Louis II Phélypeaux de Pontchartrain

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Louis II Phélypeaux de Pontchartrain

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Louis Pontchartrain

Naissance 29 mars 1643
Décès 22 décembre 1727 (à 84 ans)
Nationalité Français
Pays de résidence Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale
Autres activités
Distinctions
Conjoint
Marie de Maupeou
Descendants
Famille
Armoiries Phélyppeaux de Maurepas

Louis Phélypeaux, marquis de Phélypeaux (1667), comte de Maurepas (1687), comte de Pontchartrain (1699), dit aussi le « chancelier de Pontchartrain », né le 29 mars 1643 à Paris rue Pierre Sarrasin et mort à Pontchartrain en Jouars le 22 décembre 1727, est un homme d'État français des XVIIe et XVIIIe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Louis Ier Phélypeaux de Pontchartrain, il est reçu conseiller au parlement de Paris en la première chambre des requêtes le 11 septembre 1660[1]. Le 16 juin 1677[2], il achète à François d’Argouges 100.000 livres la charge de Premier président au parlement de Bretagne, fonctions dans lesquelles il est reçu le 27 août 1677[3]. Il ramène le calme dans la province qui avait été troublée par la révolte du papier timbré et obtient le retour du parlement à Rennes[4]. Pontchartrain est rappelé à Paris par le contrôleur général des finances Claude Le Peletier qui le fait pourvoir le 25 avril 1687[5] d'une troisième charge surnuméraire d'intendant des finances. Il entreprend ensuite une carrière ministérielle.

Du 29 septembre 1689[6] au 5 septembre 1699, il est contrôleur général des finances, du 6 novembre 1660 au 2 juillet 1714, ministre d'Etat, du 6 novembre 1690 au 5 septembre 1699, secrétaire d'État de la Marine et secrétaire d'État de la Maison du Roi.

Sa gestion de son département, longtemps décriée, a été réévaluée par l'historiographie récente qui montre que, dans une période difficile, il administra avec compétence un immense département qui réunissait la Marine, le Commerce, les Colonies, le Clergé, Paris, la Maison du Roi et les finances de l'État. Il fait réaliser le recensement de la population française de 1693, le premier après celui de Vauban de 1678. Il combat l'influence, à la Cour, du quiétisme propagé par Fénelon et Mme Guyon.

On lui impute toutefois un certain nombre d'erreurs dans l'utilisation de la flotte française, portée à un très haut niveau par Colbert et son fils le marquis de Seignelay, notamment une part de responsabilité dans le désastre de La Hougue.

Du 13 novembre 1690 au 27 décembre 1693 il occupe en outre les fonctions de chef perpétuel, président et directeur de la Compagnie des Indes Orientales[7].

Il est ensuite chancelier de France du 5 septembre 1699 au 1er juillet 1714. Selon François Bluche, « il redonn[a] à la chancellerie une importance et un éclat oubliés depuis la vieillesse de Pierre Séguier ».

Saint-Simon dresse de lui un portrait flatteur : « Jamais tant de promptitude à comprendre, tant de légèreté et d'agrément dans la conversation, tant de justesse et de promptitude dans les réparties, tant de facilité et de solidité dans le travail, tant d'expédition, tant de subite connaissance des hommes, ni plus de tour à les prendre ». Sa discrétion est fort appréciée de Louis XIV.

Il est nommé greffier de l'ordre du Saint-Esprit par lettre du 9 mai 1700. Il donne sa démission peu de jours après, et est nommé chevalier des Ordres[8].

Il épouse par contrat du 18 février 1668[9] Marie de Maupeou, morte le 12 avril 1714, fille de Pierre de Maupeou, seigneur de Bruyères, président de la Chambre aux Enquêtes, dont il a deux fils, Louis et Jérôme Phélypeaux, comte de Maurepas et de Pontchartrain.

