Université Paris-VIII

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Université de Paris VIII

Vincennes–Saint-Denis

Image illustrative de l'article Université Paris-VIII
Devise L’« Université-Monde »
Nom original Université Paris-VIII
Informations
Fondation
Type Université publique
Régime linguistique Français
Budget 116 millions d'euros (2016)[1]
Localisation
Coordonnées 48° 56′ 42″ nord, 2° 21′ 46″ est
Ville Saint-Denis
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Campus Saint-Denis, Montreuil, Tremblay-en-France
Direction
Présidente Annick Allaigre
Chiffres clés
Personnel 742 (en 2017)
Enseignants 1 008 (en 2017)
Étudiants 20 549 (en 2017)
Premier cycle 14 032 (en 2017)
Deuxième cycle 5 982 (en 2017)
Troisième cycle 1 143 (en 2017)
Divers
Affiliation Université Paris Lumières, Académie de Créteil, Campus Condorcet
Site web www.univ-paris8.fr

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Université de Paris VIII Vincennes–Saint-Denis

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Université de Paris VIII Vincennes–Saint-Denis

L'université de Paris VIII[2], autrefois connue aussi sous le nom d’« université de Vincennes », et actuellement sous celui d'« Université Vincennes à Saint-Denis », est une université française créée en 1971. Elle est l'héritière du Centre universitaire expérimental de Vincennes, créé à l'initiative du ministre Edgar Faure pour être un foyer d'innovation ouvert au monde contemporain, ouvert le 1er décembre 1968, où se sont investis de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Deleuze ou Foucault. Elle a été déménagée, contre la volonté de ses responsables et de ses usagers, à Saint-Denis en 1980.

Université spécialisée dans les sciences de la culture, elle accueille plus de 20 000 étudiants[3]. Près de 900 enseignants-chercheurs y sont employés, ainsi que plus de 900 membres du personnel administratif. Y trouvent également résidence 33 équipes de recherche dont 8 associées au CNRS, 4 écoles doctorales, 1 Idefi (Creatic) et 1 LabEx (Arts-H2H). Elle est membre depuis 2014 de la Communauté d'universités et établissements Université Paris Lumières.

Histoire de l'université[modifier | modifier le code]

Vincennes (1969-1980)[modifier | modifier le code]

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L'histoire de « Paris 8 » commence au Centre universitaire expérimental de Vincennes créé à l'automne 1968, dans l'après mai 68. Des penseurs prestigieux comme Hélène Cixous, Gilles Deleuze, Michel Foucault, Jean-François Lyotard, Jean Droz, Josue de Castro, André Miquel s'y impliquent. La philosophie s'y enseigne dans une volonté marquée d'anti-académisme, ouverte sur le politique. Professeurs et élèves s'envisagent comme des collaborateurs.

Le général de Gaulle, à la fois pour éloigner les étudiants les plus violemment contestataires de Paris, et pour les mettre au défi de réaliser leurs aspirations, a l'idée de leur offrir une faculté dotée d'une très large autonomie pédagogique et financière. Son ministre de l'éducation Edgar Faure est, de son côté, intéressé par la proposition d'un Centre universitaire expérimental que lui fait un collectif de professeurs de l'université de Paris animé par Raymond Las Vergnas, doyen de la Sorbonne.

Le décret de création du Centre est signé en décembre 1968 et le Centre universitaire expérimental accueille ses premiers étudiants en janvier 1969 à Vincennes, sur un terrain appartenant à la ville de Paris.

Tout d'abord « Centre universitaire expérimental », la « fac de Vincennes » ré-envisage les rapports traditionnels entre professeurs et étudiants mais aussi entre l'université et le monde extérieur : l'université est largement ouverte aux non-bacheliers, déjà dans la vie active, en partie à la faveur des nombreux cours dispensés en soirée. Elle est aussi largement ouverte aux étrangers. Ses enseignements sont souvent inédits à l'université et Paris 8 étrenne des départements de cinéma, psychanalyse, arts plastiques, théâtre, urbanisme, hypermédia ou encore intelligence artificielle. Ses choix pédagogiques sont innovants : instauration des UV (semestriels et capitalisables, très en avance sur leur temps), stricte égalité des services entre enseignants quel que soit le statut (les maîtres assistants en font autant que les professeurs), très peu de cours en amphithéâtre, pas de distinction entre cours magistraux et travaux dirigés. Certains départements et enseignants suppriment les traditionnels contrôles sur table et les échelles courantes d'évaluation. Une de ses innovations pédagogiques fut la pluridisciplinarité, qui permit notamment des collaborations entre des enseignants et chercheurs de disciplines aussi diverses que la philosophie, la sociologie, les mathématiques, la littérature et l'histoire.

Au début des années 1970, le Département d'Anglo-américain passe pour le plus structuré, ayant calqué le modèle universitaire américain. La notion d'"Unités de valeurs", introduite dès le début à Vincennes, conçue sur le modèle des "crédits" américains se substitue aux cursus prédéfinis, est par la suite adoptée dans un grand nombre d'universités françaises. Les diplômes ainsi délivrés sont reconnus par l'Éducation nationale (licence et maîtrise d'enseignement, doctorat). La linguistique y occupe une place importante en faisant référence aux travaux de John Lyons, Noam Chomsky, Julia Kristeva, entre autres, qui bousculent les théories du langage établies jusqu'alors.

Un des traits souvent signalés comme étant caractéristiques de l'université de Vincennes était sa forte politisation. Communistes, maoïstes et d'autres courants de la gauche (mais aussi hors de la gauche) se trouvaient plus ou moins mélangés dans les différents départements), ce qui ne fut pas sans conséquences sur les relations pédagogiques (enseignants-étudiants), les relations intra-département (enseignants-enseignants), les relations université-ministère et même sur les contenus des enseignements (en particulier en philosophie et sciences humaines). La gestion de l'université est caractérisée par l'affrontement entre les mouvements "gauchistes" maoïstes, trotskistes, etc., qui refusent de participer à cette gestion, et les communistes et leurs alliés (socialistes et non engagés) qui l'estiment nécessaire à la survie de l'université. En 1979, les "non participationnistes" présentent des listes de candidats aux élections universitaires, mettant fin de fait à cette coupure.

