MC5

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MC5

Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre musical Hard rock, protopunk, rock garage, rock psychédélique
Années actives 1964 - 1972
reformé depuis 2003
Labels Atlantic Records
Elektra Records
Composition du groupe
Membres Wayne Kramer - guitare
Dennis Thompson - batterie
Anciens membres Michael Davis
Rob Tyner
Fred "Sonic" Smith

MC5 (Motor City Five) est un groupe de rock américain, souvent considéré comme précurseur du punk rock et du hard rock. Formé en 1964 à Détroit, États-Unis, alors que ses membres fréquentent encore l'université, le groupe se séparera en 1972.

Réputé pour ses performances scéniques explosives, le groupe eut pourtant une carrière professionnelle assez courte et fut rapidement oublié par ses contemporains. Souvent cité comme influence majeure par les groupes punk de la fin des années 1970, il acquit toutefois plus tard un statut de « groupe culte » qu'il conserve encore aujourd'hui. Leur morceau le plus connu, Kick Out The Jams, a été repris par de très nombreux artistes.

Membres[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

L'histoire du MC5 commence par une amitié entre deux lycéens américains, tous deux chanteurs et guitaristes, Wayne Kramer et Fred Smith. Passionnés très tôt par le rock and roll naissant, ils forment, encore adolescents, chacun leur propre groupe de rock. Devant les nombreuses défections de musiciens qui préfèrent se concentrer sur leurs études universitaires ou rentrer dans la vie active, les membres les plus décidés des deux groupes unissent en 1964 leurs forces au sein des Headhunters (les Chasseurs de Têtes).

Fort d'un succès local bientôt suffisant pour qu'ils puissent vivre de leur musique, les musiciens engagent comme bassiste le jeune Rob Derminger. Le jeune Rob est un ami du frère de Kramer, impliqué dans la scène beatnick de Détroit. Rebaptisé Rob Tyner, celui-ci propose de changer le nom du groupe en Motor City 5 (en référence à Détroit, surnommée « la ville de l'automobile » et dont l'économie repose entièrement, à l'époque, sur cette industrie, ainsi qu'au groupe à succès Dave Clark Five). Mais Rob Tyner décide finalement de quitter les MC5, la veille d'un concert, à cause de ses difficultés à apprendre la basse.

Début 1965, Tyner réintègre pourtant le groupe, mais cette fois en tant que chanteur. À cette époque, la plus grande partie des membres du MC5 sont encore des étudiants, et le groupe ne joue que des reprises, ce qui n'empêche pas sa musique, très énergique et inspirée du rock and roll comme du free jazz, d'attirer un public de plus en plus nombreux.

En 1966, le MC5 fait la connaissance de John Sinclair, poète hippie et leader du White Panthers Party, chroniqueur et fondateur d'un journal underground, condamné plusieurs fois pour possession de marijuana. Plus amateur de jazz que de rock, ce dernier accepte néanmoins de devenir leur « guide » au sein de son association underground Trans-Love Energies. Très impliqué à l'extrême gauche, Davis a une grande influence sur le groupe, dont les concerts deviennent très provocateurs : appels à la révolution, meurtre simulé du chanteur... Les MC5 commencent également à consommer des quantités importantes de drogues, notamment du cannabis et du LSD.

Premiers grands succès[modifier | modifier le code]

Jouant presque tous les soirs dans les environs de Détroit, le MC5 gagne bientôt une réputation sulfureuse, relayée par la presse locale qui compare le groupe à un cataclysme naturel. En 1968, Trans-Love Energies sort leur premier single, qui contient Lookin at you et Borderline, deux morceaux originaux. Les premiers pressages sont épuisés en quelques semaines, et le disque atteint à la fin de l'année 7000 ventes.

Après les émeutes de Détroit de 1967, les membres du groupe s'installent dans la ville voisine de Ann Arbor. Remarqués par Jac Holzman, PDG d'Elektra Records, leur premier album sera d'emblée enregistré live au Russ Gibb's Grande Ballroom de Détroit, les 30 et 31 octobre 1968 et sortira en 1969 sous le titre de Kick Out The Jams .

Ce brûlot live sans concession marquera définitivement l'histoire de la musique rock en rendant compte sans fioriture de la puissance et de la subversion qui accompagnaient les prestations scéniques des MC5.