Il démissionne de sa charge pour ne pas avoir à apposer les sceaux sur l'arrêt du Conseil du 5 juillet 1714 condamnant un texte de l'évêque de Metz, Mgr Henri-Charles de Coislin, comme contraire à la bulle Unigenitus. Depuis quelque temps, il se sentait mal à l'aise devant la dérive autoritariste de Louis XIV et désirait se consacrer au salut de son âme. Il se retire à l’institution de l’Oratoire. Il meurt à Pontchartrain en Jouars le 22 décembre 1727. Il est inhumé à Paris Saint-Germain l’Auxerrois.

Le 21 mars 1693, par contrat passé devant Moufle et son confrère, notaires au Châtelet de Paris, il avait acheté à Bernardin Boulin, écuyer, le fief des Moulineaux[10]. Les papiers personnels de Louis II Phélypeaux de Pontchartrain et de sa famille sont conservés aux Archives nationales sous la cote 257AP[11].

Son portrait ovale en miniature en émail et or par Jean I Petitot (1607-1691) figura dans la collection Richard Baron Cohen, vendue aux enchères publiques à Paris (Drouot-Richelieu) le 3 décembre 2014.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le lac Pontchartrain en Louisiane porte son nom, et la ville actuelle de Détroit dans le Michigan a été fondée avec le nom Fort Pontchartrain du Détroit à son honneur à l'époque de la Louisiane française.

Le lac Maurepas et le fort Maurepas, tous deux situés en Louisiane, furent également nommés en son honneur, car il était comte de Maurepas en plus d'être comte de Pontchartrain.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Sara Chapman, Private ambition and political alliances : the Phélypeaux de Pontchartrain family and Louis XIV's government, 1650-1715, Rochester, University of Rochester Press, 2004 (ISBN 9781580461535).
  • Charles Frostin, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006 (ISBN 9782753502895).
  • Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, Régner et gouverner : Louis XIV et ses ministres, Paris, Perrin, 2010 (ISBN 978-2-262-02560-1).
  • Jean-Yves Nerzic, La Place des armements mixtes dans la mobilisation de l'arsenal de Brest sous les deux Pontchartrain (1688-1697 & 1702-1713), Ed. H&D, 2010, (ISBN 978-2-9142-6619-2).
  • Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958, S.P.M. Kronos, Paris 2011.

références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Prud'homme Histoire de Neauphle-le-Château du XIe siècle à nos jours, 1902, p.182
  2. Mémoires de Saint-Simon : nouvelle édition collationnée sur le manuscrit autographe, augmentée des additions de Saint-Simon au Journal de Dangeau, 1879, t.1, p.52, note 2
  3. Michel Popoff, Prosopographie des gens du parlement de Paris (1266-1753), 2003, t.2, p. 849
  4. Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, 1730, t.6, p.587
  5. Archives nationales O1 61 fol.85 verso-86 cité par Michel Antoine, Le Coeur de l'Etat, surintendance, contrôle général et intendance des finances 1552-1791, 2003, p.240, note 1, voir aussi Arthur Michel de Boislisle, Mémoires des intendants sur l'état des généralités dressés pour l'instruction du duc de Bourgogne, 1881, t.1, p.221
  6. Mémoires publiés par la Société centrale d'agriculture de France, 1877, t.3, p.375
  7. Jules Sottas, Une Escadre française aux Indes en 1690. Histoire de la Compagnie royale des Indes Orientales, 1664-1719, 1905, p.395
  8. Paul Lucas Simplicien, Statuts et catalogue des chevaliers commandeurs et officiers de l'ordre du Saint-Esprit, avec leurs noms, qualités et postérité, depuis l'institution jusqu'à présent, 1733, p.335
  9. Archives nationales minutier central CXIX 233 cité par Françoise Bayard, Joël Félix, Philippe Hamon, Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances du XVIème siècle à la Révolution ,française de 1789, 2000, p. 101
  10. Adrien Maquet, Bailly-en-Cruye et ses anciens seigneurs : recherches historiques, 1885, p.28
  11. Archives nationales