Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel

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Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel
Image illustrative de l’article Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel
Section Lecture publique de la BPUN
Présentation
Coordonnées 46° 59′ 25″ nord, 6° 55′ 52″ est
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Ville Neuchâtel
Protection Bien culturel d'importance nationale
Informations
ISIL CH-000020-0
Site web http://bpun.unine.ch

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Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel
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Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel

La Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel (BPUN) est une bibliothèque publique, située dans la ville de Neuchâtel, en Suisse.

Missions[modifier | modifier le code]

La bibliothèque est une fondation de droit privé (selon les art. 80 et suivants du Code civil suisse) financée pour un tiers par le canton de Neuchâtel et deux tiers par la ville. Elle rassemble, conserve, enrichit et met en valeur une bibliothèque d'étude, une bibliothèque de recherche, une bibliothèque d'information, de culture générale et de loisirs, et des archives intellectuelles régionales. Elle assure par ailleurs des services bibliothéconomiques centraux ainsi que la gestion des collections particulières dont elle accepte le dépôt. Elle n'est pas à proprement parler une bibliothèque cantonale mais en assume certaines fonctions pour les districts du bas du canton.

Historique[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup d’autres bibliothèques suisses, la Bibliothèque de Neuchâtel est issue des Lumières, une époque marquée par une intense fermentation littéraire et scientifique[1]. Elle est créée en 1788 grâce à des fonds prélevés sur le legs de David de Pury à la Ville de Neuchâtel. Ses premiers locaux se situent à l’angle sud-est du premier étage de la « Maison du Trésor ».

Une Commission littéraire, nommée par le Conseil général, est chargée de constituer le premier fonds de livres. Elle traite avec les libraires de la place et est à l’affût des ventes de bibliothèques neuchâteloises. En 1795, elle profite ainsi de la dispersion de la belle collection de Pierre-Alexandre DuPeyrou, l’ami et protecteur de Rousseau, pour se procurer quelques belles pièces. Mais c’est de Paris que proviennent les premières belles collections, émanant pour la plupart de bibliothèques particulières vendues aux enchères. Les premières années de la Bibliothèque sont marquées par des dons importants de manuscrits: en 1794, ce sont les papiers du professeur Louis Bourguet qui y sont déposés, comprenant des lettres de plusieurs correspondants du savant.

L’année 1795 voit arriver un nouveau don : les manuscrits de Jean-Jacques Rousseau. En 1803, la Bibliothèque doit quitter le bâtiment du Trésor, trop humide, pour le second étage de l’Hôtel de Ville. Ce n’est qu’en 1838 qu’elle trouve un logement définitif dans le Collège latin, nouvellement construit pour abriter les collections historiques, ethnographiques, artistiques et scientifiques de la Ville, les classes secondaires et les auditoires de l’Académie ainsi que quelques ateliers de peinture. Elle y occupe, au début, quatre belles grandes salles au second étage est. La fonction universitaire de la bibliothèque est reconnue en 1909 lors de l’érection de l’Académie en Université. La même année, elle s’ouvre au grand public avec la création d’une section de « lectures populaires ». En 1968, cette section est aménagée en libre accès dans des locaux distincts sous le nom de « Lecture publique» de la bibliothèque de la ville.

La transformation de la bibliothèque se poursuit au début des années 1980 après le déménagement du musée d’histoire naturelle qui libère d’importantes surfaces dans le Collège latin. La bibliothèque se dote alors d’une nouvelle section de lecture publique au second étage ouest du bâtiment, de la salle Rousseau, d’une salle de conférence qui abrite le fonds Edouard Rott, de nouveaux magasins et d’une chambre forte.

Sous l’appellation de « Bibliothèque publique et universitaire », l’institution devient, en 1983, une fondation de droit privé financée à la fois par la ville et l’État. Sa tâche est alors triple :

  • sauvegarder le patrimoine culturel régional,
  • servir de bibliothèque d’étude à l’Université et aux écoles secondaires supérieures, et
  • répondre aux besoins du public en information et en culture générale.

