Langues en voie de disparition

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Parmi les quelque 6 000 langues du monde[1], un grand nombre est en train de disparaître et ce phénomène s'accélère d'année en année.

Selon l'UNESCO[modifier | modifier le code]

L'Unesco considère que les langues appartiennent au patrimoine culturel immatériel de l'humanité et œuvre pour la diversité linguistique par des programmes de sauvegarde des langues en danger. L'organisme fournit les chiffres suivants[2] :

  • 50 % des langues sont en danger de disparition ;
  • une langue disparaît en moyenne toutes les deux semaines ;
  • si rien n'est fait, 90 % des langues vont probablement disparaître au cours de ce siècle.

Les linguistes sont préoccupés par ce phénomène, car les langues qui disparaissent sont souvent des langues qui contiennent des phénomènes linguistiques rares, voire uniques, et s'ils n'ont pas été répertoriés, enregistrés, étudiés, ils seront perdus à jamais.

L'Unesco a notamment publié un atlas mondial des langues en danger, résumé dans les sections ci-dessous[3].

En Europe[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Toutes ces langues régionales, bien que reconnues par les institutions (francophones), sont en danger.

France[modifier | modifier le code]

Aucune de ces langues n'a obtenu de statut, ni n'est reconnue par la loi. La Constitution française reconnaît uniquement, depuis la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». La France a signé mais pas ratifié pour autant la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, ce qui lui vaut des reproches du Conseil économique et social des Nations unies qui a, en 2008, « suggéré » et « recommandé » à la France d'« envisager » la ratification de cette Charte[4]. On remarquera que les seules langues qui ne sont pas en danger sont aussi parlées dans des pays voisins, où elles sont plus protégées. C'est pour cette raison que le catalan, en danger en France mais très utilisé en Espagne, n'est pas considéré comme une langue en danger ou vulnérable par l'UNESCO.

Suisse[modifier | modifier le code]

  • romanche, langue officielle suisse encore faiblement parlée dans le canton des Grisons. Elle n'est plus utilisée en tant que langue principale que par 0,5 % de la population résidente en Suisse[5] soit 35 095 personnes en l'an 2000.

En Asie[modifier | modifier le code]

En Océanie[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

  • Presque toutes langues aborigènes d'Australie sont en grand danger de disparition[6]. Certaines sont peu connues et étudiées. Pour d'autres, des projets de revitalisation sont mis en place[7]. Le Kamilaroi (ou gamilaaray) est une des langues aborigènes d'Australie en cours de revitalisation[8], bien qu'elle n'ait plus de locuteurs natifs à l'heure actuelle. La plupart de ces langues ne survivront probablement pas aux prochaines décennies.

En Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Les parlers des petits îlots berbérophones de l'Algérie centrale et occidentale, la Tunisie et le Sahara[9].

En Amérique[modifier | modifier le code]

Amérique du Sud[modifier | modifier le code]

De nombreuses langues autochtones sont en danger dans les Amériques, notamment en Colombie[10] et au Brésil.

Dans les Andes, le quechua comme l'aymara est de moins en moins parlé dans les provinces, et pourrait disparaître au cours des prochaines générations[réf. nécessaire].

Documentation et sauvegarde des langues[modifier | modifier le code]

  • De 2008 à 2012, la Fondation Chirac a soutenu le programme Sorosoro pour la préservation et la revitalisation des langues en danger. Sorosoro signifie « langue, souffle » en araki, une langue du Vanuatu. Un programme a ainsi été lancé, visant à créer une encyclopédie numérique des langues; ce programme a été interrompu en 2012, par l'arrêt du financement de Sorosoro.
  • Bien d'autres projets existent à l'échelle mondiale, visant à documenter (en) et sauvegarder les langues en danger[11].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nombre de 6 000 langues est controversé, car il dépend de la définition de ce qu'est une langue, sur laquelle il n'y a pas consensus. La base de données Ethnologue.com donne le nombre de 6 700 langues (nov. 2004), mais l'estimation va de 3 000 à 7 000 selon les sources. Source : Site « Langues en danger » de l'Unesco (nov. 2004).
  2. Source : Site « Langues en danger » de l'Unesco (nov. 2004).
  3. (fr) Atlas interactif UNESCO des langues en danger dans le monde, sur le site de l'UNESCO
  4. Observations faites à la France par le Comité des Droits économiques et sociaux, quarantième session, 28 avril-16 mai 2008.
  5. Population résidente en Suisse depuis 1900
  6. http://www.dnathan.com/VL/austLang.htm
  7. (en) court essai sur la revitalisation du warrungu
  8. (en) Peter Austin, The Gamilaraay (Kamilaroi) Language, northern New South Wales — A Brief History of Research/
  9. ARABISATION, Salem CHAKER, Encyclopédie berbère : VI, 1989[1]
  10. Cf. Liste des langues en danger en Colombie.
  11. Voir par exemple la liste de liens proposée par RNLD, le « Resource Network for Linguistic Diversity ».

Liens externes[modifier | modifier le code]