Joint (maçonnerie)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Joint et Joint (construction).
Joints de mortier entre briques
Moffat, Dumfries and Galloway, Écosse
Wriezen-Haselberg in Brandenburg, Allemagne
Stříbrná Skalice, Praha-východ, République tchèque
mur de pierres d'une vieille ferme à l'Herm, en Dordogne, France

Dans un mur ou un ouvrage de maçonnerie, un joint désigne généralement un intervalle qu'on maintient entre deux pierres naturelles ou artificielles (bloc de béton, brique, etc.) et qui se trouve rempli éventuellement de mortier (et anciennement aussi de plâtre)[M 1]. Le joint fait l'objet d'un « jointoyage » a posteriori lorsque cela s'avère nécessaire.

De manière générale, on s'arrange pour que les joints ne soient pas superposés verticalement. La disposition des joints est dictée par l'appareil.

Le joint est déterminant dans la stabilité, l'apparence d'un mur, son étanchéité à l'humidité, voire sa résistance au feu.

Définitions[modifier | modifier le code]

Un mur à mur à pierres sèches est un mur qui est construit en moellon ou en meulière sans aucun mortier[M 2]; un Mur brut ou mur nu, mur qui n'est ni enduit ni jointoyé[M 2]. Un mur jointoyé est un mur qui est construit de moellons ou de briques, etc., et dont les joints sont remplis à l'affleurement avec du plâtre ou du mortier.

Anciennement, on disait aussi Crépi à pierre apparente[M 2]. Un mur crépi est alors un mur jointoyé mais dont les moellons ou les briques sont entièrement recouverts de plâtre ou de mortier[M 2]. Un mur enduit est lui un mur dont la première couche que l'on nomme crépie, est recouverte d'une seconde couche de plâtre plus fin, mieux dressée et plus unie: On dit aussi mur ravalé[M 2].

On désigne par « jointoyer », remplir avec du mortier fait de recoupes de pierres, et le plus souvent avec du mortier de ciment et de chaux, les joints des assises d'un mur de face (C'est-à-dire, le mur extérieurs d'un bâtiment[M 3]), lorsqu'on en fait le ragrément. C'est aussi, sur un mur élevé en moellon ou en meulière, remplir les joints à fur et mesure qu'on le construit ou après sa construction, soit en plâtre soit en mortier[M 4]. On désigne par « rejointoyer »: refaire les joints dégradés des pierres, des moellons d'un vieux mur de face, de clôture[M 5].

Souvent par abus de langage, la personne qui s'occupe de la confection des joints est appelée indifféremment, « jointoyeur » ou « rejointoyeur », voir, « façadier ». Le travail lui-même est appelé « jointoiement » ou « jointoyage » ou « rejointoyage » et l'action, « jointoyer » ou « rejointoyer ».

Anciennement, on parlait de « ficher » c'est-à-dire faire entrer du mortier avec une latte ou la « fiche » sur le lit entre deux assises lorsque la dernière assise posée est « calée », et remplir les joints montants d'un coulis de mortier gâché clair, après avoir bouché les bords des uns et des autres avec de l'étoupe : On fichait aussi quelquefois les pierres avec moitié de mortier et moitié de plâtre clair. Les « cales » étaient de petits morceaux de bois mince qu'on posait entre deux assises, et qui déterminait la largeur ou plutôt la hauteur du joint que forment les deux assises posées l'une sur l'autre[M 6]. Le ficheur était l'ouvrier employé à cet ouvrage[M 7]. La fiche était espèce de grand couteau pointu et emmanché, dont la lame est mince comme le fer d'une scie, et qui servait à faire entrer le mortier dans les joints des pierres après qu'elles sont posées. Cette mise en œuvre des joints sera abandonnée au profit de la pose à « plein bain de mortier »

Joint désigne également les différents joints verticaux ou inclinés, ou horizontaux, que forment les voussoirs d'un arc, les claveaux d'une plate-bande[M 1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Joint à vif, Trésor d'Atrée, Mycènes, Grèce, -1250
Joint à vif, Machu Picchu, Pérou, vers 1440

De manière générale, l'élaboration des maçonnerie est conditionné par les matériaux qui se trouvent à portée. Parmi les matériaux les plus nécessaires sont la pierre, la terre et le sable. Avec de la terre on fait des briques, des tuiles, des carreaux, du ciment, du pisé. Avec les pierres on fait de la chaux, qui avec le sable produit des mortiers presque toujours indispensables. Toutefois, on fabrique aussi des mortiers avec une espèce d'argile (Une terre franche) qui a beaucoup d'adhésion, et quelquefois on se passe totalement de mortier ce qui produit des murs à sec bons pour les clôtures mais sujets à réparations[1].