Jusqu'en 1980, « Vincennes » voit peu à peu son état matériel et pédagogique se dégrader : des éléments du mobilier sont dévastés ou volés, la saleté confine à l'insalubrité, des rumeurs d'inscriptions factices, des problèmes d'évaluation des étudiants conduisent au refus d'homologation des diplômes de l'université.

Saint-Denis (depuis 1980)[modifier | modifier le code]

Sur le site de Saint-Denis, entrée de l'université entre 1981 et 1998.

En 1980, à l'initiative de Jacques Chirac, maire de Paris, et sur instruction d'Alice Saunier-Seïté, Ministre des universités dans le troisième gouvernement Barre[4], l'université est expulsée du Bois de Vincennes, et les bâtiments sont rasés. Le Canard enchaîné titre : « Alice a perdu ses facultés ». La ministre commente : « De quoi se plaignent-ils? Leurs nouveaux bâtiments seront situés entre la rue de la Liberté, l'avenue Lénine et l'avenue Stalingrad, et ils sont chez les communistes[5]. ».

L'université est transférée à Saint-Denis. Le déménagement se fait contre la volonté des enseignants et des étudiants de Paris 8[6] qui parlent à l'époque de « démantèlement » et se battent quatre ans contre le projet. Selon Bernard Charlot, du Département des Sciences de l'éducation, personne n'était content : « La fac ne voulait pas y aller, et la ville ne voulait pas de la fac : une fac gauchiste dans une ville communiste, vous pensez ! ».

La destruction des 40 000 mètres carrés des locaux du Bois de Vincennes, sous la protection de centaines de policiers, est aussi une très mauvaise opération financière : les bâtiments avaient été bâtis en dur et pouvaient résister au temps.

Les premiers locaux dionysiens, placés le long d'une voie à forte circulation, sont toujours en place aujourd'hui, mais le site s'est agrandi et de nouveaux locaux y sont ajoutés régulièrement afin d'assurer un accès viable à la population estudiantine croissante.

Développements récents[modifier | modifier le code]

De nouveaux développements continuent de modifier l'université. En 1990 est créée une filière d'enseignement à distance, en association avec le CNED, qui prend la forme en 1997 d'un institut appelé l'Institut d'enseignement à distance. Il propose des formations en psychologie principalement, mais aussi en sciences de l'éducation, en droit et en informatique.

En 1992 et 1998 sont créés deux Instituts universitaire de technologie (IUT), à Tremblay-en-France et à Montreuil.

Sur le site de Saint-Denis, entrée de l'université depuis 1998

En 1998, les deux « rives » de la voie rapide qui traverse le campus de Saint-Denis sont reliées par un pont qui abrite la nouvelle bibliothèque de Paris 8, lieu impressionnant[7] qui dépasse en superficie la bibliothèque du Centre Pompidou. Le clin d'œil est appuyé, le symbole est fort: pour entrer à l'université, on passe désormais par la bibliothèque.

Simultanément, une station de métro Saint-Denis Université est inaugurée, modifiant quelque peu le rapport que l'université entretient avec la ville : les étudiants ne traversent plus Saint-Denis puisque leur station de métro débouche sur le parvis en face de l'université.

Les étudiants de l'université Paris 8 aussi ont changé. Ils sont plus jeunes et pour la plupart bacheliers. Les jeunes professeurs, ignorants des spécificités historiques de Paris 8 ou ne s'y intéressant pas, finissent par donner à l'université une forme de moins en moins expérimentale, excepté pour les cours d'art et notamment d'arts plastiques où la relation élèves-professeurs reste très libre (le tutoiement est notamment de rigueur avec beaucoup de professeurs) et les cours (choisis par les étudiants qui décident de ce fait eux-mêmes de leurs emplois du temps) restent considérés comme expérimentaux.

En 2006, un bâtiment (nommé « D ») sort de terre, remarquable par ses courbes et sa vêture de panneaux de verre translucide ; il abrite les UFR d'AÉS-ÉG, TES, l'IED, l'IFG ainsi que des laboratoires de recherche.

En 2008, un nouvel immeuble, de couleur rouge brique, est mis en service ; il héberge le restaurant universitaire (2 000 repas par jour, 5 000 m2), ainsi qu'un petit nombre de logements pour les étudiants étrangers (55 chambres) et un logement de fonction[8]. En 2009, un espace est arborisé au milieu de l'ensemble des nouveaux bâtiments.

En 2010, une "Maison des étudiants", d'une surface de 730 m2, ronde et recouverte d'un treillis de métal argenté, est construite sur le campus[9]. Elle regroupe les services liés à la vie étudiante, à la médecine préventive, au CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), ainsi qu'aux organisations étudiantes.

Composantes[modifier | modifier le code]

L'université compte 11 Unités de formation et de recherche (UFR), 3 instituts et 2 IUT[10].

Unités de formation et de recherche[modifier | modifier le code]

