Mort par ébouillantage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Reconstitution de mise à mort par ébouillantage

La mort par ébouillantage, appelée aussi bouillage, est une des anciennes méthodes d'exécution pour appliquer la peine de mort, pratiquée essentiellement au Moyen Âge, à l'aide d'eau ou d'huile bouillante ou de poix portée à température élevée.

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette méthode consiste à plonger le condamné dans un grand chaudron où l'on a fait bouillir de l'eau ou de l'huile. L'exécution pouvait être plus ou moins longue selon la vitesse à laquelle le bourreau descendait le condamné et selon le liquide utilisé. Elle fut pratiquée au Moyen Âge contre les faux-monnayeurs. Une variante consiste à mettre le condamné vivant dans le chaudron rempli d'eau, et à allumer le feu dessous, pour une mort lente. On trouve au château du Plessis-Bourré une figurine représentant le supplice d'une mère et son fils coupables d'inceste. Il faut cependant préciser que, vu le prix de l'huile à cette époque, il est probable que ce soit de l'eau qui ait été utilisée le plus souvent. La poix a sans doute été également utilisée (c'est de la poix qui était en général versée sur les assaillants lors d'une attaque de place forte).

En France[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, à propos des faux monnayeurs, Henri de Suse dit :

« Il faut noter que que celui qui falsifie la monnaie est brûlé. »

L'article 634 de la coutume de Bretagne, réformée en 1580, prévoyait que les faux monnayeurs fussent bouillis puis pendus.

L'article 39 de la coutume de Loudun, prévoyait que les faux monnayeurs fussent traînés , bouillis puis pendus.  

Exemples[modifier | modifier le code]

Extraits de Comptes royaux (1285-1314), publié par R. Fawtier et F. Maillard, tome I, Comptes généraux, Paris 1953. 

Sénéchaussée d'Auvergne, compte rendu pour l'Ascension 1299.

Recettes.

"Des biens d'un faux-monnayeur naguère bouilli dans la prévôté* de Riom : 35 sous 2 deniers."

Bailliage de Vermandois, compte rendu à l'Ascension 1305.

Dépenses.

"Pour une marmite achetée afin de bouillir les faux-monnayeurs à Montdidier : 100 sous."

"Pour les dépenses faites par le prévôt* de Montdidier et plusieurs autres en recherchant tant des assassins que des faux-monnayeurs, pris et jugés : 42 livres 10 sous (on doit obtenir les noms des faux-monnayeurs et leurs biens, car ils doivent revenir au roi comme il est de règle)."

Bailliage de Vermandois, compte rendu à la Toussaint 1299.

Recettes.

"Des biens de Baudoin l'Orfèvre, bouilli et pendu pour faux-monnayage, vendus à Roye, pour partie : 43 livres 9 sous." [1]

Pierre le Mesnagier de Saint Malô bouilli en 1380 à Avranches  

Nicolas Dussault à Évreux en 1514 (échappe à la chaudière, mais est condamné à être essorillé et pendu)

Jehan Ducouldray, maître orfèvre bouilli à l'eau place des Halles de Paris en avril 1527

Laurens Stelle, de Venise bouilli à l'eau place des Halles de Paris en avril 1527

Pierre Riveron, hôtelier à Suet, condamné à être bouilli mais finalement pendu place des Halles de Paris en avril 1527

Jehan Thierry bouilli place des Halles de Paris en janvier 1587

Louis Secrétain, orfèvre, bouilli dans l'eau, en réchappa, place principale de Tours en 1486

Hélye de la Garde, bouilli Xainctes en Poitou en 1311

Jehan Former, dit Jehan de Caors, artisan boutiquier, bouilli dans l'huile à Cahors en juillet 1542

Rigal bouilli dans l'huile à Cahors vers 1545

Bietremieu de Toskenne bouilli à Valenciennes au XVe siècle

Ghillain de Mellin bouilli à Valenciennes en avril 1460

Jean Hasart bouilli à Anzin lès Valenciennes en mai 1438

Philippe Noton échappant à la chaudière il fut finalement pendu, à Maubeuge en 1434

Nicolas Harache étranglé, bouilli, pendu à Gand en décembre 1672 [2]

Abolition[modifier | modifier le code]

La peine du Bouillir, bien qu'elle fut tombée en désuétude ne fut abrogée que le 25 septembre 1791, par article 35 du titre 1 de la 1re partie du code pénal.

Exemples célèbres[modifier | modifier le code]

Personnages de fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comptes royaux (1285-1314), France, Paris, Imprimerie nationale,‎ 1953
  2. Desnier, Jean-Luc, « La justice du chaudron ou le chaudron de vérité », Schweizer Münzblätter = Gazette numismatique suisse = Gazzetta numismatica svizzera, no Volume 33-37 Cahier 144,‎ 1983-1987, p. 101 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]