Latin archaïque

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Latin archaïque
Prisca Latinitas
Période Monarchie romaine, République romaine
Extinction Ier siècle av. J.-C.
Langues filles latin classique
Région Italie
Typologie flexionnelle
Classification par famille
Expansion de Rome au IIe siècle av. J.-C.. Il est peu probable que le latin ait été parlé au-delà de l'aire verte.

On appelle latin archaïque (prisca latinitas) l'état du latin en usage de l'origine jusqu'au tout début du Ier siècle av. J.-C..

Historiographie[modifier | modifier le code]

La langue des origines[modifier | modifier le code]

Le concept de vieux latin (Prisca Latinitas) est aussi vieux que celui de latin classique, les deux datant de la fin de l'époque républicaine. À cette époque, Cicéron remarque, comme d'autres, que le langage qu'il utilise tous les jours, celui de la haute société romaine, est émaillé d'archaïsmes, qu'il appelle « verborum vetustas prisca »[1],[note 1].

Quatre latins d'Isidore de Séville[modifier | modifier le code]

Durant l'Antiquité tardive, les grammairiens latinistes et hellénistes prennent conscience des différentes phases par lesquelles la langue latine a transité. Isidore de Séville, dans ses Étymologies, décrit le schéma de classification de son époque[2] :

« Latinas autem linguas quattuor esse quidam dixerunt, id est Priscam, Latinam, Romanam, Mixtam. Prisca est, quam vetustissimi Italiae sub Iano et Saturno sunt usi, incondita, ut se habent carmina Saliorum. Latina, quam sub Latino et regibus Tusci et ceteri in Latio sunt locuti, ex qua fuerunt duodecim tabulae scriptae. Romana, quae post reges exactos a populo Romano coepta est, qua Naevius, Plautus, Ennius, Vergilius poetae, et ex oratoribus Gracchus et Cato et Cicero vel ceteri effuderunt. Mixta, quae post imperium latius promotum simul cum moribus et hominibus in Romanam civitatem inrupit, integritatem verbi per soloecismos et barbarismos corrumpens. »

Ce schéma a persisté sans grand changement longtemps après Isidore.

Période[modifier | modifier le code]

En 1874, John Wordsworth (en) propose la définition suivante[3] : « By Early Latin I understand Latin of the whole period of the Republic, which is separated very strikingly, both in tone and in outward form, from that of the Empire. » (« Par latin archaïque, j'entends le latin de toute la période républicaine, qui se distingue très nettement, par son ton et par sa forme extérieure, du latin impérial. »)

Bien que les différences soient nettes et puissent facilement être identifiées par les lecteurs, elles ne sont pas suffisantes pour causer une barrière de langue. Les locuteurs du latin de l'époque impériale ne rapportent pas de difficulté à comprendre le latin archaïque, à l'exception de quelques textes qui doivent dater de l'époque royale, essentiellement des chants. Ainsi la Loi des Douze Tables, qui remonte aux débuts de la République, est compréhensible, alors que le Carmen Saliare, écrit sous Numa Pompilius, n'était pas complètement compris même de Cicéron.

Une opinion concernant le latin archaïque a survécu, dans une œuvre de l'historien grec Polybe[4]. Il évoque « le premier traité entre Rome et Carthage », dont il dit qu'il « remonte au consulat de Lucius Junius Brutus et à Marcus Horatius, les premiers consuls après l'expulsion des rois ». Nous n'avons pas une grande connaissance des premiers consuls, mais Polybe indique que le traité a été rédigé 28 ans après l'incursion de Xerxes Ier en Grèce, c'est-à-dire en l'an -452, à peu près à l'époque des Decemviri, alors que la constitution de la République romaine avait été définie. Polybe parle ainsi de la langue utilisée pour la rédaction du traité : « la langue romaine ancienne diffère tant de la langue moderne qu'elle ne peut que partiellement être comprise, et après beaucoup d'application et par les hommes les plus intelligents[note 2] ».

Il n'y a pas de grande différence entre le latin archaïque tel qu'il fut parlé dans la plus grande partie de la République et le latin classique, mais il y a une gradation continue.

