Birman (langue)

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Birman
မြန်မာစာ (birman écrit)
မြန်မာစကား (birman parlé)
Parlée en Birmanie
Nombre de locuteurs 22 millions
Typologie SOV
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau de la Birmanie Birmanie
Codes de langue
ISO 639-1 my
ISO 639-2 bur, mya
ISO 639-3 mya
IETF my
Échantillon
အပိုဒ် ၁ လူတိုင်းသည် တူညီ လွတ်လပ်သော ဂုဏ်သိက္ခာဖြင့် လည်းကောင်း၊ တူညီလွတ်လပ်သော အခွင့်အရေးများဖြင့် လည်းကောင်း၊ မွေးဖွားလာသူများ ဖြစ်သည်။ ထိုသူတို့၌ ပိုင်းခြား ဝေဖန်တတ်သော ဥာဏ်နှင့် ကျင့်ဝတ် သိတတ်သော စိတ်တို့ရှိကြ၍ ထိုသူတို့သည် အချင်းချင်း မေတ္တာထား၍ ဆက်ဆံကျင့်သုံးသင့်၏။

Le birman (မြန်မာစာ [mjàNmàzəgà] en langue écrite, မြန်မာစကား [bəmàzəgà] en langue orale) appartient à la famille tibéto-birmane. Il est la langue officielle de la Birmanie (République de l'Union du Myanmar), où il est parlé comme langue maternelle par environ 30 millions de personnes (sur 46 millions d’habitants). Il trouve son origine dans les parlers de la dépression centrale du pays, se distinguant plus ou moins d’autres dialectes birmans comme le rakhine de la Province d’Arakan qui en est très proche ou l’intha du lac Inle qui s’en distingue un peu plus.

Carte linguistique de la Birmanie[modifier | modifier le code]

Familles de langues en Birmanie

Le birman est la langue officielle de la Birmanie, pratiquement la seule enseignée, ainsi que la langue maternelle de la majorité des habitants natifs de la dépression centrale traversée du Nord au Sud par l’Irrawaddy ainsi que du delta et de la chaîne Tenasserim à l’extrême Sud.

Cette carte ne peut rendre compte de la multiplicité des langues parlées dans le pays, mais situe les trois grandes familles auxquelles elles appartiennent pour la plupart et distingue l’aire birmanophone des autres langues tibéto-birmanes.

  • 1 = États birmanophones.
  • 2 = États d’autres langues tibéto-birmanes.
  • 3 = États de langues tibéto-birmanes : arakanais et birman
  • 4 = Karen (famille tibéto-birman)
  • Autres familles de langue :
  • 5= État Shan de langue proche du thaï (langues Tai-Kadai) et thaï du Sud
  • 7 = État Môn partiellement de langue môn (langues môn-khmer).

On voit donc que la Birmanie est relativement homogène du point de vue génétique, même si de nombreuses langues sont en présence.

Caractéristiques générales[modifier | modifier le code]

Le birman est une langue isolante, mais aussi une langue agglutinante où chaque mot est formé le plus souvent d’une seule ou de deux syllabes, mais à laquelle s’adjoignent des particules et des suffixes qui en masquent le caractère monosyllabique. La morphologie ancienne n’est plus détectable que dans le lexique, où l’on trouve des paires de verbes dérivés de la même racine par des préfixes aujourd’hui disparus, comme kway3 « être cassé » et khway3 « casser » (transitif).

Le birman est également une langue tonale qui possède trois tons — haut, bas et descendant — pouvant affecter chacune des sept voyelles fondamentales. Le birman comprend trente-trois consonnes et sept voyelles, celles-ci pouvant être nasalisées.

Comme d’autres langues le birman présente une forme écrite et une forme orale, les différences pouvant porter sur le vocabulaire, mais aussi sur des marqueurs grammaticaux.

Écriture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Écriture birmane.

Historique[modifier | modifier le code]

Le birman s’écrit depuis le XIe siècle au moyen d’un alphasyllabaire s’inspirant de l’alphabet môn, lui-même dérivé du grantha, en usage dès le Ve siècle av. J.-C. en Inde du Sud pour écrire une forme de pâli, langue par laquelle s’est diffusé le Bouddhisme Theravāda au sud de l’Inde, au Sri Lanka et en Birmanie. Les Môns, venus de l’Est, furent les premiers occupants historiques du Sud de la Birmanie (Ve siècle av. J.-C.).

