Paul Broca

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Paul Pierre Broca

Paul Pierre Broca, né le 28 juin 1824 à Sainte-Foy-la-Grande et mort le 9 juillet 1880 à Paris est un médecin, anatomiste et anthropologue français. Son nom est resté attaché à celui d'une forme d'aphasie qu'il décrivit avec précision en 1861.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Broca naît le 28 juin 1824 à Sainte-Foy-la-Grande, dans un foyer protestant; son père Benjamin Broca est médecin et chirurgien des armées impériales et sa mère, Annette Thomas est la fille d'un pasteur protestant, maire de Bordeaux sous la Révolution[1]. Enfant prodige, il obtient simultanément un baccalauréat en littérature, mathématique et physique. Il entre à 17 ans à la faculté de médecine de Paris et obtient son diplôme à 20 ans, à l'âge où ses contemporains commencent juste leurs études de médecine.

Il devient professeur de pathologie chirurgicale à l'Université de Paris et un chercheur médical renommé dans plusieurs domaines. À 24 ans, il est déjà couvert de médailles et de récompenses. Ses premiers travaux scientifiques portent sur l'histologie du cartilage et des os, mais il étudie aussi le cancer, le traitement de l'anévrisme et la mortalité infantile. Ses travaux de neuroanatomie ont contribué à une meilleure compréhension du système limbique et du rhinencéphale.

En 1859, Broca et son collègue Eugène Azam rendent compte devant l'Académie des sciences d'une intervention chirurgicale pratiquée sous anesthésie hypnotique.

Mais ce qui lui assure sa place dans l'histoire de la médecine est sa découverte du « centre de la parole » dans le cerveau (connue maintenant comme l'aire de Broca) situé dans la troisième circonvolution du lobe frontal, découverte qu'il présente à la Société d'anthropologie de Paris à partir de 1861 au cours d'un débat passionné avec les tenants du holisme cérébral[2]. Il est parvenu à cette conclusion en étudiant les cerveaux de patients aphasiques (incapables de parler), en particulier celui de son premier patient à l'Hôpital du Kremlin-Bicêtre, M. Leborgne, surnommé « Tan » parce que c'était la seule syllabe qu'il parvenait à prononcer, et qu'il répétait. Broca montre que celui-ci souffrait d'une lésion neurosyphilitique du lobe frontal gauche. Il en infère que cette zone est fortement impliquée dans la production de la parole.

Broca est aussi un pionnier en anthropologie physique. Il fonde la Société d’Anthropologie de Paris en 1859, la Revue d'anthropologie en 1872 et l'École d'anthropologie de Paris en 1876. Il fait avancer l'anthropométrie craniale en développant de nouveaux instruments de mesure et de nouveaux indices numériques.

L'usage par des idéologues racistes des mesures et des conclusions de Broca a été largement discuté par Stephen Jay Gould dans La Mal-mesure de l'homme (1981). Toutefois, Broca a lui-même contribué à ce que l'on fasse un usage raciste du résultat de ses recherches[3]. Il avait lui-même émis l'hypothèse suivant laquelle "la petitesse relative du cerveau de la femme [dépendait] à la fois de son infériorité physique et de son infériorité intellectuelle[4] .

Un autre domaine où a travaillé Broca est l'anatomie comparée des primates. Il a décrit pour la première fois des trépanations remontant au néolithique. Il est très intéressé par les relations entre l'anatomie du crâne et du cerveau et les capacités mentales et l'intelligence. Il contesta Friedrich Tiedemann qui affirmait qu'on ne pouvait pas distinguer les noirs des blancs d'après leurs capacité crânienne, et entreprit de mesurer la capacité des crânes humains à l'appui de son idée selon laquelle la petitesse du cerveau constitue un caractère d'infériorité caractéristique des peuples primitifs. « On a vu que la capacité cranienne des nègres de l'Afrique occidentale ((1 372,12 cm3) est inférieure d'environ 100 cm3 à celle des races d'Europe »[5].

