Annie Le Brun

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Annie Le Brun
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Annie Le Brun en 2009.
Naissance (75-76 ans)
Rennes, Ille-et-Vilaine, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Annie Le Brun, née à Rennes en 1942, est une écrivain, poète et critique littéraire française.

Biographie et œuvre[modifier | modifier le code]

Alors qu'elle est encore étudiante en lettres, Annie Le Brun découvre ce qui est le choc de sa vie : le surréalisme ; elle lit d'abord Nadja, recopie à la main L'Amour fou et l'Anthologie de l'humour noir. Peu après, en 1963, elle rencontre André Breton, que lui présente Hervé Delabarre, et qu'elle retrouve à Paris comme à Saint-Cirq-Lapopie, l'été ; dès lors, elle prend part aux activités du mouvement surréaliste jusqu'en 1969, année de l'autodissolution du groupe. Plus tard, contre ce qu'elle estime être la liquidation programmée de la singularité, de l'amour et de l'éperdu, elle confie qu'« avec les surréalistes on respirait, ne fût-ce qu'à découvrir la multiplicité des horizons qu'aura ouverts cette tentative unique au XXe siècle de penser tout l'homme[1]. » C'est ainsi qu'elle se situe dans le sillage du surréalisme, embrassant sa quête de « la beauté convulsive » et son insurrection lyrique.

En 1972, elle retrouve une activité collective autour des éditions Maintenant fondées par son compagnon, le poète et auteur dramatique Radovan Ivsic, avec Georges Goldfayn, Toyen, Gérard Legrand et Pierre Peuchmaurd. Cette dernière avait illustré en 1967 son premier recueil poétique Sur le champ. C'est justement dans ces années-là qu'elle écrit et publie plusieurs autres recueils, qui seront rassemblés en 2004 en un seul volume, sous le titre Ombre pour ombre. Lors de cette prolifique période de création, la collaboration artistique est à plus d’une reprise privilégiée par Annie Le Brun qui cosigne, entre autres recueils et essais, trois œuvres hybrides au sein desquelles son écriture poétique se marie aux illustrations – à la fois photographiques et plastiques – de différents artistes : La Traversée des Alpes, coécrit en 1972 avec Radovan Ivšić et illustré par les photographies du sculpteur italien Fabio De Sanctis ; Tout près les nomades, recueil poétique illustré par Toyen en 1972 ; et enfin Annulaire de lune, récit poétique également illustré par Toyen en 1977. Une poésie qui revient « à parler une langue jusqu'alors étrangère », et qu'elle présente ainsi :

« Est-ce le fil du langage qui retient le cerf-volant de ce que nous sommes ou est-ce l'envol du cerf-volant qui donne au fil sa tension particulière ? Reste que quelque chose tient et emporte jusqu'à faire apparaître une forme qui n'est pas plus de l'autre que de moi. Mais sûrement en deçà de ce qui s'expose. Ombre pour ombre[2]. »

En 1977, avec son essai Lâchez tout, puis en 1988 avec Vagit-prop, Annie Le Brun fait polémique en critiquant violemment ce qu'elle considère comme l'imposture de l'idéologie dite « féministe », une « caricature du totalitarisme bien-pensant »[3], en fait la réapparition « insidieuse du moralisme et de la niaiserie qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité […] sous couvert d'une enquête objective ». Sont nommément visés le livre d'Évelyne Sullerot Le Fait féminin (Fayard, 1978) et celui de Marie-Françoise Hans et Gilles Lapouge Les Femmes, la pornographie, l'érotisme (Éd. du Seuil, 1978), mais aussi toutes les grandes inspiratrices et figures du féminisme en vogue, Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Benoîte Groult, Germaine Greer, Gisèle Halimi, Élisabeth Badinter, Annie Leclerc, Xavière Gauthier, Luce Irigaray, Hélène Cixous, etc. Aucune n'est épargnée, et à l'opposé de leurs « leurres idéologiques », « sororité crétinisante » et « sidérante rage de pouvoir », qu'elle qualifie de véritable « stalinisme en jupons »[4], Annie Le Brun écrit par exemple :

« Moralisme et niaiserie qui, loin d'être inhérents à la parole féminine, surgissent dès qu'on veut rejeter toute la criminalité sur l'autre sexe » ; il est à regretter « d'entendre répéter un peu partout aujourd'hui comme un fait établi qu'il n'y a pas de femmes voyeurs, qu'il n'y a pas de femmes sadiques, et enfin et surtout, mais c'est le b-a ba de l'aveuglement néo-féministe, que le regard est une fonction phallique[5]. »

