Graulhet
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| Graulhet | ||
Ruelle près du château |
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Blason |
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| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Midi-Pyrénées | |
| Département | Tarn | |
| Arrondissement | Castres | |
| Canton | Graulhet (chef-lieu) | |
| Intercommunalité | Communauté de Communes Tarn et Dadou |
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| Maire Mandat |
Claude Fita 2008-2014 |
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| Code postal | 81300 | |
| Code commune | 81105 | |
| Démographie | ||
| Gentilé | Graulhétois/e | |
| Population municipale |
11 955 hab. (2010) | |
| Densité | 211 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | 160 m (min. : 126 m) (max. : 373 m) | |
| Superficie | 56,75 km2 | |
| Localisation | ||
| Liens | ||
| Site web | Ville de Graulhet | |
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Graulhet[Note 1] est une commune française située dans le département du Tarn et la région Midi-Pyrénées. La ville est membre de la Communauté de communes Tarn et Dadou.
Ses habitants sont appelés les Graulhetois (ou Graulhetous en occitan).
Sommaire |
Géographie[modifier]
La ville s'est construite autour d'un îlot rocheux entre le Dadou, le ruisseau du Verdaussou, les marécages du Jourdain et de vieux ateliers de couteaux en silex préhistoriques, dans la plaine alluviale creusée d'est en ouest par le Dadou sur les premiers contreforts du Massif central. Elle se trouve au cœur du Tarn, à égale distance de Castres et d’Albi (situées à environ 30 kilomètres chacune, respectivement au sud-est et au nord-est).
Du fait de sa position dans une vallée dont l'axe est parallèle à l'axe Toulouse-Albi, elle n'est pas desservie par le chemin de fer[Note 2]. Elle se trouve aussi, pour les mêmes raisons, un peu à l'écart de l'A68 qui relie Toulouse à Albi, bien qu'elle y soit reliée par la RD964 à Gaillac.
La ville est organisée de part et d'autre de la barre oblique d'un Z que forme la rivière. Les zones industrielles liées à la tannerie se sont concentrées en aval, au nord de la cité.
Communes limitrophes[modifier]
Toponymie[modifier]
Le nom de la ville provient, selon le Dictionnaire provençal de Frédéric Mistral, de « granolha » (grenouille, en provençal)[1]. Selon d'autres sources, Graulhet tire son nom de l'occitan « graulhas » signifiant « grenouilles » et venant du latin "ranucula". La ville s'appelait Granolheto en 961 et Granoillet en 1188[2].
Ces batraciens étaient en effet présents en grand nombre aux abords du village, en raison de la présence de lieux humides (ruisseaux et marécages).
Histoire[modifier]
L'occupation du site par l'homme est attestée par de nombreuses pièces archéologiques découvertes, datées d'environ 500 à 100 avant J.C[3]. La présence romaine se manifeste entre autres par la présence d'un oppidum gallo-romain.
L'éperon rocheux qui surplombe la rivière se voit doté d'un château féodal (qui fut détruit depuis) : le castrum de Graulhet, mentionné pour la première fois en 961, dans un testament de Raymond Ier, Comte de Rouergue. Le village, centré sur le château, est fortifié pour constituer une petite place-forte. En 1166, Graulhet, alors une seigneurie, passe sous le contrôle des Comtes de Toulouse.
En 1484, la seigneurie passe aux mains de la Maison d'Amboise, grâce au mariage de Hugues d'Amboise d'Aubijoux, (grand-père de Louis d'Amboise d'Aubijoux), avec Madeleine d'Armagnac.
Au XVIe siècle, fidèle à l'Église Catholique de Rome bien qu'en pays Cathare, la ville subit relativement peu de dommages durant la croisade contre les Albigeois et pendant les guerres de religion, en partie grâce à la politique de Louis d'Amboise d'Aubijoux (1536-1614), seigneur et comte de Graulhet, qui en est aussi Lieutenant-Général. En 1583, elle devient même le siège temporaire du diocèse, en accueillant l'évêque de Castres qui s'y réfugie. La ville se trouve alors au cœur d'une zone de production et de commerce important du pastel. Elle devient un carrefour local du transit fluvial entre la Garonne, le Tarn et l'Agout grâce à son modeste port. De cette époque sont représentatifs le château de Lézignac et son moulin pastellier, typiques de l'industrie du pastel.