  • UFR AÉS - Économie et gestion. L'UFR accueille 1 300 étudiants dans deux départements: "Administration économique et sociale (AÉS), "Économie et gestion"
  • UFR Arts, philosophie, esthétique. L'UFR accueille 4 200 étudiants dans huit départements: "Arts plastiques", "Arts et technologies de l’image" (ATI), "Cinéma", "Danse", "Musique", "Philosophie", "Photographie", "Théâtre" ;
  • UFR Culture et communication. L'UFR accueille 1 000 étudiants.
  • UFR Droit. L'UFR accueille 1 100 étudiants ;
  • UFR ériTES Études, recherche et ingénierie en territoire & environnements. L'UFR accueille 1 700 étudiants dans 3 départements: "Géographie", "Méditerranée, monde maghrébin", "Mathématiques MIASHS" et "Technologie et handicap" (Handi) ;
  • UFR Langues et cultures étrangères - LLCÉR-LÉA. L'UFR accueille 900 étudiants dans treize départements: "Études germaniques, "Études des pays anglophones" (DEPA), "Études arabes", "Études espagnoles", "Études slaves", "Études hébraïques", "Études italiennes", "Études portugaises", "Études des langues minorisées", "Études chinoises", "LEA", "Études avancées (Masters) de l’UFR Langues" (LLCE-LEA), Centre de langues (CDL) ;
  • UFR MITSIC (Mathématiques, informatique, technologies, sciences de l'information et de la communication). L'UFR accueille 1 100 étudiants dans sept départements: "Mathématiques, Informatique, Technologie" (Licences), "Sciences de l’information", "Hypermédias", "Informatique", "Mathématiques" et "Micro-informatique et machines embarquées" (MIME) ;
  • UFR Psychologie. L'UFR accueille 400 étudiants ;
  • UFR Sciences de l’éducation, Psychanalyse et Com/Français langue étrangère. L'UFR accueille 500 étudiants dans trois départements: "Com/FLE" (Communication/Français langue étrangère), "Psychanalyse", "Sciences de l’éducation" ;
  • UFR Sciences du langage. Linguistique générale, didactique des langues étrangères, Langue des signes française. L'UFR accueille 800 étudiants.

Instituts universitaires de technologie[modifier | modifier le code]

  • L'IUT de Tremblay-en-France. Fondé en 1992, l'IUT accueille 300 étudiants dans deux départements: "Génie industriel et maintenance" (GIM), "Gestion, logistique et transport" (GLT). Il prépare à l'obtention de 2 DUT et 1 licence professionnelle.
  • L'IUT de Montreuil. Fondé en 1998, l'IUT accueille 600 étudiants. Depuis sa création, l'IUT de Montreuil a connu trois directeurs : Thierry Baffoy (1998-2004), Bernard Bétant (2004-2009) et André-Max Boulanger (2009-…). Les locaux de 1998 comprennent, outre des bureaux et des salles de cours, une bibliothèque et un atelier de fabrication de stylo. En 2012, un nouveau bâtiment de 4 400 m2 ajoute des locaux d’enseignement et administration, ainsi qu'un restaurant universitaire[11]. L'IUT de Montreuil prépare à l'obtention de 4 DUT et 5 licences professionnelles héberge également deux structures de recherche: depuis 2000, le laboratoire de recherche en informatique et communication (LINC) qui prend pour objet les problèmes de communication intervenant dans des situations d'enseignement, de handicap de la communication, ou avec et via les NTIC). Développement de modèles et de techniques informatiques liés aux interfaces adaptatives, à l'imagerie numérique, et aux bases de données hétérogènes; depuis 2001, l’équipe de recherche « Modélisation et génie des systèmes industriels » (MGSI). Recherche appliquée aux systèmes de production de biens et de services. Développement de démarches formalisées d’amélioration des performances et de réorganisation industrielle. Méthodes et outils d’aide à la décision destinés aux consultants et aux intégrateurs de solutions d’entreprise.

Autres composantes[modifier | modifier le code]

  • L'Institut d'enseignement à distance (IED). Fondé en 1997, l'IED propose 15 formations relevant de quatre champs disciplinaires (psychologie, sciences de l’éducation, droit, informatique). Il accueille 5 200 étudiants de 54 pays du monde, et dispose de son budget propre (1,8 M€)[12].
  • L'Institut d’études européennes (IÉE). Fondé en 1992, l'IÉE accueille 300 étudiants par an, et propose un Doctorat, un Master (avec 4 spécialités), une Licence professionnelle, et un Diplôme d'université.
  • L'Institut français de géopolitique (IFG). Fondé en 1989, l'IFG accueille 150 étudiants et propose un Doctorat et un Master (avec 2 spécialités)
  • Les Presses universitaires de Vincennes (PUV). Service commun de l’université dirigé par un enseignant-chercheur, les PUV existent depuis 1982 et produisent environ 15 ouvrages nouveaux par an (10 livres tirés à environ 700 exemplaires, 5 revues avec un tirage de 400-700 exemplaires). Fonds: 313 titres, soit 160 000 exemplaires depuis la création[12].
  • Le Service universitaire de formation initiale et continue pour l’enseignement (SUFICE). Service commun de l’université, le SUFICE prépare aux concours nationaux de l'enseignement (CAPES et agrégation) et met en œuvre des stages de formation continue destinés notamment aux professionnels de l’éducation nationale.
  • La formation permanente (FP). Structure lucrative au sein de l'université (budget: 3,5 M€ en 2006)[12] , la FP propose des formations regroupées autour de quatre pôles : management des ressources humaines, droit de la santé, santé mentale et thérapie, langue des signes française.

Formation et recherche[modifier | modifier le code]

Les enseignements[modifier | modifier le code]

Façade d'entrée de l'université.

L'Université de Paris VIII propose de nombreux diplômes, organisés selon le schéma LMD : 6 DUT, 22 licences, 11 licences professionnelles, 36 masters, 49 doctorats.

En 2009, sur 13 universités comparées par le quotidien La tribune et l'Agence éducation formation se fondant sur l'évaluation de l'AÉRES, Paris 8 est classée dans les six premières pour l'offre de formation en licence (« B » pour le « Pilotage de l'Université », « A » pour les « Objectifs et moyens de la réussite », "B" pour les « Périmètres et ressources », « B » pour le « Qualité du diplôme, insertion et poursuite d'étude »). Pour les Masters, elle est classée 24e sur 49 (41 % des spécialités ont obtenu la note A, contre 83 % pour la première, ou 0 % pour la dernière)[13]

L'Université de Paris VIII est avant tout consacrée aux Sciences humaines et sociales, aux lettres et aux langues. Dans le passé, du fait des prises de positions anticonformistes des enseignants de l'université, certains départements ont été stigmatisés, d'autres portés aux nues. Foyer du post-modernisme en philosophie et lieu précurseur des Arts technologiques, Paris 8 a su innover dans bien des domaines, notamment par sa capacité à rapprocher des disciplines très différentes. Ainsi, dans le domaine des Sciences de l'information et de la communication, l'UFR de « Culture et communication » offre-t-elle la plus grosse Licence en « Information et communication » d'Île-de-France. Ainsi également le département d'intelligence artificielle a-t-il été à la pointe et le département MIME (« Micro-informatique et machines embarquées ») a-t-il remporté la célèbre coupe de robotique E=M6 en 1994. Parmi les avantages qu'elle offre, l'université Paris 8 est l'un des très rares établissement à dispenser des cours en études féminines ou des cours de langue amazigh (berbère), bretonne, basque ou quechua, nahuatl.

