Diffusionnisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le diffusionnisme est, en anthropologie et sociologie, une appréhension des cultures humaines par leur distribution dans l'aire, leur historicité et les dynamiques géographiques associées. Le diffusionnisme va s'institutionnaliser en tant que courant de pensée à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle notamment en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. Première critique de l'évolutionnisme, le diffusionnisme est considéré comme la deuxième grande théorie anthropologique après celui-ci.

Théorie[modifier | modifier le code]

Postulat[modifier | modifier le code]

Le postulat de base du diffusionnisme en tant que courant de pensée est d'affirmer que l'être humain n'est pas créatif ; ce courant conçoit la rareté des processus d'invention. Selon cette théorie le passage d'une culture à une autre, ou d'une forme de culture à une autre, se fait par contact et se décrit géographiquement. La culture se développe et se transforme donc par le biais d'emprunts culturels auprès des groupes humains avoisinants, de migrations de population, de processus d'imitation ou d'acculturation.

On peut ainsi reconstituer des cercles culturels (kulturkreis) autour de foyers de diffusion. Les diffusionnistes étudient donc les transmissions de traits culturels qui s'effectuent entre groupes humains, ce qui rompt avec les problématiques évolutionnistes. Il n'est en effet plus possible de se réclamer de la conception du progrès héritée de l'évolutionnisme d'alors qui voit dans les transformations culturelles et sociales des inventions parallèles et convergentes résultant d'une unique loi d'évolution des sociétés humaines.

Cependant, le diffusionnisme n'exclut pas forcément une conception évolutionniste de l'histoire. Il ne fait que remplacer le parallélisme et la loi des évolutions convergentes par une théorie des diffusions des traits culturels. Ainsi, si le diffusionnisme put servir de vecteur critique de tout évolutionnisme postulant une hiérarchie des sociétés (aux États-Unis notamment), il s'en accommoda ailleurs assez facilement.

Méthode[modifier | modifier le code]

Le diffusionnisme insiste donc sur la théorisation des contacts interculturels. Cela donna lieu à un grand nombre d'études comparatives et cartographiques, ayant le plus souvent pour but d'établir la séquence de filiation d'un fait culturel et de circonscrire le « foyer culturel » dans lequel aurait émergé l'élément en question. La constitution de cartes géographiques porteuses d'un savoir anthropologique va tenir une place importante dans les méthodes du diffusionnisme.

Histoire et développement du diffusionnisme[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Edward Tylor

C'est chez des penseurs évolutionnistes que l'on voit apparaître, au milieu du XIXe siècle, les premières idées diffusionnistes. En Allemagne, Adolf Bastian, bien que soutenant une unité psychique de l'humanité et des lois de développement universelles, propose les processus de diffusion (associés aux stimuli du milieu) comme l'un des facteurs secondaires expliquant l'évolution des sociétés. En Angleterre, Edward Tylor introduit largement le principe de diffusion dans ses ouvrages. Il applique tout d'abord ces idées à l'étude des techniques préhistoriques avant de les généraliser à une anthropologie générale et aux éléments non matériels de la culture (mythologie, théorie de la maladie,...)[1].

L'Anthropogéographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Friedrich Ratzel.

Principales écoles d'anthropologie diffusionnistes[modifier | modifier le code]

Les idées diffusionnistes sont reprises par trois écoles :

Critiques[modifier | modifier le code]

Le diffusionnisme sera l'objet d'importantes critiques, d'une part parce qu'il ne peut rendre compte de l'émergence de phénomènes culturels semblables chez des populations n'ayant jamais pu être l'objet d'un contact (par exemple, appartenant à des époques fort éloignées), mais plus encore, parce qu'il négligeait le contexte et la signification des éléments culturels qui auraient été l'objet d'une diffusion, s'en tenant exclusivement à la similitude de leur forme. Il est également reproché aux diffusionnistes leur dogmatisme, leur réductionnisme géographique et leur schématisation excessive de faits sociaux.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Löwie, The history of ethnological theory, 1937