariée du vent, ouvrage collectif avec des textes de Homero Aridjis, André Breton, Max Ernst, Annie Le Brun, Octavio Paz et Delmari Romero Keith, Paris, coédition Gallimard/Maison de l'Amérique latine, 2008.
  • Les Châteaux de la subversion, suivi de Soudain un bloc d'abîme, Sade, rééd. Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2010.
  • Si rien avait une forme, ce serait cela, Paris, Gallimard, 2010[76].
  • Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011.
  • Perspective dépravée. Entre catastrophe réelle et catastrophe imaginaire, Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Paris, Gallimard, coll. « Art et artistes », 2012.
  • Cibles, avec Gilbert Titeux, Paris, Gallimard - Le Promeneur, 2013.
  • L’Ange du bizarre. Le Romantisme noir : de Goya à Max Ernst (collectif), avec Felix Krämer, Johannes Grave, Hubertus Kohle, Paris, Musée d'Orsay - Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2013.
  • Sade : attaquer le soleil, Paris, coédition Musée d'Orsay / Gallimard, coll. « Livres d'Art », 2014.
  • Radovan Ivsic et la forêt insoumise, coédition Gallimard/Musée d'art contemporain de Zagreb, 2015.
  • Commémorer Mai 68 ?, ouvrage collectif avec des textes de Jean-Paul Aron, Antoinette Fouque, Annie Le Brun, Gilles Lipovetsky, Pierre Nora, Jean-Paul Sartre et de Philippe Sollers, préface de Sophie Doudet, Paris, Gallimard, coll. « Folio Le Forum », 2018.
  • Ce qui n'a pas de prix. Beauté, laideur et politique, Paris, Stock, coll. « Essais - Documents », 2018.
  • Un espace inobjectif. Entre les mots et les images, Paris, Gallimard, coll. « Art et Artistes », 2019[77].

Préfaces ou postfaces[modifier | modifier le code]

  • Postface à Alfred Jarry, Le Surmâle, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 (« Comme c'est petit un éléphant ! »).
  • Préface à Jean-Louis Debauve, D.A.F. de Sade, lettres inédites et documents, Paris, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Préface à Theodore Kaczynski, Manifeste : l'avenir de la société industrielle, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1996.
  • Préface à Raymond Roussel, Les Noces, « Œuvre inédite » tome V-VI, Paris, Fayard, 1998.
  • Préface à Vincent Gille (éd.), Si vous aimez l'amour… Anthologie amoureuse du surréalisme, Paris, Syllepse, 2001.
  • Préface à Sylvain-Christian David, Alfred Jarry, le secret des origines, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Perspectives critiques », 2003.
  • Préface à Jean Lurçat (sous le pseudonyme de Jean Bruyère), Roger ou les à-côtés de l'ombrelle, Paris, Jean-Jacques Pauvert et Jean-Claude Simoën, 1979 (« Regard sans tain ») ; réédition en poche, Paris, La Musardine, 2012.
  • Préface à Victor Hugo, Le Promontoire du songe, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2012 (« La nuit, à prendre ou à laisser »).
  • Préface à Robert Desnos, De l'érotisme, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2013 (« Voici venir l'amour du fin fond des ténèbres »).
  • Préface à Élisée Reclus, Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes, Paris, Bartillat, 2019.
  • Préface à Jean-Luc Bitton, Jacques Rigaut, le suicidé magnifique, Paris, Gallimard, coll. « Biographies », 2019.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Guy Debord, Correspondance, volume 7, Paris, Fayard, 2008.
    Les lettres de Guy Debord à Annie Le Brun sont regroupées dans ce volume.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avec comme point de départ la découverte des textes d'André Breton, dont elle dira qu'ils font partie des « rares livres [...] qui ont changé ma vie, je veux dire détourné le cours de ma vie », dans « La main à plume vaut la main à charrue », À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 188.
  2. Jean-Paul Clébert, Dictionnaire du surréalisme, Paris, Éditions du Seuil, 1996, p. 332.
  3. Voir Fannie Morin et Caroline Hogue, « Cerner le désir infiniment : Sur le champ d’Annie Le Brun et Toyen » [1]
  4. Gérard Legrand, José Pierre, Jean Schuster, Georges Sebbag et Jean-Claude Sibermann, autres contributeurs de la revue, sont également poursuivis - voir Alain Joubert, Le Mouvement des surréalistes ou le fin mot de l’histoire : fin d’un groupe - naissance d’un mythe, Paris, Maurice Nadeau, 2001, p. 63 ; Boris Gobille, Le Mai 68 des écrivains. Crise politique et avant-gardes littéraires, Paris, CNRS Éditions, coll. « Culture et société », 2018, p. 328 ; et Commémorer Mai 68 ?, anthologie de textes, Paris, Gallimard, coll. « Folio Le Forum », 2018. Le texte « Vivent les Aventurisques ! » est reproduit in extenso par Jean-Jacques Pauvert dans La Traversée du livre, Paris, Viviane Hamy, 2004, p. 460-462.