Dans ses pamphlets sur cet embrigadement féministe, un militantisme selon elle proche de la terreur idéologique, elle rejette la logique identitaire et de pouvoir qui mutile l'imaginaire amoureux et enferme les femmes dans le discours du même, dans une conformation à des rôles (épouse, mère, femme travailleuse, etc.), au détriment de l'individualité. Dans sa révolte contre les carcans de ce « terrorisme idéologique de la femellitude », qui poursuit l'aliénation des femmes, mais aussi contre tous les systèmes, les idéologies, les partis, Annie Le Brun considère son livre comme « un appel à la désertion »[6], et affirme :

« Je suis d'abord un animal, et quelquefois un animal qui pense. […] Car on oublie trop que notre bisexualité se manifeste non seulement réellement, mais aussi symboliquement. […] Dès qu'on pense, on devient androgyne[7]. »

Opposant l'imaginaire érotique, poétique et amoureux aux « prisons organiques » du « corporatisme sexuel », elle estime que « les idées ne valent que de pouvoir être mises à l'épreuve sensible », en poursuivant « la bouleversante tradition d'une insoumission sensible également assumée par les hommes et les femmes — et dont la poésie n'a cessé de rendre compte[8]. »

Dans Les Châteaux de la subversion (1982), Annie Le Brun se penche sur le roman gothique et le roman noir fantastique, explorant les paysages imaginaires de ces dramaturgies de l'horrible. Elle lit notamment dans ces ouvrages, à une époque dominée par le discours de la Raison, le surgissement d'une violence poétique et d'une critique de la philosophie des Lumières, annonçant le Romantisme.

Après sa rencontre avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert en 1978[9], elle s'intéresse à Sade, dont elle devient une des grandes spécialistes, par-delà les légendes noires ou dorées. Elle rédige ainsi une immense préface à l'édition des œuvres complètes de Sade, laquelle préface prend la forme d'un livre, et est rééditée en volume séparé sous le titre Soudain un bloc d'abîme, Sade (1986). En 1989, elle organise l'exposition Petits et grands théâtres du marquis de Sade. Selon elle, le génie de Sade réside dans sa folle tentative de repenser le monde à partir de la singularité de sa « façon de penser », avec la volonté de tout dire, tout voir, tout imaginer. Esprit libre et déserteur, penseur de la liberté, âme qui ne plie jamais et débusque tous les préjugés, Sade lui apparaît, selon l'expression de son ami Pierre Peuchmaurd comme le « philosophe des lumières de la nuit »[10], qui n'a aucun garde-fou et montre les excès du désir comme la manifestation physique de l'infini en nous. À ses yeux, il est ainsi le seul à avoir « une conscience physique de l'infini »[11]. Il fait tomber les masques, en même temps qu'il fait tomber dans l'abîme, car il révèle le fonctionnement réel de la pensée, l'imagination et les désirs donnant des idées au corps. Annie Le Brun considère aussi que le personnage de Juliette est le plus emblématique de toute l'œuvre de Sade, car à l'encontre de toute fatalité féminine, il incarne la liberté dans l'invention de soi, l'invention de son désir singulier, révélant les liens organiques de la « vérité » et des idées avec le corps, le grand œuvre de Sade étant de « donner corps à l'idée, donner des idées au corps »[12].

Annie Le Brun a également écrit de multiples essais, préfaces, postfaces ou articles, notamment sur Aimé Césaire[13], Alfred Jarry[14], Raymond Roussel[15], Victor Hugo[16], Charles Fourier[17], Pierre Louÿs[17]Georges Bataille[18], Robert Desnos[19], Suzanne Lilar[20], Hans Bellmer[21], Radovan Ivsic[22] ou Jean Benoît[23]. Par ailleurs, outre l'œuvre de Sade, avec son ami Jean-Jacques Pauvert[24], elle participe, en écrivant articles ou préfaces, à l'exhumation et la connaissance de textes dits « érotiques », méconnus ou publiés d'abord clandestinement, tel Le Supplice d'une queue (1931) ou Le Fils de Loth de François-Paul Alibert, Roger ou les à-côtés de l'ombrelle (1926) de Jean Lurçat (sous le pseudonyme de Jean Bruyère), etc. - à l'opposé des faux-semblants ou de « l'actuelle et pléthorique production “érotique” » qu'on pourrait regrouper dans « une même collection intitulée “Beaucoup de baise pour rien” »[25]. C'est ainsi qu'elle s'interroge : « De la rigolade peureuse agrémentant la bagatelle bourgeoise à la neutralité mensongère de la pornographie de consommation, quelle différence, je vous le demande ? »[26] Refusant la pudibonderie comme la bêtise, elle s'attache donc à des livres, témoignages de « l'amour fou », qui montrent la vie à nu et « la quête érotique comme passion de l'excès » ; car « avec la perspective érotique, l'œil ouvre sur l'infini », et « la liberté du corps est profondément garante de celle de l'esprit. »[27]