Aujourd'hui encore, les enseignements à l'université Paris 8 sont marqués par les innovations pédagogiques héritées du Centre universitaire expérimental de Vincennes :

  • la différence habituelle entre « cours magistraux » et « travaux dirigés » n'est pas marquée : tous les enseignants dispensent des cours à la fois théoriques et pratiques, quels que soient la matière et le statut de l'enseignant ;
  • les cours ne se donnent jamais en amphithéâtre (ou très peu: il n'y a que 5 amphis pour toute l'université) ;
  • les cours sont semestrialisés depuis toujours ;
  • le contrôle continu est la règle.

En 2009, le Conservatoire à rayonnement régional d'Aubervilliers en partenariat avec le Département « Musique » de l'université, le Cefedem (Centre de formation à l’enseignement de la danse et de la musique) d'Île-de-France et le CFMI (Centre de formation de musicien intervenant) de l'université de Paris XI («Paris-Sud») devient l'un des huit pôles nationaux d'enseignement supérieur de la musique et délivre le Diplôme national supérieur professionnel de musicien.

Relations internationales[modifier | modifier le code]

Les relations internationales de l'Université de Paris VIII ont toujours été une priorité[14]. Créé en 1987, le Service des relations et de la coopération internationale (SERCI) fut le premier service des relations internationales mis en place au sein d’une université française[12]. Il gère environ 400 étudiants qui viennent à Paris 8, et environ 250 qui partent de Paris 8 pour des échanges inter-universitaires[15].

Les structures de recherche[modifier | modifier le code]

Les enseignants-chercheurs de l'université exercent leur métier de chercheur dans de nombreuses équipes reconnues par le Ministère : 35 équipes d'accueil (ÉA), dont 6 unités mixtes de recherche (UMR). De plus, 4 écoles doctorales accueillent plus de 1 000 doctorants.

Centres de recherche et laboratoires (2017)[16]
Numéro Structures
ÉA4010 Arts des images et art contemporain (AIAC)
ÉA3388 Centre d’études sur les médias, les technologies et l’internationalisation (CEMTI)
ÉA1581 Centre de recherche en Droit privé et Droit de la santé (CRDPDS)
ÉA3971 Centre de recherche interuniversitaire, expérience, ressources culturelles, éducation (EXPERICE)
ÉA353 Centre de recherches et d’analyses géopolitiques (CRAG)
ÉA1571 Centre de recherches historiques - histoire des pouvoirs, savoirs et sociétés (HISPOSS)
ÉA4384 Centre interdisciplinaire de recherche, culture, éducation, formation, travail (CIRCEFT)
ÉA4004 Cognitions humaine et artificielle (CHArt)
ÉA1572 Esthétique, musicologie, danse et création musicale (MUSIDANSE)
ÉA2302 Esthétiques, sciences et technologies du cinéma et de l’audiovisuel (ESTCA)
ÉA2303 Études juives et hébraïques (EJH)
ÉA4387 Forces du droit - paradoxes, comparaisons et expérimentations (FDPCE)
ÉA4007 La section clinique
ÉA3391 Laboratoire d’économie dionysien (LED)
ÉA4008 Laboratoire d’études et de recherches sur les logiques contemporaines de la philosophie (LLCP)
ÉA4385 Laboratoire d’études romanes (LER)
ÉA4383 Laboratoire d’informatique avancée de Saint-Denis (LIASD)
ÉA2027 Laboratoire de psychopathologie et de neuropsychologie (LPN)
ÉA349 Laboratoire Paragraphe
ÉA4386 Laboratoire parisien de psychologie sociale (LAPPS)
ÉA1577 Les mondes allemands - histoire des idées et des représentations
ÉA7322 Littérature, histoires, esthétique (LHE)
ÉA2336 QUARTZ
ÉA1573 Scènes du monde, création, savoirs critiques
ÉA1569 Transferts critiques anglophones (TransCrit)
UMR7217 Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA)
UMR8533 Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société (IDHES)
UMR8244 Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP)
UMR7218 Laboratoire Architecture Ville Urbanisme Environnement (LAVUE)
UMR7539 Laboratoire d’analyse, géométrie et application (LAGA)
UMR7533 Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS)
UMR7023 Structure formelle du langage (SFL)
UMR8238 Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS)

Sur l’ensemble du corps enseignant titulaire de l’Université, 91 % sont des enseignants-chercheurs, à comparer avec 80 % de moyenne au plan national[17]. En reprenant les critères de l'AÉRES, 65 % sont dits « chercheurs publiants », contre 72 % au niveau national.

Le budget de la recherche à Paris 8, géré par le Service de la recherche, s'élève à 3,3 M€ environ[17]. De 2005 à 2007, 16 projets financés par l'Agence nationale de la recherche (ANR) ont été retenus (2 en 2007, pour 317 k€; 2 en 2008, pour 240 k€)[18].

Au cours du contrat quadriennal 2005-2008, 15 contrats de recherche ont été passés avec des entreprises, pour un montant total de 237 000 euros. Créé en 2007, le Service des activités industrielles et commerciales (SAIC) gère un budget d’environ 1 M€[18].

En 2011, le projet « Arts et médiations humaines » porté par 12 équipes de l’université a été retenu dans le cadre d'un appel d'offres du Ministère. Il préfigure la création d'un Centre universitaire des arts.

