True Romance

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True Romance

Titre québécois À cœur perdu
Titre original True Romance
Réalisation Tony Scott
Scénario Quentin Tarantino
Acteurs principaux
Sociétés de production Morgan Creek Productions
Davis-Films
August Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Thriller
Sortie 1993
Durée 121 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

True Romance, ou À Cœur perdu au Québec, est un film américain réalisé par Tony Scott, sur un scénario de Quentin Tarantino, sorti en 1993. Ce thriller romantique réunissant plusieurs acteurs célèbres retrace l'histoire d'un couple de jeunes amoureux qui se retrouvent en possession d'une valise remplie de cocaïne appartenant à la mafia et essaient de la vendre à un producteur de cinéma.

Après avoir essayé pendant plusieurs années de mener lui-même ce projet à bien, Quentin Tarantino a fini par vendre son scénario afin de pouvoir réaliser Reservoir Dogs. Tony Scott a insisté pour réaliser le film et n'a quasiment pas altéré le scénario original en dehors de son dénouement. Malgré des critiques majoritairement positives, le film a été un échec commercial à sa sortie au cinéma et sa violence lui a été reprochée. Il est désormais devenu un film culte[1],[2],[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Clarence Worley est un vendeur de bandes dessinées de Détroit, amateur de films d'arts martiaux et grand fan d'Elvis Presley. À l'occasion de son anniversaire, il se rend dans un cinéma pour voir une trilogie de films de Sonny Chiba et rencontre par hasard une jeune femme nommée Alabama. Celle-ci finit par lui avouer être en réalité une call girl engagée par le patron de Clarence comme « cadeau d'anniversaire » mais le coup de foudre est réciproque et ils se marient le lendemain.

Clarence décide alors d'aller voir le proxénète d'Alabama, Drexl, pour récupérer ses affaires. Là-bas, la discussion dégénère et Clarence finit par le tuer. Pressé de quitter les lieux, il oublie son permis de conduire et se trompe en pensant emporter la valise d'Alabama. Celle qu'il emmène est en fait remplie de cocaïne. Clarence s'assure qu'il n'est pas suspecté pour le meurtre de Drexl en allant voir son père, un ancien policier, puis il part pour Los Angeles avec Alabama. Mais c'est la mafia qui recherche Clarence, et son père reçoit la visite du gangster Vincenzo Coccotti et de ses hommes. Se sachant condamné, il pousse Coccotti à le tuer en le provoquant mais son sacrifice se révèle inutile quand un des hommes de main trouve l'adresse à Los Angeles que Clarence a laissé à son père pour le contacter.

Vue de l'entrée de l'hôtel Ambassador de Los Angeles.

Arrivés à Los Angeles, Clarence et Alabama retrouvent Dick Ritchie, un vieil ami de Clarence qui cherche à percer dans le métier d'acteur. Ils tentent de revendre la drogue par l'intermédiaire d'Elliot Blitzer, une relation de Dick qui est l'assistant du célèbre producteur Lee Donowitz. Un rendez-vous avec Donowitz est fixé mais, alors que Clarence est sorti, Alabama est attendue dans leur chambre d'hôtel par un tueur à la solde de Coccotti. Celui-ci l'amoche considérablement mais elle réussit finalement à le tuer. Elliot est quant à lui arrêté en possession d'un peu de cocaïne et révèle ce qu'il sait aux deux inspecteurs qui l'interrogent. Les inspecteurs décident alors de lui poser un micro afin de réaliser un beau coup de filet.