Comme elle l'écrit au début de sa postface à Le Surmâle d'Alfred Jarry, publiée en 1990 sous le titre « Comme c'est petit un éléphant ! », « il est des livres qu'on ne referme plus parce qu'il suffit de les ouvrir pour qu'avec eux s'ouvre l'horizon. »[28] Selon elle, celui-ci consiste à rien moins que « réinventer l'amour ». Elle précise plus loin : « Je m'interroge sur le fonctionnement à sens unique d'une pensée sur l'amour, censée rendre pourtant compte des mouvements de l'un et de l'autre et qui, du coup, au lieu de se développer en moyen de connaissance, se fige en système de représentation. Et je comprends mieux l'incroyable fortune du mythe des « machines célibataires » qui, sous des allusions modernistes et antilyriques, sans avoir la rigueur de Duchamp, continuent de camoufler ce qu'il faut bien appeler une carence de la pensée occidentale. À l'opposé, seul, il y a Jarry avec la bouleversante proposition du Surmâle où, pour la première fois, l'homme et la femme paraissent aller également (et je me garde bien de dire ensemble) au-devant de leur énigme »[29].

En 1996, elle préface Manifeste, l'avenir de la société industrielle de Theodore Kaczynski, surnommé Unabomber.

En 2000, avec la même exaltation éperdue de la révolte, de la liberté, de la poésie et de l'amour, elle revient avec son essai intitulé De l'éperdu sur de grands auteurs littéraires comme autant de figures de la liberté, et, avec Du trop de réalité, rappelle la nécessité de l'utopie et du rêve, sans jamais négliger sa radicalité et sa lucidité sans concession. Sous toutes les menaces de terrorisme rhétorique, « discours du terrorisme » et « terrorisme du discours », elle perçoit la même « menace d'anéantissement […] dirigée contre l'individualité. »[30] C'est pourquoi, à ses yeux, la littérature ne vaut rien en elle-même, n'est qu'« inanité » (De l’inanité de la littérature, Les Belles Lettres, 1994), si elle ne participe pas d'une aventure de l'esprit, en ouvrant des espaces inconnus, les perspectives infinies de la représentation sensible et mentale. C'est pourquoi elle refuse tout monde séparé de la littérature, tous les snobismes et esthétismes de salon, comme tous les abus théoriciens (en particulier ceux de la French Theory), soulignant cette « négligence majeure de notre modernité finissante : à savoir la criminelle légèreté de croire que les mots vivent indépendamment des choses et que les êtres vivent indépendamment des mots. »[31]

Dans cette optique, seule compte vraiment pour Annie Le Brun l'invention, sans fin, de la liberté :

« Qu’il s’agisse des êtres ou de ce qu’ils produisent, on n’aime vraiment que ce qui n’en finit pas de se clore sur sa propre énigme. Et si la dernière page d’un livre ne se referme pas sur un monde inaccessible, quel est donc ce livre ? […] l’écriture devient parfois cette façon unique d’arracher au temps un lambeau d’éternité, ce qui est d’ailleurs plus l’apanage de la passion que de ce qu’on appelle l’art ou la littérature[32]. »