La plus ancienne inscription birmane actuellement connue date du XIIe siècle. Un pilier du stupa Mya Zedi à Bagan constitue une sorte de « pierre de Rosette » des anciennes langues de la région, puisque chacun de ses côtés présente le même texte écrit en pâli, môn, birman et pyu (langue proto-birmane) [1],[2].

Article détaillé : Inscription de Myazedi.
Plantes médicinales en vente vers Kyaiktiyo Paya

La forme ronde de ses lettres qu’on retrouve dans d’autres alphabets indiens comme ceux du cingalais ou de l’oriya s’expliquerait par la fragilité du support d’écriture utilisé à l’origine, les feuilles d’arbre, qui auraient été déchirées par les formes anguleuses du brāhmi, ancêtre de tous les alphabets de l’Inde.

Description[modifier | modifier le code]

Le birman s’écrit de gauche à droite sans séparer le plus souvent les mots. Deux signes de ponctuation, une barre ou deux barres, correspondent à nos virgules et à nos points.

C’est une écriture complexe :

  • Comme dans les alphabets de l’Inde, une lettre employée seule correspond à la syllabe : /Consonne + a'/ (/a/ en premier ton, voir plus bas), des signes représentant les autres voyelles et les tons s’adjoignent aux consonnes, des symboles, les ligatures, combinent certaines consonnes. Il y a 33 consonnes simples.
  • Certaines consonnes font par ailleurs double emploi, utilisées surtout dans la transcription des mots pālis. Par exemple :Lettres faisant double emploi.jpg
  • Les signes adjoints à une lettre (au-dessus, au-dessous, à droite, à gauche) indiquent l’un des deux autres tons ainsi que les voyelles autres que le /a'/. Il y en a 20 pour les syllabes ouvertes et 32 pour les syllabes fermées (voir plus bas). Par exemple : Voyelles birmanes4.jpg
  • L’existence de consonnes pouvant se lier ensemble entraîne des graphies particulières appelées ligatures pour noter par exemple les sons /mw(a)/ ou /hmw(a)/ : Ligatures en Biman.jpg
  • Certains signes servent à abréger des syllabes.

Tons[modifier | modifier le code]

Nom Symbole
(avec ma)
Description
Ton 1 - Haut ma' Voix tendue se maintenant au même niveau élevé; durée brève
Ton 2 - Bas ma Voix détendue, se maintenant au même bas niveau un certain temps sans s’élever ni s’abaisser
Ton 3 - Haut-descendant 'ma Voix commençant à un niveau élevé et s’abaissant régulièrement pendant un certain temps

Le ton détermine la hauteur mélodique de la voyelle de la syllabe.

Elle peut être le seul trait permettant de distinguer deux mots: /sa'/ (ton 1) signifie « commencer », /sa/ (ton 2) signifie « lettre » et /'sa/ (ton 3) « manger ». Écoutez la même voyelle /a/ aux trois tons [3] ainsi que la même syllabe /myiN/ [4] signifiant

  • « grand, haut » si elle est prononcée avec le ton haut (creaky high),
  • « voir » au ton bas (low),
  • « cheval » au ton haut descendant (plain high).

Phonétique[modifier | modifier le code]

Consonnes[modifier | modifier le code]

Bilabiales Dentales Alvéolaires Postalvéolaires et palatales Vélaires et labiovélaires Glottales
Occlusives et Affriquées p b t d tʃʰ k g ʔ
Nasales m n ɲ̥ ɲ ð ŋ
Fricatives   θ (ð) s z ʃ   h
Semi-consonnes   (r) j (ʍ) w  
Latérales   l  

Remarques :

  • Le [r] a pratiquement disparu et se prononce [j] (comme dans [ya]).
  • Il existe une série de sourdes aspirées (consonne + aspiration) : [] (pha).

Voyelles[modifier | modifier le code]

Monophtongues Diphtongues
Orales i u
e ɔ o ə ɛ
a
ai
ei
ao
Nasales ĩ ũ
õ
ã


Dans cet article toute nasalisation est notée : -N.

Syllabes et Sandhi[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de syllabes, les syllabes ouvertes et les syllabes fermées :

  1. Les syllabes ouvertes sont formées par une consonne suivie d’une voyelle orale.
  2. Les syllabes fermées sont formées par une consonne suivie ou bien d’une voyelle nasale ou bien d’une voyelle + un arrêt glottal (« coup de glotte » noté [ʔ]).