  5. Dans leur essai, Alain et Odette Virmaux la désignent comme « rebelle définitive, un des visages les plus marquants de la dernière génération du surréalisme », Les grandes figures du Surréalisme, Paris, Bordas, 1994, p. 114.
  6. « Appel à la désertion », entretien avec Annie Le Brun, propos recueillis par Marine Boisson et Jean Védrines.
  7. Sur la collaboration entre Annie Le Brun et Toyen, voir Le Livre surréaliste au féminin... faire œuvre à deux, sous la direction de Andrea Oberhuber, Université de Montréal [2].
  8. Voir par exemple l'historienne de la littérature Audrey Lasserre, « Des féministes qui ne sont pas féministes ? Écrivaines et lutte des femmes en France des années 1970 aux années 1980 », Glad ! Revue sur le langage, le genre, les sexualités, juillet 2018 [3]. Lors de sa première apparition médiatique, elle fait scandale, notamment face à Gisèle Halimi, en présentant son pamphlet Lâchez tout, dans l'émission de télévision Apostrophes du 10 février 1978, sur le thème « Femmes, femmes, femmes » - voir sur le site de l'INA : [4].
  9. À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 11.
  10. « Un stalinisme en jupons », Le Nouvel Observateur, n° 694, 27 février 1978, repris dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 219-224.
  11. C'est Pauvert qui la contacte et lui envoie des fleurs, suite à son passage à Apostrophes. Voir « La mécontemporaine », portrait de Annie Le Brun par Judith Perrignon, Libération, 26 mars 2001.
  12. Raphaël Sorin déclare à ce sujet : « Annie Le Brun a du génie. Comme l'extralucide André Breton, elle touche le noyau. Son Sade, ce n'est pas de l'érudition. Elle va très loin dans ce qu'elle restitue des émotions qu'on éprouve à lire cette œuvre. Ce qu'elle ose raconter est inouï. », propos cités par Marie-Dominique Lelièvre, « Grande dame, d'un bloc », Le Nouveau Magazine littéraire, juillet-août 2018 [5].
  13. Elle est présentée, par exemple, par Aude Lancelin comme « la plus grande exégète de Sade, la plus sauvage, la plus fine », dans « La dame en noir », Le Nouvel Observateur, 13-19 mai 2010, p. 56 ; ou encore dans le hors-série du Monde consacré à Sade l'insupportable, comme « celle qui restitue à Sade sa vérité et sa complexité », novembre 2014 - janvier 2015, p. 112.
  14. Dans sa biographie Sade vivant, Jean-Jacques Pauvert, outre les multiples lectures suscitées par l'œuvre de Sade, cite en premier lieu le travail et l'éclairage inédit apporté par Annie Le Brun, écrivant qu'avec « ce bloc d'abîme au milieu du paysage des Lumières », elle est la seule à « dissiper la confusion qui ne cesse de s'étendre autour de la pensée de Sade [...] soudain, débarrassée de toute interprétation artificielle [...] on me reparlait de mon Sade, de sa violence poétique, de son langage si rarement écouté dans son intégrité. D'un Sade vivant, réincarné, débarrassé des déguisements de salon », Sade vivant, réédition, revue et augmentée, en un seul volume, Paris, éd. Le Tripode, 2013, p. 14.
  15. Entre autres recensions : Bertrand Poirot-Delpech, « Les Châteaux de la subversion d'Annie Le Brun. Brûlante inactualité du roman noir », Le Monde, 26 novembre 1982 [6].
  16. Expression forgée par Mario Praz, dans La Carne, la morte et il diavolo nella litteratura romantica (1930), trad. en français : La Chair, la Mort et le Diable dans la littérature du XIXe siècle. Le romantisme noir, Paris, Denoël, 1977.
  17. Emmanuelle Amiot-Saulnier, « L'Âge romantique. L'envers des Lumières », Dossier de l'Art, hors-série Le Romantisme noir. De Goya à Max Ernst, n° 20, mars 2013, p. 19.
