Sufjan Stevens

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Sufjan Stevens

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Sufjan Stevens en concert au Pabst Theater en 2006.

Informations générales
Naissance 1er juillet 1975
Détroit, Michigan
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Indie folk, musique expérimentale, folk rock, baroque pop
Instruments voix, banjo, multi-instrumentiste
Années actives 1999 – présent
Labels Asthmatic Kitty, Sounds Familyre, Orchard
Site officiel www.sufjan.com

Sufjan Stevens (né le 1er juillet 1975 à Détroit dans le Michigan) est un auteur-compositeur-interprète américain. Il est connu pour ses chansons qui portent autant attention aux textes qu'à l'instrumentation. Il joue de plusieurs instruments différents, avec une préférence pour le banjo. Il est aujourd'hui un des artistes américains les plus prolifiques et connaît un grand succès critique aux États-Unis.

Débuts[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Sufjan Stevens est né en 1975 à Détroit dans le Michigan, où il a vécu jusqu'à l'âge de neuf ans, avant que sa famille ne déménage à Petoskey, toujours dans le Michigan. Là-bas, il intègre la Harbor Light Christian School ainsi que la prestigieuse Interlochen Arts Academy. Il poursuit ensuite son cursus à l'université de Hope College, située à Holland, Michigan. Il est ensuite diplômé d'un Master of Fine Arts à la New School de New York.

Son prénom, Sufjan, est d'origine arabe et a été emprunté à Abu Sufyan, un éminent personnage de l'histoire islamique. Ce nom lui a été donné par le fondateur de Subud, une communauté spirituelle non-religieuse et multiconfessionelle, à laquelle ses parents appartenaient à l'époque. "Sufjan" signifie "venu avec une épée". Les parents de Stevens lui ont par la suite proposé de changer son prénom, mais il n'arrivait pas à en choisir un qu'il aimait ; ces derniers ont par la suite avoué qu'ils n'avaient de toute façon pas l'argent nécessaire pour faire le changement. Stevens a par ailleurs un frère, Marzuki, coureur professionnel, et une sœur.

Musicalité[modifier | modifier le code]

Jouant de nombreux instruments, Stevens est particulièrement connu pour son utilisation du banjo, mais il joue également de la guitare, du piano, de la batterie, et de plusieurs autres instruments. Il joue de chacun d'eux sur ses albums à l'aide d'un enregistrement multipiste. À l'école, il a étudié le hautbois et le cor anglais, qu'il joue également sur ses albums. Cette multitude d'instruments se retrouve dans ses compositions qui ont des sonorités proches de la musique symphonique, même si on peut qualifier la plupart de ses compositions de définitivement folk.

Beaucoup de ses chansons ont des allusions spirituelles. À ce propos, Stevens dit qu'il n'essaie pas de faire de la musique pour prêcher :

« Je ne pense pas que la musique soit l'endroit pour les discussions théologiques. Je pense que j'ai dit des choses et chanté sur des choses alors que ce n'était pas approprié, alors que ce n'était pas le bon endroit. Je pense que je ne suis pas apte à faire des revendications ou des déclarations, parce que c'est souvent mal interprété. Certains thèmes et certaines convictions sont destinés aux conversations privées. »

Sufjan Stevens habite actuellement à Kensington, Brooklyn, à New York, où il s'occupe de son label Asthmatic Kitty Records.

Carrière[modifier | modifier le code]

1996-2002 : Premiers pas[modifier | modifier le code]

Stevens commence sa carrière dans la musique à la fin des années 90 en tant que membre de Marzuki, un groupe de folk-rock basé à Holland, Michigan. Avec eux, il sort deux albums, en 1996 et 1998. En 2000, alors à l'université, il écrit et enregistre son premier album solo, A Sun Came, qui est distribué par Asthmatic Kitty Records, une maison de disques qu'il fonde avec son beau-père, Lowell Brams.