Antiquité grecque et romaine[modifier | modifier le code]

Les Grecs et les Romains, dans le grand appareil (Opus quadratum), mettent en œuvre de grandes pierres parfaitement jointives, c'est-à-dire sans joint maçonné. Le lit de pose (la face inférieure) et le lit d'attente (la face supérieure) sont rigoureusement plans pour assurer une répartition optimum des pressions. Dans la même optique les pierres sont posées selon leur lit de carrière, c'est-à-dire en respectant l'orientation horizontale des strates. Les faces latérales ou face de joint ne transmettent pas de pression et ne subissent pas de traitement particulier. Pour prévenir l'ouverture des joints horizontalement, chose qui s'est révélée superflue puisque les murs romains travaillent verticalement, des crampons et goujons en métal sont disposés entre pierres, dans des loges ménagées dans le lit d'attente. On retrouvera ce principe d'assemblage dans des architectures égyptiennes et andines[2].

Au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dans les constructions du Moyen Âge, les joints, d'abord très épais jusqu'au XIe siècle, deviennent alors très minces, particulièrement dans les provinces méridionales et en Bourgogne, et sont presque dépourvus de mortier ; ils s'épaississent vers le milieu du XIIe siècle, et les pierres étant posées à bain de mortier sans être ravalées après la pose, ces joints en mortier ne sont pas repassés au fer, mais simplement coupés à la truelle. Les constructeurs ne faisant pas de ravalements ne faisaient pas non plus de rejointoiements[3].

Cependant il est quelques provinces, comme l'Auvergne, où, pendant les XIe et XIIe siècles, on faisait des joints en mortier légèrement saillants sur les parements et coupés vifs aux arêtes (…) ; mais ces joints ne s'appliquent généralement qu'à de petits appareils. Ils sertissent, par exemple, les imbrications composées de matériaux de diverses couleurs, en formant autour de chaque pierre un filet d'un centimètre de largeur environ, saillant d'un millimètre sur le nu du mur. Ces sortes de joints étaient faits après la pose, repassés et soigneusement recoupés au fer. Le mortier en est fort dur, mais n'a pas toujours une parfaite adhérence avec celui qui a servi à la pose et qu'il a fallu dégrader à une certaine profondeur pour rejointoyer[3].

On voit aussi, dans des édifices de la fin du XIe siècle des provinces méridionales voisines du Centre, comme la basilique Saint-Sernin de Toulouse, par exemple, des joints saillants, mais à section convexe. Ceux-ci, en n'arrêtant pas l'humidité qui coule le long des parements, sont moins sujets à se dégrader par l'effet de la gelée[3].

Faux joints[modifier | modifier le code]

Les romains mirent en œuvre des faux joints à des fins esthétiques.

Les architectes du Moyen Âge ont souvent simulé des joints en peinture dans les intérieurs, soit en rouge sur fond blanc ou jaune, soit en blanc sur fond ocre[3].

Caractérisent l'architecture néoclassique, les lignes de refend est une ligne horizontale ou verticale creusée sur le parement d'un mur pour marquer ou simuler les joints d’assises entre les pierres de taille d'un mur ou d’une muraille.

Joint non maçonné[modifier | modifier le code]

Joint à vif[modifier | modifier le code]

Joint à vif, Machu Picchu, Pérou, vers 1440

La « maçonnerie à joints vifs », qui désigne une maçonnerie de pierres de taille appareillées sans liant : les pierres, extraites de carrière, ont leurs faces soigneusement dressées pour s'ajuster aux pierres qui les jouxtent.