  18. Exposition au Paris Art Center, rue Falguière, dont elle signe le catalogue Petits et grands théâtres du Marquis de Sade, Paris Art Center, 1989. Compte-rendu par Michel Delon, Dix-Huitième Siècle, no 22, 1990, p. 470. [7]
  19. Pierre Peuchmaurd, Le Pied à l'encrier, Paris, Les Loups sont fâchés, 2009, p. 121. Voir On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006, p. 21.
  20. Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 81.
  21. Isabelle Rüf, « Annie Le Brun: à bas le beau ! », Le Temps, 10 février 2001 [8].
  22. Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994.
  23. Comme c'est petit un éléphant !, postface au Surmâle d'Alfred Jarry, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 ; De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; « Toujours plus vivant que les vivants », « Un théâtre intranquille », « Une leçon de ténèbres », « Une grandeur qui laisse grandir », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, pp. 143-157, 199-208.
  24. Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1994 ; Michel Leiris, Roussel & Co., édition établie avec Jean Jamin, Paris, Fata Morgana/Fayard, 1998 ; De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; « Un contenant invisible », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 2018-229.
  25. Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Paris, Gallimard, coll. « Art et artistes », 2012 ; « La nuit, à prendre ou à laisser », préface à Victor Hugo, Le Promontoire du songe, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2012.
  26. a et b De l’éperdu, Paris, Stock, 2000.
  27. « Sade, Bataille et la représentation maudite », dans On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006, p. 105-123.
  28. « Voici venir l'amour du fin fond des ténèbres », préface à Robert Desnos, De l'érotisme, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2013.
  29. « Une souveraine impudeur », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 198-205.
  30. « Brûleront-elles Hans Bellmer ? » dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 104-110 ; « La splendide nécessité du sabotage », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 117-125.
  31. « Entre le vide et l'écho », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 60-70.
  32. Jean Benoît, monographie, Paris, Filippachi, 1996 ; « Éclipse de liberté », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 269-278.
  33. Elle lui rend un hommage vibrant dans un texte intitulé « Pour Jean-Jacques Pauvert », inséré à la fin de son essai sur Sade et dans lequel elle s'adresse directement à lui :

    « Vous êtes un des rares à savoir la fragilité de toute pensée forte. Je dirais même à en avoir physiquement conscience, au point que vous construisez des livres comme des barricades pour les protéger, ces pensées si fortes qu'elle subvertissent l'ordre des choses sans qu'on s'en aperçoive, ces pensées si fragiles que tout en nous travaille à les empêcher de nous entraîner au-delà de nous-mêmes. »

    — Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 326

  34. Citant notamment Annie Ernaux, Catherine Millet ou Catherine Breillat, elle évoque « l'actuelle et pléthorique production “érotique” » qu'on pourrait regrouper dans « une même collection intitulée “Beaucoup de baise pour rien” », « De la noblesse d'amour », La Quinzaine littéraire, n° 824, 1-15 février 2002, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 66.
  35. Michel Braudeau, « Annie Le Brun, Sade et la vache folle », Le Monde, 26 novembre 2000.
  36. « Terrorisme et rhétorique », Silex, n° 10, novembre 1978, repris dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 96.
  37. « Docs ad hoc - Femen : Naked War » (consulté le 4 octobre 2014)
  38. « Naked War », sur josephparis.fr (consulté le 4 octobre 2014).
  39. Du 14 octobre 2014 au 25 janvier 2015. Voir « Sade. La part d'ombre des Lumières » par Cédric Enjalbert, Philosophie Magazine, n° 85, décembre 2014- janvier 2015 [9]
  40. Des pensées sans compter, sur liberation.fr, consulté le 29 avril 2015. Dans son article sur « Trois docus-portraits de théoriciens, empreints d’une nostalgie poétique mais poussiéreuse », le journaliste Clément Ghys critique âprement le film, tout en réduisant Annie Le Brun au statut de « théoricienne » : « Les [Annie Le Brun, Daniel Bensaïd et Edgar Morin] voici ainsi célébrés, statufiés en héros d’une culture qui promettait un changement politique ou esthétique. Mais la révolution, quelle qu’elle soit, n’a jamais eu lieu. Et, à leur corps défendant, se glisse dans ces trois films le constat d’un échec. Ce qui se dessine ici, c’est l’avortement des grandes idéologies universalistes et internationalistes d’hier. Ce constat se précise très formellement. »
  41. S'il en reste une, c'est la foudre
  42. « Le verbe est fort et la dent dure. [...] Toute la fière attitude d'Annie Le Brun se trouve là, dans ce refus et dans cet aveu d'amour », résumait Michel Braudeau, « Annie Le Brun, Sade et la vache folle », Le Monde, 26 novembre 2000.