Il raconte le début de sa vie adulte et sa passion pour la musique :

« À l'université, quand j'ai appris à jouer de la guitare, j'ai commencé, comme exercice, à écrire des chansons (très mal faites) à la même manière dont Henry Ford produisait des automobiles : à la chaîne. J'ai écrit des chansons pour les jours de la semaine (pauvre lundi !). Des chansons pour les planètes (pauvre Pluton !). Des chansons pour les apôtres (Pauvre Judas !).Et enfin, quand tout avait échoué, j'ai commencé une série de chansons sur les noms. Chaque morceau était une rumination musicale, rhétorique et philosophique sur tous les noms possibles que j'avais imaginé des années auparavant quand mes parents m'ont proposé de changer mon propre nom. Bon Dieu ! Je chantais ces chansons en privé, dans mon dortoir, derrière les portes scellées et les bouches d'aération bouchées par des oreillers, pour que personne ne puisse m'entendre. »

Il déménage ensuite à New York, où il est accepté dans un cours d'écriture à la New School for Social Research. En 2001, toujours à New York, Stevens compose et enregistre son deuxième album, Enjoy Your Rabbit, un concept-album d'electronica fondé sur les animaux du zodiaque chinois.

2002-2006 : Le projet des 50 états[modifier | modifier le code]

Michigan, à fleur de peau[modifier | modifier le code]

Sufjan Stevens lors des Independent Music Awards, au Webster Hall, à New York

Par la suite, Stevens travaille sur son premier album faisant partie d'un grand projet ayant pour vocation de dédier un disque à chacun des États-Unis d'Amérique[1]. Le premier de la série, Michigan, est une ode à la région natale du chanteur, aux villes comme Détroit ou Flint, à la péninsule supérieure, ou encore aux Chutes Tahquamenon. Entre descriptions pittoresques et descriptions de personnages, Stevens s'ouvre comme jamais à travers ses compositions et fait passer un message de foi, de chagrin et d'amour. L'auteur-compositeur avoue ne pas avoir anticipé que l'album se concentre sur l'État du Michigan, et c'est en écrivant les chansons qu'il s'est rendu compte de leur lien.

Après la sortie de Michigan en 2003, et fort de critiques positives, Stevens compile une collection de chansons précédemment enregistrées, qui devient l'album de folk chrétienne Seven Swans, édité en 2004. Dans ce disque, Stevens revient sur des passages de la Bible tout en leur insufflant une dimension de vécu personnel.

Illinois ou la consécration[modifier | modifier le code]

Toujours en 2004, Stevens poursuit son projet des 50 états avec le second opus. Il passe six mois à faire des recherches sur l'histoire de l'État de l'Illinois qui deviennent des compositions pour son Illinois, un album chargé de références historiques et culturelles d'une durée de plus de 70 minutes aux titres de chansons les plus extravagants et longs les uns que les autres. Il explore dans cet album des sujets variés, tels que les villes de Chicago, Decatur et Jacksonville, l'exposition universelle de 1893, la fête fédérale rendant hommage à Casimir Pulaski, le poète Carl Sandburg, ou encore le tueur en série John Wayne Gacy.

Cet album offre une grande notoriété à Sufjan Stevens. De grandes revues telles que Pitchfork, Billboard, Entertainment Weekly, Rolling Stone, The New York Times ou The Guardian parlent unanimement du "meilleur album de l'année". À ce titre, Illinois est récompensé par plusieurs prix lors des PLUG Independent Music Awards de 2006 : meilleur album, meilleur artiste et meilleure pochette d'album.

En 2006, Stevens annonce la sortie d'un nouvel album intimement lié à Illinois, puisqu'il s'agit de 21 morceaux issus des sessions d'enregistrement de ce dernier, qui n'avaient pas pu être intégrées à l'album. The Avalanche sort pendant l'été 2006, et remporte également un vif succès critique.

Cependant, l'avenir du projet des 50 états semble compromis, puisque Stevens lui-même avoue qu'il y avait une part de plaisanterie : « C'était plutôt une blague pour voir si les gens allaient y prêter attention. » Il n'a pas été clair sur ses intentions quant à une suite avec un troisième état.

