Ligue de la Paix et de la liberté

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La carte de Bakounine comme membre de la ligue, délivrée après le deuxième Congrès par lui-même

La Ligue internationale de la paix et de la liberté est une association pacifiste fondée en 1867 à Genève

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte général[modifier | modifier le code]

"La première société de la Paix est créée en 1830 par le Jean-Jacques de Sellon, Comte de Saint Empire et Châtelain d'Allaman. Plusieurs participants internationale se réunit entre le Chateau d'Allaman et Genève sur l'initiative de Compte de Sellon, qui finalement declare 'Société de la Paix de Geneve'. Celui-ci fonde essentiellement sur le principe de l'inviolabilité de la personne humaine, ce qui l'a conduit tout d'abord à mener une campagne pour l'abolition de l'esclavage et de la peine de mort, puis à se consacrer à la propagande en faveur de la paix et de l'arbitrage entre les nations.

Le premier Congrès de la Paix européen, convoqué par la London Peace Society sur une initiative de l'American Peace Society, se réunit à Londres en 1843."[1]

Un congrès se tient à Bruxelles en 1848 puis -présidé par Victor Hugo - à Paris du 22 au 24 août 1849. Viennent ensuite les congrès de Francfort-sur-le-Main en 1850, puis de Londres en 1851

Contexte de l'année 1867[modifier | modifier le code]

Cette année 1867 est marquée par une forte tension internationale, après la victoire de la Prusse sur l'Autriche en 1866 : la France et la Prusse sont au bord de la guerre. Frédéric Passy, journaliste au Temps, mène une campagne contre cette guerre, de même que par exemple, Evariste Mangin, directeur du journal nantais Le Phare de la Loire. Le 30 mai 1867, Frédéric Passy fonde à Paris la Ligue internationale de la paix[2].

Le Congrès de Genève (1867)[modifier | modifier le code]

Le congrès de la paix et de la liberté est organisé à Genève par le pacifiste français Charles Lemonnier (1806-1891) et par le juriste français Émile Acollas (1826-1891) avec le soutien de nombreux intellectuels comme John Stuart Mill, Elisée Reclus, Élie Reclus, Victor Hugo, Giuseppe Garibaldi, Louis Blanc, Edgar Quinet, Jules Favre and Alexandre Herzen. Dix mille personnes en Europe signent des pétitions en soutien au congrès[3].

La présidence du comité d'organisation du congrès, d'abord confiée à James Fazy, est exercée par Jules Barni assisté du docteur Fauconnet, et de Charles Menn.

Celui-ci est prévu au départ pour le 5 septembre, puis repoussé au 9 afin de permettre la participation de l'Association internationale des travailleurs dont le congrès se tient à Lausanne du 2 au 8. A Lausanne, Karl Marx déclare que les délégués peuvent participer au Congrès de la paix à titre individuel, mais qu'il n'était pas opportun que l'AIT y soit présente en tant que telle et que ses promoteurs auraient mieux fait de rejoindre l'AIT[4].

Le congrès dure du 9 au 12 septembre, avec près de 6000 participants, venus pour déterminer les conditions politiques et économiques de la paix entre les peuples et pour arriver à l’établissement d'une démocratie européenne, les « États-Unis d’Europe ». Au terme des débats, les congressistes fondent la Ligue internationale de la paix et de la liberté.

Parmi les participants, les plus connus sont Garibaldi et Bakounine. L'intervention de ce dernier est particulièrement remarquée : "Garibaldi, qui présidait, se leva, fit quelques pas et lui donna l'accolade. Cette rencontre solennelle des deux vieux combattants de la révolution produisit une impression étonnante. Tout le monde se leva et il y eut des applaudissements prolongés et enthousiastes"[5]

Bakounine qui entre au comité directeur de la Ligue. Parmi les membres fondateurs on trouve aussi Élie Ducommun, futur prix Nobel de la paix.

Le congrès de Genève ne réussit cependant pas à élaborer un programme et confie ce soin à un comité, au sein duquel un profond clivage apparaît immédiatement.

Le congrès de Berne (1868)[modifier | modifier le code]

Le second congrès de la Ligue de la paix et de la liberté a lieu à Berne du 21 au 25 septembre 1868. Invitée à s'y faire représenter officiellement, l'Association internationale des travailleurs (AIT) décide quelques jours plus tôt, au congrès de Bruxelles, de ne pas y envoyer de délégation.

Le congrès de Berne est principalement marqué par de vifs débats lors de la discussion sur les « rapports de la question économique et sociale avec celle de la paix et de la liberté », entre la majorité démocrate (Gustave Chaudey, Fribourg...) et la minorité socialiste (Bakounine, Élisée Reclus, Giuseppe Fanelli, Aristide Rey...). Les socialistes présentent la résolution suivante:

« Attendu que la question qui se présente le plus impérieusement à nous est celle de l'égalisation économique et sociale des classes et des individus, le Congrès affirme que, en dehors de cette égalisation, c'est-à-dire en dehors de la justice, la liberté et la paix ne sont pas réalisables. En conséquence, le Congrès met à l'ordre du jour l'étude des moyens pratiques de résoudre cette question. »

À l'issue des discussions cette résolution est rejetée par le congrès. Le 25, la minorité socialiste décide de quitter la Ligue pour la paix et la liberté et de créer l'Alliance internationale de la démocratie socialiste.

Le Congrès de Lausanne (1869)[modifier | modifier le code]

Il s'en fallut de peu que le congrès de Berne soit le dernier. Le comité central dont l'une des tâches principale était de préparer la réunion suivante de la Ligue s'acquitta fort mal de sa mission et c'est le comité de Genève qui dut prendre l'initiative du 3ème congrès. Le congrès de Lausanne voit le 11 juillet 1869 l'élection d'un nouveau comité central avec à sa tête Jules Barni. Il propose le programme de discussion suivant: déterminer les bases d'une organisation fédérale pour l'Europe, les problèmes de la question d'Orient et la question polonaise par rapport aux principes de la Ligue. Le comité décida d'offrir la présidence d'honneur à Victor Hugo qui accepta officiellement dans une lettre du 5 septembre 1869. C'est dans ce congrès que Ferdinand Buisson lut un discours qui se termine par la fameuse tirade: « Il faut habituer les enfants à se dire: un uniforme c'est une livrée, et toute livrée est ignominieuse, celle du prêtre et celle du soldat, celle du magistrat et celle du laquais. »[6]

La Ligue de la paix et de la liberté[modifier | modifier le code]

Elle publie la revue États-Unis d'Europe.

L'Alliance internationale de la démocratie socialiste[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Guillaume, L’Internationale, documents et souvenirs, tome 1,chapitre 9, disponible en ligne : [2]
  • Élisée Reclus, Correspondance d', Librairie Schleicher frères, 1911, tome 1, disponible en ligne [3]
  • Noémi Poget, "Élie Ducommun, un prix Nobel méconnu", dans Le Courrier du 7 octobre 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citation légèrement transcrite du site de la Croix Rouge : [1] ; à réécrire.
  2. Les relations entre cette organisation et la Ligue de la paix et de la liberté restent à établir (21/03/2011)
  3. Mark Leier, Bakunin: The Creative Passion, St. Martin's Press, New York, 2006 p. 178.
  4. Cf. citation sur la page anglaise.
  5. Les idées de Bakounine sur la révolution et l'organisation révolutionnaire publié par Workers Solidarity Movement dans Red and Black Revolution, n° 6, hiver 2002.
  6. Martine Brunet, "L'unité d'une vie", in Ferdinand Buisson, Souvenirs et autres écrits, Théolib, 2011, p. 119-170