Sirène

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Une sirène (en grec ancien σειρήν / seirến[1], en latin siren) est une créature légendaire mi-femme mi-poisson, issue du folklore médiéval et scandinave.

Il ne faut pas confondre la sirène du folklore, traitée dans le présent article, et la sirène de la mythologie grecque, mi-femme mi-oiseau.

Les sirènes dans la tradition scandinave[modifier | modifier le code]

Sirène médiévale sculptée, collégiale de Candes-Saint-Martin, XIIIe siècle

Pour les Scandinaves, la sirène est un monstre redoutable appelé Margygr (la « géante de mer »). L’œuvre norvégienne le Konungs skuggsjá (en) (Miroir royal en vieux norrois) la décrit comme une avenante créature ressemblant à « une femme en haut de la ceinture, car ce monstre avait de gros mamelons sur la poitrine, comme une femme, de longs bras et une longue chevelure, et son cou et sa tête étaient en tout formés comme un être humain ». Ce monstre paraissait grand, avec un visage terrible, un front pointu, des yeux larges, une grande bouche et des joues ridées.

Au VIIIe siècle, le moine anglais Aldhelm de Sherborne les décrit comme des vierges à queue de poisson couverte d’écailles. Ces deux représentations vont cohabiter jusqu’au XVe siècle où les sirènes volantes laissent définitivement la place à une jolie femme aux longs cheveux et à queue de poisson. À cette époque, le naturaliste allemand Johannes de Cuba les fait vivre dans des gouffres au fond des mers. « On les trouve souvent dans les mers et parfois dans les rivières », dit de son côté l’écrivain flamand Jacob Van Maerlant.

Notons que les anglophones appellent siren, les sirènes antiques (mi-femmes, mi-oiseaux), et mermaid, les sirènes scandinaves (avec une queue de poisson).

The Land Baby, œuvre de John Collier

D’illustres navigateurs ont dit avoir rencontré des sirènes : Christophe Colomb, en 1493, en aurait vu trois près des côtes de Saint-Domingue, « mais elles n’étaient pas aussi belles qu’on les décrit… » Un avis qui n’est pas partagé par les marins d’un navire américain qui ont observé, vers 1850, près des îles Sandwich (Hawaï), une sirène « d’une grande beauté qui ne cédait en rien aux plus belles femmes ». Ces sirènes sont certainement des mammifères marins, tels les lamantins et les dugongs, qui vivent dans les eaux peu profondes des archipels, des lagunes et estuaires.

En 1403, près d’Edam en Hollande, un spécimen a été capturé par deux jeunes filles. Il s’agissait d’une femme, trouvée nue dans l’eau et ne parlant aucune langue connue, qui fut surnommée la « sirène d’Edam ».

Créée en 1835, par l’écrivain danois Hans Christian Andersen, la légende moderne de la sirène continue de faire des vagues, elle n’est plus la terrible tentatrice mais devient une héroïne romantique, qui cherche l’amour, telle Ondine qui offre son âme à l’homme qui voudra bien l’épouser. Le dessin animé de Walt Disney, La Petite Sirène, reprend des éléments issus de la culture populaire et du conte d'Andersen.

Origines du mythe[modifier | modifier le code]

Statue du XXe siècle d’Antonio Parera Saurina dans le Parc du Retiro

Il se peut que l’origine des sirènes se trouve dans les récits des navigateurs, qui les confondaient avec des animaux rares, comme les lamantins ou les dugongs. Dans une logique évhémériste, la longue queue des lamantins, leurs mamelles, qui évoquent des seins, ainsi que leurs cris plaintifs sont rapprochés de l’apparence physique et des chants que la tradition prête aux sirènes. Il semble probable que Christophe Colomb ait pris des mammifères marins de ce type pour des sirènes.

Représentation et attributs[modifier | modifier le code]

Peinture d’Arnold Böcklin

Les bestiaires médiévaux les décrivent comme des femmes « de la tête aux cuisses » et poissons de « là jusqu’en bas avec des griffes et des ailes » dans un syncrétisme qui noue les traditions fabuleuses des mythologies grecque et germanique. Elles ont laissé à la postérité leur image gravée dans la pierre des stèles, tombeaux ou des églises romanes où elles personnifient l’âme des morts comme dans l’Égypte ancienne, on les invoquait au moment de la mort[2].

Dans de nombreux récits, les sirènes sont représentées avec un miroir et un peigne.

Selon Édouard Brasey, ces créatures océaniques se regardent dans un miroir, qui symbolise la planète Vénus dans la tradition astronomique. Aphrodite, la déesse de l’Amour née de l’écume marine, est souvent représentée avec un miroir d’or. Même si elle n’a pas de queue de poisson, elle serait « l’ancêtre des sirènes et la protectrice des marins »[3].

