Maurice Duflou

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Maurice Duflou
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Maurice Henri Hector Duflou né le à Hazebrouck et décédé le dans le 18e arrondissement de Paris[1], est un typographe, un éditeur et un militant anarchiste français, actif entre 1903 et 1947.

Parcours[modifier | modifier le code]

Très tôt militant anarchiste, Maurice Duflou fut à partir d'octobre 1908 le gérant, puis en 1909, l’administrateur de L’Anarchie. En 1910, l'imprimerie des Causeries populaires l'accuse d'avoir subtilisé une presse pour la remettre à des militants du Groupe des études scientifiques de Paraf-Javal. Après quelques échanges de coups de feu, plusieurs membres des Causeries furent arrêtés.

Duflou installe ensuite sa propre imprimerie au 11 rue de l'Abbé-Grégoire. De 1911 à 1919, il sortira 92 numéros du Bulletin du groupe d’études scientifiques. De 1913 à 1914, il imprime L’Ami de la vérité. En 1915, il était le gérant-administrateur, imprimeur et rédacteur de la revue mensuelle Le Glas.

Entre 1903 et 1947, Duflou fut également l'imprimeur-éditeur secret de près d'une centaine d'ouvrages érotiques, publiés anonymement, c'est-à-dire sans mention légale d'une véritable adresse de fabrication : Duflou échappait ainsi aux contrôles du Ministère public. Souvent illustrés, ces ouvrages sont aujourd'hui recherchés[2]. Duflou est avec René Bonnel l'autre imprimeur de curiosa durant l'entre-deux-guerre, période au cours de laquelle il s'associa à Louis Perceau pour rééditer des érotiques du XVIIIe siècle.

Il avait épousé Marie Kesteman, dont il eut un enfant.

Témoignages[modifier | modifier le code]

« J'ai connu Maurice Duflou à Paris en 1947, quand j'étais un surréaliste de vingt ans, et je l'ai fréquenté jusqu'à sa mort. C'était alors un viel anarchiste fort distingué, se rendent à son imprimerie habillé en grand bourgeois, avec un chapeau à bord roulés, un foulard de soie bleu marine à pois blancs, un pardessus bien coupé, tenant d'une main sa canne, de l'autre sa serviette bourrée de livres érotiques qu'il proposait aux libraires spécialisés. Il avait une femme et une fille qui se désintéressaient complètement de son activité ; lui-même il l'accomplissait plutôt par conviction libertaire que pas salacité. Il avait horreur des ouvrages mal écrits, des obscénités insupportables. Maurice Duflou possédait, dans une traversière de la rue de la Goutte-d'Or, une petite imprimerie où il travaillait tout seul à sa presse, tel un artisan d'autrefois; en blouse grise, il bavardait avec moi devant sa fenêtre aux parisiennes à demi fermées, tout en surveillant sa cour comme s'il s'attendait à subir un assaut. En effet, la police avait fait plusieurs fois des descentes chez lui, abîmant son outil de travail, raflant ses livres. »
Sarane Alexandrian[3]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Dutel : Bibliographie des Ouvrages érotiques publiés clandestinement en français entre 1920 et 1970, vol. 2, Paris, chez l'auteur rue Jacques Callot, 2005 (ISBN 978-2951774216)
  • Pascal Pia : Les Livres de l'enfer, bibliographie critique des ouvrages érotiques dans leurs différentes éditions du XVIe siècle à nos jours, Courlet et Faure, 2 volumes, 1978 (réédition en 1 volume, Fayard, 1998) p. 684

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives du Nord, Commune de Hazebrouck, acte de naissance no 176, année 1885 (avec mention marginale de décès)
  2. Une grande partie de son fonds a été répertoriée par J.-P. Dutel (2005) puis mise en ligne par Patrick J. Kearney sur Scissors & Paste.
  3. Histoire de la littérature érotique, Paris, Seghers, 1989, pp. 314-15