La Tour-de-Peilz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Tour et Peilz.
La Tour-de-Peilz
Blason de La Tour-de-Peilz
Héraldique
Vue de la maison communale de La Tour-de-Peilz
Vue de la maison communale de La Tour-de-Peilz
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Riviera-Pays-d'Enhaut
Localité(s) et Communes limitrophes
(voir carte)
Localités :
La Tour-de-Peilz
Communes limitrophes :
Montreux, Vevey, Blonay, Saint-Légier-La Chiésaz
Syndic Lyonel Kaufmann
Code postal 1814
N° OFS 5889
Démographie
Gentilé Boélands
Population 11 207 hab. (31 décembre 2014)
Densité 3 459 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 27′ 00″ Nord 6° 52′ 00″ Est / 46.45, 6.8666
Altitude 382 m
Superficie 324 ha = 3,24 km2
Divers
Langue Français
Localisation

Géolocalisation sur la carte : canton de Vaud

Voir sur la carte administrative du Canton de Vaud
City locator 14.svg
La Tour-de-Peilz

Géolocalisation sur la carte : Suisse

Voir la carte administrative de Suisse
City locator 14.svg
La Tour-de-Peilz

Géolocalisation sur la carte : Suisse

Voir la carte topographique de Suisse
City locator 14.svg
La Tour-de-Peilz
Liens
Site web www.la-tour-de-peilz.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

La Tour-de-Peilz est une ville et une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de la Riviera-Pays-d'Enhaut.

Origine[modifier | modifier le code]

Dans son livre « Noms de lieux des pays franco-provençaux[3] », Georges Richard Wipf écrit que « le gallois blaidd (loup) étant à l'origine des termes bela, belau, bele et bel, ce qui postule blebel, on peut penser que *bleiz a aussi pu évoluer [...] en *beilz, d'où *peilz[3]. » L'auteur prend toutefois soin de préciser qu'« il ne s'agit que d'une hypothèse, mais elle expliquerait le nom de Peilz (La Tour-de-Peilz, VD)[3]. »

Cette étymologie est toutefois controversée et plusieurs autres explications ont été avancées. Celle retenue de préférence aujourd'hui est une origine remontant à un gentilice latin Pellius, hypothèse confortée par le lieu-dit En Peilz, à l'est de la ville, où ont été retrouvés de nombreux vestiges romains[4].

Premières mentions du toponyme: 1163, (la) Philippus de Turre; 1229, (la) pro vinea de Pel; 1294, (la) apud Turrim de Peilt[4].

La commune aurait également donné son nom à l'île de Peilz, îlot se situant à l'embouchure du lac. À son sujet, un article paru en 1868 dans un numéro de la Revue moderne sous la plume d'un militaire et homme politique français — le comte Émile de Kératry — précise ce qui suit :

« Il n'existe que deux petites îles dans le lac de Genève [...] La seconde est à un quart de lieue en avant du port de Villeneuve ; elle est plantée de peupliers et n'a guère plus de 20 mètres carrés. Elle porte le nom d’île de Peilz ; on lui a aussi donné récemment celui d’île des Deux-Amants, après une triste catastrophe dont elle fut le théâtre[5]. »

Géographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, La Tour-de-Peilz mesure 3,24 km2[2].

La Tour-de-Peilz se situe au bord du lac Léman, entre Vevey et Montreux.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon l'Office fédéral de la statistique, La Tour-de-Peilz possède 11 207 habitants fin 2014[1] Sa densité de population atteint 3 459 hab./km². Les habitants s'appellent les Boélands et les Boélandes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le sol de La Tour-de-Peilz a livré des vestiges celtes, Romains et Burgondes. Vers le milieu du XIIe siècle, ce territoire dépend de l'évêque de Sion, qui l'a donné en fief aux comtes du Genevois. Ces derniers inféodent la partie nord aux seigneurs de Fruence[6], et la partie méridionale à des ministériaux qui prennent le nom de La Tour (première mention en 1160). Vers 1250, Pierre II de Savoie acquiert ce territoire et son successeur, le comte Philippe Ier de Savoie, y fonde en 1282 une ville neuve dotée de franchises. Pour renforcer sa position, il agrandit le château (1282-1288) et contribue à l'édification d'une enceinte urbaine (dès 1284 en bois, 1288 en maçonnerie)[7].

