Langage humain

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Le langage est la faculté de mettre en œuvre un système de signes linguistiques (qui constituent la langue) permettant la communication et l'expression de la pensée, ce qui est privatif des humains, et des sentiments, ce qui est commun aux animaux. La linguistique est l'étude scientifique du langage.

Définition[modifier | modifier le code]

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Le langage peut être défini selon plusieurs caractéristiques :

  • La première est la fonction symbolique. En effet, le langage est l'utilisation de signes chez des individus qui sont capables de manier des représentations mentales associées.
  • La deuxième est la conjugaison, c’est-à-dire la perspective du temps ou des souvenirs et de l'espoir, prise en compte dans le discours.
  • La troisième est la grammaire. Elle permet d'intervertir les mots afin de changer le sens de ce qui est dit.
  • La quatrième est la phonétique. En changeant les phonèmes on change le sens.
  • La cinquième est l'intonation, qui permet de transformer une affirmation, pour qu'elle devienne un ordre, un souhait ou une question.

Quelques remarques sur le langage[modifier | modifier le code]

On considère souvent le langage comme le moyen d'exprimer une idée ; il serait donc un instrument de la pensée. Il y a pourtant des cas où le langage semble nous dépasser : dans le cas du lapsus, nous disons autre chose que ce que nous voulons dire ; et dans le cas où l'on parle pour ne rien dire, comme quand on parle de la pluie et du beau temps.

Le langage n'est-il qu'un instrument de communication et d'expression ? Ne fait-il qu'exprimer une pensée ?

Cette problématique philosophique du langage concerne le statut métaphysique de la pensée : si la pensée préexiste au langage, il est possible de se passer de cette forme matérielle ; mais si la pensée ne peut se réduire au langage, alors ce dernier a un pouvoir spécifique, indépendant des autres facultés.

Ce problème de la liaison du langage et de la raison est lié également à la question de savoir si le langage révèle la nature spirituelle de l'Homme.

Fonctions du langage[modifier | modifier le code]

  • Fonction phatique
  • Fonction de subsistance
  • Fonction d'intégrité de l'identité

Selon Bühler :

  • Fonction émotive
  • Fonction conative
  • Fonction représentative

Selon Jakobson :

  • Fonction émotive
  • Fonction conative
  • Fonction représentative
  • Fonction phatique
  • Fonction métalinguistique
  • Fonction poétique

Selon Britton :

  • Fonctions transactionnelles, impliquant des interlocuteurs, parmi lesquelles la fonction conative
  • Fonction expressive
  • Fonction poétique

Il existe plusieurs sortes de langages : - le langage familier - le langage courant - le langage soutenu - l'argot, le langage vulgaire...

Histoire du langage[modifier | modifier le code]

La question de l'origine du langage oral[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Origine du langage.

La question de l'origine du langage écrit[modifier | modifier le code]

Histoire de la recherche autour du langage[modifier | modifier le code]

Le langage en philosophie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Philosophie du langage.

La fonction du langage, dit-on, est d'exprimer la pensée en la manifestant extérieurement. Il faut pourtant apporter à cette formule une précision importante, et même en souligner l'insuffisance. En effet la pensée doit ici être entendue au sens conceptuel, voire rationnel : l'expérience a montré que les singes anthropoïdes peuvent accéder à une expression symbolique abstraite (utilisation de la langue des signes des personnes sourdes, manipulation de symboles abstraits), mais il n'a jamais pu être établi qu'un animal non humain soit capable d'exprimer une idée, ni même un concept. En d'autres termes, certains animaux sont capables d'exprimer leurs besoins (la faim, la soif), leurs émotions (désirs ou craintes, tristesse ou joie...), mais aucun ne semble capable de porter un jugement liant des concepts, à l'exception de notre espèce. Cette précision rejoint la remarque déjà formulée par des philosophes. Par exemple, remarque Aristote, les autres animaux peuvent exprimer le plaisir ou la douleur, qui sont des sensations, non le juste et l'injuste, qui sont des idées (et c'est pourquoi l'Homme, et l'Homme seulement, est « un animal politique »). Selon Descartes, seul le langage (sous la forme de paroles articulées ou de tout autre système de signes équivalent) est capable de formuler des idées et de les communiquer à d'autres. Ainsi dans son Discours de la méthode Descartes écrit : "Les animaux peuvent proférer des paroles ainsi que nous et toutefois ne peuvent parler ainsi que nous. C'est-à-dire en témoignant de ce qu'ils pensent ce qu'ils disent". Le langage est donc intimement lié à la pensée qu'il exprime ce qui fait qu'il est propre à l'homme et constitue un argument anthropologique afin de distancer l'homme des autres animaux.

