Sumérien

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Sumérien
Période IVe et IIIe millénaires av. J.-C.
Parlée en Sumer, Empire d'Akkad
Région Mésopotamie
Classification par famille
  • -  hors classification (isolat)
    • -  sumérien
[réf. nécessaire], cunéiforme
Codes de langue
ISO 639-2 ISO 639-2
IETF sux
Échantillon
Détail temple d'Adab (Sumer)

Le sumérien est une langue morte qui était autrefois parlée dans l'Antiquité en Basse Mésopotamie. C'était la langue de Sumer aux IVe et IIIe millénaires av. J.-C., mais elle a progressivement laissé la place à l'akkadien et est tombée dans l'oubli jusqu'au XIXe siècle. Le sumérien est, avec le hatti, une des langues du Proche-Orient ancien que les linguistes ne parviennent pas à rattacher à une famille de langues connue.

Le sumérien semble être la plus ancienne langue écrite connue, sous une forme d'écriture appelée le cunéiforme. Cette écriture a été plus tard reprise pour l'akkadien, l'ougaritique, l'amorrite et l'élamite ainsi que par les rois égyptiens qui voulaient communiquer avec leurs provinces du Proche-Orient et les rois mésopotamiens. L'écriture cunéiforme a même été utilisée par certaines langues indo-européennes, telles le hittite (qui avait en parallèle une écriture hiéroglyphique) et le vieux-perse, bien que ces derniers ne se soient pas servi des mêmes instruments de gravure, s'éloignant de la graphie originelle. Ces peuples, pour la plupart, ont repris le système graphique qu'ils ont adapté à leur propre langue. Aussi les signes, s'ils sont les mêmes en sumérien et en akkadien, ou encore en sumérien et en vieux-perse, n'ont cependant pas la même valeur sémantique.

Carte de Sumer

Sommaire

Caractéristiques[modifier]

Le sumérien est une langue agglutinante, ce qui signifie que chaque mot est formé de multiples morphèmes associés les uns aux autres ; il s'oppose ainsi aux langues isolantes comme le chinois (où chaque mot n'existe que sous une forme fixe) et aux langues flexionnelles, où les mots se déclinent sous des formes différentes formées par l'utilisation d'affixes ne pouvant être séparés de la racine. On retrouve en sumérien une utilisation importante de mots composés : ainsi par exemple le mot lugal signifiant « roi » est formé par l'accolement des mots pour « grand » et « homme ».

C'est aussi une langue ergative, ce qui signifie que le sujet d'un verbe transitif direct est décliné au cas ergatif, ce qui se marque par la postposition -e. Le sujet d'un verbe intransitif et l'objet direct d'un verbe transitif relèvent de l'absolutif, ce qui en sumérien (comme dans la plupart des langues ergatives) est marqué par l'absence de suffixe (ou encore ce qui est appelé « suffixe zéro »), comme dans lugal-e é mu-un-dù « le roi construit une maison / un temple / un palais » ; lugal ba-gen « le roi partit ».

Grammaire[modifier]

Nom[modifier]

Le nom sumérien est composé typiquement de une ou deux syllabes, rarement plus sauf dans les mots composés.

Exemple  :

igi = œil, e = temple, nin = femme, dame.

Beaucoup de mots bisyllabiques sont décomposables :

Exemple  :

lugal = roi (lu = homme, gal = grand).

En fin de mot, une particule s'ajoute afin de préciser le rôle du mot dans la phrase ainsi que diverses modalités. D'autres particules comme les possessifs se greffent aussi en fin de mot.

Exemple  :

lugal.ani = son roi (ani étant la marque de la 3e personne).

Deux mots peuvent se suivre afin de fabriquer un génitif, surtout dans le cas de noms propres.

Exemple  :

ur.Namma = homme de Namma (ur = homme, Namma = dieu local).

Sinon, usuellement, on utilise le marqueur .k pour le génitif.

Exemple  :
  • nin.ani.r = pour sa dame (femme.possessif_3e_personne.pour)
  • nin.ani.k = de sa dame (k = génitif)
  • e.r = pour (le) temple (temple.pour)
  • e.k = du temple (k = genitif)
  • e.0 = le temple (0 = marque du vide, absolutif)

Verbe[modifier]

Le verbe sumérien a comme le nom, une ou deux syllabes. Il est sujet à deux conjugaisons (transitive et intransitive) et à deux aspects (hamtu et maru comme indiqué dans les grammaires akkadiennes du sumérien).

Les terminaisons usuelles sont :

  • 1re personne du singulier, intransitif = -en
  • 1re personne du pluriel, intransitif = -en -dè -en
  • 2e personne du singulier, intransitif = -en -zè -en

Toutefois, la conjugaison sumérienne est plus complexe que celles de la plupart des langues modernes car le verbe est soumis à un double marquage indiquant non seulement la personne du sujet mais en outre celle du complément d'objet direct et des autres compléments s'il y a lieu..

Exemple : mu.na.n.du.0 = il a construit

  • mu = marqueur du définitif ou du très probable
  • na = marque du datif (construire pour)
  • n = agent 3e personne singulier
  • du = radical (construire)
  • 0 = absolutif

Notes et références[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • (en) M.-L. Thomsen, The Sumerian language: An introduction to its history and grammatical structure, Akademisk Forlag, 1987
  • (en) Samuel Noah Kramer, The Sumerians: Their History, Culture, and Character (University Of Chicago Press/Kindle Edition) 1962, Sumerian Mythology, University of Pennsylvania Press 1998
  • (en) D.O. Edzard, Sumerian Grammar, Handbuch der Orientalistisk, Brill, 2003
  • (fr) Raymond Jestin, Abrégé de grammaire sumérienne, Geuthner
copie Louvre "Vocabulaire sumérien-akkadien"
  • (en) Heather Lynn (archaeologist), The Sumerian Controversy: A Special Report (Mysteries in Mesopotamia) (Kindle Edition) 2013


Articles connexes[modifier]

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Liens externes[modifier]