Dans le cadre des guerres de Bourgogne le , la ville est prise et pillée par les troupes confédérées. Après la conquête du Pays de Vaud par les Bernois en 1536, La Tour-de-Peilz fait partie du bailliage de Chillon (soit Vevey dès 1735)[7], organisation politique qui prévaut jusqu'au , date de la Révolution vaudoise.

Formation[modifier | modifier le code]

La Tour-de-Peilz compte plusieurs établissements scolaires publics et privés. Les Collèges de Vassin (enfantine), Cadet Rousselle (enfantine et 1-2 primaire), Bel-Air (enfantine et 1-4 primaire), Courbet (enfantine et 1-4 primaire), Marronniers (5-6-7 secondaire), Mousquetaires (7-8-9 secondaire), Charlemagne (3 primaire et classe à effectif réduit) ainsi que le gymnase de Burier (CESSEV) font partie du domaine public, alors que l'établissement Blancpain est privé.

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

L'Église réformée Saint-Théodule en 1899
Biens culturels d'importance régionale
  • Château de la Becque avec écurie
  • Château de Sully
  • Château, tour, remparts et fossés
  • Église réformée Saint-Théodule
  • Ensemble résidentiel de Bellaria
  • La Doges. Maison de maître avec son rural, sa tour, ses pavillons d'entrée et son parc
  • La Faraz. Maison de maître et son parc
  • Résidence Rive-Reine avec annexe
  • Villa Ma Maison avec parc et dépendance
  • Le Musée Suisse du Jeu dans le château (collection)

Château de La Tour-de-Peilz[modifier | modifier le code]

Le château primitif des seigneurs de la Tour

Cité en 1160, Philippe de La Tour de Vevey est le premier seigneur de ce lignage connu. Un tel patronyme signifie assurément que la famille seigneuriale qu’il qualifie possède un château, dont l’élément caractéristique est sa tour principale. Le site conserve encore les restes de cette tour soit les parties basses de deux gros murs, côté lac, lesquels contiennent actuellement le jardin suspendu qui s’étend au sud-est du grand corps de logis résidentiel. C’est assurément le noyau le plus ancien de l’ensemble construit. Par ses amples dimensions (16,5 m x 11,5 m) cette tour ne servait pas seulement de refuge mais abritait une partie de la résidence seigneuriale. On peut imaginer sa hauteur totale entre 16 et 22 m. En un deuxième temps, sans doute durant la première moitié du XIIIe siècle, cette tour aurait été dédoublée par un corps de logis plus spacieux, soit une aula (grande salle), dont le gros œuvre occupe environ les 2/3 du logis actuel.

Le château des comtes de Savoie

En 1250, Philippe de la Tour vend à Philippe de Savoie ses droits sur La Tour-de-Peilz et celui-ci devient, par conséquent, propriétaire du château.

Dans les années 1280, les comtes Philippe puis Amédée V de Savoie flanquent l’enceinte de deux tours circulaires. L’aula est agrandie vers le nord-ouest pour abriter les appartements privés du seigneur, soit la camera domini (chambre du seigneur). En contact avec cette camera domini, un nouveau corps de logis est construit : il abrite la chapelle seigneuriale. La grande tour quadrangulaire n’est pas abandonnée mais abrite notamment une chambre chauffée qu’un haut mur isole de la cour du château.