Dans une époque qu'elle considère comme asphyxiante, notamment en raison des divers maux de la société de consommation, et des fausses promesses de libération qu'elle engendre, elle se positionne constamment comme une insoumise, révoltée, dans un « écart absolu », revendiquant un « lâchez tout » cher aux surréalistes, à l'écart de toute organisation, dans la solitude d'une « désertion intérieure ». Car « malheureusement, écrit-elle, ce ne sont pas là des questions d’ordre littéraire mais des questions de respiration. Et si je m’alarme à ce point du sort de la poésie, c’est que le nôtre en dépend, tant les risques d’étouffement sont sérieux[33]. » Avec toujours au centre de ses réflexions la dimension sensible, le souci de rendre au désir et au corps, sous les idées, son importance capitale, la quête infinie du sens, « l'affolante liberté de donner sens à l'aberration de la vie »[34], la volonté, comme André Breton, de « repassionner la vie »[35]. C'est avec les seules armes de la passion, et en premier lieu la passion amoureuse, qu'à la suite d'autres irréductibles traqueurs d'infini et de liberté, elle poursuit « l'immémoriale révolte de l'homme contre le temps qui lui est compté, contre le temps qui lui est toujours mal compté. »[36] Esprit insurgé et réfractaire à tout compromis, franc-tireur à rebours des modes, elle apparaît ainsi comme une « mécontemporaine », selon le titre d'un article que lui a consacré Judith Perrignon[37], se tenant toujours à distance, pensant ailleurs et autrement (titres de deux de ses recueils d'articles). Une position conciliant intransigeance critique et sens de l'éperdu, qu'elle énonce par exemple ainsi dans Sur le champ, son premier recueil poétique : « Je ne sais pas où je vais mais je sais ce que je méprise. »[38]

Comme exemple de son éloignement du spectacle de l'actualité littéraire, et de son refus de toute compromission et mascarade, on peut citer sa réaction au lancement du Prix Sade en 2001, dans une lettre qu'elle adressa le 24 mars au président de ce prix, Lionel Aracil, qui avait fait figurer son nom, à son insu, dans le jury. Dénonçant ce qu'elle estime être une mascarade médiatique et culturelle, elle lui écrit notamment :

« Petite misère culturelle, vous êtes bien mal renseigné : méprisant depuis toujours autant ceux qui reçoivent les prix que ceux qui les donnent, comment pourrais-je consentir à participer à la mômerie d'un prix marquis de Sade ? “Bas les pattes devant Sade”, avais-je écrit avec mes amis surréalistes devant les manigances d'un théâtreux en mal de scandale, à la fin des années soixante. Que pourrais-je dire d'autre avec Jean-Jacques Pauvert, qui s'associe à moi en l'occurrence, au ramassis d'écrivains et artistes que vous sollicitez, les Sollers, Bourgeade, Pingeot, Bramly…, pour peu qu'ils acceptent de patronner cette mascarade bien dans le goût de l'époque ? Sans doute les uns et les autres ne se sont-ils pas assez discrédités pour ne pas rater une occasion d'en rajouter. »

Et critiquant le trophée, un fouet « dessiné par le bagagiste de luxe Louis Vuitton », qui lui rappelle « le balai immonde » du roi Ubu, elle conclut :

« Que voulez-vous, tout le design du monde ne réussira jamais à maquiller tant d'indignité[39]. »

Parmi son refus de ce qu'elle nomme le « kitsch théorique », qui réduit tout à un fétichisme du discours, voire « un sabir sémanalytique », on peut relever sa critique sans appel vis-à-vis de Jacques Lacan et du lacanisme, qui la conduit à saluer l'ouvrage de François Georges, L'Effet 'yau de poêle de Lacan et des lacaniens (1979), et ce qu'elle considère comme une magistrale démystification de « la saga lacanienne », « une des plus prestigieuses réussites françaises dans la course à la crétinisation internationale. »[40]

Si sa plume est toujours vive et tranchante, mais aussi pleine d'humour et de lyrisme, ce qui importe à ses yeux est de lancer des appels d'air, ouvrir l'horizon, de nouvelles perspectives face à l'appauvrissement du paysage sensible et mental, face aux menaces d'anéantissement, qu'elle décrit dans ses derniers essais (De l’éperdu, Du trop de réalité, Perspective dépravée. Entre catastrophe réelle et catastrophe imaginaire). Pour elle, l'essentiel demeure toujours dans l'unité indissociable entre la liberté et l'amour : « il me paraît grave que tout se passe aujourd'hui comme si l'idée de l'amour tendait à disparaître de l'horizon. Car, avec elle, c'est la plus exacte mesure de notre liberté encore inconnue que nous sommes en train de perdre. »[41]

En 2013, elle participe au documentaire Naked War, sur le mouvement Femen, diffusé sur LCP le 3 avril 2014[42],[43].

En 2014, elle assure le commissariat de l'exposition « Sade. Attaquer le soleil » au musée d'Orsay[44].