Clarence, Alabama et Dick retrouvent Elliot et Donowitz dans une suite de l'hôtel Ambassador pour leur rendez-vous. Une équipe de policiers se tient non loin prête à intervenir, et d'autres mafieux à la solde de Coccotti, renseignés malencontreusement par Floyd, le colocataire de Dick, se préparent à récupérer la cocaïne. Clarence fait bonne impression à Donowitz, qui se décide à acheter la marchandise. C'est à ce moment que les policiers et les mafieux interviennent chacun de leur côté. La suite de l'hôtel devient alors le lieu d'une impasse mexicaine où policiers, gangsters et gardes du corps de Donowitz se menacent mutuellement. Quand Donowitz réalise que c'est Elliot qui l'a balancé, cela déclenche la fusillade. Dick arrive à prendre la fuite et Clarence, qui était aux toilettes pendant ce temps, reçoit une balle dans l'œil en sortant. Tous les autres protagonistes sont tués, Alabama abattant le dernier, l'inspecteur qui avait tiré sur Clarence. Mais celui-ci n'a pas été tué et Alabama et Clarence s'échappent avec l'argent de Donowitz. L'épilogue présente Clarence, portant un bandeau, et Alabama désormais à Cancún avec un petit garçon qu'ils ont baptisé Elvis.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Christian Slater joue le rôle de Clarence Worley.

Sources voxographie : AlloDoublage (VF)[5] et doublage.qc.ca (VQ)[6]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

En 1985, Roger Avary, alors colocataire de Quentin Tarantino, écrit un script d'environ 80 pages appelé The Open Road qui traite de l'histoire d'un vendeur de comics, Clarence Worley, qui écrit un scénario sur un couple de tueurs en série, Mickey et Mallory, et dont la vie commence à se mélanger avec l'histoire qu'il écrit. Avary est ensuite pris par un autre projet, une adaptation du Surfer d'argent qui ne se concrétisera jamais, et Tarantino lui demande s'il peut retravailler son scénario[7]. Pendant un an, il le réécrit totalement pour en faire la base de l'histoire de True Romance, tout en y intégrant des scènes qui se retrouveront plus tard dans Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Tueurs nés. L'histoire est très longue, environ 500 pages, et très complexe, et Tarantino en extirpe ensuite la trame principale, l'histoire de Clarence et d'Alabama, en 1987. Avec Avary, ils essaient sans succès pendant trois ans de produire le film eux-mêmes, puis de vendre le scénario[7]. Finalement, le producteur français Samuel Hadida, qui est aux États-Unis pour un projet de remake d'un film français et qui cherche un scénariste, rencontre Quentin Tarantino par l’intermédiaire de Sheldon Lettich[8] et, en 1990, Tarantino lui cède les droits du script pour la somme de 40 000 $[9].

Le film doit à l'origine être produit avec un très petit budget et William Lustig (Maniac Cop) est le premier réalisateur choisi pour faire le film[8]. Entretemps, Tony Scott fait la connaissance de Tarantino sur le tournage du Dernier Samaritain (1991) et lit le script de Reservoir Dogs après avoir terminé ce film. Il est tellement conquis par l'histoire qu'il demande à Tarantino s'il peut la mettre en scène mais Tarantino souhaite se réserver la réalisation de Reservoir Dogs. Tarantino lui fait donc lire le scénario de True Romance, que Scott aime également beaucoup[10]. Scott insiste alors auprès d'Hadida pour être le réalisateur de True Romance. Le producteur Harvey Weinstein, qui a accepté de financer le film à hauteur de 50 % en échange des droits de distribution aux États-Unis, ne veut pas de Lustig mais n'est pas non plus emballé par Tony Scott, qu'il trouve incontrôlable. Hadida reprend alors la production à son compte et lui et Scott, désormais liés par leur vision commune du projet, se mettent à chercher des acteurs prestigieux pour jouer dans le film, via les contacts de Scott, afin de pouvoir le vendre dans le monde entier[8].

Tony Scott reprend le scénario de Tarantino sans y apporter de réels changements sauf pour la fin car, dans le script de Tarantino, Clarence devait mourir à la fin du film. Mais Scott s'est tellement attaché au couple formé par Clarence et Alabama qu'il souhaite les voir survivre et réussit à imposer sa vision à Tarantino, malgré l'opposition initiale du scénariste, en le persuadant que cela n'a rien à voir avec des raisons commerciales[10]. Mais Tarantino, alors en pleine promotion de Reservoir Dogs, n'a pas le temps d'écrire une autre fin et c'est Roger Avary qui se charge de ce travail[8]. Après avoir vu le film, Tarantino reconnaît que la fin tournée par Scott cadre mieux avec sa vision du film en forme de conte de fées dont la violence n'éclipse pas le romantisme[2]. La structure du film, dans l'ordre chronologique, est également différente de celle du scénario, dans lequel l'histoire de Clarence et Alabama, de leur rencontre jusqu'à l'épisode de la valise de cocaïne, devait intervenir en tant que long flashback juste après la scène entre Dennis Hopper et Christopher Walken[10].