Une fin rapide[modifier | modifier le code]

En 1970 sur le label Atlantic, les MC5 publient un excellent album studio Back In The USA sur lequel figure une version du morceau Lookin at you.

High Time paraît en 1971 sur le même label mais le succès va en diminuant et les problèmes de drogues minent le groupe et sa cohésion.

Pendant la tournée anglaise de février 1972, le bassiste Michael Davis est remplacé successivement par Steve Moorhouse puis par Derek Hugues pour le reste de la tournée européenne qui passera par la France.

Le malaise au sein du groupe persiste et en novembre 1972, Dennis Thompson puis Rob Tyner s'en vont.

Après avoir tenté de relancer le compte-tours des Motor City Five en intégrant un nouveau batteur (Richie Dharma) et pris à leur compte le chant pour la tournée en France et en Scandinavie, Wayne Kramer et Fred « Sonic » Smith reviennent aux États-Unis, jouent un dernier concert au Grande Ballroom de Détroit puis arrêtent définitivement le moteur du Five dans la nuit du 31 décembre 1972.

Leur plus grand hit fut sans aucun doute le légendaire Kick Out The Jams qui accompagné de son fameux « motherfucker » fut censuré pour ses paroles injurieuses. Le groupe MC5 fut l'un des précurseurs de la vague punk. Certains puristes de la classification les définissent comme faisant partie du mouvement protopunk.

Ce qu'ils sont devenus[modifier | modifier le code]

Dennis Thompson continuera une carrière musicale en formant New Order (version Us) en 1978 avec Ron Asheton, le guitariste des Stooges avant que tous deux ne s'associent aux musiciens australiens de Radio Birdman pour fonder l'éphémère mais brillant New Race en 1981.

Fred « Sonic » Smith retrouva, en 1978, un instant la flamme avec un groupe nommé Sonic's Rendez-Vous Band composé du batteur Scott Asheton (ex Stooges et frère de Ron), du guitariste Scott Morgan (ex Rationals présent sur les sessions de High Time) et de Gary Rasmussen à la basse pour créer notamment le percutant morceau City slang. Fred Sonic Smith décède le 4 novembre 1994, laissant une veuve célèbre, la chanteuse et poétesse punk rock Patti Smith.

Wayne Kramer poursuivra jusqu'au début du nouveau millénaire une carrière principalement solo flirtant avec le hardcore, côtoyant aussi, à l'occasion, Scott Morgan (Sonic's Rendez-Vous Band), Denis Tek (Radio Birdman et New Race) au sein de Dodge Main en 1996.

Rob Tyner, enregistrera un single avec Eddie and the Hot Rods. Il décède en 1991.

En 2003, Wayne Kramer, Michael Davis et Dennis Thompson formeront DKT-MC5 pour une série de concerts annoncés comme une célébration de la musique des MC5, auxquels se joindront Ian Astbury (The Cult), Lemmy Kilmister (Motörhead), Dave Vanian (Damned) et Nick Royale (Hellacopters). En 2006, c'est avec la chanteuse Lisa Kekaula (the Bellrays) que les trois vétérans se lancent dans une nouvelle tournée européenne.

Un DVD Sonic revolution: a celebration of the MC5 témoignera de l'évènement.

Michael Davis décède le 16 février 2012, à l'âge de 68 ans.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Selon Iggy Pop, ils auraient sauvé ce dernier d'une overdose en le plongeant dans un bain glacé, et en lui injectant de l'eau salée.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Compilation[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Big Bang : The Best of the MC5

Singles[modifier | modifier le code]

  • 1967 : I Can Only Give You Everything
  • 1967 : One of the Guys
  • 1968 : Looking at You
  • 1968 : Borderline
  • 1969 : Kick Out the Jams
  • 1969 : Motor City is Burning
  • 1969 : Tonight
  • 1970 : Shaking Street
  • 1970 : The American's Ruse
  • 1971 : Over and Over
  • 1971 : Sister Anne

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Please kill me. L'histoire non censurée du punk racontée par ses acteurs, de Legs McNeil et Gillian McCain. Traduit par Héloïse Esquié. Paru en 2009 aux éditions Allia 632p. (ISBN: 2-84485-208-4). Please Kill Me regroupe des centaines d’heures d’entretiens avec ceux qui ont animé le punk-rock américain.

Liens externes[modifier | modifier le code]