En 2015, elle présente au Musée d'art contemporain de Zagreb une exposition consacrée à Radovan Ivšić, son compagnon disparu en 2009, et publie à cette occasion un ouvrage intitulé Radovan Ivsic et la forêt insoumise. La même année, Valérie Minetto lui consacre un documentaire, L'Échappée, à la poursuite d'Annie Le Brun[45]. L'année suivante, un autre film lui est consacré, réalisé par Marie Alberto Jeanjacques et intitulé S’il en reste une, c’est la foudre, sorte de correspondance filmée entre les deux femmes, présenté au Centre international de poésie Marseille en avril 2017. La réalisatrice le présente ainsi : « Ce film tisse, sur les paysages qui m’ont constituée, lieux de la limite, du bord, du bout, les trajets me reliant à elle et à ses imaginaires littéraires : la révolte amoureuse, l’utilité de la désertion des rôles qui nous sont attribués et le lyrisme comme dernier rempart face à la mort. »[46]

Dans son essai Ce qui n'a pas de prix, sous-titré Beauté, laideur et politique (Stock, 2018), elle dénonce la collusion entre finance et culture, « séductions du totalitarisme marchand », marchandisation du monde et une grande part de l'art contemporain, qui « nous font assister à cette grandiose transmutation de l'art en marchandise et de la marchandise en art. »[47] Annie Le Brun s'en prend à cet « enlaidissement du monde », à la fois esthétique et politique, opéré par une grande partie de l'art contemporain, qui sous couvert d'une esthétisation du monde n'est en fait qu'une exacerbation de l'esthétique de la marchandise, un « capitalisme artiste » qui tend à nous faire oublier l'essentiel, à savoir l'énigme de la beauté, la diversité et l'illimité des passions, la singularité de notre sensibilité, notre liberté, en un mot ce qu'elle désigne par « la quête éperdue de ce qui n'a pas de prix » : « C’est la guerre, une guerre qui se déroule sur tous les fronts et qui s’intensifie depuis qu’elle est désormais menée contre tout ce dont il paraissait impossible d’extraire de la valeur. S’ensuit un nouvel enlaidissement du monde. Car, avant même le rêve ou la passion, le premier ennemi aura été la beauté vive, celle dont chacun a connu les pouvoirs d’éblouissement et qui, pas plus que l’éclair, ne se laisse assujettir. Y aura considérablement aidé la collusion de la finance et d’un certain art contemporain, à l’origine d’une entreprise de neutralisation visant à installer une domination sans réplique. [...] Jusqu’à quand consentirons-nous à ne pas voir combien la violence de l’argent travaille à liquider notre nuit sensible, pour nous faire oublier l’essentiel, la quête éperdue de ce qui n’a pas de prix ? »[48]

En deçà ou au-delà du réel – banal, éculé, contraignant, rongé par les maux d’une époque qui, à force de faire un spectacle de toutes choses, a perdu le sens de la transgression ou de l’unicité – la démarche intellectuelle d’Annie Le Brun est tout entière tournée vers un horizon symbolique qu’elle espère voir surgir. Alors que son œuvre incite résolument à regarder « ailleurs et autrement », à déserter les rôles que la société attribue à tout un chacun, Annie Le Brun occupe une position – critique, politique, poétique – en marge de tout, en dehors de tout. Comme frères d'armes dans son insurrection permanente, elle ne se reconnaît guère aujourd'hui que les acteurs de l'Encyclopédie des Nuisances, notamment Jaime Semprun, René Riesel[49] ou Jean-Marc Mandosio, qui tentent d'articuler une critique sociale dans la lignée de George Orwell ou Günther Anders. Elle estime ainsi qu'ils incitent « à penser que les éclipses de liberté ne sont peut-être que des éclipses. »[50]