La construction à vif utilisée avec succès dans l'antiquité dans le « grand appareil » (Voir plus haut), sera utilisé à mauvaise fin pendant l'époque romane : des constructeurs enveloppent un blocage dans un revêtement de pierre conservant à l'extérieur l'apparence d'une construction de grand appareil. Ils payèrent cher ce désir de faire paraître leurs constructions autres qu'elles ne sont ; il se déclara dans la plupart de ces édifices des ruptures entre les parements et le blocages des lézardes longitudinales qui occasionnèrent chez presque tous des désordres sérieux pour le moins la ruine souvent. Ces effets étaient d'autant plus fréquents et dangereux que les édifices étaient plus élevés. On comprendra en effet que si on a des assises à joints vifs devant un massif en blocaille et mortier le venant à tasser par l'effet de la dessiccation des mortiers sous la charge et les assises de pierres posées à crû les unes sur les autres ne diminuer de volume il se déclarera une rupture verticale AB derrière parement qui ne tardera pas à tomber Mais si 30 bis nous avons eu soin de laisser entre chaque assise de pierre un lit de mortier épais non seulement ce lit soudé au massif retiendra les assises de pierre encore il permettra à celles-ci de subir un tassement équivalent au tassement des blocages intérieurs[3].

Pierre sèche[modifier | modifier le code]

Pierre sèche en plaquettes brutes à Saignon (Vaucluse), France
Article détaillé : Pierre sèche.

La maçonnerie à pierres sèches (dite aussi maçonnerie à sec, maçonnerie sèche ou encore plus familièrement la pierre sèche) est une technique de construction consistant à assembler, sans aucun mortier à liant, des moellons, des plaquettes, des blocs, des dalles, bruts ou ébauchés, pour monter un mur, une voûte.

Gabion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gabion.
Gabions en grillage métallique inoxydable utilisés en murs de soutènement.

Le gabion, à partir de la fin du XXe siècle en génie civil, désigne une sorte de casier, le plus souvent fait de solides fils de fer tressés et contenant des pierres, utilisé dans le bâtiment pour décorer une façade nue ou construire un mur de soutènement, ou une berge artificielle non étanche.


Joint maçonné[modifier | modifier le code]

La pierre de Besse. Besse-et-Saint-Anastaise (Puy-de-Dôme), France
Mur enduit au mortier de chaux, Beaumont, Puy-de-Dôme, France

Propriétés[modifier | modifier le code]

La durée des joints dépend beaucoup de la qualité de la pierre employée. Avec les calcaires poreux, avec les calcaires siliceux très-rugueux, on fait d'excellents joints ; il n'en peut-être de même avec le grès, qui jamais n'adhère parfaitement au mortier par suite de son aptitude particulière à absorber l'humidité. Alors les mortiers se dessèchent et se dégradent promptement. Aussi avons-nous observé, dans quelques monuments de l'Alsace, comme à la cathédrale de Strasbourg, par exemple, que les constructeurs (pour éviter, sur des plans inclinés ou des parements directement exposés à la pluie, la dégradation des joints de mortier, toujours pulvérulents, surtout près de la surface extérieure), avaient pratiqué, des deux côtés de ces joints, de petites saignées pour conduire les eaux sur les parements et préserver le mortier du lavage[3].

En principe, du moment qu'on ne peut poser les pierres absolument jointives, comme le faisaient les Grecs et même les Romains lorsqu'ils employaient le grand appareil, mieux vaut un joint épais qu'un joint mince, le mortier ne se conservant qu'à la condition de former un volume assez considérable. Les plus mauvais joints sont les joints coulés soit en mortier, soit en plâtre. L'eau s'évaporant ou étant absorbée par la pierre, le coulis subit un retrait, et il reste des vides dans lesquels vient se loger la poussière qui engendre des végétaux. La seule méthode à employer quand on élève des constructions en pierre, c'est de poser les pierres à la louve et à bain de mortier ; le fichage est quelquefois commandé, comme, par exemple, dans les reprises en sous-œuvre ; mais il demande à être fait avec un soin extrême. Dans ce cas, dès que le mortier fiché commence à prendre, il faut le bourrer avec des palettes de fer jusqu'au refus ; puis on rejointoie quelque temps après jusqu'à une profondeur de cinq à six centimètres. Bien entendu, ce que nous disons ici s'applique encore plus aux lits qu'aux joints[3].

Esthétique[modifier | modifier le code]

Le joint peut-être déterminant dans l'apparence finale d'un mur, si bien que le maçon est souvent tenu de fournir à l'architecte ou au maître de l'ouvrage différents échantillons de rejointoyage entre lesquels il faudra choisir. La couleur, l'épaisseur, la profondeur, et la forme, sont les critères d'apparence du joint.