La fin de la république est considérée comme une date de fin ultime, selon les linguistes postérieurs à Wordsworth. Charles Edwin Bennett (en) en dit[5] :

« Latin archaïque » est nécessairement un terme quelque peu vague… Bell, dans De Locativi in prisca latinitate vi et usu, Breslau, 1889[6], place la limite finale à -75. il est impossible de donner une date précise, car le latin archaïque ne se termine pas abruptement mais se continue même jusqu'à la période impériale.

La date de -100 fournie par Bennet n'a pas été retenue par la suite[7], mais celle de -75 proposée par Bell est devenue le standard comme indiqué dans des ouvrages majeurs comme le recueil de fragments (littéraires ou épigraphiques) paru chez Loeb[8]. Les textes de latin datant entre -452 et -75 évoluent ainsi de l'état de difficiles à comprendre même par des classicistes expérimentés vers un latin accessible aux gens de lettres.

Corpus[modifier | modifier le code]

L'inscription du Forum, l'une des plus anciennes inscriptions latines connues. Elle est écrite en boustrophedon, bien que de façon irrégulière. L'empreinte a été prise par Domenico Comparetti.

Aucune inscription n'est antérieure à l'introduction de l'alphabet grec en Italie. Les plus anciennes datent probablement des VIIe et VIe siècles av. J.-C.[9]. Cependant, certains textes, conservés de façon fragmentaire dans les œuvres d'auteurs classiques, doivent avoir été composés durant l'époque royale.

Le philologue allemand Gerhard Radke (de) a publié en 1981 un catalogue des inscriptions les plus antiques du latin[10].

Fragments et inscriptions[modifier | modifier le code]

Auteurs[modifier | modifier le code]

Les pièces de théâtre du comique Plaute, qui datent des IIIe et IIe siècles av. J.-C. siècles, sont les plus anciennes œuvres littéraires que nous ayons conservées dans leur intégralité. On dispose également de fragments d'œuvres (p. ex. Odusia de Livius Andronicus, Bellum Poenicum de Naevius) cités par d'autres auteurs (p. ex. Aulu-Gelle).

Écrivains romains du IIIe siècle av. J.-C.

Écrivains romains du IIe siècle av. J.-C.

Orthographe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alphabet latin.

Le latin archaïque s'écrit essentiellement avec 20 lettres : A, B, C, D, E, F, H, I, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X.

Le G — soit un C modifié — fait certes son apparition pendant la République, mais son usage ne devient réellement courant qu'à partir de l'époque classique. Auparavant, la consonne C recouvrait indistinctement les phonèmes [k] et [g][11] : ce sera encore le cas à l'époque classique pour les prénoms Caius et Cnaeus, respectivement prononcés [gajus] et [gnaeus]. Quant au K, il tend au contraire à être systématiquement remplacé par le C (il n'est généralement plus guère usité à l'époque classique que dans l'abréviation KAL pour KALENDAE, graphie d'ailleurs concurrencée par CALENDAE, les fameuses calendes). Enfin, la profonde vague d'hellénisation qui touche le monde romain dès le IIIe siècle av. J.-C. finira par imposer l'usage des lettres exogènes Y et Z.

L'humaniste Pierre de La Ramée est l'auteur de la réforme visant à instaurer les lettres j et v, pour les distinguer de i et u, d'où leur nom de lettres ramistes[12].

Certaines différences entre le latin archaïque et le latin classique sont simplement orthographiques ; on pense que la prononciation est essentiellement la même qu'en latin classique.