Elle entretient par ailleurs des relations privilégiées avec les sociétés savantes neuchâteloises, auxquelles elle fournit de nombreuses prestations. En 1989, elle s’équipe d’un système informatisé de gestion de bibliothèque intégré pour ses services locaux (prêts, acquisitions, périodiques) et se rattache au réseau suisse romand RERO de catalogage partagé. Elle est à l’origine de la création, en 1996, du « Réseau des bibliothèques neuchâteloises et jurassiennes» (RBNJ), un partenariat entre la bibliothèque de la ville de La Chaux-de-Fonds, les bibliothèques de l’Université, la bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel et les principales bibliothèques jurassiennes, qui permet la gestion centralisée des fonctions locales de prêt et de consultation, ainsi que la mise en réseau de CD-ROM. Ces outils informatiques lui donnent accès à un énorme espace documentaire en lui offrant la possibilité de se relier à de multiples bases de données suisses et étrangères. Ils en font une bibliothèque moderne et performante, résolument ouverte sur le futur et les techniques de pointe en matière d’information[1].

La bibliothèque, tout comme le Collège latin qui l'abrite, sont inscrits comme bien culturel d'importance nationale[2].

Les sections[modifier | modifier le code]

Lecture publique[modifier | modifier le code]

L’espace lecture publique propose pour le prêt à domicile un fonds récréatif et de culture générale d’environ 45 000 documents en libre accès, sur des supports variés. On y trouve des romans et des documentaires pour adultes et adolescents dès 14 ans, des bandes dessinées, des livres en gros caractères et des livres en langues étrangères. On peut également y emprunter des documents multimédias tels que DVD, CD-ROM, livres sonores et méthodes de langues[3].

La lecture publique est située au deuxième étage du Collège latin, côté ouest, et est accessible par un ascenseur ou l’escalier central.

Fonds d'étude[modifier | modifier le code]

Le fonds d’étude comprend quelque 600 000 ouvrages de culture générale, concernant surtout les sciences humaines, rangés en magasins. Une sélection des dernières acquisitions et une collection de classiques de la littérature sont proposés en libre accès. 8 000 documents environ viennent chaque année s'y ajouter. La plupart peuvent être empruntés.

Le fonds d’étude se trouve au deuxième étage du Collège latin, côté est. On y accède par l’ascenseur ou l’escalier central[4].

Salle de lecture[modifier | modifier le code]

La salle de lecture, qui compte environ 70 places de travail destinées à l'étude, met à disposition des lecteurs des ouvrages de référence, des dictionnaires, des encyclopédies, ainsi que des journaux et des revues. Ces documents sont à consulter sur place[5].

La salle de lecture se trouve au deuxième étage en face de l’ascenseur.

Espace Rousseau[modifier | modifier le code]

L'Espace Rousseau Neuchâtel[6] est un petit musée qui retrace principalement le séjour de Jean-Jacques Rousseau dans la Principauté de Neuchâtel de 1762 à 1765. Le séjour neuchâtelois est divisé en grandes sections: l'exil en Suisse (George Keith, Lettres de naturalité neuchâteloise accordée à Rousseau, Lévite d’Ephraïm); le Val-de-Travers; les amies (Marianne Françoise de Luze, Isabelle d’Ivernois); les amis (Abram Pury, Pierre-Alexandre DuPeyrou); la botanique (Jean Antoine d’Ivernois, Abraham Gagnebin); les correspondants ; les cabales suscitées par les Lettres écrites de la montagne; la musique (Le Devin du village et le manuscrit du Dictionnaire de musique). Au centre de la Salle, on peut admirer les manuscrits les plus célèbres, l’Essai sur l’origine des langues, le premier manuscrit des Confessions et l’unique manuscrit des Rêveries du promeneur solitaire ainsi que huit des fameuses cartes à jouer.

La salle Rousseau se trouve au premier étage, côté est.