  43. Un des chapitres de cet essai (recueil de textes), qui fait le lien entre le roman noir et les Lumières révolutionnaires, s'intitule « La révolution, la nuit », du titre d'un tableau de Max Ernst (1923), à propos duquel elle écrit : « Il est des révolutions qui se font par l'abîme. [...] Serait-ce une façon de dire que si le noir a été une invention des Lumières, c'est parce que la liberté est une invention du noir. », Un espace inobjectif. Entre les mots et les images, Paris, Gallimard, coll. « Art et artistes », 2019, p. 217.
  44. De l’inanité de la littérature, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994.
  45. Annie Le Brun, « Comme c'est petit un éléphant ! », postface à Le Surmâle d'Alfred Jarry, coédition Ramsay-Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 143.
  46. André Breton : « Qu’on se donne seulement la peine de pratiquer la poésie » (Manifestes du surréalisme, Paris, Gallimard, coll. « folio », 1992, p. 53), laquelle, « au besoin sans poèmes », n’existe véritablement et n’a d’intérêt qu’en étant « une solution particulière du problème de notre vie » (Les Pas perdus, Paris, Gallimard, coll. « L’Imaginaire », 1990, p. 110).
  47. Voir en particulier À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984 ; Appel d’air, réflexion sur la poésie, Paris, Plon, 1988 ; ou encore De l’inanité de la littérature, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994.
  48. Annie Le Brun, Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 28.
  49. Patrice Beray, Pour Chorus seul - À Jean-Pierre Duprey et Claude Tarnaud (essai poétique), Brest, Les Hauts-Fonds, 2013, p 48.
  50. Frédéric Aribit, « Annie Le Brun, une éthique de l'écart absolu », [10]
  51. Voir par exemple Louis Janover, dans Surréalisme et situationnistes. Au rendez-vous des avant-gardes, Paris, Sens&Tonka, 2013 ; ou encore Jacqueline Chénieux-Gendron, qui évoque une « prose cliquetante [...] nous rebute trop souvent par des positions intégristes », « Il y aura une fois ». Une anthologie du Surréalisme, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2002, p. 25.
  52. Guy Debord, La Société du spectacle, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 1992, p. 187.
  53. Voir la correspondance de Guy Debord, Correspondance, volume 7, Paris, Fayard, 2008, regroupant les lettres de Debord à Annie Le Brun.
  54. « Du kitsch théorique de Julia Kristeva », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 217.
  55. Marie-Dominique Lelièvre, « Grande dame, d'un bloc », Le Nouveau Magazine littéraire, juillet-août 2018 [11].
  56. Position qu'elle revendique, en reprenant ce mot d'ordre de Charles Fourier, titre de l'exposition surréaliste à la galerie L'Œil, Paris, décembre 1965. Voir Frédéric Aribit, Du peu de réalité au trop de réalité : Annie Le Brun, une éthique de l'écart absolu, Mémoire de DEA, 2002 [12].
  57. Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, 1999, p. 168.
  58. Annie Le Brun, Appel d’air (1988), Paris, Verdier, 2011, p. 27.
  59. Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, 1999, p. 170.
  60. Marie-Dominique Lelièvre, « Grande dame, d'un bloc », Le Nouveau Magazine littéraire, juillet-août 2018.
  61. « La mécontemporaine », portrait de Annie Le Brun par Judith Perrignon, Libération, 26 mars 2001.
  62. « Au lendemain d'une page qui lui est consacrée dans Le Monde, le ministère de la Culture appelle la maison d'édition pour proposer une décoration, les Arts et Lettres ou le mérite national à Annie Le Brun. Réponse de l'intéressée : “Qu'ils aillent se faire foutre”. », « La mécontemporaine », Libération, 26 mars 2001. Elle fustigea également le Prix Sade, considéré comme une mascarade médiatique et culturelle, en y faisant référence dans sa critique du livre de Catherine Millet (première lauréate de ce prix), dans Ailleurs et autrement, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p.19-20.
  63. À la suite, notamment, de Rainer Rochlitz, Subversion et subvention : art contemporain et argument esthétique (Gallimard, 1994), et faisant siennes les critiques libertaires de William Morris.
