Joliet (Illinois)

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Joliet
Centre-ville de Joliet
Centre-ville de Joliet
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Drapeau de l'Illinois Illinois
Comté Will et Kendall
Type de localité City
Maire Arthur Schultz
Démographie
Population 147 433 hab. (2010)
Densité 1 489 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 31′ 21″ N 88° 08′ 26″ O / 41.5225, -88.14055641° 31′ 21″ Nord 88° 08′ 26″ Ouest / 41.5225, -88.140556  
Superficie 9 900 ha = 99 km2
Fuseau horaire CST (UTC-6)
Divers
Fondation 1833
Municipalité depuis 1852
Surnom City of Steel, City of Stone, City of Champions
Localisation

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Joliet
Liens
Site web http://www.cityofjoliet.info

Joliet est une ville de l'Illinois située sur les comtés de Will et Kendall en banlieue sud ouest de Chicago, à environ quarante kilomètres de la ville, sur l'historique Route 66. Peuplée de près de 147 433 habitants (2010), elle est quatorzième aux États-Unis pour le taux de croissance de sa population. Elle fait partie de l'aire métropolitaine de Chicago. La ville a été nommée en l'honneur de l'explorateur canadien Louis Jolliet.

Géographie[modifier | modifier le code]

La municipalité, de forme irrégulière, s'étend sur neuf townships différents (un record en Illinois), à savoir les townships de Joliet, Plainfield, Troy, New Lenox, Jackson, Channahon, Lockport (dans le comté de Will), et Na-Au-Say et Seward (dans le comté de Kendall). Le centre-ville est situé dans la vallée de la rivière Des Plaines, qui divise par son cours la ville en un côté ouest et un côté est, historiquement équivalents dans leur développement jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, qui vit une expansion du côté occidental. La plupart des magasins et des bureaux du centre se déplacèrent alors près des nouveaux quartiers résidentiels et des grandes surfaces pour bénéficier d'un accès plus aisé et des parcs de stationnement, ce qui occasionna le déclin du centre-ville. La ville est aussi traversée par la rivière DuPage, un affluent de la rivière Des Plaines, ainsi que par de nombreux cours d'eau plus petits : Hickory Creek, Spring Creek, le Canal Illinois et Michigan, Jackson Creek, et Aux Sable Creek ; parmi les lacs et les retenues d'eau se trouvent Chase Lake, Lake Juco, Michigan Beach, le Brandon Road Quarry, et Leisure Lake.

Les limites de la municipalité sont :

  • Au Nord : Renwick Road.
  • Au Sud : Noel Road.
  • À l'Est : Higinbotham Woods.
  • À l'Ouest : Grove Road.

Démographie[modifier | modifier le code]

Au recensement de 2000 Joliet comptait 106 221 habitants, 36 128 foyers et 25 399 familles. (Un recensement spécial, datant de 2007, indique une hausse de la population à 145 800 personnes, ce qui fait de Joliet la quatrième ville de l'État d'Illinois.) La densité de population était de 1 077 6 habitants/km². La composition ethnique de la ville indique que 69,32 % se déclarent blancs, 18,16 % afro-américains, 8,97 % d'autres origines, 1,14 % asiatiques 0,28 % amérindiens, 0,02 % hawaiiens. 18,41 % de la population se définit comme hispanique.

Parmi les 36 128 foyers, 38,8 % comptaient un ou des enfants de moins de 18 ans, 51,9 % étaient des couples mariés vivant ensemble, 13,3 % avaient un chef de famille féminin sans mari, et 29,8 % étaient des foyers non familiaux. 24,7 % des foyers étaient constitués d'un individu vivant seul et 10 % d'un individu seul de 65 ou plus. Le nombre moyen de personnes par foyer était de 2,81 et la famille moyenne comptait 3,39 membres.

Transport[modifier | modifier le code]

Croisement des routes 6 et 52 dans le Sud-ouest de Joliet

Située à environ 64 kilomètres au sud-Ouest de Downtown Chicago, Joliet est un carrefour important. La ville s'étend sur les deux rives de la rivière Des Plaines, un axe fluvial majeur du Nord de l'Illinois, et fut l'un des principaux ports sur le Canal Illinois et Michigan. Le chemin de fer Elgin, Joliet and Eastern arriva dans la ville dans les années 1850, et la ligne de la Atchison, Topeka and Santa Fe suivit. Les U.S Route 6 (la Grand Army of the Republic Highway), 30 (la Lincoln Highway), 45, 52, et 66 (Route 66) passent par la ville. Dans les années 1960, les autoroutes inter-états 55 et 80 rejoignirent Joliet, se croisant près de Channahon, juste à l'Ouest de la municipalité. La devise « Crossroads of Mid-America » (carrefour de l'Amérique médiane), inscrite sur le sceau de Joliet, est une allusion à ce croisement.