Enfin, Paul Broca fut un pionnier de l'imagerie cérébrale fonctionnelle en inventant une "couronne thermométrique" avec laquelle il pensait pouvoir mesurer les variations de température de la surface du crâne dues à des changements de l'activité du cerveau. Dans une publication de 1861 pour le Bulletin de l'Académie de Médecine, il relate ainsi que lorsqu'on fait exécuter une tâche exigeant de la concentration à un participant, on mesure une augmentation de la température du crâne au niveau des lobes frontaux. Du fait de la difficulté pratique et de la sensibilité de la méthode, la couronne thermométrique sera cependant abandonnée. [2].

Il semble avoir eu un caractère remarquable. Ses contemporains le décrivent comme « généreux, compatissant et gentil ».

Il a fondé en 1848 la Société des libres-penseurs, est favorable à la théorie de la sélection naturelle de Darwin et est dénoncé aux autorités comme subversif, matérialiste et corrupteur de la jeunesse.

Travailleur acharné, il a écrit des centaines de livres et d'articles, dont 53 sur le cerveau. Il a aussi cherché à améliorer les soins de santé des démunis en soutenant l'Assistance publique. Parmi ses étudiants, on peut citer Paul Topinard et Joseph Deniker.

À la fin de sa vie, Paul Broca est élu sénateur à vie. Il fut aussi membre de l'Académie de médecine et reçut des distinctions de plusieurs institutions en France et ailleurs.

Il décède subitement d'une rupture d'anévrisme, âgé seulement de 56 ans, le 9 juillet 1880.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Schiller, Paul Broca explorateur du cerveau, Éditions Odile Jacob, 1990,ISBN 2-7381-0086-4
  • Paul Broca: Ecrits sur l'aphasie (1861 - 1869), L'Harmattan, 2004, ISBN 2-7475-5925-4
  • Philippe Monod-Broca, Paul Broca : un géant du XIXe siècle (avec une préface de Jean-Didier Vincent). – Paris : Vuibert, coll. « Hommes de science, hommes de vérité », 2005. – X-309 p., 24 cm., ISBN 2-7117-9138-6.
  • European Traces of the History of Psychology [3]
  • Claude Blanckaert, De la race à l’évolution. Paul Broca et l’anthropologie française (1850-1900), Paris, L’Harmattan, coll. « Histoire des sciences humaines », 2009.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Son nom est inscrit sur la Tour Eiffel.
  • Son nom a été donné à un hôpital Parisien spécialisé en gérontologie.
  • Son nom a été donné à l'une des 3 facultés de médecine de l'Université Bordeaux II.
  • Son nom fut donné au lycée professionnel de sa ville natale, Ste-Foy la Grande.
  • Son nom est donné à une zone du cerveau qui assume majoritairement la parole, l'aire de Broca.
  • Son nom est donné à un épisode de la série Stargate SG-1 : la théorie de Broca

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Broca, de Daniel Frédy, HISTOIRE DES SCIENCES MÉDICALES - TOME XXX - № 2 - 1996, p.199
  2. Bulletin de la société française d'anthropologie. Texte n°1 : séance du 18 avril 1861, tome 2, p. 235-238 ; texte n°2 : séance du 16 avril 1863, tome 4, p. 200-204. [1]
  3. Paul Broca, Sur le volume et la forme du cerveau suivant les individus et suivant les races, p.48, Extrait du tome II des Bulletins de la Société d'anthropologie, séances du 21 mars et du 2 mai 1861
  4. Paul Broca, Sur le volume et la forme du cerveau suivant les individus et suivant les races, p.15, Extrait du tome II des Bulletins de la Société d'anthropologie, séances du 21 mars et du 2 mai 1861
  5. P. Broca (1873) Sur les crânes de la caverne de l'homme-mort Revue d'Anthropologie 2, 1-53 cité par S.J. Gould La Mal-mesure de l'homme p.97

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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