Fab lab

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Un Fab lab à Amsterdam hébergé à la Waag Society

La notion de Fab lab (contraction de l'anglais FABrication LABoratory, pouvant se traduire par laboratoire de fabrication) désigne un lieu ouvert à tous où il est mis à disposition du public des machines-outils pilotées par ordinateur pouvant créer à peu près toute sorte de choses. Un fablab regroupe un ensemble de machines professionnelles et peu couteuses, qui sont pilotées à l'aide de logiciels de conception et fabrication assistées par ordinateur.

Au dela de l'équipement en machines à commande numérique, la caractéristique principale de ce lieu est son "ouverture". Il s'adresse aux entrepreneurs, aux designers, aux artistes, aux bricoleurs, aux étudiants et aux hackers en tout genre, qui veulent passer plus rapidement de la phase de concept à la phase de prototypage. Ces "coopératives du futur" regroupent en fait toutes les populations, tous les âges, tous les métiers, car c'est avant tout un espace de rencontre et de création collaborative qui permet de prototyper des choses uniques : objets décoratifs, objets de remplacement, outils, etc. Cela inclut les produits ne pouvant être fabriqués à grande échelle (pièces uniques notamment).

Pour être appelé Fab lab, un atelier de fabrication numérique doit respecter la charte des Fab lab[1], mise en place par le MIT. Pour être identifié en tant que "Fab lab MIT", il faut passer une certification et des formations, mais un fablab n'est pas nécessairement affilié au MIT. Les Fab Labs sont réunis en un réseau mondial très actif, d'après Gershenfeld.

Sommaire

Historique[modifier]

Le programme de Fab lab été créé par Neil Gershenfeld (en) à la fin des années 1990 et lancé au Media Lab du MIT, en collaboration entre le « Grassroots Invention Group » et le « Center for Bits and Atoms » (CBA) à l'Institut de Technologie du Massachusetts.

Il a commencé en explorant comment le contenu de l'information renvoie à sa représentation physique, et comment une communauté peut être rendue plus créative et productive si elle a - au niveau local - accès à une technologie.
Alors que le Grassroots Invention Group n'est plus dans le Media Lab, le Center for Bits and Atoms consortium est toujours activement impliqué dans la poursuite des recherches dans des domaines liés à la description et à la fabrication, mais il n'exploite ni n'entretient aucun des laboratoires Fab lab du monde entier (sauf le mobile Fab lab).

Le concept de laboratoire « Fab Lab » découle aussi du cours très populaire du MIT (MAS.863) appelé « How To Make (Almost) Anything ». (« Comment fabriquer (presque) n'importe quoi»). Ce cours, très demandé, est encore ouvert aux étudiants lors des cours semestriels d'automne.

Enjeux en matière de développement[modifier]

Les Fab Labs sont basés sur les principes d'ouverture et de collaboration. Ils s'appuient sur des machines de fabrication numérique et des réseaux qui permettent de s'échanger des fichiers dans le monde entier. Un objet peut donc être conçu dans un Fab lab, fabriqué dans un autre Fab lab et amélioré encore dans un autre Fab lab.

Grâce à des interfaces informatiques simplifiées, « ergonomiques » et de plus en plus interopérables, il devient plus facile pour des usagers non-spécialistes de prendre le contrôle d’outils techniques (écrire, illustrer, maquetter et imprimer son propre livre en ligne par exemple, avec un logiciel commercial ou libre tel que wikibook).
L'appropriation que le logiciel libre a facilité, s'étend maintenant aux matériels libres (ou Open Hardware), et par exemple aux modalités de prototypage numérique permis par des plateformes de type Arduino ou aux prototypages physiques permis par des Fab lab.

Les Fab Labs regroupent des communautés pluridisciplinaires, et sont un lieu privilégié pour imaginer et prototyper de nouveaux objets.

Selon une hypothèse, ce serait la fin de l'obsolescence programmée, donc un progrès écologique et économique majeur. Selon l'autre, au contraire, il ne serait ni rentable, ni écologiquement soutenable que chacun puisse disposer de son Fab lab, mais certains des auteurs du concept espèrent un jour en faire un périphérique distant, mais courant des ordinateurs individuels, permettant la création (éventuellement collaborative et libre) de nouveaux objets, ou la réalisation d'objets directement à partir de plans disponibles librement sur le web. Des logiciels libres pouvant également être utilisés.

Son utilisation dans certains pays du tiers-monde a permis à quelques villages isolés de générer eux-mêmes des produits introuvables et/ou d'un prix inaccessible pour eux [réf. nécessaire].