Le sandhi (liaison entre syllabes) a pour effet de modifier la prononciation de la deuxième syllabe :

  1. - L’initiale d’une syllabe suivant une syllabe ouverte ou fermée par une nasale est sonore.
  2. - L’initiale d’une syllabe suivant une syllabe fermée par un arrêt glottal est sourde, sauf si l’initiale de la 2e syllabe est à la fois aspirée et au ton 1 ou 3.

Par exemple, le choix de la sonorité de la marque de politesse ba / pa dépend de la syllabe qui précède :

  • tchi'-ba (« Regarde, s’il te plaît »)
  • yaʔ- pa (« Arrête-toi, s’il te plaît »)

Les transcriptions qui suivent tiennent compte de cette règle phonétique.

Transcription et prononciation[modifier | modifier le code]

Kyaik Hmaw Wan Yele Pagoda (Yangon)

Il n’existe pas de romanisation officielle du birman et sa transcription soulève quelques difficultés. Les noms propres dans les ouvrages historiques, les guides, les cartes géographiques, etc. recourent le plus souvent à la transcription anglophone.

Pour lire le birman dans son écriture comme en transcription, il est nécessaire de délimiter chaque syllabe, un mot étant composé le plus souvent d’une ou de deux syllabes. On distingue deux types de syllabes :

  • Syllabe ouverte : Consonne + Voyelle
  • Syllabe fermée : Consonne + Voyelle + Arrêt glottal ou nasale

Les tableaux suivants indiquent les transcriptions courantes des phonèmes birmans. La transcription phonétique (entre crochets) adoptée dans cet article, qui est celle de M.H. Cardinaud et Yin Yin Mint dans leur méthode Parlons birman, correspond à la prononciation du français autant qu’il est possible (par exemple, les a, e, é, è, ou, ch, tch doivent se prononcer comme en français).

Consonnes

Les consonnes écrites et prononcées comme en français ne sont pas indiquées dans le tableau.

A.P.I. Transcription
anglaise usuelle
Transcription
française
Valeur Exemples de transcription
usuelle française
w w- w- W anglais de What Shwedagon
h h- h- H aspiré anglais Heho
θ (ð) th- ç- ou θ- (ð-) Proche du TH anglais
de THe ou THing (Entendre : 5e lettre [5]
Thaton
ʃ sh- ch- CH de CHose shwe (« l’or »)
ŋ ng- ng- NG de parkiNG (Entendre [k] [6]:) Nga Htagyi ([Nga thaʔdji])
ɲ ny- gn- GN de campaGNe gni (« frère cadet »)
gy- dji- Entendre [ja'] [7]: longgyi (« pagne birman »)
ky- tchi- Proche du tch de Tchad. Entendre [ca'] [7]: kyat (« monnaie du Myanmar ») ([tchiaʔ'])
, ,
tʃʰ
(h)k-,(h)p-)
(h)s-,(h)t-,ch-
kh-, ph-
sh-, th-, tchh-
Consonnes aspirées comme King en anglais. Entendre : non-asp. 1re colonne ; asp.2e[8] (h)pongyi (« moine »)
(h)tan (« palmier à sucre »)
, ,ðʰ
ɲ̥ ,
(h)m-,(h)n-),
(h)ng-,(h)ny-, (h)l-
mh-,nh-
ngh-,gnh-, lh-
Les nasales sourdes sont réalisées
en Français dans isthMe, pNeu, pLi (Entendre [9]:)
hniq (« deux »)
ʔ En début de syllabe : rien
en finale  : -k, -p, -q,-t
ʔ quand elle est indiquée Indiquent un arrêt glottal
comme dans Et_un ! prononcé d’une voix tendue. (Entendre en début de syllabe : 5e colonne, dernière lettre [8]; en fin de syllabe [10]:)
Aung([ʔaung]) (« prénom »)
na(t) ([naʔ]) (« divinités prébouddhistes »)
Voyelles en syllabes ouvertes

La transcription française reflète la prononciation du birman.