Fonds[modifier | modifier le code]

Liste des fonds principaux conservés à la bibliothèque[7],[8]:

  • Neocomensia : La bibliothèque conserve toutes les publications qui ont un rapport avec le canton de Neuchâtel, qui ont été écrites par ou en collaboration avec un Neuchâtelois ou qui ont été édités ou imprimés dans le canton[9].
  • Dossiers neuchâtelois : ce fonds regroupe des publications de collectivités neuchâteloises. Il compte environ 1 600 dossiers[10].
  • Périodiques : La BPUN possède 1 600 titres de périodiques dont 580 en accès libre. Les sciences humaines sont particulièrement représentées.
  • Manuscrits: De nombreux manuscrits d’intellectuels, artistes et écrivains neuchâtelois surtout, mais aussi suisses ou européens, sont conservés à la BPUN[11]. La collection de manuscrits de Jean-Jacques Rousseau qui compte près de 3 500 lettres fait notamment la renommée internationale de la bibliothèque.
  • Iconographie: 4 500 images originales ou reproductions, dont 3 400 numérisées, sont conservées à la BPUN. On y retrouve principalement des portraits de personnalités et des paysages neuchâtelois. Le catalogue iconographique (portraits neuchâtelois, suisses et étrangers ; paysages) est accessible en ligne[12].
  • Cartes: La bibliothèque compte à l’heure actuelle environ 11 700[13] cartes, dont 5 700 cartes nationales. Ce fonds renferme essentiellement des cartes régionales mais également des plans de villes suisses et étrangères. La Carte nationale de la Suisse (ainsi que «Atlas Siegfried » et « Carte Dufour ») sont accessibles et répertoriés dans une base de données accessible en ligne [14].
  • Affiches: La collection d’affiches de la bibliothèque est composée de documents ayant un rapport avec Neuchâtel soit par le thème, l’artiste ou l’éditeur. Ce fonds compte aujourd’hui plus de 5 000 affiches, dont 300 imprimées avant 1950[15].
  • Ex-libris: La bibliothèque répertorie à ce jour près de 1 000 ex-libris de provenances diverses. Leur consultation est possible en ligne.
  • Menus: La collection réunit plus de mille menus qui proviennent, pour la plupart, de dons et de legs. Elle comprend des menus de fêtes et de banquets, privés ou officiels, mais également des menus de restaurants. La majorité d’entre eux date de la « Belle Époque » et provient d’Allemagne et de Suisse. Les menus sont répertoriés dans une base de données accessible en ligne.
  • Thèses suisses: Les thèses suisses déposées à l’Université de Neuchâtel sont conservées à la BPUN depuis 1917. Ce fonds représente aujourd’hui environ 68 000 volumes et augmente de 400 à 500 thèses chaque année.
  • Quelques autres fonds conservés à la BPUN :
Le Fonds Louis Bourguet (1678-1742), naturaliste
Le Fonds de la Société typographique de Neuchâtel (1769-1789)
Le Fonds de musique ancienne
Le Fonds Isabelle de Charrière (1740-1805), écrivain
Le Fonds Léopold (1794-1835) et Aurèle Robert (1805-1871), peintres
Le Fonds Félix Bovet (1824-1903), théologien et professeur
Le Fonds Louis Favre (1822-1904), professeur et naturaliste
Le Fonds Auguste Bachelin (1830-1890), écrivain et peintre
Le Fonds Philippe Godet (1850-1922), professeur et critique littéraire
Le Fonds Edouard Rott (1854-1924), historien
Le Fonds Cilette Ofaire (1891-1964), écrivain
Le Fonds Henri Guillemin (1903-1992), historien et critique littéraire
Le Fonds Denis de Rougemont (1906-1985), écrivain
Le fonds Marc Jurt (1955-2006), dessinateur et graveur
Les archives de l'édition princeps des Œuvres Politiques 1789-1793 de Jean-Paul Marat
Le Fonds Olivier Clottu (1910-1997), héraldique et généalogie
Les archives des Editions Victor Attinger (en cours de classement)
Les archives des Editions de la Baconnière (en cours de classement)

Les fonds acquis depuis 1990 sont catalogués de manière informatisée dans le réseau des bibliothèques neuchâteloises et jurassiennes (RBNJ). L'ancien catalogue sur fiches de la BPUN, comprenant les documents acquis avant 1990, a été scanné. Il est accessible sur la page d’accueil du réseau des bibliothèques neuchâteloises et jurassiennes.

Catalogues[modifier | modifier le code]

Catalogue du RBNJ : les fonds récents (depuis 1990) de la Bibliothèque et ceux de la plupart des bibliothèques neuchâteloises et jurassiennes sont regroupés dans un catalogue de quelque 800 000 documents. Le catalogue RBNJ fait partie du Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale (RERO).