Casting[modifier | modifier le code]

Christian Slater est le premier à être engagé, pour tenir le rôle principal. Val Kilmer, qui a déjà collaboré avec Tony Scott dans Top Gun (1986) et qui convoitait également le rôle de Clarence, obtient finalement celui du mentor (Elvis Presley). Kilmer, bien que n'ayant qu'une journée de tournage, se prépare intensément en visionnant tous les films et en écoutant tous les albums d'Elvis, que Scott lui a envoyé[4]. Pour le principal rôle féminin, Tony Scott pense d'abord à Drew Barrymore mais celle-ci n'est pas disponible[2]. Patricia Arquette est alors engagée par Tony Scott, qui a été impressionné par sa performance, emplie d'innocence enfantine, dans le téléfilm Wildflower, et l'actrice passe trois semaines à observer et à discuter avec des prostituées pour s'imprégner de son rôle[4]. Avant que les acteurs principaux du film soient engagés, Quentin Tarantino avait pensé à Robert Carradine et Joan Cusack pour les rôles de Clarence et Alabama. Juliette Lewis est elle aussi sollicitée pour le rôle d'Alabama mais décline l'offre pour tourner Tueurs nés.

D'autres acteurs célèbres, séduits par le scénario et acceptant de jouer dans le film pour des cachets réduits, sont engagés pour des rôles secondaires. La production persuade Christopher Walken et Dennis Hopper en disant à chacun des deux que l'autre a déjà accepté[8]. Robert Forster devait initialement interpréter le rôle tenu par Walken[11]. Gary Oldman commence le tournage du film un jour après avoir terminé celui de Romeo Is Bleeding et trouve le look du personnage de Drexl (dreadlocks, dents en argent et cicatrices sur le visage) d'après celui d'un preneur de son, Jamaïcain blanc, qui travaillait avec lui sur ce film. Brad Pitt fait également beaucoup pour donner plus d'épaisseur à son personnage, à peine esquissé dans le scénario, improvisant plusieurs répliques et trouvant des accessoires (comme son bonnet rasta)[4]. Pitt a d'abord été contacté pour jouer le rôle principal mais il vient alors tout juste de finir le tournage de Kalifornia (1993) et ne veut pas enchaîner avec un rôle qui lui semble similaire[8]. Jack Black fait un caméo dans une des scènes coupées du film où il tient un rôle d'huissier de théâtre. Tom Sizemore devait interpréter Virgil mais ce rôle est repris par James Gandolfini. Néanmoins, il tient le rôle de l'inspecteur Cody Nicholson.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le Vista Theater, situé sur Sunset Drive dans le quartier d'East Hollywood, où a été tourné la scène de la rencontre entre Clarence et Alabama.

Le tournage du film se déroule de janvier à mars 1993, pendant 65 jours, avec une semaine de tournage en janvier à Détroit pour les extérieurs, tout le reste du tournage se déroulant à Los Angeles. Le directeur de la photographie Jeffrey L. Kimball a déjà collaboré avec Tony Scott pour Top Gun, Le Flic de Beverly Hills 2 (1987) et Vengeance (1990). Lors du premier jour de tournage, qui est également celui de la première scène du film, Tony Scott s'aperçoit que Christian Slater joue trop sur le côté positif et léger de son personnage et Scott lui demande de visionner Taxi Driver afin qu'il s'inspire du personnage joué par Robert De Niro pour accentuer le côté sombre de Clarence Worley[4]. Patricia Arquette peine à trouver la bonne émotion dans deux scènes importantes du film et le réalisateur la gifle alors assez violemment pour l'aider à se mettre en condition, la première fois en la prenant par surprise et la deuxième fois à la demande de l'actrice. James Gandolfini, dont c'est le premier rôle assez important, est lui aussi totalement impliqué dans son rôle et, lors de la scène où il se bat avec l'actrice, demande même à Arquette de réellement lui planter un tire-bouchon dans le pied afin qu'il ressente vraiment la douleur. Mais Arquette refuse et c'est finalement un assistant de production qui plante un compas dans le pied de Gandolfini devant l'insistance de l'acteur[4].