  • consonne unique pour consonnes doubles : Marcelus pour Marcellus
  • voyelles géminées pour voyelles longues : aara pour āra
  • q pour c devant u : pequnia pour pecunia
  • gs/ks/xs pour x : regs pour rex, saxsum pour saxum
  • c pour g : Caius pour Gaius

Phonologie[modifier | modifier le code]

Évolution des diphtongues du latin archaïque au latin classique[13]

Certaines caractéristiques phonologiques du latin archaïque sont :

  • la préservation des désinences casuelles indo-européennes -os et -om originelles (latin classique -us et -um)
  • la préservation de la plupart des diphtongues indo-européennes dans les syllabes accentuées, dont /ai/ (plus tard ae, mais la prononciation reste inchangée) ; /ei/ (plus tard ī) ; /oi/ (plus tard ū, ou parfois oe) ; /ou/ (du PIE /eu/ et /ou/ ; plus tard ū).
  • l'existence d'un /s/ intervocalique, jusque 350 av. J.-C. environ. Dans de nombreux cas, ce /s/ intervocalique devient /r/ en latin classique, phénomène appelé rhotacisme. Ce rhotacisme a des implications pour la déclinaison : honos, honoris (de honos, honoses) devient par analogie honor, honoris (« l'honneur »). Certains textes en latin archaïque conservent ce /s/ dans cette position, comme le Carmen Arvale : lases pour lares
  • de nombreuses suites de consonnes non réduites : iouxmentom (iūmentum, « bête de trait ») ; losna (lūna, « lune ») < *lousna < */leuksnā/ ; cosmis (cōmis, « doux, gentil ») ; stlocum, acc. (locum, « place, lieu »).
  • /dw/ : duenos (latin classique bonus), dans la fameuse inscription de Duenos ; duellom (latin classique bellum)
  • /d/ finaux à l'ablatif (plus tard perdus) et à la troisième personne du singulier[précision nécessaire] des verbes (plus tard dévoisés en t)

Grammaire et morphologie[modifier | modifier le code]

Noms[modifier | modifier le code]

Les noms latins sont distingués par le cas grammatical, une flexion du mot par une terminaison (ou suffixe), qui détermine son rôle dans la phrase (sujet, COD, etc.).

Article connexe : Déclinaisons latines.

première déclinaison (a)[modifier | modifier le code]

Les noms de cette déclinaisons sont typiquement féminins. Les thèmes se terminent par [14].

Quelques masculins possèdent un nominatif terminant en -s, qui pourrait avoir été la terminaison d'origine ; ce -s a toutefois eu tendance à tomber : paricidas vs. paricida[15]. Au nominatif pluriel a remplacé le -s originel[16].

puellā, –āī
fille, jeune fille f.
Singulier Pluriel
Nominatif puellā puellāī
Génitif puell-ās/-āī/-ais puell-om/-āsōm
Datif puellāi puell-eis/-abos
Accusatif puellam puellās
Ablatif puellād puell-eis/-abos
Vocatif puella puellai
Locatif Romai Syracuseis

Au génitif singulier, le -s a été remplacé par le –ī de la seconde déclinaison. La diphtongue résultante -āī, après s'être abrégée en -ai, est ensuite devenue -ae[17]. Dans quelques cas, le remplacement n'a pas eu lieu : pater familiās. Les explications des terminaisons épigraphiques tardives -aes sont peu sûres. Au génitif pluriel, la terminaison régulière est –āsōm (–ārum en latin classique, par rhotacisme et abrègement du final) mais certains noms empruntent -om (-um en latin classique) à la seconde déclinaison[16].

Le du datif singulier est long[18] ou court[19]. Comme au génitif singulier, la terminaison devient -ae, -a (Feronia) ou -e (Fortune)[18].

À l'accusatif singulier, le latin abrège une voyelle devant un -m final[19].

À l'ablatif singulier, -d tombe après une voyelle longue[19]. Aux datif et ablatif pluriels, la terminaison -abos, qui descend de l'indo-européen *–ābhos[20], n'est utilisée que pour les féminins (deabus). Le développement *–ais > –eis > īs est analogique de celui du –ois de la deuxième déclinaison[21].

Le -a bref originel du vocatif singulier s'est confondu avec le -a abrégé du nominatif[19].

