Neolin (prophète amérindien)

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Néolin est un prophète amérindien du milieu du XVIIIe siècle, provenant de Tuscarawas sur la rivière Muskingum. Il fait partie des Lenapes, chassés de leurs forêts de Pennsylvanie orientale et du New Jersey et qui ont émigré vers l'Ohio dans la première moitié du XVIIIe siècle[1]. Il fut la figure de proue d'un mouvement religieux qui se développa autour de la Vallée de l'Ohio à la fin de la guerre de la Conquête. Son enseignement inspira la rébellion de Pontiac en 1763-66.

Son message est l'une des premières expressions d'un militantisme pan-indien. En 1761, il commença à prêcher en faveur d'un renouveau culturel et spirituel. Les Amérindiens devaient rejeter l'influence culturelle et matérielle des Européens et se défaire de la dépendance à l'alcool et au commerce. Enfin, les Amérindiens devaient se regrouper pour chasser les Européens de leur terre.

Description de son voyage au royaume céleste[modifier | modifier le code]

Neolin prêchait en relatant le voyage qu'il aurait réalisé au royaume céleste. Après 8 jours de marche, il aurait atteint une prairie d'où partait trois chemins. Il décida alors de prendre le plus large mais après une demi-journée de marche il vit sortir de terre un feu qui grandissait alors qu'il s'en approchait. Effrayé, il fit demi-tour et pris le second chemin, mais après quelques heures, il rencontra de nouveau le feu. Rebroussant à nouveau chemin, il s'engagea alors sur la troisième voie où il put voyager sans encombre durant une journée. Il vit alors une montagne d'une merveilleuse blancheur et en s'approchant il rencontra une femme d'une grande beauté. Elle lui expliqua que pour rencontrer le Maître de la vie, il devait se dévêtir, abandonner toutes ses possessions et se baigner dans la rivière à proximité. Une fois cela fait, il pourrait escalader la montagne. Neolin obéit aux instructions et effectua l'ascension. Arrivé au sommet, il aperçut trois villages et prit la route du plus attrayant. En chemin, il se rappela qu'il était nu et s'arrêta, hésitant sur la conduite à tenir. Une voix lui dit de poursuivre sa route et une fois arrivée au village, il fut accueilli par le Maître de la vie. Ce dernier se présenta comme le créateur du ciel et de la terre. Mécontent de ses enfants indiens, il leur avait envoyé les souffrances qu'ils subissaient comme le fruit de leurs transgressions. Il dénonça leur dépendance à l'alcool de l'homme blanc, leur polygamie, leur promiscuité sexuelle, leur sorcellerie et leurs querelles. Mais surtout, ils l'avaient grandement offensé en tolérant l'intrus européen sur la terre qu'il avait fait pour eux. Pour regagner ses faveurs, les indiens devaient chasser les Européens et n'adresser des prières qu'au Maître de la vie[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des religions, t.III, Encyclopédie de la Pléiade (1976), p.992-995
  2. (en) Alfred A. Cave, « The Delaware prophet Neolin - A Reappraisal », dans Roger L. Nichols (dir.), The American Indian: past and present, University of Oklahoma Press, 2008