Dans ses essais, son discours critique, comme dans sa révolte en général, elle reste fidèle au surréalisme. « Car la nouveauté du surréalisme est de subvertir complètement le rapport de la pensée à l’amour qui n’est plus thème mais la fin en soi. “Nous réduirons l’art à sa plus simple expression qui est l’amour”, écrit Breton dans Poisson soluble. Tout est dit. »[51] Ces paroles d’Annie Le Brun, dans son texte « À propos du surréalisme et de l’amour », paru en 1994, la positionnent en artiste sensible et réceptive au pouvoir primordial de l’amour et du désir comme vecteur de découvertes et de création, au sens où l’entendait Breton aux origines du mouvement surréaliste. À ce titre, le critique Mathieu Terence affirme, dans un essai qui lui est dédié, qu'elle écrit le feu de la vie et l’ombre qu’elle sait faire au soleil : « [L]’infracassable noyau de nuit au fond de nous – celui dont parle Breton –, soleil autour duquel prend corps la galaxie de nos sensations et de nos états d’âme mêlés, Annie Le Brun ne cesse de l’approcher, de le cerner, de le percer à jour. Non seulement pour voir plus clair en ce qui vit vraiment dans nos vies mais aussi pour donner, redonner, toute sa place au vide d’où tout émerge et qu’un monde pratique escamote. »[52]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Sur le champ, illustré avec six collages et trois pointes-sèches par Toyen, Paris, Éditions surréalistes, 1967.
  • Les mots font l’amour, citations surréalistes, Paris, Éric Losfeld, 1970.
  • Les Pâles et fiévreux après-midi des villes, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • La Traversée des Alpes, avec Fabio De Sanctis et Radovan Ivsic, Rome, éditions Maintenant, 1972.
  • Tout près, les nomades, avec une pointe-sèche de Toyen, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • Les Écureuils de l’orage, Paris, éditions Maintenant, 1974.
  • Annulaire de lune, illustré avec six dessins et trois pointes-sèches par Toyen, Paris, éditions Maintenant, 1977.
  • Ombre pour ombre, recueil des ouvrages précédents, Paris, Gallimard, 2004.

Essais[modifier | modifier le code]

  • L’Humour noir, dans Entretiens sur le surréalisme, dirigés par Ferdinand Alquié, Paris-La Haye, éd. Mouton, 1968.
  • Lâchez tout, Paris, Le Sagittaire, 1977.
  • Les Châteaux de la subversion, Paris, Jean-Jacques Pauvert et Garnier-Frères, 1982 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1986.
  • Le Sentiment de la nature à la fin du XXe siècle, avec des photographies de Petar Dabac, Paris, éd. Atelier, 1982.
  • À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984.
  • Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 2014.
  • Appel d’air, Paris, réflexion sur la poésie, Paris, Plon, 1988 ; rééd. Paris, Verdier/poche, 2011.
  • Sade, aller et détours, Paris, Plon, 1989.
  • Petits et grands théâtres du Marquis de Sade s/d Annie Le Brun, Paris Art Center, 1989.
  • Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 ; rééd. Paris, Éditions du Sandre, 2010.
  • Comme c'est petit un éléphant !, postface au « Surmâle » d'Alfred Jarry, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Qui vive. Considérations actuelles sur l'inactualité du surréalisme, Paris, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Perspective dépravée, Bruxelles, La Lettre volée, 1991 ; rééd. Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Surréalisme et subversion poétique, Stanford, University Lecture Series, 1991.
  • Les Assassins et leurs miroirs. Réflexion à propos de la catastrophe yougoslave, Paris, Jean-Jacques Pauvert / éd. Terrain Vague, 1993.
  • Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1994.
  • De l’inanité de la littérature (recueil de textes critiques), Paris, Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994.
  • Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994.
  • Statue cou coupé (dans le débat à propos de négritude et créolité), Paris, Jean-Michel Place, 1996.
  • Jean Benoît, monographie, Paris, Filippachi, 1996.
  • De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, « Folio essais », 2005.
  • Du trop de réalité, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, « Folio essais », 2004.
  • Pour ne pas en finir avec la représentation, avec cinq photographies de Jindrich Styrsky, Strelec, Prague, 2003.
  • On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006.
  • Leonora Carrington, la mariée du vent, ouvrage collectif avec des textes de Homero Aridjis, André Breton, Max Ernst, Annie Le Brun, Octavio Paz et Delmari Romero Keith, Paris, coédition Gallimard/Maison de l'Amérique latine, 2008.
  • Les Châteaux de la subversion, suivi de Soudain un bloc d'abîme, Sade, rééd. Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2010.
  • Si rien avait une forme, ce serait cela, Paris, Gallimard, 2010[53].
  • Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011.
  • Perspective dépravée. Entre catastrophe réelle et catastrophe imaginaire, Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Paris, Gallimard, coll. « Art et artistes », 2012.
  • Cibles, avec Gilbert Titeux, Paris, Gallimard - Le Promeneur, 2013.
  • L’Ange du bizarre. Le Romantisme noir : de Goya à Max Ernst (collectif), avec Felix Krämer, Johannes Grave, Hubertus Kohle, Paris, Musée d'Orsay - Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2013.
  • Sade : attaquer le soleil, Paris, coédition Musée d'Orsay / Gallimard, coll. « Livres d'Art », 2014.
  • Radovan Ivsic et la forêt insoumise, coédition Gallimard/Musée d'art contemporain de Zagreb, 2015.
  • Ce qui n'a pas de prix. Beauté, laideur et politique, Paris, Stock, coll. « Essais - Documents », 2018.

