Pilori

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Pilori.jpg
Carcan aux Pays-Bas

Un pilori est un poteau ou un dispositif auquel un condamné est attaché temporairement pour être vu du public qui, impressionné, est censé s'efforcer de ne pas se retrouver un jour en pareille situation.

Définition[modifier | modifier le code]

Le pilori est un signe de Haute justice qui ne sert pas à mettre à mort. Il est également appelé échelle patibulaire à ne pas confondre avec les fourches patibulaires et les signes patibulaires[1].
L’exposition publique est une peine afflictive et infamante d’Ancien Régime, plus grave que le blâme et l’amende honorable, mais moins que le fouet, la mutilation, les galères, le bannissement et la question[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Placard émanant d'un tribunal criminel en l'an XII (France) et informant les passants et badauds de l'identité du condamné, de son forfait et de sa condamnation.

Il pouvait prendre diverses formes ; simple poteau de bois ou colonne de pierre. Il comporte parfois aussi une structure en lanterne pouvant contenir un homme plus ou moins debout.

« Pilori » désigne également le supplice lui-même dont la durée était variable, allant de quelques heures à plusieurs jours. Il pouvait s'assortir de diverses autres peines.

Utilisé depuis le Moyen Âge, il était un droit seigneurial, parfois un simple poteau que le seigneur faisait planter sur la place du village pour signifier qu'il avait le droit de justice sur ce fief.

En Belgique orientale, le pilori donnera naissance au perron, symbole du pouvoir communal.

En France, le pilori porte aussi le nom d'échelle, notamment dans des régions près de Paris, où certaines communes possèdent encore une « rue de l'échelle » perpétuant ce souvenir. Le condamné, pour accéder au plancher où il est exposé au public, devait emprunter une échelle d'où le nom de ce supplice. On le trouve cité dans les coutumiers de Sens, Auxerre, ou dans les coutumes de Beauvaisis qui relatent : « Cil qui jure vilainement de Dieu et Notre Dame doivent etre mis en lesquel une hore du jour en la presence du commun, parce qu'il ait honte ». Le pilori est définitivement[réf. nécessaire] aboli en France par la loi du 1832-04-2828 avril 1832[3].

L'article 22 du code pénal prévoyait qu'en peine accessoire d'une condamnation aux travaux forcés ou à la réclusion, le condamné soit exposé au regard du peuple pendant une heure sur une place publique, un écriteau informant les passants sur son nom et le crime commis. Il s'agissait de renforcer l'exemplarité de la peine principale, mais son intérêt de ce point de vue fut l'objet de doutes, particulièrement, dans les grandes villes, cas le plus fréquent, où l'événement, devenu banal, ne retenait plus l'attention et où par ailleurs le condamné était relativement inconnu et plus indifférent à sa réputation. Si bien qu'à partir de 1832, le carcan est laissé à l'appréciation des juges de la cour d'assises, hors les cas de récidive, puis la peine est supprimée par un décret du 12 avril 1848[4].

Une forme plus simple du pilori était le carcan ou cangue en Extrême-Orient, planche percée de un à trois trous où on coinçait la tête et parfois les deux mains du supplicié de manière à pouvoir le promener[5]. Mais cette utilisation permettait également de tuer ce dernier par strangulation, en maintenant la cangue horizontalement à une hauteur supérieure à celle du condamné, dont les pieds étaient parfois lestés de lourdes pierres.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers Par Denis Diderot,Jean Le Rond d'Alembert
  2. Jean-Sébastien Jolin Gignac, Les peines et les châtiments, mis en ligne le 20 septembre 2005, consulté le 15 juillet 2010
  3. Loi du 1832-04-2828 avril 1832 relative aux modifications apportées au Code pénal et au Code d’instruction criminelle.
  4. Annick Tillier, Des criminelles au village - Femmes infanticides en Bretagne (1825-1865), Presses Universitaires de Rennes, p. 139.
  5. Supplice chinois - Photographies de cangues chinoises et vietnamiennes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]