Le cas locatif ne peut s'appliquer à un mot comme puella ; dans le tableau, Roma, au singulier, et Syracusae, au pluriel, lui ont donc été substitués. La désinence du locatif pluriel s'est déjà confondue avec le -eis de l'ablatif.

deuxième déclinaison (o)[modifier | modifier le code]

Les noms sont masculins ou neutres. Les thèmes se terminent par , qui dérive du degré o de l'alternance vocalique indo-européenne[22]. Le latin classique présente un développement ŏ > ŭ.

Avec les noms dont le nominatif singulier se termine en -ros ou -ris, se produit une syncope[23][réf. insuffisante] : on a ainsi ager et non *ageros[24]. Les nominatifs masculins pluriels suivent deux lignes de développement, chacune laissant une série de terminaisons. Les Romains généralisent la terminaison pronominale indo-européenne *-oi. La séquence est *-oi > -oe > -ei > -e > -ī[25]. Les textes provinciaux généralisent la terminaison indo-européenne du nominatif pluriel *-ōs, qui apparaît dans la troisième déclinaison[25] : *-ōs > -ēs, -eis, -īs[26], à partir de 190 ACN[27].

campos, –ī
champ, plaine m.
saxom, –ā
pierre, rocher n.
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Nominatif campos camp-oe/-e/-ei/-ī
      /-ēs/-eis/-īs
saxom sax-ā/-ă
Génitif camp-ī/-ei camp-ōm/-ūm saxī sax-ōm/-ūm
Datif campō camp-ois/-oes/-eis/-īs saxō sax-ois/-oes/-eis/-īs
Accusatif campom campōs saxom sax-ā/-ă
Ablatif campōd camp-ois/-oes/-eis/-īs saxōd sax-ois/-oes/-eis/-īs
Vocatif camp-e/-us camp-oe/-e/-ei/-ī
     /-ēs/-eis/-īs
saxom saxǎ
Locatif campī/-ei/-oi camp-ois/-oes/-eis/-īs saxī/-ei/-oi sax-ois/-oes/-eis/-īs

Au génitif singulier, est la terminaison la plus ancienne. Elle alternera plus tard avec -ei : populi Romanei, "du peuple romain"[28]. Au génitif pluriel, les désinences -om et -um (ou -ōm et -ūm[26]), qui proviennent toutes deux de l'indo-européen *-ōm, survivent en latin classique dans les noms des pièces de monnaie et les noms de mesures[29]. Ailleurs, le latin classique a -ōrum, par analogie avec la désinence -ārum première déclinaison.

Au datif singulier, si la fibule de Préneste est un faux, la forme Numasioi, seule occurrence de -ōi, ne doit pas être prise en compte : la terminaison est alors .

Au vocatif singulier, certains noms - mais pas nécessairement les mêmes qu'en latin classique - perdent le -e (terminaison ø)[30]. Le -e alterne régulièrement avec -us[31]. Le vocatif pluriel était le même que le nominatif pluriel[32]. Exceptées certaines formes au singulier qui étaient identiques au génitif, le locatif a fusionné avec l'ablatif dans toutes les langues italiques antérieures au latin archaïque[33].

troisième déclinaison (c)[modifier | modifier le code]

Les noms sont masculins, féminins et neutres. Le thème finit par une consonne, d'où l'appellation de « déclinaison consonantique ». On trouve cependant certains noms dont le thème finit par -i. Le thème en -i, qui est un thème vocalique, a partiellement fusionné avec le thème consonantique durant la période pré-latine, et plus encore en latin archaïque[34], ce qui a donné la déclinaison à thème mixte. Il en subsiste des traces en latin classique : par exemple, l'adjectif ingens, « immense », donne :

  • à l'ablatif singulier : ingenti (et non *ingente) ;
  • aux nominatif et accusatif neutres pluriels : ingentia (et non *ingenta) ;
  • au génitif pluriel : ingentium (et non *ingentum).

particularités couramment désignées sous le nom de « règle des trois -i ».

