Voyelle nasale

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Les voyelles nasales sont produites par le passage de l'air dans les fosses nasales grâce à l'abaissement du voile du palais (velum). Le flux d'air continue en même temps de passer par la bouche. Le processus permettant de passer d'une voyelle dite orale (normale) à une voyelle nasale est la nasalisation.

Ces voyelles sont notamment phonologiques en français standard, en portugais, en polonais, en breton et en hindi. On les rencontre aussi dans la plupart des langues kanak, ainsi que dans de nombreuses langues d'Afrique ou des Amériques[1].

Notation des voyelles nasales[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs manières d'indiquer à l'écrit ce type de voyelles (liste non exhaustive et ne prenant pas en compte nombre de cas particuliers) :

  • Orthographe française : une voyelle suivie d'une consonne nasale (m ou n) : an /ɑ̃/, en /ɑ̃/ ou /ɛ̃/, in /ɛ̃/, on /ɔ̃/, un /œ̃/. Par exemple pompon /pɔ̃pɔ̃/.
  • Orthographe portugaise : une voyelle suivie d'une consonne nasale ou surmontée d'un tilde : ã, õ (ces dernières dans les digrammes ão, ãe, ãi et õe) ; c'est cette manière que l'alphabet phonétique international utilise
  • Orthographe polonaise : un ogonek souscrit à la voyelle : ą /ɔ̃/, ę /ɛ̃/;
  • Orthographe bretonne : une voyelle suivie d'un n ou d'un n tildé ñ : an, , en, , in, , on, , un, . Suivie d'un n, la voyelle est nasalisée et la consonne n est prononcée, suivie d'un ñ, la voyelle est nasalisée et le n n'est pas prononcé. On distingue ainsi gouelañ [gwelɑ̃] (« pleurer ») de gouelan [gwelɑ̃n] (« goëland »).
  • Orthographe hindi : la nasalisation est exprimée par la candrabindu, अँ /ɑ̃/, आँ /ɑ̃:/, इँ /ĩ/, ईँ /ĩ:/, उँ /ũ/, ऊँ /ũ:/, एँ //, ऐँ /ɛ̃/, ओँ /õ/, औँ /ɔ̃/, मैं /mæ̃/.

Première description des voyelles nasales du français[modifier | modifier le code]

Le concept de voyelles nasales en français a été défini pour la première fois en 1694 par l'abbé de Dangeau dans ses Essais de grammaire. La notion en fut reprise et précisée en 1767 par Nicolas Beauzée, qui est le premier à définir la nasalité par rapport à l'oralité. Ainsi, il écrit dans sa Grammaire générale que les articulations nasales sont celles « qui font réfluer par le nez une partie de l'air sonore dans l'instant de l'interception, de manière qu'au moment de l'explosion il n'en reste qu'une partie pour produire la voix articulée, » tandis que les articulations orales sont celles « qui ne contraignent point l'air sonore de passer par le nez dans l'instant de l'interception, de manière qu'au moment de l'explosion tout sort par l'ouverture ordinaire de la bouche » (49-51).

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]