Écoles doctorales[modifier | modifier le code]

Les doctorants constituent une spécificité de l’Université Paris 8 par leur nombre très important (près de 1000). Mais seules 250 thèses sont soutenues par an, ce qui souligne un problème d'encadrement mais s'explique aussi par le nombre important de doctorants d'origine étrangère (65 %), ainsi que le très faible nombre de sources de financement (à peine 30 allocations de recherche par an et 30 postes d'ATER par an). La dotation financière est dénoncée comme "insuffisante" par l'AÉRES[18].

LabEx[modifier | modifier le code]

Le Laboratoire d’excellence Arts-H2H (Arts et Médiations humaines) a été retenu le 25 mars 2011 parmi les 100 lauréats de l’appel à projets des « Investissements d’avenir ». Il regroupe 14 unités de recherche des universités de Paris-VIII et Paris-X et bâtit ses projets avec 13 partenaires, dont 2 universités, 4 grandes écoles d’art, 6 établissements patrimoniaux et de diffusion artistique et 1 EPCS : Université de Paris X, ÉNS Louis-Lumière, École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Centre national de danse contemporaine, Conservatoire national supérieur d’Art dramatique, La Chartreuse, RMN - Grand Palais, Centre Georges Pompidou, Campus Condorcet, BnF, Centre Pompidou – Metz, Archives nationales. Entre 2012-2015, le LabEx a soutenu financièrement 100 projets, noué 150 partenariats étrangers, créé 7 chaires internationales par an, offert 12 contrats doctoraux, publié 1 revue en ligne, 1 collection d’ouvrages thématiques, et 1 collection de textes de référence.[19]

Gouvernance et moyens[modifier | modifier le code]

Budget[modifier | modifier le code]

En 2015, le ministère a alloué 116 millions au budget de l'université[1], dont 111 M€ en dépenses de personnel titulaire et 5 M€ en dépenses de fonctionnement. En comparaison, le budget de l'université voisine Paris-XIII est de 141 M€, et celui de Paris-X de 160 M€.

En 2009, le ministère a investi dans le patrimoine de l'université : réhabilitation de l'IUT de Montreuil (coût de l'opération de 19,6 M€ dont 9,8 M€ financés par l'État) ; Maison des sciences de l'homme et plateforme "Arts, sciences et technologies" (coût de l'opération de 20 M€ dont 10 M€ financés par l'État), en commun avec l'Université Paris-XIII ; Plan Campus Condorcet (450 millions d'euros, dont 1 million d'euros versés cash au titre des études).

L'AÉRES a noté dans son rapport de 2009 que le budget dévolu à la sécurité de l'établissement est important, aussi important que celui de la recherche[20]!

Patrimoine immobilier[modifier | modifier le code]

L'université est petite : sa surface représente environ 80 000 m2, dont 82 % pour le seul site central. Rapportée au nombre d'étudiants, cette surface est très faible : 3,4 m2 par étudiant, contre 9,9 pour la moyenne nationale[12].

Présidents de l'université[modifier | modifier le code]

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

L'université de Paris VIII héberge de nombreuses associations d'étudiants: CIVD (Centre interculturel de Vincennes Saint-Denis), fondé en 1984, BDE des lettres et de sciences humaines (LSHS), BDE Droit, BDE Communication, AD Vitam, Le Monde en 8, etc. Lors de la journée des associations organisés par la Maison des étudiants en 2010, plus d'une vingtaine d'associations étaient présentes. Elle prête également des locaux aux syndicats d'étudiants: Oxygène, Solidaires Étudiant-e-s, UNEF, UEAF, Tikli, etc.

Les effectifs étudiants[modifier | modifier le code]

