Roman Jakobson

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Roman Ossipovitch Jakobson
Linguiste occidentalXXe siècle
Roman Jakobson
Roman Jakobson
Naissance 11 octobre 1896
à Moscou
Décès 18 juillet 1982 (à 85 ans)
à Boston
Principaux intérêts Sémiotique
Structuralisme
Idées remarquables Fonctions du langage
Axe syntagmatique
Axe paradigmatique
Œuvres principales Fundamentals of language
Éléments de linguistique générale (1 et 2)
Influencé par Ferdinand de Saussure
A influencé Cercle linguistique de Prague
Claude Lévi-Strauss
Roland Barthes
Michael Silverstein
Paul Ricœur

Roman Ossipovitch Jakobson (en russe : Роман Осипович Якобсон ; 23 octobre 1896 à Moscou - 18 juillet 1982 à Boston) est un penseur russe qui devint l'un des linguistes les plus influents du XXe siècle en posant les premières pierres du développement de l'analyse structurelle du langage, de la poésie et de l'art.

Vie et travaux[modifier | modifier le code]

Roman Jakobson naît en Russie dans une famille juive, où, très jeune, il est pris d'une fascination pour le langage. Étudiant, il est un membre éminent du Cercle linguistique moscovite et participe à la vie de l'avant-garde moscovite de l'art et de la poésie. La linguistique de l'époque est essentiellement celle des néogrammairiens et affirme que la seule manière scientifique d'étudier le langage est d'étudier l'histoire et le développement des mots au cours du temps. De son côté, Jakobson, qui a eu connaissance des travaux de Ferdinand de Saussure, développe une approche qui se concentre sur la manière par laquelle la structure du langage elle-même permet de communiquer.

1920 est une année de bouleversements politiques en Russie, expulsé en 1922 sur « les bateaux des philosophes », Jakobson part à Prague poursuivre son doctorat. En 1926, avec Nikolaï Troubetzkoï, Vilèm Mathésius et quelques autres, il fonde l'École de Prague de la théorie linguistique. Ses nombreux travaux sur la phonétique l'aident là-bas à poursuivre ses développements sur la structure et la fonction du langage. Il met en place un schéma de douze traits de sonorité et de tonalité, schéma commenté à la fois de façon acoustique et de façon génétique, et dont beaucoup des traits sont applicables aux consonnes et aux voyelles. Ex : la voyelle A et la consonne K sont compactes ; à l'opposé, I et (O)U sont des voyelles, et P et T des consonnes diffuses.

Jakobson quitte Prague au début de la Seconde Guerre mondiale pour les pays scandinaves, puis pour l'Algérie (plus précisément Constantine) . La guerre avançant à l'ouest, il fuit à New York et s'intègre à la communauté déjà large des intellectuels ayant fui l'Europe en guerre. Dès le mois d'août 1940, il s'engage dans un comité de soutien de la France libre. À l'École libre des hautes études, une sorte d'« université francophone des exilés », il rencontre et travaille avec Claude Lévi-Strauss qui deviendra un soutien important au structuralisme, ils analysent ensemble « Les Chats » de Charles Baudelaire [1]. Il fait aussi la connaissance de plusieurs linguistes et anthropologues américains comme Leonard Bloomfield.

En 1949, Jakobson s'installe à l'université Harvard, où il enseigne jusqu'à la fin de sa vie. Au début des années 1960, Jakobson élargit ses travaux en une vue plus générale du langage et commence à publier sur l'ensemble des sciences de la communication. Il élabore un modèle linguistique divisé en six fonctions, le « schéma de Jakobson ».

Ses propositions sur les deux axes du langage — syntagmatique et paradigmatique — ont profondément influencé l'étude des aphasies, comme celle des figures de rhétorique (notamment parce qu'elles débouchent sur la polarité métaphore-métonymie).

Les fonctions du langage selon Jakobson[modifier | modifier le code]

Jakobson distingue six fonctions dans le langage :

  • la fonction référentielle ou représentative, où l'énoncé donne l'état des choses (aussi dénommée sémiotique ou symbolique) ;
  • la fonction expressive, où le sujet exprime son attitude propre à l'égard de ce dont il parle ;
  • la fonction conative, lorsque l'énoncé vise à agir sur l'interlocuteur ;
  • la fonction phatique, où l'énoncé révèle les liens ou maintient les contacts entre le locuteur et l'interlocuteur ;
  • la fonction métalinguistique ou métacommunicative, qui fait référence au code linguistique lui-même ;
  • la fonction poétique, où l'énoncé est doté d'une valeur en tant que tel, valeur apportant un pouvoir créateur.

Chaque message relève de plusieurs de ces fonctions, mais l'une d'elle domine[2].

6 éléments :

  • le contexte - (fonction dénotative ou référentielle)
  • l’émetteur - (fonction expressive, fonction conative)
  • le récepteur - (fonction expressive, fonction conative)
  • le canal - (fonction phatique, fonction poétique)
  • le message - (fonction phatique, fonction poétique)
  • le code - (fonction métalinguistique)
Schema communication generale jakobson.png

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Essais de linguistique générale [3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Les chats" de Charles Baudelaire par Roman Jakobson et Claude Lévi-Strauss
  2. Alain Rey, Mille ans de langue française, histoire d'une passion, Perrin 2007, p. 129
  3. Roman Jakobson (1896-1982). Essais de linguistique générale : aux sources du structuralisme, Karine Philippe

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essais de linguistique générale (1 et 2), Éditions de Minuit, 1963, (ISBN 2-7073-0043-8)
  • Langage enfantin et aphasie, Éditions de Minuit, 1969.
  • Six leçons sur le son et le sens, Éditions de Minuit, 1976.
  • Linguistique et poétique in Essais de linguistique générale, Texte en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]