Stabilité[modifier | modifier le code]

Étanchéité[modifier | modifier le code]

Résistance au feu[modifier | modifier le code]

Types de joint[modifier | modifier le code]

Joint traditionnel[modifier | modifier le code]

Joint de 10-12 mm réalisé en mortier (sable et ciment/chaux, pigments organiques) réalisé en retrait, affleurant plein, chanfreiner, bombé ou concave. Le joint permet éventuellement de compenser les légères défauts de calibre et irrégularités des briques. La couleur est déterminante dans l'apparence du mur. S'applique à tous types de maçonnerie

Exemple 1.

Le mortier des joints des moellons calcaire peut être composé ainsi; 1 volume de sable gris, 2 volumes de sable roux et 1 volume de chaux. Le tout mélanger « à sec » puis y ajouter un volume d'eau environ.Le mortier est stocké dans une auge et ensuite appliqué avec une truelle, une langue de chat. Le mortier peut être mis le matin dans les joints, et ensuite l'après midi est consacré au brossage de ceux-ci afin de leur donner l'aspect désiré; vieilli… Les joints des moellons peut être grattés ainsi; d'abord avec une petite truelle triangulaire, ensuite une brosse métallique et pour finir un coup de balai brosse pour enlever les petits sillons creusés par la brosse métallique.

Joint mince[modifier | modifier le code]

Joint de 5-6 mm réalisé en mortier-colle. Pas de rejointoyage nécessaire. Nécessite des briques ou blocs parfaitement calibrées, éventuellement profilées et une mise en œuvre irréprochable.

Joint collé[modifier | modifier le code]

Joint de 3-5 mm réalisé en mortier-colle. Pas de rejointoyage nécessaire. Nécessite des briques ou blocs parfaitement calibrées, éventuellement profilées et une mise en œuvre irréprochable. Les briques semblent empilées.

Joint à reflux[modifier | modifier le code]

Le joint déborde à l'extérieur de la brique lors de la pose et est laissé tel-quel.

Outils[modifier | modifier le code]

Les outils du rejointoyeur sont les suivants : fer à joint (fer rond, etc.), brosse métallique, brosse douce, truelle, auge, mortier de jointoiement, fers rond, taloche, acide chlorhydrique, marteau, ciseau à déjointer ainsi que des échafaudages, et instruments de levage.

Matériaux[modifier | modifier le code]

Chaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chaux (matière).

Plâtre[modifier | modifier le code]

Le plâtre n'est plus utilisé.

Mortier[modifier | modifier le code]

La couleur des joints est déterminées par la couleur du sable (ciment gris et de sable jaune) utilisé pour le mortier mais peut être modifiée par adjonction de pigments. Le plus souvent on utilise un mélange dit « bâtard » composé de ciment, de chaux grasse ou de chaux hydraulique et de sable sec. Le mélange obtenu ne doit pas rétracter en séchant et se détacher du support. La forme du joint (plat coupé ou oblique, en retrait ou en saillie) est obtenue par le fer utilisé pour le lisser quand le mortier est encore frais. D'autres finitions peuvent être obtenue par brossage, sablage ou grattage.

Mortier colle[modifier | modifier le code]

Les briques dites « à joint mince » ont des dimensions très régulières (tolérance de l'ordre du mm) qui permettent de les monter très facilement. L'assemblage ne se fait plus avec du mortier, mais par collage au moyen d'une colle ou mortier-colle spécial.

Mastic[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mastic (matériau).

Les joints des parements en pierre de taille agrafée sont remplis de ciment, de mastic, ou de silicone. Il faut veiller que le matériau utilisé ne transsudera pas dans la pierre.

Mise en œuvre[modifier | modifier le code]

L'épaisseur des joints est déterminée au moment du montage du mur. Les joints ont entre 8 et 12 mm pour le mortier et 3 mm pour les mortiers-colle.

Pour une finition uniforme on réalise le travail de rejointoyage après le montage du mur (rejointoyage a posteriori). Le travail est alors réalisé par le maçon ou un rejointoyeur. Le travail de rejointoyage se fait alors plus tard et peut faire l'objet d'un poste séparé dans un métré, un cahier des charges ou une remise de prix. Le mur doit être soigneusement brossé pour supprimer les parties de mortier qui gêneraient par la suite le rejointoyage.

On peut aussi réaliser les joints au fur et à mesure que les murs sont montés (on parle de rejointoyer en montant), lorsque le travail de rejointoyage prend moins d'importance, notamment lorsque le mur doit être enduit.

Les joints se font généralement en creux, mais il arrive qu'on les fasse en saillie.

