Multatuli

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Multatuli
Statue à Amsterdam

Eduard Douwes Dekker, dit Multatuli (du latin multa tuli : « J'ai beaucoup supporté »), est un poète et romancier anarchiste néerlandais, né à Amsterdam le et mort à Ingelheim am Rhein le . Il est surtout connu pour son roman-pamphlet Max Havelaar[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La clinique de Natal dans le nord de Sumatra, anciennement le bureau et la résidence de Douwes Dekker dans son premier poste de fonctionnaire colonial (photo prise en 2015)

Fonctionnaire durant 18 ans aux Indes néerlandaises, colonie des Pays-Bas à l'époque, Eduard Douwes Dekker démissionne en 1856 de son poste de vice-résident à Lebak (Java), indigné par le sort réservé aux indigènes, et se lance dans la littérature, dénonçant colonialisme, conformisme et préjugés.

Sorti en 1860, Max Havelaar eut un écho retentissant aux Pays-Bas, ce roman presque autobiographique étant le premier à dénoncer un système économique injuste qui accablait 30 millions de Javanais. C'est à travers Max Havelaar que Multatuli raconte les combats d'un vrai lanceur d'alerte radicalisé qui lutte contre l'oppression des paysans de ce qui deviendra plus tard l'Indonésie. Dans la seconde édition (1875), l'auteur ajoute des Notes et éclaircissements où il parle à la première personne. Douwes Dekker a également écrit des œuvres satiriques (Lettres d'amours), pamphlets, paraboles, polémiques, et le roman Woutertje Pieterse, portrait sensible et avancé d'un enfant. Ces œuvres aussi formaient presque toute la littérature néerlandaise après.

La version française de son plus connu livre, sous le titre de Pages choisies, est passée inaperçue en France lors de sa publication en 1901.

En revanche, ses livres ont été admirés par Sigmund Freud et Karl Marx, qui ont même essayé de les lire en néerlandais.

Mémoire[modifier | modifier le code]

La maison natale de Multatuli à Amsterdam (Korsjesportsteeg 20) a été transformée en un musée où sont conservés sa bibliothèque, du mobilier et divers objets lui ayant appartenu, ainsi que l'urne contenant ses cendres.

L'association internationale Max Havelaar pour la promotion du commerce équitable a repris le titre du roman et l'a déposé comme marque commerciale.

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages traduits en français
  • Multatuli : Pages choisies, traduites par Alexandre Cohen, préface d'Anatole France, Mercure de France, Paris, 1901.
  • Pages choisies de Multatuli, traduites par Lode Roelandt, préface de Henry Poulaille, notice biographique de Julius Pée, Labor, Bruxelles, 1943
  • Max Havelaar, ou les Ventes de café de la compagnie commerciale des Pays Bas, traduction Philippe Noble, Actes Sud, coll. « Babel », Arles, 1991 (ISBN 2-86869-697-X) et (ISBN 2-8040-0658-1) (réédition 2003 : (ISBN 2-7427-4557-2)).

Autres[modifier | modifier le code]

Le navire de commandement KRI Multatuli (561) de la marine indonésienne

La marine indonésienne a baptisé KRI Multatuli un navire de commandement.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Max Havelaar, Of de koffiveilingen der Nederlandsche Handelsmaatschappy, 1860.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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