Les tours circulaires ne sont pas le seul élément défensif nouveau apparu avec les Savoie. Ces derniers entourent la totalité de l’édifice d’une seconde enceinte basse, soit des murs de braies. Ces murs définissent avec les courtines du château une zone de circulation défensive extérieure appelée lices. Ces braies sont en partie conservées mais sont devenues de simples murs de soutènement ou de limites de propriété. En outre, les fossés ont certainement été élargis ; complètement inondés par les eaux du lac, ils faisaient du château de la Tour, à l’instar de Chillon, une véritable île, bien protégée. L’accès principal au château ne se faisait pas comme aujourd’hui par le portail placé au pied de la tour nord-ouest mais par la rue du Château, plus au nord. Un pont franchissait le fossé dans sa plus grande largeur.

Aujourd’hui encore, force est de constater que le terrain situé au nord-est et à l’est des fossés n’est pas bâti. Ce fait s’explique par la volonté des Savoie de faire de ce secteur une zone de dégagement défensif pour le château, en éloignant les maisons du bourg. Cette zone abritait alors les vergers du château mais, avant l’arrivée des Savoie, c’est certainement à cet endroit qu’il faut localiser la première agglomération de la Tour-de-Peilz, soit un bourg primitif construit à proximité et sous la protection du château seigneurial.

De 1536 à nos jours

Certainement incendié durant les Guerres de Bourgogne, le château, qui est récupéré par les Bernois en 1536, connaît un état d’abandon. Le grand corps de logis n’a plus de toiture. Les nouveaux propriétaires n’occupent que la tour circulaire nord-est, qui sert alors de prison. Dans sa proximité se trouvait un petit bâtiment qui abritait le local de la « question », soit le lieu où l’on instruisait le procès des condamnés.

En 1749, Berne vend l’ensemble du château à un riche Français, « inspecteur des travaux et fortifications du Roy » ayant complété sa fortune dans les colonies, notamment en Guadeloupe, Jean Gressier. Ce dernier va faire de l’édifice une demeure privée. Il réhabilite le grand corps de logis qu’il fait percer de ses fenêtres actuelles selon l’ordonnance classique alors en vigueur. Côté cour, une bonne partie de la façade est intégralement reconstruite. Les fossés sont en partie comblés et les lices côté lac transformées en terrasse d’agrément. Pour bénéficier d’un meilleur ensoleillement, Gressier fait abattre la grande tour quadrangulaire.

Actuellement, si l’on s’approche du château depuis la ville, c’est l’aspect médiéval du bâtiment qui s’impose, caractérisé par la présence des anciens fossés qui précèdent une haute et forte muraille, flanquée de deux tours circulaires de la fin du XIIIe siècle. En revanche, vu depuis le lac, le corps de logis présente une sobre et élégante façade classique qui se devinait jusqu’il y a peu derrière une rangée de vieux peupliers d’Italie. De ce côté, l’édifice s’apparente aux nombreuses résidences d’été des milieux aisés, aux « campagnes » comme on disait alors, qui ont essaimé sur les bords du lac Léman dès le XVIIIe siècle.

Les deux tours d'angle, l'enceinte, les remparts et les fossés sont classés monuments historiques en 1973 et le Château est acheté en 1979 par la commune de La Tour-de-Peilz à la suite d'une votation populaire. Les dispositions intérieures d’origine du logis se voient actuellement surtout au rez-de-chaussée (boiseries, poêles en céramique), où sont organisées des réceptions. L’étage et les combles, quant à eux, ont été transformés lors de l’installation du Musée suisse du jeu, en 1987, qui occupe toujours les lieux à ce jour[8],[9],[10].

