Nation (université)

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Blasons des nations à l'université de Bologne

Dans l'organisation universitaire médiévale, une nation désigne l'ensemble des étudiants d'une même université qui sont natifs d'une même région regroupant certaines provinces ou diocèses ecclésiastiques et correspondant à des langues ou à des familles de langues.

Exemple de nations dans les universités médiévales[modifier | modifier le code]

Université de Bologne[modifier | modifier le code]

L'université de Bologne comprend deux nations, les citramontani (qui viennent de « ce côté » des Alpes, c'est-à-dire d'Italie) et les ultramontani, venus d'« outre-monts » (entre autres Allemagne et France actuelless)[1]. Cependant, chaque nation était subdivisée en sous-nations, respectivement 17 pour les citramontani et 14 pour les ultramontani.

Université de Paris[modifier | modifier le code]

La faculté des arts de l'université de Paris, qui correspond à notre enseignement secondaire, ne forme pas un corps unique car elle est divisée en quatre nations[1],[2] :

Chaque nation forme un corps distinct ayant son sceau, son procureur, élu parmi les docteurs et appelés régents, son censeur et son questeur. La faculté des arts est ainsi dirigée par un recteur et les quatre procureurs des nations. Très vite, le recteur devient la plus haute autorité de l'université tout entière[1].

Plus tard, en 1688, sera constitué à Paris le Collège des Quatre-Nations à l'intention des étudiants originaires des provinces nouvellement réunies au royaume, c'est-à-dire d'Artois, d'Alsace, de Pignerol (aujourd'hui en Italie), et les Catalans du Roussillon et de la Cerdagne française.

Université d'Orléans[modifier | modifier le code]

L'université d'Orléans a compté jusqu'à dix nations, mais le nombre a été réduit à quatre en 1538 suite à un arrêt du Parlement de Paris[4] : les nations française, germanique, normande et picarde.

Université de Louvain[modifier | modifier le code]

À l'université de Louvain, ouverte en 1426, la faculté des arts était répartie en quatre nations, sur le modèle parisien : Brabantia, Gallia, Flandria et Hollandia[5].

Université d'Oxford[modifier | modifier le code]

L'université d'Oxford, dans laquelle n'étudiaient guère que des étudiants venus des îles Britanniques, n'avait que deux nations : la Nation boréale', qui comprenait les Écossais, et l’australe, incluant les Gallois et les Irlandais. Cette distinction disparaît dès 1274[1].

Université de Leipzig[modifier | modifier le code]

L'université de Leipzig comprenait également quatre nations : Nation saxonne, Nation de Misnie (Marche de Meißen), Nation polonaise, Nation bavaroise.


Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jacques Le Goff, Les Intellectuels au Moyen Âge, 2e éd., Seuil, coll. « Points histoire », Paris, 1985, p. 82-83.
  2. A. Léon, P. Roche, Histoire de l'enseignement en France, p. 24.
  3. Les Quatre nations de la faculté des arts de l'université de Paris sont définies dans un bref d'Honorius III daté de 1222
  4. Conseil général du Loiret, 700 ans d'université à Orléans, Orléans, Conseil général du Loiret, 2006, p. 27.
  5. Annuaire de l'Université catholique de Louvain]], 1854

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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