Les déclinaisons des thèmes consonantiques varient légèrement selon la consonne finale du thème : occlusive-, r-, n-, s-, etc.[35]. Les paradigmes ci-dessous incluent un thème en occlusive (reg-) et un thème en i- (igni-).

rēgs –ēs
roi m.
ignis -ēs
feu m.
Singulier Pluriel Singulier Pluriel
Nominatif rēg/-s rēg-eīs/-īs/-ēs/-ĕs ign-is/-es ign-eīs/-ēs/-īs/-ĕs
Génitif rēg-es/-is/-os/-us rēg-om/-um/-erum ignis ign-iom/-ium
Datif rēg-ei/-ī/-ē/-ě rēg-ebus/-ebūs
     /-ibos/-ibus
ign-i/-eī/-ē ign-ibus/-ibos
Accusatif rēgem rēg-eīs/-īs/-ēs ignim ign-eīs/-ēs/-īs
Ablatif rēg-īd/-ĭd/-ī/-ē/-ĕ rēg-ebus/-ebūs
     /-ibos/-ibus
ign-īd/-ĭd
     /-ī/-ē/-ĕ
ign-ebus/-ebūs
     /-ibos/-ibus
Vocatif rēg/-s rēg-eīs/-īs/-ēs/-ĕs ign-is/-es ign-eīs/-ēs/-īs/-ĕs
Locatif rēgī rēgebos ignī ignibos

Pour la déclinaison consonantique, au nominatif singulier, le -s était directement accolé au thème, mais la combinaison de deux consonnes a produit des nominatifs modifiés[36]. Le nominatif rēgs à la place de rēx est une caractéristique orthographique du latin archaïque ; la lettre x était rarement utilisée seule pour désigner les sons /ks/ ou /gs/, qui étaient plutôt transcrits 'ks', 'cs' ou même 'xs'. Au nominatif surviennent fréquemment des syncopes/apocopes : latin archaïque nominus > latin classique nomen ; hominus > homo ; Caesarus > Caesar[37]. La forme du neutre (qui n'est pas montrée ici) est le nominatif indo-européen sans la terminaison du thème ; par exemple, cor < *cord (« le cœur »)[38].

Les terminaisons du génitif singulier sont -is < -es et -us < *-os[39]. Au génitif pluriel, certaines formes rajoutent la désinence à la forme du génitif singulier plutôt qu'au thème seul : regerum < *reg-is-um (au lieu de reg-um)[40].

Au datif singulier, a succédé à -ēi et après 200 ACN.

À l'accusatif singulier, -em < *-ṃ après une consonne[39].

À l'ablatif singulier, le -d tombe après 200 ACN[26]. Aux datif et ablatif pluriels, les poètes archaïques utilisent parfois -būs[26].

La forme la plus ancienne du locatif est identique à celle du datif, mais est assimilée à l'ablatif durant cette période[41].

quatrième déclinaison (u)[modifier | modifier le code]

senātus, –ūs
sénat m.
Singulier Pluriel
Nominatif senātus senātūs
Génitif senāt-uos/-uis/-ī/-ous/-ūs senāt-uom/-um
Datif senātuī senāt-ubus/-ibus
Accusatif senātum senātūs
Ablatif senāt-ūd/-ud senāt-ubus/-ibus
Vocatif senātus senātūs
Locatif senāti

cinquième déclinaison (e)[modifier | modifier le code]

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Les pronoms personnels sont parmi les mots les plus fréquents dans les inscriptions en latin archaïque. Notez qu'aux trois personnes, la terminaison de l'ablatif singulier est identique à celle de l'accusatif singulier.

ego, moi, je tu, toi, tu suī, lui-même, elle-même, etc.
Nominatif ego tu -
Génitif mis tis sei
Datif mihei, mehei tibei sibei
Accusatif mēd tēd sēd
Ablatif mēd tēd sēd
Pluriel
Nominatif nōs vōs -
Génitif nostrōm,
-ōrum, -i
vostrōm,
-ōrum, -i
sei
Datif nōbeis, nis vōbeis sibei
Accusatif nōs vōs sēd
Ablatif nōbeis, nis vōbeis sēd

Pronom relatif[modifier | modifier le code]

En latin archaïque, le pronom relatif est un autre concept courant, surtout dans les inscriptions.