Le Rae's Restaurant, à Santa Monica, où Clarence et Alabama se rendent après le cinéma.

Les intérieurs de la scène de fusillade finale sont tournées sur Wilshire Boulevard au véritable Hôtel Ambassador de Los Angeles, où a été assassiné Robert Kennedy en 1968 et qui a été fermé au public en 1989 avant d'être démoli en 2005. La scène qui se déroule sur les montagnes russes était à l'origine prévue pour se dérouler au zoo de Los Angeles, autour d'une cage à gorille, mais cela n'a pas été possible en raison des restrictions concernant les tournages avec des animaux[4]. La scène est donc tournée au parc d'attractions Six Flags Magic Mountain, sur les montagnes russes Viper. Cette scène est difficile à tourner car Bronson Pinchot et surtout Michael Rapaport détestent les montagnes russes. Rapaport est même sédaté pour le deuxième jour de tournage de la scène[2]. Le cinéma où se rencontrent Clarence et Alabama est le Vista Theater, cinéma historique d'East Hollywood, alors que le diner où ils vont manger un gâteau ensuite est situé à Santa Monica. Le motel où le couple séjourne à Los Angeles est le Safari Inn de Burbank[12].

Les montagnes russes Viper du parc d'attractions Six Flags Magic Mountain, où Clarence donne rendez-vous à Elliot Blitzer.
Le Safari Inn de Burbank, où Clarence et Alabama prennent une chambre quand ils arrivent à Los Angeles.

La fameuse scène entre Dennis Hopper et Christopher Walken, également connue sous le nom de « scène des Siciliens », est tournée en deux jours (le premier pour filmer les plans de Dennis Hopper et le second pour ceux de Christopher Walken) et c'est l'une des scènes dont Tarantino est le plus fier d'être l'auteur. Elle trouve son origine dans une histoire (à propos de la conquête de la Sicile par les Maures au Moyen Âge) que lui avait raconté le frère de la meilleure amie de sa mère alors qu'il avait onze ans, et Tarantino dit à son sujet qu'elle devrait être montrée dans toutes les écoles d'acteurs comme une leçon d'interprétation tellement il trouve parfait le jeu des deux acteurs[10]. Ces derniers ont respecté leur texte à la lettre, ajoutant seulement une petite improvisation à la fin de la scène quand Hopper dit à Walken qu'il est « café au lait » (eggplant en VO) et que Walken répond en disant que Hopper est « chocolat » (cantaloupe en VO)[2].

Afin de pouvoir obtenir aux États-Unis la classification R (interdit aux moins de 18 ans non accompagnés) refusée une première fois par la Motion Picture Association of America, qui a classifié le film NC-17 (interdit aux moins de 18 ans et qui interdit également toute promotion télévisée pour le film), le film doit subir quelques coupures. Ainsi, la scène du combat sauvage qui oppose Alabama à Virgil est amputée de sa conclusion, jugée trop bestiale par la MPAA, où Alabama vide le chargeur du fusil à pompe sur Virgil avant de s'acharner sur son cadavre à coups de crosse. De même, les plans les plus sanglants de la fusillade finale sont supprimés, et l'inspecteur Dimes est tué par l'un des mafiosi et non par Alabama. Ces scènes censurées pour la sortie en salles aux États-Unis sont néanmoins rétablies pour la version internationale[13].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Le compositeur Hans Zimmer, qui a déjà travaillé avec Tony Scott sur Jours de tonnerre (1990), revisite le morceau Gassenhauer de Carl Orff, tiré de Schulwerk, musica poetica, pour le titre You're So Cool. Gassenhauer avait été précédemment utilisé par Terrence Malick sur son film La Balade Sauvage (1973), l'un des films préférés de Tony Scott. La musique de la scène entre Dennis Hopper et Christopher Walken est Sous le dôme épais, extrait de l'opéra Lakmé (1883) de Léo Delibes que Scott avait déjà utilisé pour son premier film Les Prédateurs (1983)[4]. La bande originale est sortie le 7 septembre 1993 sous le label Morgan Creek.