A.P.I. Transcription
anglaise usuelle
Transcription
française
Exemples
a a a ka (« voiture »)
ə a a/e muet Bagan
/bəgain/
i ee/i i Khi (prénom : « Clair »)
e ay(e)/e é lay (« petit »)
ɛ ai/eh/ey è Sabeh (prénom : « Jasmin »)
ɔ aw o de sort Thawda (prénom : « Lune »)
o o/oe ô de seau Moe (prénom : « Pluie »)
u u/oo ou U/Oo (« Premier » - « Monsieur »)
Voyelles en syllales fermées

Ces mêmes voyelles ainsi que les trois diphtongues /ei/, /ai/, /ao/ peuvent être suivies d’une consonne dont la prononciation se réduit à un arrêt glottal (Voir plus haut : Consonnes /ʔ/) ou à une nasalisation de la voyelle quand cette consonne finale est une nasale. Les diphtongues sont généralement transcrites comme précédemment ; leur prononciation est approximativement /ei/, la 2e voyelle étant très peu marquée. (Entendre : [ei] [11], [ai] [12], [ao] [13]

La nasalisation est transcrite par des terminaisons en : -in, -an, -on, etc. ou bien en : -ing, -ang, -ong. La prononciation est influencée par le ton de la syllabe. Il existe sept voyelles nasalisées : -in (Entendre [14]:), -an (prononcé comme le Français ain) [15], -ein [16], -oun ou -on (prononcé comme le Français on ou oôn)[17], -aun ou -aon [18], -ain [19], -un ou -oun (prononcé comme le français on [20]

Quelques exemples d’une transposition usuelle en orthographe française[modifier | modifier le code]

Voici quelques exemples avec l’indication entre crochets d’une transposition usuelle en orthographe française, certes approximative (impossible en particulier de noter les tons et les arrêts glottaux), mais beaucoup plus proche que la graphie usuelle de la prononciation en birman qui a comme le français des voyelles nasales et des voyelles réduites à un e muet :

Robe de moine le long d’un mur


မြန်မာ Myanmar ([myainma])
ရန်ကုန်မြို့ Rangoon/Yangon ([yaing(o)on])
မန္တလေးမြို့ Mandalay ([maindelé])
ပုဂံမြို့ Bagan ([begain])
တောင်ကြီးမြို့ Taunggyi ([taondji])
အောင်ဆန်းစုကြည Aung San Suu Kyi ([aon sain sou tchi])

Grammaire[modifier | modifier le code]

Ordre des mots[modifier | modifier le code]

L’ordre est généralement celui des langues SOV :

     SUJET + COMPLÉMENT + VERBE.

Mais on peut trouver aussi : OBJET + SUJET + VERBE.
Le verbe est toujours à la fin de la proposition.Exemple :

  • sHeya……..bema-ze'ga……..'pyo-daʔ-tè
  • (l’enseignant…..birman…………parler-peut) : « L’enseignant sait parler birman. »

Marques grammaticales[modifier | modifier le code]

Une caractéristique principale du birman est l’existence de marqueurs postposés aux mots qui expriment aussi bien les fonctions, les temps ou les modes.

  • 'ou tiN maoN twé bô' myaNma pyi la - .
    (Les marqueurs en caractères gras indiquent le but, le lieu où l’on va, la forme affirmative) .
  • « Pour rencontrer M. Tin Maung, je suis venu au Myanmar. »

Noms et marqueurs[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas d’articles.

Il n’existe pas de marqueurs systématiques distinguant les genres. Il n’est pas obligatoire de marquer le nombre :

saʔoʔ chi'- dè signifie « j’ai le livre » ou « j’ai des livres ».

Mais si le sens le réclame, on emploie les marqueurs t (w)é /d (w)é pour les pluriels ordinaires, tô' / dô' pour des pluriels collectifs d’êtres animés ou to / do pour un groupement :

  • ke'lé : « un enfant » ; ke'lé-dwé-nè : « avec les enfants ».
    • lu : « un homme » ; lu-dô' : « les gens ».
      • lu : « un homme » ; lu-do : « une assemblée ».

Différents marqueurs[modifier | modifier le code]

Marqueurs ou postpositions, ils expriment les fonctions des noms ou pronoms dans la phrase et correspondent le plus souvent à nos prépositions.