Anthologie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Gille (éd.), Si vous aimez l'amour… Anthologie amoureuse du surréalisme, Paris, Syllepse, 2001 (préface de Annie Le Brun).

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Guy Debord, Correspondance, volume 7, Paris, Fayard, 2008.
    Les lettres de Guy Debord à Annie Le Brun sont regroupées dans ce volume.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Appel à la désertion », entretien avec Annie Le Brun, propos recueillis par Marine Boisson et Jean Védrines.
  2. Annie Le Brun, Ombre pour ombre, Paris, Gallimard, 2004, p. 9.
  3. Annie Le Brun, À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 11.
  4. « Un stalinisme en jupons », article paru dans Le Nouvel Observateur, n° 694, 27 février 1978, repris dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 219-224.
  5. Annie Le Brun, « Brûleront-elles Hans Bellmer ? », paru dans Art Press international, n° 24, janvier 1979, repris dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 236 ; cité par Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, Paris, p. 169.
  6. Annie Le Brun, Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 43.
  7. Entretien avec Catherine David, Playboy, n° 56, juillet 1978, repris dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 230. Extrait ici : « Être une femme »
  8. Annie Le Brun, « Le féminisme, c'est fini », Le Matin, 10 décembre 1977, repris sous le titre « Réponse à une enquête sur les femmes et la politique », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 48.
  9. C'est Jean-Jacques Pauvert qui la contacte et lui envoie des fleurs, suite à son passage dans l'émission de télévision Apostrophes, du 10 février 1978, où elle fait scandale en présentant son pamphlet Lâchez tout. Voir « La mécontemporaine », portrait de Annie Le Brun par Judith Perrignon, Libération, 26 mars 2001.
  10. Pierre Peuchmaurd, Le Pied à l'encrier, Paris, Les Loups sont fâchés, p. 121.
  11. Annie Le Brun, Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 81.
  12. Annie Le Brun, Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 312.
  13. Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 1994.
  14. Comme c'est petit un éléphant !, postface au « Surmâle » d'Alfred Jarry, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 ; De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; « Toujours plus vivant que les vivants », « Un théâtre intranquille », « Une leçon de ténèbres », « Une grandeur qui laisse grandir », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, pp. 143-157, 199-208.
  15. Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1994 ; Michel Leiris, Roussel & Co., édition établie avec Jean Jamin, Paris, Fata Morgana/Fayard, 1998 ; De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; « Un contenant invisible », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 2018-229.
  16. Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Paris, Gallimard, coll. « Art et artistes », 2012 ; « La nuit, à prendre ou à laisser », préface à Victor Hugo, Le Promontoire du songe, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2012.
  17. a et b De l’éperdu, Paris, Stock, 2000.
  18. « Sade, Bataille et la représentation maudite », dans On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006, p. 105-123.
  19. « Voici venir l'amour du fin fond des ténèbres », préface à Robert Desnos, De l'érotisme, Paris, Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 2013.
  20. « Une souveraine impudeur », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 198-205.
  21. « Brûleront-elles Hans Bellmer ? » dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 104-110 ; « La splendide nécessité du sabotage », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 117-125.
  22. « Entre le vide et l'écho », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 60-70.
  23. Jean Benoît, monographie, Paris, Filippachi, 1996 ; « Éclipse de liberté », dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 269-278.
  24. Elle lui rend un hommage vibrant dans un texte intitulé « Pour Jean-Jacques Pauvert », inséré à la fin de son essai sur Sade et dans lequel elle s'adresse directement à lui : « vous êtes un des rares à savoir la fragilité de toute pensée forte. Je dirais même à en avoir physiquement conscience, au point que vous construisez des livres comme des barricades pour les protéger, ces pensées si fortes qu'elle subvertissent l'ordre des choses sans qu'on s'en aperçoive, ces pensées si fragiles que tout en nous travaille à les empêcher de nous entraîner au-delà de nous-mêmes », Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 326.