Accueil[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Le film a été un échec commercial, ne rapportant que 12 281 551 $ au box-office américain[14]. Au Royaume-Uni, il a rapporté 1 321 112 £ (soit un plus de deux millions de dollars)[15]. En France, il a réalisé 360 768 entrées lors de sa première exploitation en salles en 1993, puis 33 227 entrées lors de sa ressortie en 1995, portant le cumul des deux exploitations à 393 995 entrées[16].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Il a par contre été bien accueilli par la critique, recueillant 91 % de critiques positives, avec une note moyenne de 7,5/10 et sur la base de 46 critiques collectées, sur le site internet Rotten Tomatoes[17]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 57/100, sur la base de 18 critiques collectées[18]. Le site AlloCiné, sur la base de 5 critiques collectés, lui attribue une note de 2,4/5[19].

Parmi les critiques positives, Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, donne au film 3 étoiles sur 4, estimant qu'il « crée son propre univers et s'en glorifie », que son « énergie et son style sont vivifiants » et que « les seconds rôles sont magnifiques, notamment Christopher Walken, Dennis Hopper et Brad Pitt »[20]. Janet Maslin, du New York Times, évoque un « road-movie joyeusement amoral, dynamique et macabre » aux « dialogues hauts en couleur »[21]. Pour Peter Travers, de Rolling Stone, « ce film est de la dynamite » où tous les acteurs « brillent », notamment Christian Slater et Patricia Arquette qui forment un couple « sauvagement comique et sexy de romantiques meurtris ». Il ajoute que l'on parlera pendant des années de la « confrontation fulgurante » entre Dennis Hopper et Christopher Walken, « tous deux au sommet de leur art »[22]. Rob Fraser, du magazine Empire, donne au film 4 étoiles sur 5, mettant en avant « les personnages très vivants », des « dialogues étincelants », des « scènes sensationnelles » et « l'énergie implacable » donnée au film par Tony Scott. Il regrette seulement que l'histoire « soit dépourvue de conséquences émotionnelles ou morales »[23]. Pour la rédaction de L'Express, ce « film au casting dans le vent » bénéficie du « scénario énervé et échevelé de Tarantino qui bouscule le style hollywoodien » de Tony Scott, « enlève le morceau et aligne deux ou trois scènes anthologiques, dont la confrontation Hopper-Walken »[24]. Et Fabienne Bradfer, du Soir, évoque un « mélange détonnant soutenu par une distribution vertigineuse »« Tarantino a le sens du suspense et Tony Scott celui du rythme et de l'image-choc » et où « on passe de la tension la plus grande à la dérision la plus légère »[25].

Plus contrasté, Jonathan Rosenbaum, du Chicago Reader, affirme que « le sens de l'humour de Tarantino est communicatif mais assez froid » et que « la réalisation de Scott est habile mais mécanique »[26]. Pierre Murat, de Télérama, met en avant le « scénario brillant et très écrit » de Tarantino, prenant comme exemple « le duel oratoire entre Christopher Walken et Dennis Hopper » où l'on « savoure chaque réplique », et regrette « qu'il ne l'ait pas lui-même mis en scène ». Il note aussi que la violence est « théâtrale et irréelle » mais « sur le fil de la complaisance »[27]. Et James Berardinelli, du site ReelViews, donne au film 2,5 étoiles sur 4, évoquant des « dialogues plein d'esprit, un humour tranchant et macabre » et une scène « stupéfiante » entre Dennis Hopper et Christopher Walken mais regrettant « une réalisation terre-à-terre » « au style dénué de punch » et une histoire romantique peu crédible[28].

