Syndrome de Lesch-Nyhan

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Syndrome de Lesch-Nyhan
Classification et ressources externes
CIM-10 E79.1
CIM-9 277.2
OMIM 308000

300322

DiseasesDB 7415
MedlinePlus 001655
eMedicine neuro/630 
MeSH D007926
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Le syndrome de Lesch-Nyhan est une maladie génétique rare en rapport avec un déficit de fonctionnement de l’enzyme hypoxanthine guanine phosphoribosyltransférase. Ce déficit entraîne un retard de développement de l’enfant avec hypotonie généralisée de l’enfant. Il existe à la fois des manifestations d’une atteinte pyramidale et extrapyramidale. Le retard mental est important. Une des caractéristiques importantes de cette maladie est l’existence d’un comportement caractéristique des enfants : tendance compulsive à l’automutilation avec autophagie.

Étiologie[modifier | modifier le code]

Mutation du gène HPRT1 situé au niveau du locus q26-27.2 du chromosome X codant l'enzyme hypoxanthine-guanine phosphoribosyltransférase (HGPRT). Cette enzyme est responsable de la catalyse de l’hypoxanthine en inosine monophosphate (inosinate, ou IMP) et de la guanine en guanosine monophosphate (guanylate, ou GMP), en présence de phosphoribosylpyrophosphate (PRPP).

Description[modifier | modifier le code]

Un nouveau-né atteint par ce déficit est normal à la naissance. Au bout de quelques mois, le retard de développement avec hypotonie devient évident (le bébé ne se tient pas assis et ne sait pas ramper). Des mouvements anormaux apparaissent avec choréo-athétose. Des signes d’atteintes cérébrales pyramidales apparaissent avec hyper réflexivité, spasticité musculaire donnant un tableau ressemblant à une attaque cérébrale faisant souvent retarder le diagnostic. La plupart des enfants ne marcheront pas et seront confinés à la chaise roulante.

La tendance compulsive à l’automutilation peut apparaître dès la première année de vie et le plus souvent entre deux et trois ans. Cette attitude se manifeste par des morsures des lèvres, des mains, des doigts. D’autres enfants se cognent la tête et les membres contre des objets durs. L’enfant est conscient de son trouble et en souffre. Des comportements agressifs ou de la coprolalie existent aussi.

L’hyperuricémie est responsable de lithiase rénale et la goutte n’apparaît que très tardivement chez ces personnes. Un déficit « partiel » d'hypoxanthine guanine phosphoribosyltransférase se manifeste par les signes neurologiques avec retard de développement, sans trouble du comportement et prend le nom de Syndrome de Kelley-Seegmiller.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est fait devant l’association retard de développement, comportement anormal et hyperuricémie.

Biologique[modifier | modifier le code]

Le rapport acide urique / créatinine dans l’urine est un marqueur fiable de l’hypersécrétion urinaire d’acide urique. Le dosage de l’activité hypoxanthine guanine phosphoribosyltransférase dans les cellules fait le diagnostic de la maladie

Génétique[modifier | modifier le code]

  • La mutation du gène HPRT1 est retrouvée chez 75 % des malades
  • La recherche des femmes porteuses du gène est possible par la combinaison de technique biochimique et génétique

Diagnostic différentiel[modifier | modifier le code]

La maladie est souvent suspectée devant des troubles du comportement précoce. Cependant d’autres maladies s’accompagnent de trouble du comportement. Ces maladies incluent l'autisme, le syndrome de Rett, le syndrome de Cornelia de Lange, la maladie de Gilles de la Tourette, la dysautonomie familiale, la choreo acanthocytose amyotrophique et la Neuropathie sensitive et autonomique type 1. À noter que la morsure des lèvres et des doigts ne se rencontre que dans le syndrome de Lesch-Nyhan qui doit être le premier diagnostic à suspecter dans ce cas.

Diagnostic prénatal[modifier | modifier le code]

Est possible dans les grossesses à risque si la mutation est connue.

Références[modifier | modifier le code]

  • (fr) Site en français de renseignement sur les maladies rares et les médicaments orphelins
  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number: 300322 [1]
  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number: 300323 [2]
  • (en) Online Mendelian Inheritance in Man, OMIM (TM). Johns Hopkins University, Baltimore, MD. MIM Number: 308000 [3]
  • (en) GeneTests: Medical Genetics Information Resource (database online). Copyright, University of Washington, Seattle. 1993-2005 [4]