queī, quaī, quod qui, quoi
Masculin Féminin Neutre
Nominatif queī quaī quod
Génitif quoius, quoios quoia quoium, quoiom
Datif quoī, queī, quoieī, queī
Accusatif quem quam quod
Ablatif quī, quōd quād quōd
Pluriel
Nominatif ques, queis quaī qua
Génitif quōm, quōrom quōm, quārom quōm, quōrom
Datif queis, quīs
Accusatif quōs quās quōs
Ablatif queis, quīs

Verbes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conjugaison latine.
indicatif présent: sum indicatif présent: facio
archaïque classique archaïque classique
singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel
1re personne som, esom somos, sumos sum sumus fac(e/ī)o fac(e)imos faciō facimus
2e personne es esteīs es estis fac(e/ī)s fac(e/ī)teis facis facitis
3e personne est sont est sunt fac(e/ī)d/-(e/i)t fac(e/ī)ont facit faciunt
indicatif parfait: fuī indicatif parfait: fēcī
archaïque classique archaïque classique
singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel singulier pluriel
1re personne fuei fuemos fuī fuimus (fe)fecei (fe)fecemos fēcī fēcimus
2e personne fuistei fuisteīs fuistī fuistis (fe)fecistei (fe)fecisteis fēcistī fēcistis
3e personne fued/fuit fueront/-erom fuit fuērunt (fe)feced/-et (fe)feceront/-erom fēcit fēcērunt/-ēre

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Hubert Zehnacker et Jean-Claude Fredouille, Littérature latine, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige manuels »,‎ 2005 (ISBN 2-13-055211-0)
  • (en) Eric Herbert Warmington, Remains of Old Latin, Loeb Classical Library,‎ 1935 (ISBN 978-0674993242)

Grammaires[modifier | modifier le code]