Marqueurs Valeur Exemples Traduction
-ka' / -ga' Mise en valeur du sujet
(facultatif)
ʔepHé-ga' ʔe'θa wè-bi « C’est le père qui a acheté de la viande »
Origine : lieu ou temps 'zé-ga' la-dè « Je viens du marché »
Temps di menèʔ-ka' « Depuis ce matin »
-ma Lieu payimyô' - ma né-ba-dè « J’habite dans la ville de Paris »
Date tela' - ma « En un mois »
-kô / -gô Mise en valeur du compl.objet ʔeiN- 'koN koN myiN-dè « La maison, je la vois bien »
Complément 2 ke'lé- po'z(e)kaʔ pè-ba « Donne à l’enfant une carte postale »
But 'zé-(gô) 'θwa-mè « Je vais au marché »
Distribution tené' -gô nga caʔ « 5 kyats par jour »
-nè Accompagnement θou' ze'ni - 'nè' la-dè « Il est venu avec sa femme »
Moyen 'bo piN - nè' 'yé-dè « Il écrit avec un stylo-bille »
Similitude/Différence ʔekô- nè' tu-dè « Il ressemble à son frère »
Proximité/Éloignement myô- nè' 'wé-dè « C’est loin de la ville »
Coordination (nom+nom) tchoN -nè' 'kHué « Le chat et le chien »

Nombres et classificateurs[modifier | modifier le code]

Tout nom accompagné d’un nombre de 1 à 9 réclame un classificateur; les 3 mots sont placés dans cet ordre :

                         NOM + NOMBRE + CLASSIFICATEUR

Exemple : lou te yoʔ = « Un homme ».

  • 1 = tiʔ devient te devant classificateur ou nombre ;
  • de même: 2 = Hniʔ devient Hne.
CLASSIFICATEUR EMPLOI EXEMPLES
yoʔ Êtres humains ke'lé niʔ yoʔ
(« Deux enfants »)
'ʔu Personnes respectables sHeya 'θoN 'ʔu
(« Trois maîtres »)
'pa / 'ba Personnes et choses sacrées 'pHoN'-dji 'lé 'ba
(« Quatre bonzes »)
'gaoN / kaoN Animaux 'sHiN 'nga gaoN
(« Cinq éléphants »)
'gou' / kHou Générique pour les objets 'pyiʔ-'si tchHo' gou'
(« Six choses »)
'sHou / zou Bâtiments religieux 'zédi kHwiNne zou
(« Sept stupas »)
piN / biN Arbres et végétation wa chi'ʔ piN
(« Huit bambous »)
' 'siN / 'ziN Véhicules ka 'kô 'ziN
(« Neuf voitures »)

Complément de nom et possessifs[modifier | modifier le code]

Le complément de nom précède le nom accompagné ou non du marqueur « yè'  »

  • θengè 'djiN (yè') 'ka : («ami- (de) voiture ») La voiture de mon ami

De même, pour exprimer la possession, on fait précéder le nom du pronom personnel adéquat :

  • tchoNdo yè' ʔeiN (« je-de-maison ») Ma maison

Pronoms personnels[modifier | modifier le code]

Règles[modifier | modifier le code]

  1. Le pronom personnel sujet n’est utilisé que si nécessaire
  2. Le pronom ne change pas de forme avec la fonction : il, le, lui = θou
  3. Comme dans d’autres langues du sud-est asiatique, il est souvent remplacé par des termes de parenté : ainsi, pour s’adresser à quelqu’un ou même pour parler de soi, selon son âge ou celui de la personne, on emploiera:
    • « 'ʔou-'lé » (Oncle) pour un homme âgé ou plus âgé que soi
    • « do-do » («Petite» tante) pour une femme âgée ou plus âgée que soi
    • « kô-kô » (Grand frère) pour un homme du même âge
    • « ma'-ma' » (Grande sœur) pour une femme du même âge
      • Ainsi une mère dira à son fils : « mé 'θwa-mè » «Mère va s’en aller» = Je vais m’en aller
      • et le fils peut répondre : « 'θa laiʔ-mè » «Fils accompagne» = Je t’accompagne

Pronoms usuels[modifier | modifier le code]

Locuteur homme Locuteur femme
JE tcheno / tchondo tchema'
TU kHe'mya chiN
IL θou
PLUR. les mêmes + -dô'

Verbes et adjectifs[modifier | modifier le code]

  • Le verbe ne se conjugue pas
  • Il existe une marque du pluriel qui n’est pas obligatoire "-dja'/-tcha'": "la-dja'-mè"= nous allons venir.
  • L’adjonction au verbe d’auxiliaires et de marques rend possible l’expression de nombreuses modalités.
  • Le tableau suivant indique comment les éléments s’ajoutent au verbe:

Les composants du verbe[modifier | modifier le code]

