Jeanne Humbert

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Jeanne Humbert, pour l'état civil Henriette Jeanne Rigaudin, née le 24 janvier 1890 à Romans-sur-Isère (Drôme) et morte le 1° août 1986, est une écrivain, journaliste et militante pacifiste et libertaire française. Appartenant au mouvement néo-malthusien, elle a milité pour la liberté sexuelle, ainsi que pour la liberté de la contraception et de l’avortement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse

En 1901, sa mère, Aline Rigaudin, quitte Romans pour Tours avec le militant anarchiste Auguste Delalé. Jeanne fréquente alors des figures anarchistes telles que Laurent Tailhade et Jean Marestan. Elle passe le certificat d'études primaires.

En 1903, la famille part à Paris, où Jeanne devient l'élève d'Eugène Vigo, dit Miguel Almereyda (père de Jean Vigo, né en 1905, qui doit son prénom à Jeanne Rigaudin, sa marraine laïque). Eugène Vigo lui apprend la sténographie.

Eugène Humbert

Dans le cercle des connaissances d'Eugène Vigo, se trouve Eugène Humbert (1870-1944) ; en 1909, il demande à Jeanne Rigaudin de venir au secrétariat de son journal Génération consciente. Devenue sa compagne, elle en a une fille en 1913.

Elle collabore ensuite à La Grande Réforme, autre journal créé par Humbert. Comme son mari, elle est condamnée à plusieurs reprises à des peines de prison, en particulier pour ses propos et ses actions en faveur de l'avortement, interdit en France depuis 1920. Ils se marient en 1924, afin de faciliter leurs relations en cas d'emprisonnement.

À leur sortie de prison en 1924, ils font la connaissance de Marcel Kienné de Mongeot, théoricien et praticien du naturisme. Eugène Humbert s'occupe alors de la revue Vivre tandis que Jeanne écrit son roman En pleine vie, où elle exalte le nudisme tout en développant des thèses néo-malthusiennes.

Dans les années 1930, elle parcourt la France pour y donner plus d’une centaine de conférences en faveur du contrôle des naissances et du pacifisme.

En 1939, ils s'installent près de Lisieux (Calvados). Emprisonné pour propagande anticonceptionnelle, Eugène Humbert meurt en 1944 au cours d'un bombardement alors qu'il se trouve à l'hôpital à Amiens.

L'après-guerre

En 1946, Jeanne Humbert crée l'Association des amis d'Eugène Humbert.

En 1951, elle participe aux côtés de Félicien Challaye et Émile Bauchet à la fondation du Comité national de résistance à la guerre et à l'oppression (le CNRGO, qui devient l'Union pacifiste de France en 1961).

En 1974, elle rejoint May Picqueray qui fonde Le Réfractaire.

En 1981, Bernard Baissat réalise un film documentaire sur sa vie, intitulé Écoutez Jeanne Humbert (voir en ligne].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • En pleine vie, 1931
  • Le Pourrissoir, 1932
  • Sous la Cagoule, 1933
  • Contre la guerre qui vient, Éditions de la Ligue internationale des combattants de la paix, 1933
  • Eugène Humbert : la vie et l’œuvre d’un néo-malthusien, Éditions de la Grande Réforme, 1947
  • Gabriel Giroud : Georges Hardy, disciple et continuateur de Paul Robin, Éditions de La Grande Réforme, 1948
  • Sébastien Faure : l’homme, l’apôtre, une époque, Éditions du Libertaire, 1949
  • Les Problèmes du couple, 1970
  • « Deux grandes figures du mouvement pacifiste et néo-malthusien : Eugène Humbert et Sébastien Faure », numéro spécial de La Voie de la Paix, 1970

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources
Notices
Ouvrages
  • Roger-Henri Guerrand et Francis Ronsin, Jeanne Humbert et la lutte pour le contrôle des naissances, Éditions Spartacus, Paris, 2000.
  • Marie-Monique Robin, On les appelait les dames du planning, 2006
Film

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]