Au XVIIe siècle, le petit-fils de Louis d'Amboise d'Aubijoux, François-Jacques d'Amboise (1606-1656) est l'ami et le protecteur de Molière de 1647 à sa mort, alors que l'artiste débute sa carrière et vient de fuir ses créanciers parisiens. Son château de Crins accueille à la même époque des troubadours comme Chapelle et Bachaumont, au bord du Dadou. En parallèle, la ville voit se développer les activités d'artisanat autour du tannage, de la cordonnerie et en particulier de la mégisserie : environ le tiers de la population travaille dans ces domaines.
En 1895, la ville est enfin raccordée au réseau ferroviaire national, via une ligne à petit écartement. Une seconde ligne est construite en 1903[4].
En 1909-1910, la ville connaît un important conflit social avec une grève dans les mégisseries : depuis 1881, la chambre syndicale des mégissiers a obtenu différents acquis sociaux, au prix d'une dizaine de grèves importantes en huit années. En décembre 1909, un nouveau conflit éclate sur fond de revendications salariales et de temps de travail. Les grévistes sont soutenus par Jean Jaurès, la grève dure 147 jours, mais le patronat ne lâche rien. De nombreux témoignages de ce conflit nous sont parvenus sous forme de cartes postales que vendaient les grévistes pour subsister[5].
Après la Première Guerre mondiale, l'industrie de la maroquinerie se développe dans le sillage de la mégisserie. Cependant, la crise économique de 1929 touche durement à la fois l'industrie locale (fortement dépendante des échanges de peaux avec l'Australie, l'Argentine et l'Afrique) et la compagnie de chemin de fer. Cette dernière ferme la dernière liaison en 1937 et les voies sont entièrement démontées[4].
Héraldique[modifier]
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« En un d'argent à l'épi de blé de sinople, en deux d'azur au marteau de cordonnier d'or, symboles de l'agriculture et de l'industrie du cuir. » |
Administration[modifier]
Démographie[modifier]
En 2010, la commune comptait 11 955 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements des communes de plus de 10 000 habitants ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[Note 3],[Note 4].
Activités[modifier]
Avant la fin du premier millénaire, sa place était connue de très loin parce qu'elle utilisait un tanin spécial et secret : la rusca de garric ou garolha (écorce de chêne). Le cuir ainsi tanné était d'une solidité inégalée et d'un prix abordable[8].
Véritable culture locale depuis des siècles, le travail du cuir a fait de Graulhet la capitale de la basane, cuir essentiellement utilisé pour la doublure des chaussures. Elle reste aujourd'hui le plus grand centre français de mégisserie : le tannage de petites peaux.
Mais Graulhet s'étant construite autour de sa mono-industrie, la mégisserie, elle s'est trouvée touchée de plein fouet par une profonde crise économique de ce secteur d'activité, ce qui a affecté par ricochet l'attractivité économique et démographique de la ville. La grande majorité des usines était installée en bord de rivière, rivière qui traverse la ville. Aujourd'hui, plus de 160 friches industrielles côtoient les zones d'habitation et donnent à la ville une image marquée par le déclin économique.
Perspectives[modifier]
L'équipe municipale élue en mars 2008 a présenté un programme de travail sur l'attractivité de la ville et le changement d'image : le traitement de ces friches industrielles est le fil rouge d'un projet de redynamisation. Un programme d'actions avec plusieurs projets de développement a déjà été proposé et validé par de nombreux partenaires institutionnels et territoriaux.
Lieux et monuments[modifier]
- Château de Lézignac (XVIIe siècle.)
- Pont Vieux, classé Monument historique. Édifié en 1244, il permettait une communication entre le bourg primitif et le nouveau quartier St-Jean où s'installèrent peu à peu des tanneries sur la rive droite du Dadou.
- Quartier médiéval de Panessac. La rue Panessac est une ruelle au cachet typiquement médiéval : étroite, bordée de bâtisses à pans de bois et encorbellements des XVIe et XVIIe siècles.
Autrefois des pontets reliaient certaines maisons de part et d'autre. - Hostellerie du Lyon d'Or, superbe bâtisse médiévale, classée à l'inventaire des Monuments Historiques. Henri de Navarre, futur Henri IV, y fit une escale gourmande. Remarquer les croix de Saint-André, typiques du XVe siècle, sur sa belle façade et les marques d'assemblage en chiffres romains sur les pans de bois.
