Annie Le Brun

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Annie Le Brun
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Annie Le Brun en 2009.

Naissance (73-74 ans)
Rennes, Ille-et-Vilaine, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français

Annie Le Brun, née à Rennes en 1942, est une écrivaine, poète et critique littéraire française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Annie Le Brun rencontre André Breton en 1963 et prend part aux activités du mouvement surréaliste jusqu'en 1969, année de l'autodissolution du groupe.

En 1972, elle retrouve une activité collective autour des éditions Maintenant fondées par Pierre Peuchmaurd, avec le poète et auteur dramatique Radovan Ivsic, ainsi que Georges Goldfayn, Gérard Legrand et la peintre Toyen. Cette dernière avait illustré en 1967 son recueil Sur le champ.

En 1977, avec le texte Lâchez tout, puis en 1988 avec Vagit-prop, Annie Le Brun critique la réapparition « insidieuse du moralisme et de la niaiserie qui caractérise le point de vue féministe militant sur la sexualité [...] sous couvert d'une enquête objective ». Sont nommément visés, le livre d'Évelyne Sullerot Le Fait féminin (Fayard, 1978) et celui de Marie-Françoise Hans et Gilles Lapouge Les Femmes, la pornographie, l'érotisme (Éd. du Seuil, 1978). Elle écrit notamment à ce propos : « Moralisme et niaiserie qui, loin d'être inhérents à la parole féminine, surgissent dès qu'on veut rejeter toute la criminalité sur l'autre sexe [...] Il est à regretter [...] d'entendre répéter un peu partout aujourd'hui comme un fait établi qu'il n'y a pas de femmes voyeurs, qu'il n'y a pas de femmes sadiques, et enfin et surtout, mais c'est le b-a ba de l'aveuglement néo-féministe, que le regard est une fonction phallique »[1]

En 1982, avec Les Châteaux de la subversion, Annie Le Brun se penche sur le roman gothique et le roman noir fantastique.

Devenue une spécialiste de Sade, depuis sa rencontre avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert en 1977, elle rédige une préface à une édition complète des œuvres de Sade. Cette préface est rééditée en volume séparé sous le titre Soudain un bloc d'abîme, Sade (1986). En 1989, elle organise l'exposition Petits et grands théâtres du marquis de Sade.

Annie Le Brun a également écrit sur Aimé Césaire, Alfred Jarry et Raymond Roussel.

Elle écrit ainsi en 1990, dans une postface à Le Surmâle d'Alfred Jarry : « Je m'interroge sur le fonctionnement à sens unique d'une pensée sur l'amour, censée rendre pourtant compte des mouvements de l'un et de l'autre et qui, du coup, au lieu de se développer en moyen de connaissance, se fige en système de représentation. Et je comprends mieux l'incroyable fortune du mythe des « machines célibataires » qui, sous des allusions modernistes et antilyriques, sans avoir la rigueur de Duchamp, continuent de camoufler ce qu'il faut bien appeler une carence de la pensée occidentale. À l'opposé, seul, il y a Jarry avec la bouleversante proposition du Surmâle où, pour la première fois, l'homme et la femme paraissent aller également (et je me garde bien de dire ensemble) au-devant de leur énigme »[2].

En 1996, elle préface Manifeste, l'avenir de la société industrielle d'Unabomber.

En 2000, avec De l'éperdu, elle revient sur de grands auteurs littéraires comme autant de figures de la liberté, et, avec Du trop de réalité, rappelle la nécessité de l'utopie et du rêve, sans pour autant négliger sa lucidité sans concession.

En 2013 ; participation au documentaire Naked War, sur le mouvement Femen, diffusé sur LCP le 3 avril 2014[3],[4].

En 2014, elle assure le commissariat de l'exposition "SADE. Attaquer le Soleil" Musée d'Orsay (14 oct. 2014 - 25 janv. 2015).