Répartition des étudiants (2017)[22]
UFR et instituts. Diplômes préparés Licences Masters Divers Total Variation annuelle
UFR AÉS - ÉG (Administration, économie, gestion). Licence en « Administration économique et sociale », Licence en « Économie et gestion », Master en « Économie des organisations », Master en « Management et commerce international », Master en « Management », Master en « Monnaie, banque, finance, assurance » 937 308 3 1248 –6 %
UFR ARTS. Licence en « Arts du spectacle » (cinéma, danse, théâtre), Licence en « Arts plastiques » (arts et technologie de l'image), Licence en « Philosophie », Licence en « musicologie », Master en « Arts de la scène et du spectacle vivant », Master en « Arts plastiques », Master en « Cinéma et audiovisuel », Master en « Danse », Master en « Musicologie », Master en « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEÉF Arts plastique, ou Éducation musicale et chant choral), Master en « Création numérique », Master en « Philosophie » 2613 1318 116 4047 –3 %
UFR CC (Culture et communication). Licence en « Information et communication », Licence pro. en « Métiers de l'information » (techniques journalistiques pour les nouveaux médias), Licence pro. en « Métiers de la communication : chef de projet communication » (Communication interactive et multimédia), Master en « Culture et communication » (industries culturelles et créatives, médias internationaux, communication numérique et conduite de projets) 728 287 15 1030 0 %
UFR DROIT. Licence en « Droit », Licence pro. en « Droit », Master en « Droit de la santé », Master en « Droit privé », Master en « Droit public », DU/DÉSU en « Criminologie », DU en « Clinique juridique » 724 293 36 1053 –5 %
UFR ériTES (Études, recherches et ingénierie en Territoire, environnement et sociétés). Licence en « Géographie et aménagement », Licence en « Mathématiques, informatique appliquées aux sciences humaines », Master en « Géographie, aménagement, environnement et développement », Master en « Civilisations, cultures et sociétés » (Méditerranée, Maghreb, Europe), Master en « Mathématiques, informatique appliquées aux sciences humaines » 364 198 1 563 –201 %
UFR LLCÉR - LÉA. Licence en « Langues étrangères appliquées » (allemand, anglais, arabe, espagnol, hébreu, italien, portugais, russe, anglais–chinois), Licence en « Langues, littératures & civilisations étrangères et régionales » (anglais, arabe, espagnol, études européennes et internationales), Master en « Traduction et interprétation », Master en « Civilisations, cultures et sociétés » (études juives et hébraïques), Master en « Langues et sociétés », , Master en « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEÉF Anglais ou Espagnol) 1337 308 27 1672 +47 %
UFR MITSIC (Mathématiques, informatique, technologies, sciences de l’information et de la communication). Licence en « Informatique », Licence en « Mathématiques », Licence en « Mathématiques, informatique appliquées aux sciences humaines », Licence pro. en « Métiers de l’informatique : applications web » (objets communicants intelligents), Licence pro. en « Métiers du numérique : conception, rédaction et réalisation web » (design web mobile), Master en « Création numérique », Master en « Humanités numériques », Master en « Archives », Master en « Patrimoine et musée », Master en « Informatique », Master en « Mathématiques et applications », Master en « Mathématiques et informatique appliquées aux sciences humaines et sociales » 538 442 4 984 -8 %
UFR PSYCHOLOGIE. Licence en « Psychologie », Master en « Psychologie » 680 341 2 1023 +61 %
UFR SDL (Sciences du langage). Licence en « Sciences du langage », Licence professionnelle en « Gestion et accompagnement de projets pédagogiques » (Enseignement de la langue des signes française en milieu scolaire), Master en « Sciences du langage » (didactique des langues, Interprétation, Langue des signes française/français, Linguistique, acquisition, didactique, linguistique des langues des signes), Master en « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEÉF Langue des signes française) 178 164 11 353 -122 %
UFR SÉPF (Sciences de l'éducation, psychanalyse, FLÉ). Licence en « Sciences de l’éducation », Master en « Psychanalyse », Master en « Sciences de l’éducation » 306 458 149 913 +39 %
UFR Textes et sociétés. Licence en « Histoire », bi-licence en « Histoire et science politique », Licence en « Science politique », Licence en « Sociologie », Licence en « Lettres », Master en « Création littéraires », Master en « Histoire », Master en « Lettres », Master en « Science politique », Master en « Sciences sociales », Master en « Études sur le genre », Master en « Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEÉF Lettres, ou Sciences économiques et sociales) 1353 533 56 1942 0 %
IED (Institut d'enseignement à distance). Licence en « Informatique », Licence en « Droit », Licence en « Sciences de l’éducation », Licence en « Psychologie », Master en « Sciences de l’éducation », Master en « Psychologie » 3305 851 90 4246 0 %
IÉE (Institut d'études européennes). Licence pro. en « Métiers du commerce international », Master en « Études européennes et internationales » 52 277 23 352 -13 %
IFG (Institut français de géopolitique). Master en « Géopolitique » 0 204 2 206 +12 %
IUT de Montreuil. DUT « Informatique » (ouvert en 1992), DUT « Qualité, logistique industrielle et organisation » (QLIO, ouvert en 1996) ; DUT « Gestion administrative et commerciale » (GACO, ouvert en 2006) ; DUT « Information – communication » (InfoCom, ouvert en 2015), licence pro. « Communication interactive et multimédia » (CIM, ouverte en 2000); licence pro. « Coordonnateur des améliorations des processus d'entreprise » (CAPE, ouverte en 2003); licence pro. « Conception des systèmes d'information, intégration et décision » (CSID, ouverte en 2005); licence pro. « E-commerce et marketing numérique » (ouverte en 2011) ; licence pro. « Commerce et distribution » (ouverte en 2014) 621 0 0 621 +6 %
IUT de Tremblay. DUT « Génie industriel et maintenance » (GIM) ; DUT « Gestion, logistique et transport » (GLT) ; DUT en « Gestion des entreprises et des administrations » ; Licence pro. « Logistique et pilotage des flux » (Logistique des filières aéroportuaires), DU en « Management des organisations sportives » 296 0 0 296 +9 %
Total 14032 5982 535 20549 0%


Répartition des doctorants (2017)[22]
Écoles doctorales Doctorants Variation annuelle
ÉD « Esthétiques, sciences et technologies des arts ». Doctorats en « Arts plastiques et photographie », « Cinéma et audiovisuel », « Images numériques », « Musique », « Théâtre et danse » 239
ÉD « Cognition, langage, interaction ». Doctorats en « Ergonomie », « Informatique », « Informatique Mathématiques », « Mathématiques », « Productique-Génie industriel », « Psychologie », « Sciences de l’information et de la communication », « Sciences du langage » 160
ÉD « Pratiques et théories du sens ». Doctorats en « Anthropologie », « Architecture », « Études de genre », « Études hispaniques », « Études italiennes », « Études juives et hébraïques », « Études portugaises, brésiliennes et d’Afrique lusophone », « Histoire ancienne », « Histoire contemporaine », « Histoire et civilisations », « Histoire médiévale », « Histoire moderne », « Langue, littérature et études germaniques », « Langues et littératures françaises », « Langues et littératures françaises (sémiotique) », « Langues, littératures et civilisations des pays anglophones », « Littérature générale et comparée », « Philosophie », « Psychanalyse », « Science politique », « Sciences de l’éducation » 387
ÉD « Sciences sociales ». Doctorats en « Anthropologie », « Droit médical », « Droit privé et sciences criminelles », « Droit public », « Études slaves – cultures et civilisations contemporaines », « Études urbaines, aménagement et urbanisme », « Géographie / Géographie humaine et régionale / Géopolitique », « Informatique », « Sciences de gestion », « Sciences de l’éducation (avec Paris 13) », « Sciences de l’information et de la communication », « Sciences économiques », « Sociologie » 344
Hors ÉD de Paris 8 13
Total 1143 +13 %

En 1969, à sa création, l'université avait accueilli 7 791 étudiants et 240 enseignants[23]. Le nombre des étudiants avait ensuite crû continuellement, pour plafonner à 32 979 en 1979 et refluer ensuite[23].

Nombre d'étudiants à l'université de Paris VIII depuis 1969

[24],[25]
(Les données entre 1979 et 1999 sont indisponibles.)

En 2009, le bilan du Ministère fait apparaître 2 303 inscriptions en Licence[26], à comparer avec les universités voisines de l'Académie de Créteil: 1 326 pour Marne-la-Vallée, 2 590 pour Paris-XIII et 3 571 pour Paris XII.