On peut placer des armatures métalliques dans les joints (armatures de joints d'assise) d'assise pour améliorer la résistance à la compression des murs les plus fortement sollicités.

Maçonnerie de brique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : brique.

Maçonnerie de moellon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : moellon.

Maçonnerie de pierre de taille[modifier | modifier le code]

Exemple de mise en œuvre de la pierre de taille
Article détaillé : pierre de taille.

Maçonnerie de bloc de plâtre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bloc de plâtre.

Maçonnerie de bloc silico-calcaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bloc silico-calcaire.

En rénovation[modifier | modifier le code]

Appareil[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Appareil (architecture).

L'appareil, désigne la façon dont les moellons, les pierres de taille ou les briques sont assemblés dans la maçonnerie.

Voûtes et claveaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : stéréotomie.

Joint et biodiversité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mur#Murs et biodiversité.

Les joints et anfractuosités d'un mur, d'un mur de pierre sèche surtout associé à une haie et/ou un fossé, ou tout mur humide et/ou riche en anfractuosité peut constituer un habitat de substitution pour de nombreuses espèces des parois rocheuses.

La flore (mousses, lichens, fougères et plantes supérieures) qui poussent naturellement sur les murs ou dans leurs anfractuosité et certaines espèces animales (lézard des murailles par exemple) sont dites « muricoles » (ou cavernicoles lorsqu'elles vivent dans l'intérieur même des murs, dans les cavités).

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

  • Cale : Petit morceau de bois mince qu'on pose entre deux assises, et qui détermine la largeur ou plutôt la hauteur du joint que forment ces deux assises posées l'une sur l'autre[M 6]; Caler: Mettre une cale de bois mince, de plomb ou de cuivre dans le joint de deux pierres ou sur le lit de celle de dessous pour les mettre d'aplomb et de niveau, et ensuite les ficher avec le mortier[M 6].
  • Claveau à joint dérobé. Claveau dont le joint du parement de face est droit et dont celui du derrière est oblique[M 8].
  • Coupe : inclinaison des joints des voussoirs d'un arc et des claveaux d'une plate-bande[M 9]. Fausse-coupe : la direction d'un joint de tête oblique à la douelle d'une voûte: Les joints obliques des claveaux d'une platebande, cachés dans l'épaisseur et paraissant perpendiculaires à leur parement, se nomment aussi fausse coupe[M 3]..
  • Gobeter : Jeter avec la truelle ou avec la main du plâtre clair, ou du mortier contre un mur, ou sur un lattis, et passer la main dessus pour le faire entrer dans les joints : l'emploi du plâtre passé au panier, gâché clair, et jeté au balai sur un lattis, est ce qu'on nomme le plus généralement gobeter[M 10].
  • Godets : anciennement, espèces de petits bassins que les maçons font avec du plâtre sur les joints, montants des pierres, pour y mettre du coulis lorsque les assises sont trop serrées pour les ficher : Ou fait aussi usage de godets pour couler les dalles[M 10].
  • Hourder à bain : anciennement, employer du plâtre ou du mortier en plus grande quantité qu'à l'ordinaire, en le mettant par augée pleine avant et après le placement des moellons, pour remplir toutes les cavités et le faire refluer par les lits et les joints[M 10].
En maçonnerie,

Joint désigne les différents joints verticaux ou inclinés, ou horizontaux, que forment les voussoirs d'un arc, les claveaux d'une plate-bande, les assises d'un mur, posés et mis à leur place, ont chacun leur nom différent[M 10]:

