Johannes de Laet

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Johannes de Laet (Ioannes Latius en latin), né entre septembre et décembre 1581 à Anvers et mort le à Leyde, est un géographe néerlandais du XVIIe siècle et un directeur de la Compagnie hollandaise des Indes occidentales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père s'appelait Hans de Laet et était un riche marchand d'Anvers (aujourd'hui en Flandre belge. En 1584, après la prise d'Anvers par les troupes espagnoles catholiques, sa famille, comme les dizaines de milliers de protestants Flemings, fuit vers le nord et s'installe à Amsterdam. Johannes suit les cours de l'école latine puis s'inscrit comme étudiant en théologie et en philosophie à l'Université de Leiden en 1597. Un de ses enseignants fut le grand érudit humaniste Joseph Justus Scaliger, avec qui il a échangé une correspondance jusqu'à la mort de ce dernier.

En 1603, après la fin de ses études, son père l'envoie à Londres pour acquérir de l'expérience comme un négociant. Là il se marie avec Jacobmijntje van Loor, fille d'un négociant Anglo-néerlandais aisé. En 1607, après la mort de sa jeune épouse, il revient s'installer à Leyden où dès le , il se remarie avec Maria Boudewijns van Berlicum qui meurt en 1633. Johhanes s'enrichit en investissant dans la reconstruction. La ville de Leiden l'envoie comme délégué au grand Synode de Dordrecht (1618–1619). En 1620, il investit dans le commerce d'outre-mer en devenant un des directeurs fondateurs de la Compagnie hollandaise des Indes occidentales, un poste qu'il conservera pour le reste de sa vie.

Il consacre ses loisirs à étudier dans sa bibliothèque entouré de ses livres, manuscrits, cartes, globes et peintures. Il publie des ouvrages sur des thèmes variés allant de la théologie, à l'histoire mondiale, et à la géographie. Il réédite l'Histoire naturelle de Pline et celle de l'architecture de Vitruvius. Il écrit une description détaillée du Nouveau Monde et compile un dictionnaire Latin-Anglais du XVII (non publié) pour l'aider dans ses autres publications. Parmi ses correspondants, on trouve les Britanniques William Camden, Henry Spelman, William Boswell, Abraham Wheelock, Simonds D'Ewes, James Usher, Patrick Young, John Morris et le Danois Ole Worm. Il devient célèbre pour ses descriptions de pays comme la France (1629), l'Espagne (1629), la Belgique (1630), la Turquie (1630) et le Portugal (1642).

Son œuvre la plus prisée demeure la description qu'il rend dès 1625 du Nouveau Monde[1] et en partie de la Nouvelle-Néerlande (l'une des premières sources du savoir néerlandais quant à leur nouvelle colonie). Pour ce faire, il récupère un grand nombre de récits qui lui sont contemporains d'explorations des terres d'Amérique, dont ceux d'Adriaen Block, puisqu'il ne s'y est jamais rendu. Il traduisit lui-même quelques années plus tard Nieuwe Wereldt... en latin puis en 1640, en français. Il publia ainsi la description la plus parfaite des Amériques publiées au XVIIe siècle, une des premières cartes du Canada et fut le premier à imprimer des cartes avec les noms de « Manhattan », « Nouvelle Amsterdam » (maintenant New York) et « Massachusetts ».

Il s'est opposé à Hugo de Groot (ou Grotius) (1583-1645) au sujet de l'origine des Amérindiens.

Il a travaillé pour le compte de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales, et c'est lui qui recommanda Georg Markgraf pour l'expédition de découverte des côtes du Brésil en 1638. Après la mort de ce dernier en 1648, il récupère les notes de Markgraf consacrées aux oiseaux, réussit à décrypter le code qu'il utilisait, et les publie dans le cinquième volume d’Historia naturalis Brasiliae, accompagnées de 55 figures.

Il fut associé dans deux entreprises de colonisation en Nouvelle-Néerlande, soit à la création des seigneuries de Swaanendael et de Rensselaerswijck. Après l'échec de la première et une succession de disputes avec Kiliaen van Rensselaer, le plus important actionnaire de la seconde, il se départit de ses parts dans Rensselaerswijck.

Johannes de Laet meurt en 1649 à La Haye et est enterré à Pieterskerk de Leyde. Après sa mort, Willem Piso réécrit toute la partie consacrée à l'histoire naturelle et fait disparaître le nom de Georg Markgraf des éditions ultérieures.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Respublica, siue Status regni Poloniæ, Lituaniæ, Prussiæ, Livoniæ, etc., Leiden, 1627
  • Gallia, sive de Francorvm regis dominiis et opibus commentarius, Leiden, 1629
  • Nieuwe Wereldt ofte beschrijvinghe van West-Indien, 1625.
  • L'Histoire du Nouveau Monde ou description des Indes Occidentales, contenant dix-huict livres, enrichi de nouvelles tables geographiqiues & figures des animaux, plantes & fruicts, 1640. (Traduction française de Nieuwe Wereldt, [1625])
  • Portvgallia sive De regis Portvgalliæ regnis et opibvs commentarius, Leiden, 1641
  • Notae ad dissertationem Hugonis Grotii De origine gentium americanarum, et observationes aliquot ad meliorem indaginem difficillimae illius quaestionis, Leiden 1643
  • Historie ofte iaerlijck verhael van de verrichtinghen der geoctroyeerde West-Indische Compagnie, zedert haer begin, tot het eynde van 't jaer sesthien-hondert ses-en-dertich; begrepen in derthien boecken, ende met verscheyden koperen platen verciert, Leiden, 1644
  • Historia natvralis Brasiliae, Amsterdam, 1648
  • Republyke der Zeven Vrye Vereenigde Nederlanden: een volkoome Beschrijvinge der plaats, hoedanigheid, staats- en burgerlikke bestuuringe van Gelderlandt, Hollandt, Zeelandt, Uitrecht, Friesland, Over-Yszel en Groeningen, Amsterdam, 1652

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Première édition en néerlandais en 1625, deuxième édition en 1630, édition en latin en 1633, édition en français en 1640, contenant 18 livres, enrichi de nouvelles tables géographiques & figures des animaux, plantes & fruits. Chaque édition successive était enrichie de cartes mises à jour.