Dans La Petite Sirène, Ariel utilise une fourchette en guise de peigne.

Folklore[modifier | modifier le code]

De nombreuses légendes européennes font état de sirènes, vivant non seulement dans la mer, mais aussi dans les rivières et les petits cours d’eau[4]. Elles portent le nom de sirènes ou des noms vernaculaires (ondines, nixes dans le domaine germanique, dragas ou donas d’aiga — dames d’eau — en Occitanie, etc.), mais leur description est généralement conforme à l'imagerie traditionnelle : des êtres moitié femme et moitié poisson. Selon certains récits, elles sont immortelles ; les deux premiers siècles de leur vie elles s’amusent et découvrent l’océan, mais ensuite elles se sentent seules et veulent aimer et se faire aimer par un humain. Elles sont généralement représentées avec une queue de poisson d'un seul tenant ou divisée en deux.

Dans l’imaginaire celte, la sirène séduit les pêcheurs en mer et enlève les enfants[réf. nécessaire]. La sœur jumelle de Douarnenez, la Marie Morgane, porte une paire de jambes au lieu d’une queue de poisson[réf. nécessaire].

Afrique et Caraïbes[modifier | modifier le code]

Dans le vaudou haïtien, hérite du vaudou du Dahomey, la sirène est Mami Wata après les rituels dédiés à la déesse des Eaux pour la fécondité de la femme et dont la principale demeure est l’Océan, le maître (Hougan) ou la maîtresse (Mambo) de cérémonie lui demande de répéter : « Mamui Ata » ce qui veut dire : « je serre les jambes », afin de garder pendant un moment ce que la déesse a ensemencé. Avec le temps, on nomma la déesse « Amuia Ata » et avec les déformations phonétiques successives le nom « Mamui Ata » est devenu « Mami Wata » que l’on croit être une adaptation de l’anglais. Elle est aussi appelée Iemanja dans la tradition du vaudou haïtien, un culte spécial lui est même consacré (en Haïti, elle n’est pas appelée Iemanja mais plutôt Simbi ; Iemanja est plus usité à Cuba ou au Brésil). C’est la mère des eaux, déesse crainte des pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur. Mami Wata est avant tout une divinité éwé, dont le culte est très présent sur la côte atlantique du Togo (mais aussi au Nigeria, au Cameroun, au Congo-Brazzaville) où elle symbolise la puissance suprême, de même que la déesse Durga du panthéon hindouiste symbolise la shakti. Mami Wata est souvent représentée en peinture où elle figure sous les traits d’une sirène ou d’une belle jeune femme brandissant des serpents dans tous ses cotés.

D’un point de vue scientifique[modifier | modifier le code]

En 1758, les sirènes ont fait l'objet d'une courte note dans le Systema naturae de Carl von Linné[5] (ouvrage qui fonda la classification scientifique du vivant) sur la base d'un spécimen brésilien dont il juge la description « paradoxale », et le range à côté des mammifères en « incertae sedis ». En 1831, Georges Cuvier les rangea, toujours avec méfiance, parmi les amphibiens (malgré la présence alléguée d'oreilles) dans son Le Règne animal distribué d'après son organisation[6]. Par la suite, ce taxon fut rapidement abandonné des classifications scientifiques faute de spécimens ou de descriptions crédibles[7].

« Sirène » fabriquée en Extrême-Orient, XIXe siècle, MuCEM, Marseille

Des pastiches de sirène « desséchées » ont été fabriqués dès le XVIe siècle, et exposés dans les foires et les musées. Au XVIIe siècle, à Leyde, un certain Pavio disséqua une sirène en présence du célèbre médecin Johannes de Laet, apportant un certain crédit scientifique à l’animal fabuleux. La tête et la poitrine étaient humaines mais, du nombril au pied, l'être était informe et sans queue. Mais c’est surtout au XIXe siècle qu’ils ont attiré les foules. Ces monstres hideux étaient fabriqués au Japon, en Inde ou en Chine. Le haut du corps est constitué d’un buste d’orang-outan ou de guenon et la queue, celle d’un gros poisson. Des fœtus atteint d'une déformation telle que la sirénomélie (une seule jambe centrale au lieu de deux) peuvent également avoir participé au mythe, mais cette grave mutation ne permet généralement pas la survie de l'enfant, ce qui limite la possibilité de se procurer de grands squelettes[8].