  • (en) Frederic de Forest Allen, Remnants of Early Latin,‎ 1880 (lire en ligne)
  • (la) Andreas Bell, De locativi in prisca Latinitate vi et usu : Dissertatio inauguralis philologica,‎ 1889
  • (en) Charles Edwin Bennett, Appendix to Bennett's Latin grammar for Teachers and Advanced Students, Boston, Allyn and Bacon,‎ 1895 (lire en ligne)
  • (en) Charles Edwin Bennett, The Latin language: a historical outline of its sounds, inflections, and syntax,‎ 1907 (lire en ligne)
  • (en) Charles Edwin Bennett, Syntax of Early Latin, Boston, Allyn and Bacon,‎ 1910 (réimpr. 1966) (lien LCCN?, lire en ligne)
  • (en) Carl Darling Buck, Comparative grammar of Greek and Latin, Chicago, University of Chicago Press,‎ 1933 (ISBN 0226079317)
  • Alfred Ernout, Morphologie historique du latin, Paris, Klincksieck,‎ 2003 (1re éd. 1914) (ISBN 978-2252033968, résumé)
  • (en) Basil Lanneau Gildersleeve et Gonzalez Lodge, Gildersleeve's Latin grammar, Londres, Macmillan Education,‎ 1895 (lire en ligne)
  • (en) Wallace Martin Lindsay, The Latin language: an historical account of Latin sounds, stems and flexions,‎ 1894 (lire en ligne)
  • (en) Leonard Robert Palmer, The Latin language,‎ 1954 (ISBN 978-0806121369)
  • (en) Henry John Roby, A grammar of the Latin language from Plautus to Suetonius, I, Londres, Macmillan,‎ 1872 (lire en ligne)
  • (en) Andrew L. Sihler, New Comparative Grammar of Greek and Latin, Oxford University Press,‎ 1995 (ISBN 9780195373363)
    Ouvrage de référence
  • (en) John Wordsworth, Fragments and Specimens of Early Latin : with Introduction and Notes, Clarendon Press,‎ 1874 (lire en ligne)
  • (en) Michael Weiss, Outline of the Historical and Comparative Grammar of Latin, Beech Stave Press,‎ 2009 (ISBN 978-0-9747927-5-0)
    Ouvrage de référence
  • Marius Lavency, VSVS : Grammaire latine, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1997, 2e éd. (ISBN 90-6831-904-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « quod et verborum vetustas prisca cognoscitur ».
  2. « Γίνονται τοιγαροῦν συνθῆκαι Ῥωμαίοις καὶ Καρχηδονίοις πρῶται κατὰ Λεύκιον Ἰούνιον Βροῦτον καὶ Μάρκον Ὡράτιον, τοὺς πρώτους κατασταθέντας ὑπάτους μετὰ τὴν τῶν βασιλέων κατάλυσιν, ὑφ´ ὧν συνέβη καθιερωθῆναι καὶ τὸ τοῦ Διὸς ἱερὸν τοῦ Καπετωλίου. Ταῦτα δ´ ἔστι πρότερα τῆς Ξέρξου διαβάσεως εἰς τὴν Ἑλλάδα τριάκοντ´ ἔτεσι λείπουσι δυεῖν. ἃς καθ´ ὅσον ἦν δυνατὸν ἀκριβέστατα διερμηνεύσαντες ἡμεῖς ὑπογεγράφαμεν. Τηλικαύτη γὰρ ἡ διαφορὰ γέγονε τῆς διαλέκτου καὶ παρὰ Ῥωμαίοις τῆς νῦν πρὸς τὴν ἀρχαίαν ὥστε τοὺς συνετωτάτους ἔνια μόλις ἐξ ἐπιστάσεως διευκρινεῖν. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Cicéron, De Oratore, Liber I, XLIII, 193 »
  2. « Isidore de Séville, Etymologies, livre IX, I ».
  3. Wordsworth 1874, p. V.
  4. « Polybe, Histoires, livre III, XXII ».
  5. Bennett 1910, p. III.
  6. Bell 1889, p. ?
  7. Bien qu'on la retrouve ici : « « Old Latin » », dans The American Heritage® Dictionary of the English Language, 2000.
  8. Warmington 1935, p. VII
  9. Zehnacker et Fredouille 2005.
  10. (de) Gerhard Radke, Archaisches Latein. Historische und sprachgeschichtliche Untersuchungen, Darmstatd, 1981, 259 pages
  11. Lavency 1997, p. 24.
  12. Lavency 1997, p. 22.
  13. Allen 1880, p. VI.
  14. Buck 1933, p. 174-175.
  15. Wordsworth 1874, p. 45.
  16. a et b Buck 1933, p. 177
  17. Buck 1933, p. 175-176.
  18. a et b Wordsworth 1874, p. 48.
  19. a, b, c et d Buck 1933, p. 176.
  20. Buck 1933, p. 172.
  21. Palmer 1954, p. 242.
  22. Buck 1933, p. 173.
  23. Buck 1933, p. 99–100.
  24. Consulter toutefois l'article svarabhakti pour une autre explication
  25. a et b Palmer 1954, p. 243.
  26. a, b, c et d Allen 1880, p. 9.
  27. Wordsworth 1874, p. 56.
  28. Lindsay 1894, p. 383.
  29. Buck 1933, p. 182.
  30. Buck 1933, p. 181.
  31. (en) Charles Hall Grandgent, An introduction to vulgar Latin, Boston, D.C. Heath & Co.,‎ 1908 (réimpr. 1962, 2007) (1re éd. 1907) (lire en ligne), p. 89
  32. Bennett 1907, p. 126.
  33. (en) Carl Darling Buck, A Grammar Of Oscan And Umbrian: With A Collection Of Inscriptions And A Glossary, vol. 5, Bristol, Pa., Evolution Publishing,‎ 2005 (1re éd. 1904) (ISBN 1889758728 et 9781889758725, lien OCLC?), p. 204
  34. Buck 1933, p. 197.
  35. Buck 1933, p. 185–193.
  36. Wordsworth 1874, p. 67–73.
  37. Roby 1872, p. 161.
  38. Buck 1933, p. 185.
  39. a et b Bennett 1895, p. 117.
  40. Roby 1872, p. 162.
  41. Gildersleeve et Gonzalez Lodge 1895, p. 18.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]