2006-2010 : Une nouvelle direction[modifier | modifier le code]

La pause Songs for Christmas[modifier | modifier le code]

Fin 2006, un coffret de cinq disques, Songs for Christmas, est édité. Il s'agit d'une collection d'enregistrements de chansons de Noël que Stevens a enregistré chaque année, depuis 2001 (excepté 2004), pour offrir à ses proches. Stevens avoue avoir initié ce projet afin de s'exercer à davantage apprécier Noël. Il avait par ailleurs déjà proposé gratuitement les trois premiers disques en téléchargement gratuit sur son site Internet, et le succès l'a alors incité à sortir la collection complète en CD.

Des collaborations diverses[modifier | modifier le code]

Les deux années suivantes ne sont pas très productives en matière d'albums pour Sufjan Stevens, qui tarde à revenir avec un nouvel opus, aussi son dernier vrai projet date-t-il de 2005. Cependant, 2007 et 2008 sont des années fructueuses en matière de collaborations pour l'artiste.

Ainsi, en avril 2007, Stevens fait des apparitions surprises aux concerts de Rosie Thomas, avec laquelle il a collaboré sur l'album These Friends of Mine, un an plus tôt. Il s'improvise pianiste sur l'album Boxer de The National, joue de nombreux instruments sur All This Could Kill You de Ben + Vesper, et joue du hautbois et chante sur Noise in You de David Garland.

Stevens enchaîne les collaborations, dont la liste est assez fournie : Denison Witmer, Soul Junk, Half-handed Cloud, Brother Danielson, Danielson Famile, Serena Maneesh, Castanets, Will Stratton, Shannon Stephens, Clare and the Reasons et Liz Janes. Au cours des années, il fait également des reprises de Tim Buckley ("She Is"), Joni Mitchell ("Free Man in Paris"), Daniel Johnston ("Worried Shoes"), John Fahey ("Variation on 'Commemorative Transfiguration and Communion at Magruder Park"), The Innocence Mission ("The Lakes of Canada"), Bob Dylan ("Ring Them Bells") et The Beatles ("What Goes On"). La plupart sortent sur des compilations.

De nouveaux matériaux, de nouveaux horizons[modifier | modifier le code]

En 2007, la Brooklyn Academy of Music demande à Sufjan Stevens de créer une symphonie ayant pour sujet la Brooklyn-Queens Expressway, la tristement célèbre autoroute new-yorkaise. Stevens et son orchestre composé d'une trentaine de personnes propose trois représentations en novembre de la même année. En octobre 2009, le projet, The BQE, ressort sous la forme « d'une grande franchise créative, comprenant un film, une symphonie, une BD, une dissertation, des photos, du graphisme et un film en 3D dans lesquels les interrogations du compositeur sur l’un des paysages les plus laids de New York s’étend athlétiquement dans des formules qui vont plus loin que la chanson elle-même. » Le même mois sort Run Rabbit Run, un album qui reprend les compositions de Stevens sur son Enjoy Your Rabbit, celles-ci ré-orchestrées et interprétées par le quatuor à cordes Osso. Les deux albums sont salués par la critique, qui ne parlent cependant que d'un retour en demi-teinte, sans un réel concept-album en vue.

Pendant la même période, Stevens organise une série de concerts aux États-Unis, où il interprète de nouveaux morceaux totalement inédits[2], semblant se rediriger vers ses premiers amours, c'est-à-dire une musique entre la folk, l'electronica et l'orchestral. Cependant, lors de récentes interviews, l'auteur-compositeur fait part de certains doutes :

« J'en suis arrivé à un point où je n'ai plus un désir profond de partager ma musique avec tout le monde, après avoir passé des années à transmettre mes chansons au public. J'ai un grand respect pour la dynamique sociale de la musique - c'est-à-dire qu'elle doit être partagée avec les autres, qu'elle rassemble les gens - mais j'ai maintenant l'impression que quelque chose de personnel est irrévocablement perdu dans le procédé. »

2010-2011 : Un retour sur le devant de la scène[modifier | modifier le code]

All Delighted People[modifier | modifier le code]

Le 20 août 2010, à la surprise générale, Sufjan Stevens sort un LP de 60 minutes, All Delighted People, construit autour de la chanson éponyme. Le disque est constitué d'un mélange de folk et d'eletronica, mélangeant ainsi sonorités des albums passés et du futur album, qui est annoncé dans la foulée de la sortie de ce LP.

