Prédicat (linguistique)

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En linguistique, le prédicat désigne la partie de la phrase ou de la proposition qui porte l'information verbale ou le commentaire à propos du sujet. Par exemple, dans Paul m'a donné un livre, le prédicat est m'a donné un livre.

Sujet et prédicat[modifier | modifier le code]

Dans la grammaire traditionnelle (issue d'Aristote), les mots sujet et prédicat s'opposent : le sujet étant « ce dont il s'agit » (ce qui est considéré comme connu), et le prédicat, « ce que l'on dit du sujet » (autrement dit, l'information nouvelle). Le prédicat est alors l'équivalent du syntagme verbal — c'est-à-dire du verbe, accompagné de tous ses satellites (à l'exclusion du sujet, bien sûr). Par exemple, dans la phrase (proposition) Paul m´a donné un livre, le sujet est Paul, et le prédicat, m'a donné un livre — ce dernier étant composé d'un groupe verbal (a donné) et de deux compléments d'objet, l'un, indirect (m’), l'autre, direct (un livre).

Cependant, cette dualité (S-GV) ne tient pas compte de la réalité des phrases : ainsi, dans c'est Paul qui m'a donné ce livre, l'information nouvelle est portée par le sujet : c'est un exemple de rhématisation. Par conséquent, la grammaire moderne (issue de Gottlob Frege et de Bertrand Russell) a distingué les couples sujet/prédicat et thème/rhème (ou thème/propos). Le rhème est l'information sur le thème, chacun des deux pouvant être porté soit par le sujet, soit par le prédicat.

Prédicat logique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Prédicat (logique mathématique).

La philosophie scolastique médiévale nomme prédicat une qualité qui peut être attribuée à un sujet à l'aide d'une copule (verbe esse en latin, être en français).

  • Exemple : La pomme est rouge (pomme est le sujet logique, rouge le prédicat de cette affirmation logique).

Le prédicat logique se définit aussi comme un attribut d'un sujet que le logicien peut affirmer (ou nier) lorsqu'il énonce une proposition logique.

La linguistique analysant la phrase en groupes de mots et non en concepts isolés, la notion de prédicat en vint à concevoir l'attribut sous la forme d'un syntagme verbal.

Cinq universaux[modifier | modifier le code]

Les différents types de relations possibles entre le prédicat et son sujet sont traditionnellement regroupés sous l'intitulé des « cinq universaux ». Cette expression scolastique est utilisée en philosophie et remonte à Porphyre[1].

Les cinq universaux comprennent :

  1. Le genre (genos) ;
  2. L'espèce (eidos, relevant de la théorie des Formes ou théorie des Idées) ;
  3. La différence (diaphora) ;
  4. Le propre (idion) ;
  5. L'accident (sumbebekos).

Ils dérivent probablement des quatre universaux d'Aristote, ou plutôt des quatre sortes de propositions qu'il distingue dans les Topiques (I, 4) : genre, espèce, propre et accident[1]. Ce sont les différentes catégories par lesquelles on peut prédiquer quelque chose de quelque chose.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Entrée « Attribut », notation de Jules Lachelier, in Vocabulaire technique et critique de la philosophie (dir. André Lalande), PUF, 1926 (5e ed., 1999)

Voir aussi[modifier | modifier le code]