  • Joint en coupe : les joints inclinés des voussoirs ou claveaux tendant au centre d'une voûte, d'une plate.bande[M 1].
  • Joint dérobé: ceux qui sont d'aplomb sur la face et inclinés sur le derrière des claveaux[M 4].
  • Joint de tête : les joints en coupe qui sont apparents et qui forment parement à la douelle d'une voûte, ou au plafond du tableau sous une plate-bande[M 4].
  • Joint carré : ceux qui sont d'équerre avec les lits d'une pierre qui a deux parements et ses joints deux ciselures ; tels sont ordinairement tous les joints d'assises[M 4].
  • Joint démaigri ou à une ciselure : les joints des assises qui n'ont qu'un parement ; telles sont les assises pour les murs de revêtement ou pour d'autres murs d'une grande épaisseur[M 4].
  • Joint mâle et femelle : C'est, aux deux bouts d'une dalle ou d'une assise de bahu, l'un des joints portant un tenon carré ou arrondi, et l'autre une entaille[M 4].
En marbrerie,
  • Joint démaigri - Joint qui n'a qu'une arête vive; comme aux carreaux et aux bandes du carrelage à compartiment;
  • Joint ordinaire ou brut - Joint qui ne devant pas se raccorder avec d'autre marbre, est fait à la pointe ou à la sciotte sans être ensuite dressée au ciseau;
  • Joint plein - Joint visible sur l'épaisseur d'une bande, et que l'on a dressé pour se raccorder avec une autre bande qui fait retour d'équerre et affleure celle-ci;
  • Joint de réunion - Joint vertical ou horizontal d'une bande de marbre qui est réunie à une autre bande et qui l'affleure sur son parement ou par derrière; Joint mouliné - Même que le précèdent, mais qui a été frotté et dressé sur un morceau de marbre ou de fonte au moyeu de l'eau et du grès - On mouline ordinairement toute épaisseur de bandes et même les carreaux de marbre lorsqu'ils doivent être joints bout à bout;
  • Joint angulaire - Joint d'onglet que l'on fait sur un montant de chambranle et sur son revêtement pour que les veines du marbre des deux morceaux se raccordent;
  • Joint perdu - Joint que l'on fait à une pièce qui se met à un marbre, et qui prend le contour des veines ou cailloux de ce marbre sur lequel cette pièce doit être rapportée[E 1].
  • Liaison : la manière d'arranger et de lier les pierres, les moellons, les briques dans un mur, en sorte que les joints montants d'une assise ou d'un rang supérieur se trouvent sur le milieu des pierres ou moellons de l'assise ou du rang inférieur[M 11]. Se dit aussi des abouts de briques, de moellons ou pierres formant l'extrémité d'un mur, et qui entrent dans une tranchée faite dans un autre mur auquel il est joint. On nomme aussi ces liaisons arrachement. Liaisonner: arranger les matériaux en liaison dans la construction. Se dit aussi du plâtre ou du mortier dont on remplit les joints entre les moellons[M 12].
  • Mur à pierres sèches : mur qui est construit en moellon ou en meulière sans aucun mortier[M 2].
  • Mur brut ou mur nu : mur qui n'est ni enduit ni jointoyé[M 2].
  • Mur jointoyé : mur qui est construit de moellons ou de briques, et dont les joints sont remplis à l'affleurement avec du plâtre ou du mortier: On dit aussi Crépi à pierre apparente[M 2].
  • Rafraîchir : l'action de retailler d'anciens joints et d'anciens lits de pierre[M 13].
  • Ragréer : Passer le marteau et le fer au parement d'un mur en pierre après qu'il est élevé, en ôter les balèvres et boucher les joints de chaque assise et les épaufrures avec du mortier: (Voyez Taille.)[M 14].
  • Recouvert - Joints de pierre qui ne sont pas appareils; Recouvrement - saillie d'une pierre, d'une dalle, sur le joint de celle qui est posée à côté[M 15].
  • Rejointoyer - Refaire les joints dégradés des pierres, des moellons d'un vieux mur de face, de clôture[M 5]
  • Renformir - Dans la réparation d'un mur, lancer des tuileaux dans les joints trop grands des moellons, ou rapporter des petits moellons dans les cavités, ou bien encore faire une forte charge avant l'enduit, soit en plâtras et plâtre ou en plâtre seulement, pour dresser la face du mur, d'un pan de bois[M 16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. De Fontenay. Manuel des constructions rustiques, ou guide pour les constructions rurales. Encyclopédie Roret, Paris, 1836. Consulter en ligne
  2. Jean-Pierre Adam. La Construction romaine. Matériaux et techniques. Sixième édition. Grands manuels picards. 2011
  3. a, b, c, d, e, f et g Eugène Viollet-le-Duc Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle wikisource.org

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (maçonnerie), Carilian,‎ 1814 (lire en ligne)
  1. a, b et c p. 45
  2. a, b, c, d, e, f, g et h p. 56
  3. a et b p. 35
  4. a, b, c, d, e et f p. 46
  5. a et b p. 80
  6. a, b et c p. 15
  7. p. 36
  8. p. 19
  9. p. 23
  10. a, b, c et d p. 40
  11. p. 49
  12. p. 50
  13. p. 77
  14. p. 78
  15. p. 79
  16. p. 81
  • Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment (marbrerie), Carilian,‎ 1814 (lire en ligne)
  1. p. 9