Un public spécifique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, près de 40 % des étudiants étaient d'origine étrangère (nombreux réfugiés politiques, en particulier)[23]. Aujourd'hui, la proportion est de 35 %, contre moins de 15 % pour la moyenne nationale. Au doctorat, 65 % des étudiants sont de nationalité étrangère[27].

Le public de Paris 8 est spécifique également parce que, parmi les nouveaux bacheliers, seulement 62 % sont titulaires d’un baccalauréat général (contre 81 % pour la moyenne des universités du même groupe disciplinaire)[28]. De même, plus de la moitié des primo-entrants ont une origine sociale modeste et 38 % des étudiants sont salariés. Enfin, plus de 20 % des étudiants de Paris 8 suivent un enseignement à distance, au sein de l'Institut d'enseignement à distance.


Mouvements sociaux[modifier | modifier le code]

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Le blocage de l'université, pendant le mouvement social étudiant de novembre 2007.

L'université Paris 8 a été secouée à plusieurs reprises par divers mouvements sociaux. En 1971, une grève visant l'intégration du personnel précaire de nettoyage, accompagnée d'une séquestration du vice-président Claude Frioux, mène à la démission du Président Michel Beaud. Claude Frioux lui succède de 1971 à 1976 et mène une politique d'apaisement entre les multiples courants qui agitent l'université. Pierre Merlin, jusque-là vice-président, lui succède en 1976..En 1977, un important trafic de stupéfiants, dont les acteurs (vendeurs et clients), extérieurs à l'université, cherchent à profiter des franchises universitaires (tradition de non intervention de la police dans les locaux universitaires), est démantelé à la suite d'une coopération entre la Brigade des stupéfiants et les responsables de l'université. La même année, la lutte des étudiants non-inscrits prend une forme particulièrement violente puisque le Président de l'université, Pierre Merlin, est séquestré puis bousculé en présence de plusieurs centaines d'étudiants. En 1979, l'université est occupée par un collectif de mineurs en fugue. De 1978 à 1980 s'organise la lutte contre le projet de la ministre des Universités, Alice Saunier-Séïté, de déménager l'université sur un site étroit (précédemment occupé par un IUT de l'Université de Paris XIII) à Saint-Denis. Le gouvernement ayant fait construire les locaux de Saint-Denis, le déménagement est opéré début août sous la protection de la police.

En 1995, l'université est à nouveau occupée à l'occasion de la grève contre la politique du gouvernement d'Alain Juppé. En 2000, un collectif d'étudiants sans-papiers occupe durant un mois un amphithéâtre pour demander l'automaticité de l'obtention de la carte de séjour pour les étudiants étrangers, avec comme mot d'ordre « carte d'étudiant = carte de séjour ».

En 2003, des étudiants font grève contre la réforme LMD. En 2004, des étudiants mènent un blitz contre l'installation de caméras de vidéo-surveillance dans l'université (plusieurs caméras ont été détruites par des personnes masquées[29]).

En 2005, des étudiants en anthropologie occupent durant trois semaines un amphithéâtre pour protester contre la suppression de leur département. En mars 2006, l'université est paralysée pendant deux semaines par la grève anti-CPE. Au mois de décembre de la même année, un collectif de sans-papiers occupe durant une semaine l'amphithéâtre du bâtiment A, avant d'être évacué par la police.

En 2007, des étudiants, se mobilisent tôt (la première Assemblée générale a lieu le 16 octobre soit 2 semaines après la rentrée universitaire) contre la loi LRU. Le mouvement commence par surprendre (affluence en Assemblée générale supérieur au CPE) mais ne fait pas l'unanimité. L'université connait onze jours de blocage total, et elle est très perturbée pendant près de 8 à 9 semaines, à la fois par une grève des transports, et par des barricades qui ne sont pas complètement démontées. Le bâtiment C est occupé de la mi-novembre jusqu'aux vacances de Noël où le mouvement finit par s'essouffler.

En 2009, nouveau mouvement de grève, commençant en février. Pas de blocage, mais arrêt des cours pendant plusieurs semaines. Des enseignants s'érigent contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs. L'assemblée des enseignants-chercheurs lance la « ronde infinie des obstinés » en Place de grève. Les Conseils tiennent leur séance hors les murs.

En 2010, la lutte contre la réforme des retraites provoque le blocage sporadique de l'université[30].

En 2012, une pétition a été signée par plusieurs centaines d'élèves[réf. souhaitée] de la section Arts après le passage à tabac d'un étudiant par un agent de sécurité et un agent administratif de la faculté. Plusieurs élèves et une professeur ont été blessés, la bagarre s'est déroulée en plein cours et les agents concernés ont reçu une mise à pied[31].

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Anciens étudiants[modifier | modifier le code]

Enseignants et anciens enseignants[modifier | modifier le code]

Docteurs honoris causa[modifier | modifier le code]

L'université Paris 8 décerne, après proposition du Conseil scientifique, le titre de Docteur honoris causa à une personnalité étrangère dont l'engagement et les œuvres s'inscrivent dans l'esprit de l'université.

Prix et bourse Édouard-Glissant[modifier | modifier le code]

L'université de Paris-VIII, avec le soutien de RFO, de la Maison de l'Amérique latine, de l’Institut du Tout-Monde, et de l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), a créé en 2002 un « prix Édouard-Glissant », pour honorer une œuvre artistique marquante de notre temps selon les valeurs poétiques et politiques d'Édouard Glissant (la poétique du divers, le métissage et toutes les formes d’émancipation).

Article détaillé : Prix Édouard-Glissant.

Une « Bourse Édouard-Glissant » a été créée en 2004. D’un montant de 5 000 , elle est attribuée chaque année à un(e) doctorant(e) sélectionné(e) sur appel à candidatures (dossier et entretien avec le jury), qui présente un projet de recherche sur le thème de la diversité culturelle, du partage des savoirs et la pluralité des expériences de pensée, dans l’esprit des travaux d’Édouard Glissant, et qui mène si possible des travaux de façon itinérante dans des environnements culturels différents.