NEGATION VERBE AUXILIAIRE/MARQUE MARQUE POLITESSE FINALES EXPLICATION et TRADUCTION
la « viens/venez »
la- -ba/-pa. « viens, s.t.p./venez, s.v.p. »
'θwa- -dja'zô'.
ou
-yaʔaoN.
« allons »
me- -la- (-ba-) -nè'. Défense : « ne viens/venez pas »
la- (-ba-) -dè / tè. Affirmation d’un fait présent ou passé : « je (tu…) viens/suis venu »
la- (-ba-) -bi /-pi. Réel-actuel : « voilà que je viens »
la- (-ba-) -mè. Action envisagée : « j’ai l’intention/je vais venir »
me- la- (-naiN-) (-ba-) -bu
ou
-pHu.
Négation : « je ne (peux) pas venir »
la- -naiN- (-ba-) -dè / -tè. Pouvoir, être capable : « je peux venir »
la- (-naiN-) (-ba-) -ðe'la . Interrogatif : « Est-ce que tu viens (peux venir) ? »
la- (-naiN-) (-ba-) -me'la . Interrogatif + Action envisagée : « Est-ce que tu vas (pouvoir) venir ? »

Auxiliaires et marques[modifier | modifier le code]

  • Les auxiliaires en birman sont des verbes qui peuvent être employés isolément avec leur propre signification ou comme marques prenant un sens éventuellement différent, un peu comme avoir qui perd son sens de « posséder » quand il est auxiliaire. Ainsi naiN comme verbe signifie « vaincre » et sert d’auxiliaire dans le sens de « pouvoir ».
  • Les marques ne s’emploient que comme suffixes.
  • Auxiliaires et marques sont nombreux. Voici les principaux :
AUXILIAIRES SUFFIXES
Verbes Valeur Exemples Marques Valeur Exemples
-né- « être en train de » (aspect progressif) yé cha né-ba-dè
(« Je suis en train de chercher de l’eau »)
-to'- / do'- Imminence tHa'do' (« lève-toi tout de suite »)
-daʔ- /
-taʔ-
« Être capable de, avoir l’habitude » θou bema-lo 'pyo-daʔ-tè
(« Il sait parler birman »)
-djiN- / -tchiN - Désir tHe'miN sa-djiN-ba-dè ' (« Je voudrais manger »)
-naiN- « pouvoir physiquement » tcheno ʔein-gô myiN naiN-dè (« Je peux voir la maison ») -'bou- / -'pHou- Expérience passée au moins une fois
ne… jamais, précédé de me
yoʔ-pHou-dè' (« J’y suis déjà allé/arrivé »)
-'ya- « Être possible ou Devoir » 'θwa-'ya-mè
(« Je dois partir »)
-'θé- « Encore » chi-'θé-dè ' (« Il y (en) a encore »)
-'ji /
-'chi
« Essayer de » 'myema tHe'miN-'HiN 'sa-'ji-ba
(« Essaie de manger un cari birman »)
-leiN'- Probabilité 'mô ywa-leiN-mè' (« Il se peut qu’il pleuve »)
-'pé- Action au bénéfice de quelqu’un d’autre que son acteur 'lôʔ-'pé-mè (« Je vais faire (cela) pour vous »)

Verbes « être » et « avoir »[modifier | modifier le code]

Deux verbes sont utilisés :

  1. pHyiʔ comme copule entre nom (ou pronom) et attribut, mais il est couramment omis, et on fait suivre l’attribut de -ba/pa :
    • chwé' pHyiʔ-tè (« C’est de l’or »)
    • θou 'tchaoN-ðou-ba (« Il est étudiant »)
  2. chi'pour exprimer une situation : « se trouver à, il y a » :
    • di-Hma 'tchaoN chi'-dè (« Ici il y a un monastère »)

Ce même verbe correspond à « avoir » = « être à », mais l’équivalent du à est souvent omis :

  • tchema'(-mHa) 'ka chi'-dè (moi(-à)-voiture-être = « J’ai une voiture »)
  • ke'lé bè-ne-yaoʔ chi' ðe'lè' (enfants combien + class. être ? = « combien avez-vous d’enfants ? »)

Verbes-adjectifs[modifier | modifier le code]

Il n’existe pas une catégorie d’adjectifs en birman sauf ceux empruntés au pali ; ce qui y correspond peut être un nom, une proposition subordonnée, mais aussi un verbe de qualité (comme en chinois) : 'koN- se traduit par « bon » ou « être bon » :