Portail des archives neuchâteloises[16]: base de données regroupant les fonds d'archives et la collection de manuscrits de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, ainsi que les fonds des Archives de l'Etat de Neuchâtel et de la Bibliothèque de la Ville de La Chaux-de-Fonds.

Ancien fichier BPUN (fichier scanné) : ce catalogue est la version numérisée de l'ancien catalogue sur fiches de la BPUN. Il est constitué des images des anciennes fiches et recouvre la période allant des débuts de la Bibliothèque à 1990.

Catalogues sur fiches : avant de s'informatiser, la Bibliothèque tenait à jour un certain nombre de fichiers en rapport avec des collections particulières.

  • Catalogue par sujets
  • Catalogue biographique
  • Catalogue des thèses suisses
  • Catalogue des Neocomensia
  • Catalogue des manuscrits
  • Catalogue des partitions musicales
  • Catalogue des cartes géographiques
  • Catalogue des affiches

Il existe un certain nombre d’autres fichiers spécialisés (entre autres : livres imprimés des XVe / XVIe siècles; pièces de théâtre français imprimées au XVIIIe siècle ; placards neuchâtelois, etc.).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sylvie Béguelin et Thierry Chatelain, «Un patrimoine en héritage. Historique et mise en valeur du fonds Jean-Jacques Rousseau de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel», Revue historique neuchâteloise numéro 3, 2012, p. 273-297.
  • Clémentine Cuvit, Élaboration d'un modèle de politique d'acquisition pour une bibliothèque mixte : le cas de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, Travail de Bachelor, Genève: Haute École de gestion (HEG), 2014.
  • Laurent Gobat, «Les tribulations d'une institution formatrice: l'expérience de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel», Arbido, mars 2007, p. 58-59.
  • Jacques Rychner, La Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, tiré à part de: Librarium, Revue de la Société Suisse de Bibliophiles, Zurich, 26 (1983), p. 68-86.
  • Michel Schlup, «Bibliothèque publique et universitaire Neuchâtel», Répertoire des fonds anciens imprimés de Suisse, 2011, p. 132-149.
  • Michel Schlup (dir.), L'illustration botanique du XVIe au XIXe siècle à travers les collections de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, Neuchâtel: Bibliothèque publique et universitaire, 2009.
  • Michel Schlup (dir.), Bibliophiles et mécènes: deux siècles de donations à la Bibliothèque de Neuchâtel, Neuchâtel: Bibliothèque publique et universitaire, 2006.
  • Michel Schlup, «La Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel», Bulletin GIAN / Groupement des industriels et artisans de Neuchâtel et environs, Neuchâtel, n° 75,1994, p. 17-28.
  • Michel Schlup et Maryse Schmidt-Surdez, introd. de Jacques Rychner, Naissance d'une bibliothèque au siècle des Lumières: aux origines de la Bibliothèque publique de Neuchâtel 1788-1988, Neuchâtel, 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Michel Schup et Maryse Schmidt-Surdez, Naissance d'une bibliothèque au siècle des Lumières: aux origines de la Bibliothèque publique de Neuchâtel 1788-1988,
  2. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Neuchâtel
  3. « BPUN. Lecture publique » (consulté le 27 novembre 2014)
  4. « BPUN. Fonds d'étude » (consulté le 27 novembre 2014)
  5. « BPUN. Salle de lecture » (consulté le 27 novembre 2014)
  6. « BPUN. Espace Rousseau » (consulté le 27 novembre 2014)
  7. « BPUN. Collection. Présentation générale » (consulté le 27 novembre 2014)
  8. Michel Schlup, « La Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel », Répertoire des fonds anciens imprimés de Suisse,‎ , p. 132-149
  9. « BPUN. Neocomensia »
  10. « BPUN. Dossier neuchâtelois »
  11. « BPUN. Manuscrits »
  12. « BPUN. Iconographie »
  13. Ce chiffre diffère des statistiques de l’OFS car seule une partie des cartes est cataloguée.
  14. « BPUN. Cartes »
  15. « BPUN. Affiches »
  16. « Pages - Accueil », sur www.archivesne.ch (consulté le 12 mars 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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