Définition technologique[modifier]

Le Fab lab désigne la somme des outils nécessaires à l'utilisation combinée d'outils et l'ensemble de ces outils, qui sont par exemple :

Dans certains Fab Labs, on peut aussi retrouver des machines à commande numériques encore réservées à l'industrie:

On y retrouve aussi des outils 'standard':

Selon les spécificités du Fab lab, on va pouvoir y retrouver des machines particulières:

Projets iconiques des Fab lab[modifier]

Lieux similaires[modifier]

Autour des Fab labs, on trouve aussi des Techshops, makerspaces ou hackerspaces.

Des EPNs aux FabLabs[modifier]

De multiples espaces publics numériques, ou cyberbases ont été ouverts en France depuis la fin des années 90. Certains de ces lieux sont en train de se convertir en Fab labs.

Les Fab labs dans le monde[modifier]

  • Un programme Fab lab fait partie du Center for Bits and Atoms (CBA, au Massachusetts Institute of Technology), qui explore les liens entre l'information et sa représentation physique.
  • En juin 2008, on dénombrait 34 Fab labs, répartis dans 10 pays.
  • En Aout 2012 l'International FabLab Association dénombre 149 fablabs répertoriés sur la page du wiki Islandais [2] (il en existe probablement plus qui n'ont pas fait la démarche de s'y inscrire)

Enjeux sociaux, éthiques, économiques et prospectifs[modifier]

Le développement de fablabs, qui dépend aussi du maintien de la « bricolabilité » et donc de l'interopérabilité des dispositifs technologies informatiques, pourrait modifier voire bouleverser une partie des logiques d'offre et demande mises en place par l'économie industrielle et de marché des XIXe et XXe siècles[3].
Selon ses usages et localisations, un outil de type fablab pourrait en effet contribuer à appauvrir ou exploiter des sociétés ou populations déjà appauvries ou vulnérables en délocalisant et dématérialisant l'emploi et la production là où l'offre serait la moins chère (avec probablement une protection sociale, sanitaire et environnementale moindre), ou au contraire libérer certaines populations de leur dépendance à des producteurs éloignés (en diminuant les coûts de transports, frais de licence, droit de propriété intellectuelle, etc.).
De même selon la manière dont ils seront utilisés, ils pourront exacerber le gaspillage d'énergie et de ressource, ou au contraire s'inscrire dans une logique d'écodéveloppement.
La diffusion des fablabs permettrait aussi théoriquement de faciliter la production et diffusion de faux ou de copies illégales d'objets matériels.

FabLab existants (liste non exhaustive)[modifier]

Amérique du Nord[modifier]

Amérique centrale et Amérique du Sud[modifier]

  • Chili, Santiago : Fab Lab UChile, Universidad de Chile, Facultad de Ciencias Físicas y Matemáticas
  • Colombie, Cali : FabLab Cali, Universidad Autónoma de Occidente
  • Costa Rica

Afrique[modifier]

Asie[modifier]

Europe[modifier]

France[modifier]

D'autres sites se définissent comme « fab labs » sans adhérer à la charte. Quelques uns se déclarent toutefois « dans l'esprit de la charte »[4] :

Notes et références[modifier]

  1. (en) charte des Fab lab, MIT, 20 Octobre 2012. Consulté le 15 mars 2013
  2. (en) Le site de l'Association Internationale des Fab labs, International Fab Lab Association. Consulté le 15 mars 2013
  3. (fr) Arthur Jauffret, « Des fab labs pour changer le monde ? », RSLN Microsoft, 02 août 2011. Consulté le 15 mars 2013
  4. (en) Portail avec liste des Fab labs, fablab.is. Consulté le 15 mars 2013

Bibliographie[modifier]

  • (fr) Fabien Eychenne, Fab Lab : L'avant-garde de la nouvelle révolution industrielle, FYP Éditions, coll. « "La fabrique des possibles" », septembre 2012, 112 p. (ISBN 978-2916571768) 
  • (fr) Chris Anderson, Makers : La nouvelle révolution industrielle, Pearson, coll. « Les temps changent », novembre 2012, 340 p. (ISBN 978-2744064685) 
  • (en) Neil Gershenfeld, Fab : the coming revolution on your desktop--from personal computers to personal fabrication, Basic Books, mars 2007, 288 p. (ISBN 0465027458) 
  • (en) Neil Gershenfeld, Les Fab Labs, par Neil Gershenfeld, filmé en Février 2006 [lire en ligne (page consultée le 15 mars 2013)] 
  • (en) J. Walter-Herrmann & C. Büching (ed.), FabLabs: Of Machines, Makers and Inventors, Bielefeld, Transcript Publishers 
    • (en) Digital Fabrication and ’Making’ in Education: The Democratization of Invention, 2013 [lire en ligne (page consultée le 15 mars 2013)] 

Voir aussi[modifier]

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Articles connexes[modifier]

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