  25. Annie Le Brun, « De la noblesse d'amour », La Quinzaine littéraire, n° 824, 1-15 février 2002, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 66.
  26. Annie Le Brun, « Regard sans tain », préface à la réédition de Roger ou les à-côtés de l'ombrelle de Jean Bruyère (alias Jean Lurçat), Paris, Éditions J.C. Simoën, 1979, repris dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 112.
  27. Annie Le Brun, « Regard sans tain », À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 112 et 121.
  28. Annie Le Brun, « Comme c'est petit un éléphant ! », postface à Le Surmâle d'Alfred Jarry, coédition Ramsay-Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 143.
  29. Colvile, op. cité, p. 170.
  30. Annie Le Brun, « Terrorisme et rhétorique », Silex, n° 10, novembre 1978, repris dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 96.
  31. Annie Le Brun, Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986, p. 28.
  32. Annie Le Brun, « La main à plume vaut la main à charrue », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éditions Carrère, 1984, p. 188-191.
  33. Annie Le Brun, Appel d’air (1988), Paris, Verdier, 2011, p. 27.
  34. Annie Le Brun, « Une obscure utopie », dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 254.
  35. André Breton : « la vie humaine est à repassionner », « Lumière noire », Arcane 17, dans Œuvres complètes, t. III, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1999, p. 104.
  36. Annie Le Brun, Appel d’air, Paris, Verdier poche, 2011, p. 106.
  37. « La mécontemporaine », portrait de Annie Le Brun par Judith Perrignon, Libération, 26 mars 2001.
  38. Annie Le Brun, Sur le champ, repris dans Ombre pour ombre, Paris, Gallimard, 2004, p. 17.
  39. Annie Le Brun, Addendum à « De l'insignifiance en milieu vaginal » (critique du livre de Catherine Millet, première lauréate du prix Sade), dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 19-20.
  40. « Du kitsch théorique de Julia Kristeva », dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 217.
  41. Annie Le Brun, « Une obscure utopie », dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 257.
  42. « Docs ad hoc - Femen : Naked War » (consulté le 4 octobre 2014)
  43. « Naked War », sur josephparis.fr (consulté le 4 octobre 2014)
  44. 14 octobre 2014 - 25 janvier 2015.
  45. Des pensées sans compter, sur liberation.fr, consulté le 29 avril 2015
  46. S'il en reste une, c'est la foudre
  47. Ce qui n'a pas de prix, Paris, Stock, 2018, p. 33-34.
  48. Ce qui n'a pas de prix, quatrième de couverture.
  49. Dans un article intitulé « La splendide nécessité du sabotage », elle soutient fermement René Riesel contre « le despotisme industriel » et « l'artificialisation de la vie », in La Quinzaine littéraire, n° 847, 1-15 février 2003, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 117-125.
  50. « Éclipse de liberté », in La Quinzaine littéraire, n° 1023, 1-15 octobre 2010, repris dans Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, coll. « Arcades », 2011, p. 268.
  51. De l'inanité de la littérature, Éditions Jean-Jacques Pauvert aux Belles Lettres, 1994, p. 193.
  52. Mathieu Terence, « La poésie continuée par d'autres moyens », Présence d'esprit, Éditions Stock, 2010, p. 133.
  53. Entre autres recensions, cf. sur nonfiction.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Entretien avec Catherine David, Playboy, n° 56, juillet 1978 ; repris dans À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984, p. 88-92 et dans Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990, p. 229-234. Entretien avec Catherine David (version en ligne incomplète)
  • Whitney Chadwick, Les Femmes dans le mouvement surréaliste, Paris, Éditions du Chêne, 1986.
  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente-quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, 1999, p. 165-171 (ISBN 2858934967)Avec un portrait réalisé par Radovan Ivsic.
  • Judith Perrignon, « La mécontemporaine », portrait d'Annie Le Brun, Libération, 26 mars 2001.
  • Entrevue avec Annie Le Brun par Frédéric Poletti, Philosophie Magazine, n° 26, février 2009.
  • Mathieu Terence, « La poésie continuée par d'autres moyens », Présence d'esprit, Paris, Éditions Stock, 2010.
  • Karel Hadek, « Une voix, une œuvre : Annie Le Brun » (avec des poèmes de Annie Le Brun), Les Hommes sans épaules, n°41, mars 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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