- La raison de ce lien privilégié entre pensée et langage est elle aussi exposée par des philosophes (Hobbes, Rousseau...) : le langage n'est pas simplement l'expression de la pensée ; il en est le point de départ et l'instrument : penser, c'est « se parler », se dire en quelque sorte des choses à soi-même. La pensée, disait déjà Platon, est « le dialogue de l'âme avec elle-même ». Et s'il est vrai que le langage, par lui-même, ne pense pas, il est néanmoins indispensable à la pensée et à son déploiement : s'il est vrai que le langage est l'expression de la pensée, il faut ajouter que la pensée est une parole intérieure. Et pourtant on voit que les sourds-muets nés peuvent penser de même que les autres enfants, même sans avoir des mots et que la pensée est commune à tous les humains, même sans un langage articulé. Enfin, de façon plus pragmatique, aucune étude n'a pu - à ce jour - montrer une corrélation significative exclusive entre les compétences intellectuelles et langagières.

Le langage en psychologie[modifier | modifier le code]

La psycholinguistique est la discipline scientifique qui s'intéresse aux processus mentaux qui permettent le langage.

Article détaillé : Psycholinguistique.

La psychoacoustique est l'étude scientifique des propriétés des sons des langues, les phonèmes ainsi que de la manière dont ils sont produits.

Article détaillé : Psychoacoustique.

En psychanalyse[modifier | modifier le code]

Bien que ne disposant pas des outils de la linguistique moderne, encore naissante à son époque, Sigmund Freud avait déjà mis au premier plan l'importance du langage pour l'être humain, la psychanalyse et l'exploration de l'inconscient. Ainsi, le protocole d'une séance de psychanalyse repose exclusivement sur la parole. Dans son Introduction à la psychanalyse Freud souligne combien l'état affectif d'un individu peut être modifié par des paroles prononcées par l'être aimé ou par un supérieur hiérarchique. Il remarque également, tout comme dans Psychopathologie de la vie quotidienne, que les erreurs de langage, les lapsus, ne doivent rien au hasard mais sont la manifestation de l'inconscient ou d'un désir inconscient. Ils seront dès lors, l'un des outils privilégié pour l'analyste et le patient permettant de saisir l'inconscient.

Avec l'introduction du signifiant, Jacques Lacan formalise et explicite la fonction du langage dans la théorie psychanalytique et le psychisme, et ce dans une perspective structuraliste. Il reprend les travaux de Ferdinand de Saussure sur le signifié et le signifiant mais inverse le rapport entre les deux : il affirme ainsi que, du point de vue du psychisme, le signifiant est premier sur le signifié. En effet, pour Lacan l'enfant tombe dans un bain de langage, d'images sonores (signifiants), dont il n'accède pas à la signification, mais qui va structurer son psychisme. Ceci conduit Lacan à énoncer sa fameuse phrase : « L'inconscient est structuré comme un langage ». Le signifiant se trouve ainsi du côté du symbolique tandis que le signifié du côté plutôt de l'imaginaire, ce qui conduit le psychanalyste à se concentrer sur le premier.[réf. nécessaire]

Le développement langagier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Acquisition du langage.

Dans l'espèce humaine, le développement langagier est un processus qui débute très tôt et se poursuit tout au long de la vie de l'individu. L'acquisition du langage procède par apprentissage et imitation, tant pour l'expansion du lexique que la maitrise de la syntaxe. Ces étapes permettent à la fois la compréhension des énoncés linguistiques mais aussi la production des premiers mots du nourrisson jusqu'au discours de l'adulte.

Avant même que l'enfant soit capable de parler même avant la naissance, dans l'environnement utérin, le système auditif du fœtus est sensible aux sons si bien que, dès la naissance, le nouveau-né est capable de reconnaître les sons de sa langue maternelle. Dans les premiers mois de la vie, le nourrisson produit ses premières vocalisations : le babillage.

En psychologie cognitive[modifier | modifier le code]

D'après la psychologie cognitive, le langage est l'une des grandes fonctions humaines, et donc par définition complexe, qui se caractérise par sa créativité (les unités pouvant se recomposer à l'infini).

On peut décomposer les études lui étant consacrées en deux grandes parties qui sont la compréhension et la production langagière, elles- mêmes sous divisées en écrite et orale.

La psychologie cognitive a étudié plus en détail le langage écrit, étant donné la plus grande facilité de manipulation expérimentale que cela permet, mais également la fréquence des troubles du langage écrit. C'est par le développement des techniques (informatique, oculométrie, mesure du potentiel évoqué...) que la recherche dans ce domaine a pu mettre en évidence des caractéristiques cognitives liées au langage (N400, fixations et saccades oculaire...). Grâce à cela, la psychologie a pu élaborer de nombreuses théories et modèles sur le traitement du langage humain.

La linguiste Stéphane Robert a proposé de décrire la structure du langage et sa complexité en utilisant le modèle de la mosaïque, proposé par Georges Chapouthier pour la description des organismes vivants. Selon ce modèle, deux grands principes semblent intervenir de manière répétitive : la « juxtaposition » d’entités identiques, puis leur « intégration » dans des entités plus complexes, dont elles constituent alors des parties. Ce modèle biologique paraît bien adapté à l’approche du langage[1].