  • di 'meN-ma' la'-dè (« Cette femme est belle »)
  • 'meN-ma' la' (« Belle femme »)

La phrase complexe[modifier | modifier le code]

Elle fonctionne comme les groupes nominaux, la subordination et son sens se manifestant par l’usage de marqueurs. Structure :

                SUBORDONNÉE  +  (MARQUEURS)  +  PRINCIPALE

Subordonnées de nom (relatives)[modifier | modifier le code]

Quelques exemples :

Marqueurs Valeur Exemples Traduction
-dè' / -'tè'
(Littéraire: 'ðo')
Fait actuel ʔema' nédè' ywa 'wé-dè [ sœur aînée-habiter-marqueur- village-être loin ]
« Le village où habite ma sœur aînée est loin »
-mè'
(Littéraire: mi' )
Fait envisagé ʔema' némè' ywa 'wé-dè [ sœur aînée-habiter-marqueur- village-être loin ]
« Le village où ma sœur aînée a l’intention d’habiter est loin »
-da / -ta = Ce qui, ce que… pô-tchaiʔ ta you-'θwa-ba [ préférer-marqueur- emporte-marque polie ]
« Emporte ce que tu préfères »

Subordonnées de verbe (complétives, circonstancielles)[modifier | modifier le code]

Quelques exemples :

Marqueurs Valeur Exemples Traduction

Après verbe d’opinion θou 'yoʔ tHiN-dè Il est venu, je pense
« Je crois qu’il est venu »
-lô'
(Littéraire: -ywéHou')
Après verbe d’affirmation chiN la-mè lô' sHô-dè [tu/fém.- venir-finale-marqueur-dire ]
« J’ai dit que vous viendriez »
-lô'
(Littéraire : -ywé')
Cause ʔenu' pyiNgna 'tchaiʔ-tè lô' begaN myô'-gô 'θwa-mè [art aimer-finale-marqueur- Bagan-à-aller-finale ]
« Parce que j’aime l’art, je compte aller à Bagan »
-'yin
(Littéraire : -leyèʔ')
Temps
(Simultanéité)
tHemiN 'sa- 'yiN θe'diN-za paʔ-tè [manger-tout-en - journal-lire-finale]
« Tout en mangeant, il lit le journal »
-me…kHiN
(Littéraire : -me…Hmi')
Temps
(Antériorité)
me-tcha kHiN pyaN-la-mè [être tard-avant retourner-venir-finale]
« Il va revenir sans tarder »
-pi / -bi
Temps
(Postériorité)
zé 'θwa 'bi ʔeiN pyaN-mè [marché-aller-après maison-retourner-finale]
« Après être allés au marché, nous rentrerons »

Lexique[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

La majorité du vocabulaire est d’origine birmane, monosyllabique s’il est constitué d’un seul radical, bi-ou tri-syllabique quand il est formé de la réunion de plusieurs mots, ce qui est très fréquent : ainsi yoʔchiNyoN ("cinéma") a pour premier composant le mot "image" . Par ailleurs, le préfixe ʔe permettant de substantiver des verbes est très productif : loʔ ("travailler"), ʔeloʔ
Un certain nombre de mots, relevant en particulier du domaine religieux, philosophique ou abstrait ont été empruntés au Pāli et sont polysyllabiques d’origine, ainsi: kala' (« époque »), 'yoga (« maladie »), pyiNgna (« éducation »), yedena (« trésor »), ʔandeyé (« danger »)…
Depuis l’époque de la colonisation nombreux sont les termes anglais passés en birman, ainsi: baN (banque), kafi (café), ka'touN (de cartoon, « bande ou dessin animé », kouNpyoota (de computer, « ordinateur »).

Quelques particularités[modifier | modifier le code]

Elles peuvent se retrouver en chinois et dans les langues du Sud-est Asiatique :

  1. Redoublement du même mot , en particulier pour des adverbes
    • 'kaoN (être bon) kaoN-kaoN = « Bien »
    • 'pHyé (être lent) 'pHyé-pHyé = « Lentement »
  2. Verbe + Verbe Deux verbes peuvent se suivre pour compléter leur sens
    • yu-'θwa (prendre + s’en aller) = « Emporter »
    • pyaN-'pè (retourner + donner) = « Rendre »
    • pyaN-'pyo (retourner + parler) = « Répondre »
  3. Nom + verbe pour exprimer un phénomène atmosphérique
    • Il pleut = 'mo yue-né-dè (« la pluie pleut »)
    • Il grêle = 'mo 'θi tcha-né-dè (« les fruits de la pluie tombent »)
  4. Richesse des termes de parenté

Le birman dispose, par exemple, de termes différents pour les frères () et sœurs (ema’) plus âgés d’une part, pour les plus jeunes d’autre part, en distinguant de plus pour ces derniers le mot nyi, « jeune frère », employé par un locuteur masculin et maouN, par une locutrice et, de même, le mot (H)nema’, employé par un locuteur et nyi-ma par une locutrice.