Bien que l'existence des sirènes ne soit plus envisagée par les scientifiques depuis le XIXe siècle[7], certains scientifiques ont continué de s'intéresser, avec plus ou moins de sérieux[9], à ces animaux fabuleux, notamment en tant que modèle d'étude virtuel ou pédagogique pour montrer le fonctionnement d'une démarche scientifique à partir d'un nombre d'informations limitées[10]. Le grand océanologue américain Karl Banse leur a par exemple consacré un article en 1990 dans la très sérieuse revue Limnology and Oceanography[7], où il infère le mode de vie, la répartition et l'évolution hypothétiques des sirènes à partir des quelques sources qui avaient pu être considérées crédibles plusieurs siècles plus tôt. Selon lui, les sirènes seraient des mammifères marins et n'auraient donc pas d'écailles (celles-ci étant rajoutées par les artistes n'ayant pas vu de spécimen réel, comme cela se fit longtemps pour les dauphins), et leur corpulence limiterait leur répartition aux eaux les plus chaudes des tropiques (d'où la séparation en plusieurs espèces, par bassin océanique). Toujours selon Banse, les sirènes auraient un mode de vie agricole (algues, mollusques) relativement peu évolué technologiquement du fait de l'impossibilité de produire du feu sous l'eau, mais avec un système social assez avancé ; elles complèteraient éventuellement leur régime alimentaire par de la chair humaine, ce qui expliquerait leur habitude de charmer les marins pour les emmener dans les profondeurs[7].

Les siréniens sont les animaux les plus proches de ce à quoi pourrait ressembler une sirène.

À l'inverse, certaines études se sont intéressées aux problèmes biologiques qui empêchent l’existence d’êtres comme les sirènes. Plusieurs paramètres physiologiques rendent en effet impossible qu’un animal d’une telle apparence puisse être viable[11] :

La température 
Les homininés sont adaptés à la vie aérienne, et la survie dans une eau même à 20 °C ne dépasse pas 35 heures pour les humains les mieux constitués. Ainsi, des êtres tels que les sirènes devraient, pour conserver une température interne viable, suivre les stratégies des autres mammifères marins : soit adopter une importante couche de graisse sous-cutanée et des membres réduits (ce qui les ferait ressembler à des lamantins), soit adopter une fourrure épaisse et abondante, nécessitant un entretien constant (comme la loutre de mer), soit, mieux, les deux (comme les phoques). Dans tous les cas, la peau devrait être très épaisse pour conserver la chaleur, et l’allure générale potelée pour optimiser le ratio volume/surface de manière à limiter les échanges thermiques.
L’hydrodynamisme 
Une créature à buste de femme, même pourvue d’une puissante queue, ne pourrait pas atteindre des vitesses de natation suffisantes pour échapper à un prédateur, ou attraper du poisson. Les nourrissons seraient ainsi particulièrement vulnérables (requins, orques, léopards de mer…). Pour pallier ce défaut, les sirènes devraient au moins être chauves, avoir un visage allongé (si possible un rostre), un corps plus tubulaire (avec des seins réduits en dehors des périodes d’allaitement), des bras courts et larges et enfin une peau épaisse, lisse et luisante, si possible couverte d’un mucus hydrophobe.

Cependant, l’idée d’un primate s’adaptant à un mode de vie exclusivement aquatique n’est pas inenvisageable scientifiquement, mais cela demanderait des millions d’années d’évolution et des modifications corporelles considérables (ce fut par exemple le cas des cétacés, des siréniens et des pinnipèdes), et cet animal ne pourrait plus survivre en surface, le métabolisme nécessitant des adaptations majeures (impossible de boire de l’eau douce, par exemple).

Il existe cependant une théorie du primate aquatique[12] qui postule que certains caractères propres à l’homme (absence de poils, bipédie, nez, etc.) seraient des adaptations à une vie amphibie (mais pas maritime). Cette théorie n’est cependant pas confirmée scientifiquement, et reste considérée comme fantaisiste en l’absence d’éléments paléontologiques concrets.