Les troubles du langage[modifier | modifier le code]

Parmi les troubles répertoriés concernant le langage et la parole (rééduqués par l'orthophoniste), nous pouvons relever entre autres :

Le langage en éthologie[modifier | modifier le code]

Spécificités du langage humain[modifier | modifier le code]

  • La capacité à l'alternance : c'est ce qui permet un aller-retour entre les interlocuteurs dans une véritable communication à double sens. La différence est à soigneusement établir avec le langage animal dont les signaux émis unilatéralement déclenchent une réaction et non d'entrer en relation sur le mode du langage.
  • La capacité à exprimer le possible et non seulement le réel présent. C'est la condition sine qua non de la capacité d'abstraction[2].
  • La capacité à exprimer des liens logiques : elle permet que naisse l'argumentation.
  • La capacité à exprimer la mémoire du passé : l'aboutissement le plus achevé de cette capacité est l'écriture, mais la transmission orale existait antérieurement, usant de cette même capacité.
  • Chez les animaux, il s'agit d'un besoin : chez les humains « l'art de communiquer nos idées dépend moins des organes qui nous servent que d'une faculté propre à l'Homme, qui fait employer ses organes à cet usage » (Essai sur l'origine des langues, Jean-Jacques Rousseau). Ce n'est pas spécialement une aptitude physique qui donne aux Hommes le langage.
  • L'Homme est « capable d'arranger ensemble diverses paroles et d'en composer un discours ». (René Descartes). C'est ce que le linguiste Martinet a nommé la double articulation. Avec un nombre fini de moyens (les phonèmes ou à l'écrit les graphèmes), l'Homme est capable de composer une infinité de discours.
  • Le langage humain est acquis. Tandis que le langage animal est inné[réf. nécessaire]. En effet, l'Homme doit apprendre à parler : à 4-5 mois, il gazouille, à 10 mois, il connaît 3 ou 4 mots pour maîtriser l'usage de plus de 3000 mots vers 3 ans.
  • La capacité d'abstraction des mots est ce qui nous différencie assurément des animaux .Car oui l'abstraction est le principe même du fonctionnement du dire c'est ainsi que la polysémie et la synonymie ne sont pas des accidents du langage, ce sont des caractéristiques permanentes du fonctionnement du langage. C'est cette capacité abstraite du mot qui nous permet de décrire avec une infinité de nuances une réalité.
  • Ce n'est donc pas grâce au langage à proprement parler que nous pouvons communiquer mais par le biais de notre capacité de logique à mettre en forme nos idées de manière sémantique structurée.

Apprentissage de langage chez l'animal[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Intelligence animale et Zoosémiotique.

La première remarque est qu'il faut distinguer la communication animale, du langage (Cf. définition). En effet, si l'on peut trouver une communication animale très riche à l'état naturel chez ce dernier, on ne peut pas parler de langage sans intervention humaine. Des expériences ont bien été réalisées (Exemple du singe Kanzi) avec succès, mais ces animaux n'ont jamais transmis ce langage à des congénères de façon significative[réf. nécessaire].

La linguistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Linguistique.

Langages de spécialités[modifier | modifier le code]

Voir par exemple le langage de l'aéronautique.

Langages mathématiques et informatiques[modifier | modifier le code]

On emploie également le mot langage pour désigner des systèmes d'instructions et de règles syntaxiques servant en particulier à la programmation informatique (voir langage informatique).

le métalangage de Pierre Lévy[modifier | modifier le code]

Article détaillé : IEML.

C'est un langage sémantique de l'initiative de Pierre Lévy pour les protocoles informatiques.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. S.Robert, G.Chapouthier, La mosaïque du langage, Marges linguistiques (revue online), 2006, 11, pp 153-159, http://www.marges-linguistiques.com (aussi : http://www.texto.org) ; S.Robert, G.Chapouthier, The Mosaic of Language, Marges linguistiques (revue online), 2006, 11, pp 160-166, http://www.marges-linguistiques.com
  2. Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé, Belin, 2009

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Platon, Cratyle
  • Aristote, De L'Interprétation
  • Aristote, Les Politiques, Livre I
  • Hobbes, Leviathan, I
  • René Descartes, Discours de la méthode, V
  • Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les Hommes
  • Benvéniste, Problèmes de linguistique générale
  • Jean Métellus, Voyage à travers le langage, 1996 Ortho-Édition Isbergues(Nord), France.
  • Jean-Marc Rouvière, Brèves méditations sur la création du monde, L'Harmattan Paris, 2006.
  • Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus
  • Wittgenstein, Carnets 1914 - 1916
  • Wittgenstein, Le Cahier bleu et le cahier brun
  • Wittgenstein, Investigations philosophiques
  • S.I.Hayakawa, On pense avec les mots
  • Platon, Gorgias
  • E.Weill, Logique de la philosophie
  • H.Arendt, Le système totalitaire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]