Sociolinguistique

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Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine[modifier | modifier le code]

William Labov est souvent considéré, du moins dans la tradition anglo-saxonne, comme le fondateur de la sociolinguistique moderne. C'est lui qui, en 1966, publia The Social Stratification of English in New York City (La Stratification sociale de l'anglais à New York).

Les démarches récentes dans la sphère francophone[modifier | modifier le code]

Définir la sociolinguistique n’est pas une tâche véritablement aisée parce que chaque communauté linguistique a ses propres questionnements, mais encore parce que si on ne se cantonne qu’à la seule dimension francophone, la diversité des approches peut laisser croire à une dilution du champ. La sociolinguistique francophone constitue certes une critique radicale (Marcellesi, 2003) mais en même temps constructive et active des premiers moments et des limites de la linguistique. L’une des façons de formuler la distinction entre linguistique et sociolinguistique est d'opposer deux formulations : le linguistique qui observe et décrit la langue , tandis que le sociolinguiste doit compléter son questionnement à partir de connaissances théoriques et méthodologiques en plus et hors du seul champ linguistique [1]

Les variables sociolinguistiques (La sociolinguistique variationniste)[modifier | modifier le code]

Les travaux qui continuent de se réclamer strictement de l'héritage de W. Labov relèvent de la sociolinguistique dite variationniste (d'autres courants ont émergés depuis). Les premières recherches se sont faites par l'interview d'un échantillon dit représentatif de sujets parlants concernés. L'accent est mis sur certaines variables qui se doivent, selon Labov :

  • D'avoir une fréquence d'utilisation élevée,
  • D'avoir une certaine immunité vis-à-vis d'un contrôle conscient,
  • De faire partie d'une structure plus grande, et
  • D'être aisément quantifiées sur une échelle linéaire.

En général, ce sont les variables phonétiques qui satisfont ces conditions le plus facilement. Les variables grammaticales sont également utilisées, et, plus rarement, des variables lexicales.

Quelques variables à signification sociolinguistique[modifier | modifier le code]

  • Phonétiques :
    • Le coup de glotte en anglais,
    • Les allophones de la voyelle nasale dans les lexèmes français d'Europe un et fin,
    • Les voyelles hautes antérieures dans le dialecte de Bâle, où l'allophone non-arrondi est diagnostique de l'élite sociale.
  • Grammaticales :
  • Lexicales :
    • L'emploi de formes lexicales locales dans les Français régionaux de Suisse (p.ex. galetas pour grenier, etc.)
    • L'emphatisation et l'assimilation dans les dialectes arabes.

Concepts fondamentaux de la sociolinguistique[modifier | modifier le code]

Bien que la sociolinguistique soit une discipline très vaste, il existe quelques concepts fondamentaux sur lesquels sont basées la plupart des études.

  • La sociolinguistique étudie le langage en prenant en compte des facteurs externes à la langue et non en considérant uniquement les structures linguistiques internes.
  • La sociolinguistique envisage l'évolution de la langue dans un contexte social.
  • Facteurs internes : sémantique et syntaxe.
  • Facteurs externes : facteurs économiques, démographiques, sociaux, etc.

Les deux approches ont souvent été menées séparément et considérées comme contradictoires; toutefois, la sociolinguistique les considère comme complémentaires.

Réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

Les recherches en sociolinguistique impliquent la compréhension des réseaux sociaux dans lesquels s'inscrit le langage. Cela peut s'appliquer au niveau macroscopique à un pays ou à une ville, mais aussi au niveau interpersonnel au sein d'un voisinage ou d'une famille.

Les variables sociales[modifier | modifier le code]

L'étude sociolinguistique d'une variété peut prendre en considération un large éventail de composants sociaux, suivant la problématique traitée. Les plus courants sont l'âge, le sexe, la classe sociale ou encore l'ethnie. Les variables sociolinguistiques sont ensuite comparées avec celles sociales.

Cela dit, on peut constater l'existence de nombreux sociolectes (variétés au niveau social) d'une même langue, par exemple :

  • Le langage enfantin
  • Le langage des jeunes
  • Le langage des séniors
  • Le langage des femmes
  • Le langage des hommes
  • Le langage des étudiants
  • Le langage des apprentis
  • Le langage des diplômés
  • Le langage des ouvriers
  • Le langage des professionnels d'un certain métier
  • Le langage politique
  • Etc...

Sources[modifier | modifier le code]

Auteurs rattachés[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • BACHMAN, C., LINDELFELD, J., SIMONIN , J. 1981, Langage et communications sociales, Paris, Didier.
  • BACHMANN C., SIMONIN J., 1993, « Le social comme on le parle », dans Médiations et Action Sociale, Actions et Recherches sociales 2, ENSP, Rennes , 65-79. 
  • BAUTIER E., 1995, Pratiques langagières, pratiques sociales, L’Harmattan, Paris, 228 pages.
  • BLANCHET P., 2000, Linguistique de terrain, méthode et théorie (une approche ethno-sociolinguistique), Presses Universitaires de Rennes.
  • BOURDIEU P., 1982, Ce que parler veut dire, l'économie des échanges linguistiques, Paris, Fayard.
  • BOYER H., (Dir.), 1996, Sociolinguistique, territoire et objets, Lausanne, Delachaux et Niestlé.
  • BULOT T., BLANCHET P., 2013, Une introduction à la sociolinguistique (pPur l’étude des dynamiques de la langue française dans le monde), Editions des archives contemporaines, Paris, 166 pages.
  • BULOT T. (Dir.), 2009, Formes & normes sociolinguistiques (Ségrégations et discriminations urbaines), L’Harmattan (Collection Espaces Discursifs), Paris, 248 pages.
  • BULOT T. (Dir.), 2011, Sociolinguistique urbaine et Linguistic landscape Studies (Marquages et plurilinguisme / Language Marking and Multilinguism), Cahiers de Linguistique 37/1, EME, Cortil-Wodon, 157 pages.
  • CALVET L.J., 1994 Les voix de la ville, Payot, Paris, 309 pages.
  • CALVET L-J., 2005 [1993], Sociolinguistique, Paris, PUF, "Que sais-je ?" n° 2731.
  • GUMPERZ, J., 1989, Engager la conversation, introduction à la sociolinguistique interactionnelle, Paris, Minuit.
  • MARCELLESI J.-B. et BULOT T., BLANCHET P. (colls), 2003, Sociolinguistique (épistémologie, langues régionales, polynomie), Paris, L’Harmattan, 308 pages.
  • MOREAU M.-L., 1997, Sociolinguistique, Mardaga, Sprimont, 307 pages.

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Notes[modifier | modifier le code]

Revues et collections[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

Collections[modifier | modifier le code]

Espaces Discursifs

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]