Sirènes dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • 1876, dans le conte La Petite Sirène, écrit par Hans Christian Andersen, le personnage principal est une sirène.
  • 1911, dans le conte Peter Pan, écrit par J. M. Barrie, des personnages de sirènes sont abordés.
  • 1968, dans le film La Petite Sirène/Rusalochka, réalisé par Ivan Aksenchuk et produit par Soyuzmultfilm, le personnage principal est une sirène.
  • 1976, dans le film La Petite Sirène/Malá mořská víla, CSR ; Miroslava Safránková - Sirène et Libuse Safránková, le personnage principal est une sirène.
  • 1976, dans le film L'Ondine Triste/La Petite Sirène/Russalotschka/Rusalka, Bulgarie/RSS, Vika Novikova - Sirène, le personnage principal est une sirène.
  • 1979, dans le film La Petite Sirène, réalisé par Tomoharu Katsumata et produit par Toei, le personnage principal Marina, tombe amoureuse d'un prince.
  • 1984, dans le film Splash, Daryl Hannah interprète le rôle de Madison, une sirène tombant amoureuse d’un humain.
  • 1989, dans le long métrage d'animation La Petite Sirène, de Studios Disney, le personnage principal, Ariel, tombe amoureuse du prince Eric.
  • 1995, dans la série télévisée d'animation franco-benelux-japonaise Le Prince et la Sirène, le personnage principal est une sirène.
  • 2000, dans le livre et le film Harry Potter et la Coupe de Feu, des personnages de sirènes sont abordés.
  • 2003, dans l'anime et manga Mermaid Melody, les personnages principaux sont des sirènes.
  • 2003, dans les deux premiers épisodes de la 5e saison de la série télévisée Charmed prénommés : Les Sirènes de l'Amour, les sœurs Halliwell doivent sauver une sirène des griffes d'une sorcière des mers.
  • 2003, dans le téléfilm Sirènes, trois sirènes unissent leurs forces pour tenter de retrouver les assassins de leur père.
  • 2006, dans la série télévisée australienne H2O, les personnages principaux sont des sirènes.
  • 2006, dans le film Aquamarine, le rôle principal de la sirène est tenu par Sara Paxton.
  • 2006, dans le long métrage d'animation Barbie : Mermaidia, la célèbre poupée mannequin tente de sauver son ami, le prince Nalu, kidnappé par une cruelle sorcière, avec l'aide de son amie sirène, prénommée Nori.
  • 2009, dans le long métrage d'animation Ponyo sur la falaise de Hayao Miyazaki, c'est une libre interprétation du conte.
  • 2011, dans la nouvelle littéraire Mermaid, écrit par Carolyn Turgeon, le personnage principal est une sirène.
  • 2011, dans la série d'ouvrages littéraires à succès prénommé Le Royaume de Lénacie, écrit par Priska Poirier, le personnage principal Marguerite, découvre qu'elle est une syrmain, c’est-à-dire un être ayant la possibilité d’être à la fois humaine et sirène.
  • 2011, dans le film Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence, on rencontre les sirènes dans la mer des Âmes perdues et les pirates doivent acquérir une larme d’une de ces créatures dans l’une des deux coupes qui contiennent l’eau de la Fontaine de Jouvence.
  • 2013, dans la série télévisée australienne Mako Mermaids, le personnage principal Zac, découvre qu'il est devenu un triton doté d'une puissante queue de poisson bleue.

Galerie de sirènes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Claude Nicaise, Les Sirenes : ou discours sur leur forme et figure, éd. Anisson, 1691

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sans étymologie sûre d'après Pierre Chantraine, Dictionnaire étymologique de la langue grecque, Paris, Klincksieck,‎ 1999 (édition mise à jour) (ISBN 2-252-03277-4).
  2. Jean-Jacques Ampère, L'Histoire romaine à Rome, éd. Michel Lévy frères, 1861, p. 434.
  3. Édouard Brasey, La Petite Encyclopédie du merveilleux, Paris, Éditions Le Pré aux clercs,‎ 14 septembre 2007, 435 p. (ISBN 978-2-84228-321-6), p. 70
  4. Les Sirènes du Gers, in Jean-François Bladé Contes populaires de la Gascogne, Paris, Maisonneuve frères et C. Leclerc,‎ 1886, 358 p. (lire en ligne)
  5. Carl von Linné Systema naturae V. 1. Regnum animale, 10e ed. (1758), Salvius.
  6. Georges Cuvier, Le Règne animal distribué d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée, Déterville libraire, Imprimerie de A. Belin, Paris, 4 tomes, 1817-1831.
  7. a, b, c et d (en) Karl Banse, « Mermaids - their biology, culture, and demise », Limnology and Oceanography, vol. 35, no 1,‎ 1990, p. 148-153 (lire en ligne).
  8. « La sirénomélie », sur www.la-sirene.info.
  9. DORIS, consulté le 31 octobre 2013
  10. (en) Dr. M, « A (Not So Serious) Scientific Treatment of Mermaids », sur Deep Sea News,‎ 5 juin 2014.
  11. (en) Sheanna Steingass, « Fishful Thinking: Five Reasons why Mermaids Can’t Physically Exist », sur http://DeepSeaNews.com,‎ 30 octobre 2013 (consulté le 31 octobre 2013)
  12. (en) Morgan, Elaine The Aquatic Ape, 1982, Stein & Day Pub, (ISBN 0-285-62509-8) (traduction française : Des origines aquatiques de l'homme, Sand, 1988).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]