La gare de Joliet, Union Station, est le terminus de Metra pour la ligne ferroviaire Heritage Corridor venant de l'Union Station (Chicago) et pour la Rock Island District route venant de LaSalle Street Station. PACE fournit, sauf le samedi, un service local de cars qui partent chaque heure depuis la gare routière située dans le centre-ville.

Le Joliet Regional Airport (IATA: JOT, OACI: KJOT, FAA LID: JOT) est un aéroport public situé à 7 km à l'ouest du centre-ville de Joliet. Il a ouvert en avril 1940. Il est géré par le Joliet Park District, à l'instar du Lewis University Airport, situé lui aussi dans la région, à Romeoville.

Lieux d'intérêt[modifier | modifier le code]

Union Station

Parmi les monuments locaux figurent le Joliet Area Historical Museum, le Route 66 Visitors Center, la Chicagoland Speedway (NASCAR) et la Route 66 Speedway. Le village voisin d'Elwood accueille l'Arsenal de Joliet, aujourd'hui nommé Abraham Lincoln National Cemetery and Midewin National Tallgrass Prairie. À Crest Hill se trouve la principale prison de l'État d'Illinois, le Stateville Correctional Center, qui a remplacé la célèbre prison de Joliet (voir plus bas). Le Rialto Square Theatre, situé dans le centre-ville sur Chicago Street, fut la retraite favorite d'Al Capone. Joliet Union Station, construite par Cook Engineering & Construction, Jarvis Hunt, a ouvert en 1912. D'un style Beaux Arts et classique, elle est inscrite au National Register of Historic Places depuis le 1er août 1978. Elle a été rénovée entre 1989 et 1991, et est désormais accessible aux handicapés. La Joliet Iron and Steel Works, qui fonctionna de 1869 à 1936 (rouverte plus tard, elle fut définitivement stoppée au début des années 1980) fut pendant un temps la deuxième plus grande aciérie des États-Unis : elle employait 4 000 ouvriers aux alentours de 1926[1]. La production de rails qui y eut lieu contribua fortement à l'expansion des chemins de fer dans le pays[2]. L'édifice est aujourd'hui visitable, grâce à un chemin balisé par dix-sept panneaux historiques.

Ruines sur le site de Joliet Steel Works, avec, en arrière-plan, la prison de Joliet Prison

Joliet dispose de deux casinos occupant des bateaux : l'Empress Casino près de Channahon et Rockdale, ainsi qu'un hôtel et casino d'Harrah's Entertainment dans le centre. Joliet est la seule ville de l'État à posséder deux casinos. La ville dispose également d'un grand centre commercial, le Westfield Louis Joliet Mall (inauguré en 1978 et géré par le Westfield Group), situé au croisement de la Route 30 avec l'Interstate 5, au 1118 Mall Loop Drive ; parmi une centaine de boutiques, les quatre magasins principaux sont Carson Pirie Scott, JCPenney, Macy's (autrefois Marshall Field's) and Sears. Joliet est aussi le lieu de naissance du jeu de cartes populaire "UNO". Joliet dispose de quatre terrains de golf : l'Inwood Golf Course, le Woodruff Golf Course, le Wedgewood Golf Course et le Joliet Country Club. Ses deux hôpitaux sont le Provena Saint Joseph Medical Center (abrégé en St. Joe) sur la rive gauche et le Silver Cross Hospital sur la rive droite.

Joliet Correctional Center[modifier | modifier le code]

La prison de Joliet (Joliet Correctional Center), située au nord du centre-ville, sur Collins Street, a été rendue célèbre par sa présence dans plusieurs films. Dans The Blues Brothers, c'est la prison d'où Jake Blues est libéré au début du film ; elle apparaît également dans la suite, Blues Brothers 2000. Elle doit également sa notoriété à la série Prison Break, où elle est, sous le nom de Fox Rivers Penitentiary, le lieu principal de l'action durant la première saison (et un lieu secondaire durant certains épisodes de la deuxième saison).

Porte Est de la prison (la Joliet Jake Gate).

Souvent confondue avec le Stateville Correctional Center, qui est situé dans la ville voisine de Crest Hill, le Joliet Correctional Center est en réalité une prison complètement séparée. La construction d'une nouvelle prison fut décidée en février 1857 par la législature de l'Illinois, afin de remplacer la Alton Prison, ouverte en 1833 et fermée en 1860. Le site choisi se situait juste en dehors des limites de la municipalité, sur un sol riche en calcaire. Les édifices ont été conçus par William W. Boyington (18181898), architecte originaire du Massachusetts ayant réalisé de nombreux bâtiments à Chicago (détruits pour la plupart par le Grand incendie de Chicago, à l'exception de la Chicago Water Tower et de la Pumping Station) et dans sa région (ainsi qu'à Springfield, le Capitole de l'Illinois). Le style architectural employé pour la prison est désigné en anglais sous le nom de castellated Gothic, en raison de son apparence de château (notamment l'édifice principal, utilisé par l'administration), renforcée par la présence de tourettes percées de meurtrières et des créneaux sur le mur d'enceinte. Cette façade principale, initialement bordée par un étang de nénuphars, fut appréciée des photographes, jusqu'à ce que le terrain soit modifié en raison de l'encombrement de la route et de la nécessité d'installer de nouveaux édifices[3].