Cardinaux[modifier | modifier le code]

Le tableau ci-dessous donne les nombres cardinaux en tibétain, en birman, en karen (même famille que le birman) et leur traduction en français, la photo présente quelques chiffres en écriture birmane :

Lettre «Wa» / Chiffres : 5, 3, 8, 7
Kyats dans une boîte de dons pour une pagode
Tibétain Karen Birman Français
gcig te tHiʔ, tHe un
gnyis khi Hniʔ, Hne deux
gsum 'tHe 'tHoun trois
bzhi loui 'lé quatre
lnga 'nga cinq
drug rhu tchhoʔ six
bdun noui kHun Hniʔ sept
brgyad sHiʔ huit
dgu khoui 'kô neuf
bcu te sHi (te)sHè dix

Quelques expressions courantes[modifier | modifier le code]

Bonjour/bonsoir = miNg(e)la ba ; on peut ajouter : kH(e)'mya (homme qui parle)/ chiN (femme qui parle)[21]

Au revoir = selon le cas : 'θwa mè (je pars), 'θwa do' mè (nous partons), pyaN do' mè (je dois repartir), twé' mè (nous nous rencontrerons)

Comment allez-vous ? = né 'kaoN ðe 'la

Devanture (birman, anglais, chinois, thaï)

Cela va bien = né 'kaoN ba dè

Qu’est-ce que c’est? = da ba 'lè [22]

Combien coûte ceci ? = da bè laoʔ 'lè [23]

Voulez-vous baisser un peu le prix ? = 'zé 'nè 'nè chio' me'la [24]

C’est (très) bon / beau = (θeiʔ) 'kaoN / 'hla ba dè

Donnez-moi ceci / cela = da / hô ha 'pè ba

Oui = houʔkè'

Non = mehouʔ pa 'bou

Avez-vous mangé ? = (tHe'miN)'sa 'pi bi 'la (facultatif, = riz)[25]

J’ai mangé = 'sa 'pi ba bi

Je suis en voyage = kHe'yi 'θwa melô'

Je suis… = tchema' (femme) / tcheno…ba (homme)

Je suis professeur = tchema' sHeyama' ba (femme) / tcheno sHeya ba (homme)

Je suis français = tchema'/ tcheno pyNθiʔ lou myô ba

Merci = 'tché/ 'tye 'zou tiN ba dè[26]

Je vous en prie = ya' ba dè

Je suis heureux de vous rencontrer = twé'ya da 'wouN θa ba dè

Comment vous appelez-vous ? = kHemya'(locuteur)/ sHin (locutrice) namè bèlô kHo ðe'lè

Je m’appelle … = tcheno (masc.) / tchema'(fém.)…lô'kHo ba dè

Je comprends / je ne comprends pas = 'na lè ba dè / nga na lè ba ði[27] (nga=je entre camarades, "ði" littéraire pour "dè") / 'na me lè ba 'bou

Ici / là-bas = di Hma / hô Hma

Hier / aujourd’hui / demain = né' ga' / di né' / mené' pHyaN [28]

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature birmane.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Myazedi
  2. Myanmar Language
  3. Lesson 16
  4. Lesson 31
  5. Lesson 6
  6. Script Lesson 3
  7. a et b Script Lesson
  8. a et b Script Lesson 1
  9. Script Lesson 11
  10. Script Lesson 25
  11. Vowel scripts 27
  12. Vowel scripts 29
  13. Lesson 30
  14. Vowel scripts 31
  15. Vowel scripts 32
  16. Vowel scripts 34
  17. Vowel scripts 35
  18. Vowel scripts 37
  19. Vowel scripts 36
  20. Vowel scripts 33
  21. Blesson 1
  22. Lasson 20
  23. Lesson 30
  24. Script Lesson 21
  25. Script Lesson 17
  26. Lesson 31
  27. Reading 2
  28. Lesson 19

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]