En 2015, Valérie Minetto lui consacre un documentaire, L'Échappée, à la poursuite d'Annie Le Brun[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Poésie
  • Sur-le-champ, illustré par Toyen, Paris, Éditions surréalistes, 1967.
  • Les mots font l’amour, citations surréalistes, Paris, Éric Losfeld, 1970.
  • Les Pâles et Fiévreux Après-midi des villes, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • La Traversée des Alpes, avec Fabio De Sanctis et Radovan Ivsic, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • Tout près les nomades, Paris, éditions Maintenant, 1972.
  • Les Écureuils de l’orage, Paris, éditions Maintenant, 1974.
  • Annulaire de lune, illustré par Toyen, Paris, éditions Maintenant, 1977.
  • Ombre pour ombre, recueil des ouvrages précédents, Paris, Gallimard, 2004.
Essais
  • L’Humour noir, dans Entretiens sur le surréalisme, dirigés par Ferdinand Alquié, Paris-La Haye, éd. Mouton, 1968.
  • Lâchez tout, Paris, Le Sagittaire, 1977.
  • Les Châteaux de la subversion, Paris, Jean-Jacques Pauvert et Garnier-Frères, 1982 ; rééd. Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », 1986.
  • Le Sentiment de la nature à la fin du XXe siècle, avec des photographies de Petar Dabac, Paris, éd. Atelier, 1982.
  • À distance, Paris, Jean-Jacques Pauvert aux éd. Carrère, 1984.
  • Soudain un bloc d'abîme, Sade, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1986.
  • Appel d’air, Paris, réflexion sur la poésie, Paris, Plon, 1988 ; rééd. Paris, Verdie/poche, 2011.
  • Sade, aller et détours, Paris, Plon, 1989.
  • Petits et grands théâtres du Marquis de Sade s/d Annie Le Brun, Paris Art Center, 1989.
  • Vagit-prop, Lâchez tout et autres textes, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990 ; rééd. Paris, Éditions du Sandre, 2010.
  • Comme c'est petit un éléphant, postface au « Surmâle » d'Alfred Jarry, Paris, éd. Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Qui vive. Considérations actuelles sur l'inactualité du surréalisme, Paris, Ramsay/Jean-Jacques Pauvert, 1990.
  • Perspective dépravée, Bruxelles, La Lettre volée, 1991 ; rééd. Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Surréalisme et subversion poétique, Stanford, University Lecture Series, 1991.
  • Les Assassins et leurs miroirs. Réflexion à propos de la catastrophe yougoslave, Paris, Jean-Jacques Pauvert / éd. Terrain Vague, 1993.
  • Pour Aimé Césaire, Paris, Jean-Michel Place, 194.
  • Vingt Mille Lieues sous les mots, Raymond Roussel, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1994.
  • De l’inanité de la littérature, recueil de textes critiques, Paris, Les Belles Lettres, 1994.
  • Statue cou coupé, dans le débat à propos de négritude et créolité, Paris, Jean-Michel Place, 1996.
  • Jean Benoît, monographie, Paris, Filippachi, 1996.
  • De l’éperdu, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, "Folio essais", 2005.
  • Du trop de réalité, Paris, Stock, 2000 ; rééd. Paris, Gallimard, "Folio essais", 2004.
  • On n’enchaîne pas les volcans, Paris, Gallimard, 2006.
  • Les Châteaux de la subversion, suivi de Soudain un bloc d'abîme, Sade, rééd. Paris, Gallimard, "Tel", 2010.
  • Si rien avait une forme, ce serait cela, Paris, Gallimard, 2010[6].
  • Ailleurs et autrement, Paris, Gallimard, 2011.
  • Perspective dépravée. Entre catastrophe réelle et catastrophe imaginaire, Paris, éditions du Sandre, 2011.
  • Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo, Paris, Gallimard, 2012.
  • Cibles, avec Gilbert Titeux, Paris, Gallimard - Le Promeneur, 2013.
  • L’Ange du bizarre. Le Romantisme noir : de Goya à Max Ernst (collectif), avec Felix Krämer, Johannes Grave, Hubertus Kohle, Paris, Musée d'Orsay - Hatje Cantz Verlag, Ostfildern, 2013.
  • Sade : attaquer le soleil, Paris, Gallimard, 2014.
  • Radovan Ivsic et la forêt insoumise, Coédition Gallimard/Musée d'art contemporain de Zagreb, 2015.
Anthologie
  • Vincent Gille (éd.), Si vous aimez l'amour... Anthologie amoureuse du surréalisme, Paris, Syllepse, 2001.
Correspondance
  • Guy Debord, Correspondance, volume 7, Paris, Fayard, 2008.
    Les lettres de Guy Debord à Annie Le Brun sont regroupées dans ce volume.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georgiana Colvile, Scandaleusement d'elles. Trente quatre femmes surréalistes, Paris, Jean-Michel Place éditeur, Paris, p. 165-171, (ISBN 2858934967)[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colvile, op. cité, p. 169.
  2. Colvile, op. cité, p. 170.
  3. « Docs ad hoc - Femen : Naked War » (consulté le 4 octobre 2014)
  4. « Naked War », sur josephparis.fr (consulté le 4 octobre 2014)
  5. Des pensées sans compter, sur liberation.fr, consulté le 29 avril 2015
  6. Entre autres recensions, cf. http://www.nonfiction.fr/article-3777-et_les_chiens_se_taisaient.htm
  7. Avec un portrait réalisé par Radovan Ivsic

Liens externes[modifier | modifier le code]