  • 2014. Keivan Djavadzadeh-Amini pour son projet de thèse sur la musique populaire noire, les discours contre-hégémoniques et les représentations de soi
  • 2013. Anis Fariji pour son projet de thèse sur la question de la modernité dans la musique d’art arabe contemporain, ainsi que Gonzalo Yanez Quiroga pour son projet de thèse sur le divers en exil, la relation et la rencontre confidentielle, l’oralité, les décolonisations poétiques et nouvelles articulations du commun
  • 2012. Hiroshi Matsui, doctorant, pour son projet de thèse « Deux cartographies de la relation (Aimé Césaire, Kateb Yacine, Edouard Glissant) »
  • 2011. Alberto Bejarano (né en 1980), doctorant de philosophie sur « Roberto Bolaño et le langage du mal »
  • 2010. Joanna Malina, doctorante en Littératures française et francophone sur les « Littératures francophones et didactique du FLE : une expérience du tout monde dans la formation universitaire des romanistes en Europe centrale et orientale »
  • 2009. Laura Joseph-Henri, doctorante en science politique sur « Les discours de l’identité noire au Brésil : espaces, temps et appartenances »
  • 2008. Aliocha Wald Lasowski, doctorant en Littératures française et francophone sur la « Poétique de la ritournelle »
  • 2007. Yann Vigile Hoareau (né en 1980), doctorant en psychologie cognitive
  • 2006. Myriam Paris, pour son travail de recherche sur les femmes dans la trame coloniale.
  • 2004. Letizia Capannini, doctorante en architecture.

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [1]
  2. dénomination donnée par décret du 17 décembre 1970 portant érection d'universités et instituts nationaux polytechniques en établissements publics à caractère scientifique et culturel
  3. Source : Guide de l'étudiant, 2014-2015
  4. Claude-Marie Vadrot, « Naissance d'une université ». Politis, no 30 avril 2008, p. 25
  5. Claude-Marie Vadrot, « Quand Vincennes déménage à Saint-Denis ». Politis, no 30 avril 2008, p. 32
  6. Nota : l'université de Paris XIII se bat également contre le transfert, car elle craint d'être absorbée à terme par cette université plus importante qu'elle, et située à quelques kilomètres de son campus principal de Villetaneuse
  7. Architecte de la Bibliothèque universitaire : Pierre Riboulet
  8. http://www.klekoon.com/boamp/boamp-appels-offres-travaux-construction-residence-internationale-etudiants-restaurant-universitaire-universite-437677.htm
  9. http://www.leparisien.fr/saint-denis-93200/une-maison-de-l-etudiant-a-paris-8-20-09-2010-1075121.php
  10. « Tous les sites de Paris 8 », sur www.univ-paris8.fr,
  11. « 2/3/4/ Architecture  » Extension de l’IUT Paris 8Montreuil (93) », sur www.a234.fr (consulté le 20 juillet 2017)
  12. a, b, c, d et e « Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis » [PDF], sur le site de l'AERES,
  13. « Découvrez dès maintenant les meilleures universités de France », sur www.latribune.fr.
  14. Les universités partenaires de Paris 8 sont nombreuses, en particulier dans l'Union européenne : De même, il existe plusieurs partenariats avec les universités hors de l'UE:
  15. AÉRES, 2009. Ibid. 200 étudiants en 2007-08, contre 252 en 2006-07
  16. Université Paris 8, « Les unités de recherche », sur www.univ-paris8.fr (consulté le 24 juillet 2017)
  17. a et b [PDF]« AÉRES, 2009. Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, p.8 », sur www.aeres-evaluation.fr .
  18. a, b et c [PDF] « AÉRES, 2009. Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, p.9 », sur www.aeres-evaluation.fr .
  19. « Brochure », sur labex-arts-h2h.fr,
  20. [PDF]« AÉRES, 2009. Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, p. 26 », sur www.aeres-evaluation.fr .
  21. « Saint-Denis : une nouvelle présidente pour l’université Paris 8 », leparisien.fr, (consulté le 20 octobre 2016)
  22. a et b SCUIO-IP, Guide de l'étudiant, 2017-2018, Saint-Denis, Université de Paris VIII, , 119 p. (lire en ligne)
  23. a, b et c Dossier sur l'université Paris 8. Politis, no 30 avril 2008
  24. Source : Université de Paris VIII, citée par Hamon & Rotman (1981). Données primaires: 1966-1969 (7791), 1969-1970 (10289), 1970-1971 (11300), 1971-1972 (12500), 1972-1973 (16200), 1973-1974 (18141), 1974-1975 (21180), 1975-1976 (31988), 1976-1977 (32577), 1977-1978 (31447), 1978-1979 (32979)
  25. [PDF](fr) « Rentrée universitaire 2009/2010. », sur media.enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le 21 mai 2010)
  26. [PDF] « AÉRES, 2009. Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, p.9 et p.17 », sur www.aeres-evaluation.fr .
  27. [PDF] « AÉRES, 2009. Rapport d'évaluation de l'université Paris 8 Vincennes - Saint-Denis, p.5 », sur www.aeres-evaluation.fr .
  28. (fr) « Les Camarades masqués, « La Fac de Saint-Denis libérée des caméras » », sur trashfac.freeservers.com (consulté le 21 mai 2010)
  29. Retraites : de plus en plus d'universités bloquées | Lesinfos.com
  30. Rue89, Laura Orosemane, « Un vigile tape un étudiant : « Il n’a pas vu que c’était un cours » », sur http://www.rue89.com, (consulté le 24 août 2013)
  31. Linda Maziz, « Un square porte le nom de Bernard Maris », lejsd.com, (consulté le 28 février 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Inspirée de celles proposées par Michel Debeauvais, du Département des Sciences de l'éducation de Paris 8 (2000) et Emmanuelle Picard, LARHRA, ENS de Lyon (avril 2010), ainsi que de la page maintenue sur le site de Paris 8 http://www.ipt.univ-paris8.fr/hist, voici quelques ouvrages, articles, rapports, mémoires et thèses qui portent sur la vie ou la raison d'être de Paris 8.