The Age of ADZ[modifier | modifier le code]

En octobre 2010, Sufjan Stevens sort un nouvel album, inspiré par la vie et les œuvres de Royal Robertson, et composé de 11 titres. Le dernier, "Impossible Soul", d'une durée de 25 minutes, pousse à l'extrême les recherches sonores déjà entreprises dans les 10 morceaux qui le précèdent : brassage des sons, mélange d'influences musicales, etc.

Sufjan Stevens revient alors sur le devant de la scène et propose une tournée nord-américaine à la fin 2010, suivie de dates australiennes début 2011, tandis qu'une tournée européenne se tient au cours du printemps 2011. Une tournée de Age of Adz radicalement différente de celles qu'il a fait jusqu'alors. Éclairages, chorégraphies, mise en scène, costumes... Sufjan Stevens désire proposer un concert complet et une expérience en soi-même.

Le chanteur explique alors son choix de revenir à la musique après quelques années de latence :

« J'ai réalisé que je n'ai pas le choix. Je suis fait pour ça, j'ai des penchants naturels pour la composition de chansons. C'est mon métier, j'ai une carrière et une responsabilité envers ma musique. J'ai donc décidé d'agir en conséquence, de reprendre mes instruments et de faire le meilleur travail possible, en dépit de mon ressenti. »

Il donne également des détails sur le changement de sonorités entrepris :

« Je portais le fardeau du poids conceptuel de mes albums précédents. Je voulais être direct, et c'était donc nécessaire de faire les choses différemment. Age of Adz est bien plus personnel, parce que je n'avais pas de direction précise, je m'en remettais à mes propres instincts, mes propres impulsions émotionnelles. »

Sa tournée achevée à l'été 2011, l'artiste entreprend de retourner en studio dans un futur proche et de retourner vers le folk :

« J'ai toujours le sentiment d'avoir beaucoup à apprendre dans le domaine de l'expérimentation sonore, et j'aimerais me tourner davantage vers le bruit et l'étrange, l’agressif et le bouleversement, mais je ne crois pas que cela soit adapté au grand public. Je pourrais m'y exercer en privé, passer du temps seul à produire ces sons, et à un moment donné retourner vers la composition de chansons. Mon impératif, mon objectif, c'est la composition. Avec Age of Adz, j'ai pris un petit détour. J'apprécierais retourner vers l'écriture de chansons. »

Discographie[modifier | modifier le code]

Album[modifier | modifier le code]

Participation à des compilations[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Michigan Outtakes (d'abord téléchargeable gratuitement en mp3 sur le site de Sufjan Stevens ; maintenant sur l'édition vinyle de Michigan)[4]
  • "The Dress Looks Nice on You" (7″ vinyl single) (Rough Trade Records, 2004)
  • "The Lord God Bird" (Site de National Public Radio, Juillet 2005)
  • Songs for Christmas, Vol VI: Gloria (Décembre 2006, non distribué au grand public)
  • Songs for Christmas, Vol VII (Décembre 2007, non distribué au grand public)
  • "The Lonely Man of Winter" (Xmas Xchange Contest, Décembre 2007, non distribué au grand public)
  • Songs for Christmas, Vol VIII: Astral Inter Planet Space Captain Christmas Infinity Voyage (Décembre 2008, non distribué au grand public)
  • "Sofia's Song" (Avril 2009, sur le blog de Asthmatic Kitty Records)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Brinkley, Ark., Embraces "The Lord God Bird" », sur www.npr.org
  2. « Live Video of More New Sufjan Songs », pitchforkmedia.com (consulté le 2009-09-28)
  3. (en) Brandon Stosuy, « Cue the bugle turbulent (the 2007 Believer music issue CD) », The Believer,‎ juin-juil. 2007 (lire en ligne)
  4. « Asthmatic Kitty Records : Sufjan Stevens > Michigan » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-30

Liens externes[modifier | modifier le code]

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