  64. Ce qui n'a pas de prix, Paris, Stock, 2018, p. 33-34. Le philosophe Paul Audi y lit « une critique radicale et décapante de la collusion de la finance et de l'art contemporain », « une analyse détaillée de “l'enlaidissement” consenti d'un monde, le nôtre », dans « Comment le monde est devenu laid : les explications d'Annie Le Brun », L'Obs, 21 juin 2018. [13]
  65. Entre autres recensions, Cédric Enjalbert, Philosophie Magazine, n° 120, juin 2018 [14].
  66. Christophe Dauphin, « Annie Le Brun », Les Hommes sans épaules, n° 41, , p. 13. [15]
  67. « À l’écart de ce petit monde intellectuel, qu’est le microcosme culturel français, Annie Le Brun qui n’a jamais lâché sur rien, se tient à distance [...] électron libre, détonante », Mediapart, octobre 2011. [16]
  68. Voir notamment « Nouvelles servitudes volontaires ou domestication réussie ? », Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 232-242.
  69. Dans un article intitulé « La splendide nécessité du sabotage », elle soutient fermement le militantisme de René Riesel contre « le despotisme industriel » et « l'artificialisation de la vie », in La Quinzaine littéraire, n° 847, 1-15 février 2003, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 117-125.
  70. Cité par Simon Leys, Orwell ou l'horreur de la politique, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 2014, p. 11.
  71. « Éclipse de liberté », in La Quinzaine littéraire, n° 1023, 1-15 octobre 2010, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 268.
  72. Judith Perrignon, « La mécontemporaine », portrait d'Annie Le Brun, Libération, . « Elle a aimé Mai 68, époque sortie de ses gonds, trouvant son chemin sans fréquenter les chapelles, ni les idéologies, plume endiablée alors inculpée pour insulte au chef de l'Etat, incitation au crime et démoralisation de l'armée » [17].
  73. Annie Le Brun, « Une obscure utopie », dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 257.
  74. De l'inanité de la littérature, Éditions Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994, p. 193.
  75. Mathieu Terence, « La poésie continuée par d'autres moyens », Présence d'esprit, Éditions Stock, 2010, p. 133.
  76. Entre autres recensions, cf. sur nonfiction.fr.
  77. Voir le compte-rendu de cet ouvrage par Alain Joubert, Le secret des images, En attendant Nadeau (22 avril 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Renée Riese-Hubert, « Annie Le Brun et Toyen, l’illustrateur des livres de Annie Le Brun », La femme surréaliste. Obliques, n° 14-15, 1977, p. 174.
  • Entretien avec Catherine David, Playboy, n° 56,  ; repris dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 88-92 et dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 229-234. Entretien avec Catherine David (version en ligne incomplète)
  • Dictionnaire général du Surréalisme et de ses environs, sous la dir. d'Adam Biro et de René Passeron, Paris, PUF, 1982.
  • Whitney Chadwick, Les Femmes dans le mouvement surréaliste, Paris, Éditions du Chêne, 1986.
  • Alain et Odette Virmaux, Les grandes figures du Surréalisme, Paris, Bordas, 1994.
  • (en) Renée Riese-Hubert, Magnifying Mirrors : Women, Surrealism and Partnership, University Nebraska Press, .
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, 1999, p. 165-171. (ISBN 2858934967)Avec un portrait réalisé par Radovan Ivsic.
  • Michel Braudeau, « Annie Le Brun, Sade et la vache folle », Le Monde, 26 novembre 2000. [18]
  • Judith Perrignon, « La mécontemporaine », portrait d'Annie Le Brun, Libération, .
  • Entretien avec Annie Le Brun, « La mauvaise conscience du sensible », X-Alta, n° 5, octobre 2001, p. 9-18.
  • Andrea D'Urso, « Les surréalistes (avant,) pendant (et après) Mai 68 », Critique communiste, n°186, spécial Mai 68, mars 2008, p. 168-175.
  • Entrevue avec Annie Le Brun par Frédéric Poletti, « Le langage reste une arme que chacun peut se réapproprier », Philosophie Magazine, n° 26, . [19]
  • Mathieu Terence, « La poésie continuée par d'autres moyens », Présence d'esprit, Paris, Éditions Stock, 2010.
  • Karel Hadek, « Une voix, une œuvre : Annie Le Brun » (avec des poèmes de Annie Le Brun), Les Hommes sans épaules, n° 41, .
  • Marie-Dominique Lelièvre, « Grande dame, d'un bloc », Le Nouveau Magazine littéraire, juillet-août 2018. [20]

Liens externes[modifier | modifier le code]