Sauveté
Une sauveté est, dans le sud de la France au Moyen Âge, une zone d'extraterritorialité, protégées par l'Église catholique et dans laquelle la loi de l'homme ne s'applique plus. Cet espace de libertés, dans le périmètre duquel il était interdit de poursuivre les fugitifs, était balisé par des bornes.
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Présentation [modifier]
Les sauvetés[1], en tant que zones de refuge délimitées par plusieurs bornes autour d'une église, sont à l'origine de bourgades rurales créées dans le Midi de la France à l'époque des grands défrichements, entre le XIe et le XIIe siècle[2]. Créés à l’initiative de l’Église dans le cadre du droit d’asile et de l’institution de la Paix de Dieu, elles jouissent d’une garantie de non-agression.
Le mouvement communal en France prend de la vigueur et se développe dès le XIe siècle. Un inventaire des sauvetés montre que leur création en Gascogne s'échelonne de 1027 à 1141[3].
Les sauvetés ont d'abord une fonction colonisatrice et de mise en valeur des terres. Lieu d'asile placé sous le contrôle d'une abbaye, d'un monastère ou d'un prieuré, elles deviennent au XIe siècle un lieu franc où l'immunité de l'individu est respectée. Considérées comme un prolongement permanent de la trêve de Dieu, elles offrent aux populations, à leurs biens et au travail de la terre la « securitas », en frappant d'anathème ceux qui la brisent.
Véritables villages neufs, elles ont pour objectif d'attirer et de fixer des populations agricoles afin d'occuper et de développer des régions essentiellement désertes. Les moines multiplient ainsi les enclos sacrés balisés par des bornes en pierre appelées « pyramides de sauveté » et surmontées de croix. De telles initiatives favorisent l’éclosion de nombreux villages, attirant parfois vagabonds mais surtout paysans du voisinage, qui cherchent refuge contre la violence des guerres féodales et qui se voient offrir des « libertas ».
Selon les sources[4], les sauvetés du Sud Ouest de la France auraient eu un double rôle : celui de peuplement et de mise en valeur de terres encore vierges, mais également celui d'étapes sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Exemples de sauvetés [modifier]
- Abbaye de Saint-Pé-de-Bigorre dans le Hautes-Pyrénées
- Alan, Léguevin et La Salvetat-Saint-Gilles en Haute-Garonne
- Aurillac dans le Cantal
- Lüe, Mimizan et Saint-Girons dans les Landes
- Nogaro dans le Gers
- Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le Tarn-et-Garonne
- Villefranque, anciennement Saint-Martin-de-Basters, dans les Pyrénées-Atlantiques
- Villeneuve en Aveyron
Toponymes [modifier]
- Causse de Sauveterre, dans la Lozère
- La Salvetat-sur-Agout, dans l'Hérault
- Saint-Martin-la-Sauveté, dans la Loire
- La Sauvetat-du-Dropt, dans le Lot-et-Garonne
- Consulter la page d'homonymie Sauveterre
Galerie [modifier]
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Borne de sauveté de Saint-Girons
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Croix de sauveté de Léguevin
Notes et références [modifier]
- localement appelées « Salvetat » en occitan ou « Sauveterre »
- Dictionnaire encyclopédique Le Petit Larousse Illustré
- Bulletin de la Société de Borda, n°486, p217
- Charles Higounet, Les chemins de Saint-Jacques et les sauvetés de Gascogne, Annales du Midi, 1951 + Paysages et villages neufs du Moyen Âge, FHSO, Bordeaux, 1975