Du côté des critiques négatives, Richard Harrington, du Washington Post, affirme que le film est « ridiculement sanglant et désordonné », que son côté stylisé ne peut excuser autant de violence et que son principal échec est son « incapacité à renouveler le cliché du jeune couple de hors-la-loi en cavale »[29]. Kenneth Turan, du Los Angeles Times, critique le « nihilisme creux » et « l'affectation suffisante » du film et ses « retournements de situation incohérents »[30]. Et Gene Siskel, du Chicago Tribune, estime que c'est « un road-movie stupide et stylisé »[31].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Lors des Saturn Awards 1994, le film a reçu trois nominations, pour le meilleur acteur (Christian Slater), la meilleure actrice (Patricia Arquette) et le meilleur scénario. Il a également été en compétition officielle pour le meilleur film au festival Fantasporto en 1995[32]. En 2008, le magazine Empire l'a classé à la 157e place dans sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[33]. La même année, le personnage de Vincenzo Coccotti figure à la 85e place du classement des 100 meilleurs personnages de films, toujours selon Empire[34]. En 2012, le personnage de Drexl figure à la 4e place du classement des 25 dealers de drogue les plus cools du cinéma établi par le magazine Complex[35].

Clins d’œil et références[modifier | modifier le code]

  • Quelques éléments du scénario ont été repris du premier projet, inachevé, de Quentin Tarantino, My Best Friend's Birthday (1987), comme le monologue d'Elvis, joué par Val Kilmer, et le personnage de la call-girl jouée par Patricia Arquette[10].
  • À l'origine, la scène de Reservoir Dogs où les truands discutent d'une femme qui a collé le sexe de son mari était présente dans le script de True Romance[8].
  • Dans le film, Clarence va au cinéma et regarde trois films avec Sonny Chiba (The Street Fighter, Return of the Street Fighter et Sister Street Fighter) dont Quentin Tarantino est un grand fan. Il lui offrira d'ailleurs plus tard le rôle d'Hattori Hanzo dans Kill Bill volume 1 (2003)[36].
  • Alabama et Clarence regardent à la télévision Le Syndicat du crime 2 (1987), de John Woo, film qui a beaucoup influencé le style de Tarantino au niveau de la chorégraphie de la violence[36].
  • Lorsque Clarence se rend chez Drexl, le mac, on voit en fond le film The Mack (1973), un film de la blaxploitation inédit en France à ce jour[36].
  • Le petit garçon qui joue le fils d'Alabama et Clarence s'appelle Enzo et est le fils de Patricia Arquette[10].
  • En 2009, Tarantino réalise le film de guerre Inglourious Basterds qui se déroule durant la Seconde Guerre mondiale. L'un des personnages se nomme Donny Donowitz. Quelque temps plus tard, Tarantino révèle que ce personnage est le père de Lee Donowitz de True Romance[37],[38],[39].

Sortie vidéo[modifier | modifier le code]

Sur le marché vidéo, True Romance est d'abord distribué en VHS en 1994. Une édition simple en DVD est sortie le 30 septembre 1997 en région 1[40] et le 10 janvier 2000 en région 2. Une édition collector en DVD est sortie le 30 juin 2003 en région 1 et le 12 mai 2004 en région 2[41]. Cette version triple DVD comprend trois commentaires audio (un par Tony Scott, un par Quentin Tarantino et un par Christian Slater et Patricia Arquette), des documentaires retraçant toutes les étapes de la production du film, des interviews des acteurs, les scènes coupées et la fin alternative.