La prison fut construite par le travail de prisonniers loués par l'État à l'entrepreneur Lorenzo P. Sanger et au directeur Samuel K. Casey. Le calcaire utilisé pour la construction fut exploitée sur le site. Achevé pour un coût total de 75 000 dollars en 1858, le complexe disposait de 761 places, ce qui en faisait le plus grand centre pénitentiaire des États-Unis, ainsi qu'un modèle pour les autres prisons. Les trente-trois premiers détenus furent transférés depuis Alton en mai 1858 pour commencer les travaux ; les derniers arrivèrent en juillet 1860. Durant la Guerre de Sécession l'établissement accueillit tant des criminels que des prisonniers de guerre. Le premier gardien à être tué fut Joseph Clark en 1865. En 1872, la population carcérale atteignit 1 239 personnes, ce qui constituait un record pour une seule prison. Sa modernisation fut lente : les cellules étaient encore dépourvues d'eau courante et de toilettes en 1910. En 1898 déjà, une commission de l'État d'Illinois critiquait les conditions de vie déplorables des prisonniers[4]. Cette situation, concomitante avec la construction à proximité du Stateville Correctional Center (entre 1917 et mars 1925), fit naître chez les autorités l'idée de fermer rapidement le site de Joliet. Cependant la décision ne fut pas prise et les deux prisons coexistèrent durant le reste du XXe siècle. Cependant la prison pour femmes qui avait été construite en 1896 de l'autre côté de Collins Street, au croisement avec Woodruff Road, fut fermée en 1932, après l'ouverture de la prison de Dwight ; elle devint par la suite une annexe pour la prison principale. Dans la prison masculine coexistaient différents gangs, qui régnaient en quelque sorte sur les détenus en usant d'extorsion, d'intimidation et de violence, et qui déclenchèrent, entre autres, une révolte importante en avril 1975[5].

À partir des années 1960 la prison accueillit un centre de réception et de classification pour l'Illinois septentrional, détenant les nouveaux prisonniers pour moins d'un mois avant qu'ils ne soient assignés à une autre prison, où passaient plus de 20 000 détenus par an. Dans le même temps, le centre était toujours pourvu d'une importante population de prisonniers permanents. Leur nombre atteint son sommet avec 1 300 personnes en 1990 et s'élevait encore à 1 156 détenus en 2000 ; la prison employait 541 personnes cette même année. Cependant les coupures budgétaires et la nature obsolète et dangereuse des édifices entraînèrent la fermeture du site en février 2002. Tous les détenus et la majeure partie des employés furent transférés dans de nouveaux bâtiments construits dans le Stateville Correctional Center, la prison de sécurité maximale située à Crest Hill. Joliet resta toutefois un centre d'admission jusqu'à mars 2004.

Parmi les détenus célèbres figurent Nathan Leopold et Richard Loeb, condamnés à perpétuité à Joliet pour le meurtre de Robert Franks, mais également le tueur en série John Wayne Gacy. Pendant des années, la prison de Joliet fut le principal lieu d'exécution de l'Illinois, accueillant la plus utilisée des trois chaises électriques de l'État (la première exécution de ce type y étant réalisée)[6],[7].

La prison de Joliet.

Religion[modifier | modifier le code]

Diocèse de Joliet

Éducation[modifier | modifier le code]

  • Colleges et universités:
    • Joliet Junior College,
    • University of St. Francis (campus principal, université catholique de l'Ordre franciscain)
    • Rasmussen College - Romeoville and Joliet
    • Lewis University - Romeoville and Joliet area
  • Lycées
    • Joliet Central High School
    • Joliet West High School
    • Joliet Catholic Academy
    • Plainfield South High School

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Charles Close, « (January 1926). "Safety in the Steel Industry". Annals of the American Academy of Political and Social Science (SAGE Publications) 123: 92. » (consulté le 24/09/09)
  2. (en) Thomas Misa, A Nation of Steel: The Making of Modern America, 1865-1925, 8 septembre 1998, Johns Hopkins University Press. p. 22., ISBN 0-8018-6052-0
  3. (en) David A. Belden, Joliet, Postcard History p. 82-83, Arcadia Publishing, 2008, ISBN 978-0-7385-5195-1
  4. Bert Useem, Peter Kimball, States of Siege: U.S. Prison Riots, 1971-1986, p. 59-60, Oxford University Press US, 1991, ISBN 978-0-19-507271-6
  5. States of Siege, p. 71
  6. (en) « Illinois' Chair »
  7. (en) « Joliet Prisons - electric chair »