Musées[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Vue sur le port de La Tour-de-Peilz
  • Gustave Courbet (1819-1877), peintre français, chef de file du courant réaliste. Engagé dans les mouvements politiques de son temps, il a été l'un des élus de la Commune de 1871. S'exile et meurt à La Tour-de-Peilz, jumelée à Ornans, sa ville de naissance.
  • Henri Duparc, compositeur français, (1848 - 1933) vit à La Tour-de-Peilz de 1906 à 1913.
  • Jacques de Bourbon (1870-1931), duc d'Anjou et de Madrid, y est né.
  • A. J. Cronin (1896-1981), l'auteur écossais, y est enterré.
  • La famille d'Igor Markevitch (1912-1983), compositeur et chef d'orchestre, s'y installe en 1916, après avoir quitté la Russie et un bref séjour à Paris.
  • Claude Nicollier, (1944), astrophysicien et 1er astronaute suisse, y a passé son enfance. Il a effectué plusieurs vols dans l'espace, et lors d'une mission, a réparé le télescope spatial Hubble.
  • Claude de Ribeaupière, dit Derib, dessinateur de bandes dessinées, créateur de Buddy Longway, Yakari, etc.
  • Jacques Piccard, scientifique, océanographe, fils d'Auguste Piccard et père de Bertrand Piccard, il est le premier homme avec Don Walsh à être descendu, en 1960 à 10'916 mètres au fond de la Fosse des Mariannes, au large des Philippines (Fosse océanique de plus de 10'000 mètres de profondeur, endroit le plus bas du monde). Jacques Piccard est mort à La Tour-de-Peilz le .
  • Jacqueline de Quattro, Conseillère d'État du Canton de Vaud (PRD) (2007).
  • Peter Brabeck-Letmathe, directeur et président du conseil d’administration de Nestlé.
  • Jean Jardin, (1904-1976) directeur du Cabinet du président du Conseil, Pierre Laval, réfugié en Suisse après la guerre.
  • Yves Débonnaire (1956), entraîneur-formateur de l'ASF et consultant sportif de la TSR.
  • Jean-Claude Biver (1949) président du pôle horloger du groupe de luxe LVMH, a acquis en 2005 le château La Poneyre, situé sur les hauteurs de La Tour-de-peilz.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Population résidante permanente au 31 décembre 2014 », sur Statistiques Vaud (consulté le 3 mars 2015)
  2. a et b « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. a, b et c Georges Richard Wipf, Noms de lieux des pays franco-provençaux : région Rhône-Alpes, Suisse romande, Val d'Aoste : histoire et étymologie, La Ravoire, imprimeries réunies de Chambéry, , 342 p. (ISBN 2-904234-00-4, notice BnF no FRBNF34728901, lire en ligne), p. 223
  4. a et b Dictionnaire toponymique des communes suisses (Centre de dialectologie, Université de Neuchâtel), Frauenfeld, Lausanne 2005, p. 501.
  5. Émile de Kératry (directeur de publication), Revue moderne, vol. 48, Paris, bureaux de la Revue moderne, Lacroix, Verboeckhoven & Cie, (ISSN 1246-0028, notice BnF no FRBNF32860778, lire en ligne), pp. 490-491
  6. Ernst Tremp, « Fruence » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 8 octobre 2009.
  7. a et b Elisabeth Salvi, « Tour-de-Peilz (La) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 25 février 2014.
  8. Cauchies, J.-M. et Guisset, J., (dir.) et De Raemy, D., Le château, autour et alentours (XIVe - XVIe siècles). Paysage, parc, jardin & domaine. « Les braies. Un dispositif défensif méconnu de l’architecture militaire dans les Etats de Savoie », Turnhout, Brepols,
  9. De Raemy, D., Un château peut en cacher un autre. Le château de La Tour-de-Peilz, histoire et architecture, mémoire licence déposé à la Bibliothèque cantonale et universitaire à Lausanne ainsi qu'aux Archives cantonales vaudoises, Lausanne, 1983
  10. De Montet, A., Histoire de la ville de La Tour-de-Peilz (2e éd.), Vevey, Imprimerie Säuberlin &Pfeiffer SA, 1977 (1ère éd. 1927), 264 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]