La version en disque Blu-ray est sortie le 26 mai 2009 en région 1[42] et le 12 janvier 2010 en région 2[43]. Elle comporte les mêmes bonus que l'édition collector en DVD.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  2. En France, le film est interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles.
  3. Au Québec, le film est interdit aux mineurs de moins de 16 ans lors de sa sortie en salles.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Cult Films Examples », sur filmsite.org (consulté le 22 septembre 2012)
  2. a, b, c, d et e (en) Marc Spitz, « True Romance: 15 Years Later », Maximal (consulté le 22 septembre 2012)
  3. (en) Maxwell Hubbard, « Cult Classic: True Romance », sur maxandtomsquared.co.uk (consulté le 22 septembre 2012)
  4. a, b, c, d, e, f, g et h « True Romance - Commentaire audio de Tony Scott », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  5. « Doublage français de True Romance », AlloDoublage (consulté le 13 avril 2014)
  6. « Doublage québécois de À cœur perdu », sur doublage.qc.ca (consulté le 13 avril 2014)
  7. a et b « True Romance - Les Origines du scénario », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  8. a, b, c, d, e, f et g « True Romance - Production », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  9. Alberto Morsiani, Quentin Tarantino : film après film, scène par scène, une incursion dans les intrigues violentes du réalisateur le plus transgressif du jeune cinéma américain, Gremese,‎ 2006 (ISBN 8873016138), p. 21
  10. a, b, c, d, e et f « True Romance - Commentaire audio de Quentin Tarantino », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  11. « Walken remplace Forster », AlloCiné (consulté le 26 avril 2013)
  12. (en) « True Romance film locations », sur movie-locations.com (consulté le 20 septembre 2012)
  13. « True Romance - La version cinéma US », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  14. (en) « True Romance », Box Office Mojo (consulté le 21 septembre 2012)
  15. (en) « Box Office for True Romance », Internet Movie Database (consulté le 21 septembre 2012)
  16. « True Romance », JP's Box-Office (consulté le 9 juin 2011)
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  18. (en) « True Romance », Metacritic (consulté le 21 septembre 2012)
  19. « True Romance : Critique presse », sur AlloCiné (consulté le 15 mai 2014).
  20. (en) Roger Ebert, « True Romance », Chicago Sun-Times (consulté le 21 septembre 2012)
  21. (en) Janet Maslin, « Desperadoes, Young at Heart With Gun in Hand », The New York Times (consulté le 21 septembre 2012)
  22. (en) Peter Travers, « True Romance », Rolling Stone (consulté le 20 septembre 2012)
  23. (en) Rob Fraser, « True Romance », Empire (consulté le 20 septembre 2012)
  24. « True Romance », L'Express (consulté le 19 septembre 2012)
  25. Fabienne Bradfer, « Quand le thriller donne le meilleur », Le Soir (consulté le 19 septembre 2012)
  26. (en) Jonathan Rosenbaum, « True Romance », Chicago Tribune (consulté le 21 septembre 2012)
  27. Pierre Murat, « True Romance », Télérama (consulté le 19 septembre 2012)
  28. (en) James Berardinelli, « True Romance », sur reelviews.net (consulté le 21 septembre 2012)
  29. (en) Richard Harrington, « True Romance », The Washington Post (consulté le 21 septembre 2012)
  30. (en) Kenneth Turan, « Gunfight at the Hokey Corral », Los Angeles Times (consulté le 22 septembre 2012)
  31. (en) Gene Siskel, « True Romance », Chicago Tribune,‎ 10 septembre 1993
  32. (en) « Awards for True Romance », Internet Movie Database (consulté le 21 septembre 2012)
  33. (en) « The 500 Greatest Movies of All Time », Empire (consulté le 26 mars 2011)
  34. (en) « The 100 Greatest Movie Characters », Empire (consulté le 13 septembre 2011)
  35. (en) Jason Serafino, « The 25 Coolest Drug Dealers In Movies », Complex (consulté en 5 février 2014)
  36. a, b et c « True Romance - Les influences de Tarantino », Metropolitan Filmexport, 2004, DVD
  37. Une connexion entre Django Unchained et Pulp Fiction révélée ! - AlloCiné
  38. (en) Quentin Tarantino’s Connected Universe - EverythingTarantino.com
  39. Fiche du personnage Donny Donowitz - TarantinoFiction.com
  40. (en) « True Romance: WS/p&S », AllRovi (consulté le 21 septembre 2012)
  41. « True Romance DVD - Édition Ultime », AlloCiné (consulté le 21 septembre 2012)
  42. (en) « True Roamnce: Blu-ray », AllRovi (consulté le 21 septembre 2012)
  43. « True Romance: Blu-ray », sur ecranlarge.com (consulté le 21 septembre 2012)