- L'église N.-D. du val d'Amour, au pied de laquelle se trouve la dalle funéraire de Louis d'Amboise d'Aubijoux, classée Monument Historique.
- Maison des Métiers du cuir : visite d'une ancienne mégisserie, les différentes étapes de la transformation du cuir, de la peau aux objets fabriqués en cuir.
- Médiathèque Marguerite Yourcenar, ancienne mégisserie entièrement rénovée, témoin d'un fort passé industriel et d'un avenir tourné vers le réaménagement de cette ville.
- Moulin du seigneur XIVe siècle: ancien moulin sur le Dadou, transformé en mégisserie, détruit suite à un incendie en juillet 2010.
- Château de Crins XVIe siècle: Ancien château des comtes d'Aubijoux, partiellement démoli pour être transformé en école.
Personnalités liées à la commune[modifier]
- Louis d'Amboise d'Aubijoux (1536-1614), seigneur d'Aubijoux et de Graulhet ;
- François-Jacques d'Amboise (1606-1656), petit-fils du précédent, seigneur de Graulhet ;
- Jacques-Pierre de Taffanel de La Jonquière (1685-1752), militaire et homme politique français né à Lasgraïsses, dans les environs de la ville ;
- Benjamin Jaurès (1823-1889), officier de la marine française, inhumé à Graulhet ;
- Clément Roques (1880-1964), cardinal français, y est né ;
- Pierre-Max Dubois (1930-1995), compositeur français né à Graulhet ;
- Guy Laporte (1952-), joueur de rugby à XV international, a joué avec le S.C.G ;
- Yannick Jauzion (1978-), joueur de rugby à XV international, a fait ses débuts dans le club local.
Sport[modifier]
Le rugby à XV est fortement implanté à Graulhet (plus de 500 licenciés, une école de plus de 100 places)[9]. Le club local (Sporting club graulhetois), fondé en 1910, a évolué parmi l'élite du rugby à XV français de 1949 à 1995. Il a fourni plus de 20 joueurs internationaux depuis 1946.
Infrastructures[modifier]
La ville possède un aérodrome accueillant un aéro-club de tourisme et un club de vol à voile.
Jumelages[modifier]
La ville de Graulhet est jumelée avec[10] :
Prien am Chiemsee (Allemagne) depuis le 7 novembre 1971
Bibliographie[modifier]
- Ferdinand Kerssenbrock, Donatien Rousseau, Rpahaël Dhers, Graulhet, art de bâtir, art de vivre, Toulouse, France, Éditions Privat, 2010, 144 p. (ISBN 978-2-7089-5883-8)
Notes et références[modifier]
- Notes
- L'usage exige que l'on prononce Grauillet ou Grauliet (et non pas Graulet) : en occitan « lh » se prononce « ill » ou « li » comme dans « oseille » ou « liane » ; cependant en fin de mot « lh » se prononce [l]: solelh = [soulél] http://oc.net.free.fr/occitania/qu-es-aquo.html voir aussi sur ce point Millau (jadis Milhau).
- Graulhet fut reliée par rail à d'autres parties du réseau ferroviaire français de 1895 à 1937, mais les liaisons furent supprimées et les rails déposés en raison du manque de rentabilité des lignes.
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
- Références
- Mairie de Graulhet, « Patrimoine & Tourisme : Histoire », sur www.ville-graulhet.fr. Consulté le 10 mai 2009
- Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie occitane, Sud Ouest université, 1997 (ISBN 2879012155)
- Raconte moi... Graulhet, sur www.racontemoigraulhet.fr. Consulté le 11 mai 2009
- Association du Chemin de Fer Touristique du Tarn, « Des Tramways à Vapeur du Tarn au Chemin de Fer Touristique », sur www.cftt.org. Consulté le 11 mai 2009
- Association des Amis des Musées de Castres, « Jaurès et les mégissiers en grève (1910) », sur www.amis-musees-castres.asso.fr. Consulté le 11 mai 2009
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- site officiel de la municipalité
- Mairie de Graulhet, « Patrimoie & Tourisme : Cité du rugby », sur www.ville-graulhet.fr. Consulté le 11 mai 2009
- Mairie de Graulhet, « Découvrir / Jumelage », sur www.ville-graulhet.fr. Consulté le 13 mai 2009
