Tengu (folklore)

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Tengu

Description de cette image, également commentée ci-après

Tengu et un moine bouddhiste, par Kawanabe Kyōsai.

Créature

Groupe Créature des religions, Folklore populaire
Caractéristiques Milan ou Corbeau
long nez
Habitat Montagnes
Forêts

Origines

Origine Mythologie japonaise
Région Japon

Les Tengu (天狗?, "chien céleste") sont un type de créatures légendaires de la religion populaire japonaise et ils sont aussi considérés comme des dieux Shinto (kami) ou comme des yōkai. Bien que leur nom contienne le mot "chien" comme le démon chinois Tiāngǒu, les tengu, à l'origine, prenaient la forme de rapaces, et ils sont traditionnellement représentés avec des caractéristiques à la fois humaines et aviaires. Les plus anciens tengu sont représentés avec des becs, mais ce trait a souvent été humanisé en un nez anormalement long, qui est actuellement largement considéré comme la caractéristique définissant le tengu dans l'imaginaire populaire.

Le Bouddhisme a considéré pendant longtemps que les tengu étaient des démons perturbateurs et des annonciateurs de guerres. Leur image s'est graduellement adoucie, cependant, même s'ils sont considérés comme des protecteurs, ils sont encore de dangereux kami des montagnes et des forêts. Les tengu sont associés à la pratique ascète connue sous le nom Shugendō, et ils sont habituellement représentés dans le costume distinctif de ses disciples, les yamabushi.


Image[modifier | modifier le code]

Masque de Tengu
Kobayakawa Takakage débattant avec le tengu du Mont Hiko, par Yoshitoshi

Dans l'art, les tengu apparaissent sous un grand nombre de formes, mais elle se situe habituellement quelque part entre un grand oiseau monstrueux et un être entièrement anthropomorphe, souvent avec un visage rouge ou un nez anormalement large ou grand. Les plus anciennes représentations de tengu les montrent semblable à des milans qui peuvent prendre forme humaine avec souvent des ailes, une tête d'oiseau ou un bec. Les longs nez des tengu semblent avoir été conçus au XIVe siècle, comme une humanisation de l'originel bec d'oiseau[1]. Les longs nez des tengu les relient avec la divinité shinto Saruta-hiko, qui est décrit dans le texte historique japonais, le Nihon Shoki, avec une protubérance similaire mesurant sept paumes de longueur [2]. Lors des fêtes de village, les deux personnages sont souvent portraiturés par le même masque rouge au nez phallique[3].

Certaines des plus anciennes représentations de tengu apparaissent dans des rouleaux illustrés japonais, tel le Tenguzōshi Emaki (天狗草子絵巻?), peint vers 1296, qui parodie les prêtres de haut-rang en les dotant de becs de faucon des démons tengu[4]. Les tengu sont souvent représentés comme prenant la forme de prêtre. Au début du XIIIe siècle, les tengu ont commencé à être associés en particulier aux yamabushi, les ascètes des montagnes qui pratiquaient le Shugendō[5]. L'association fit son chemin dans l'art japonais, où les tengu sont le plus fréquemment représentés dans le costume distinctif des yamabushi, qui inclus un petit chapeau noir (頭襟, tokin?) et un 結袈裟 (yuigesa?)[6]. Du à leur esthétique de prêtres, ils sont souvent montrés portant le Khakkhara (en), un bâton utilisé par les moinis bouddhistes.

Les tengu sont ordinairement représentés tenant un ha-uchiwa (羽団扇, "éventail de plumes"?) magique. Dans les récits populaires, ces éventails ont quelques fois la capacité de faire grandir ou rétrécir le nez d'une personne, mais habituellement on leur attribue le pouvoir de provoquer de forts vents. Divers autres accessoires étranges peuvent être associés aux tengu, telle une geta haute et dentelée appelées tengu-geta[7].


Origines[modifier | modifier le code]

un Tengu comme un monstre milan, du Gazu Hyakki Yagyō de Toriyama Sekien

Le terme de tengu et les caractères utilisés pour l'écrire proviennent d'un démon féroce du folklore chinois appelé Tiāngǒu. La littérature chinoise assigne à cette créature une variété de descriptions, mais le plus souvent c'est un monstre canin féroce et anthropophage qui ressemble à une étoile filante ou une comète. Il fait un bruit de tonnerre et apporte la guerre là où il tombe. Un texte de Shù Yì Jì (述異記, "A Collection of Bizarre Stories"), écrit en 1791, décrit un chien semblable au tiāngoǔ avec un bec aiguisé et une posture droite, mais habituellement le tiāngoǔ a peu de ressemblances avec ses homologues japonais[8].

Le chapitre 23 du Nihon Shoki, écrit en 720, est généralement considéré comme la première mention écrite du tengu au Japon. Dans cet écrit, un grande étoile filante apparait et est identifié par un prêtre bouddhiste comme un "chien céleste", et comme pour le tiāngoǔ de Chine, l'étoile précède un soulèvement militaire. Cependant, les caractères chinois pour le tengu sont utilisés dans le texte, accompagnés des caractères phonétiques les furigana qui donne une lecture comme amatsukitsune ("renard céleste"). M.W. de Visser spéculait que les anciens tengu japonais pouvaient représenter une conglomération de deux esprits chinois: le tiāngoǔ et l'esprit renard nommé huli jing[9].

Comme la transformation du tengu d'un chien-météore à un homme-oiseau n'était pas claire, certains érudits japonais ont supporté la théorie que l'image du tengu dérive de la divinité aigle hindou, Garuda, qui a été a de nombreuses reprises dans les écrits bouddhistes présenté comme faisant partie d'une des races majeures d'être non-humains. Comme le tengu, le garuda est souvent portraituré comme une forme de vie humaine avec des ailes et un bec d'oiseau. Le nom tengu semble avoir été écrit à la place de celui de garuda dans les sutra japonais appelés Emmyō Jizō-kyō (延命地蔵経), mais cela a été écrit à la période Edo, longtemps après que l'image du tengu se sot établie. Au moins une ancienne histoire dans le Konjaku monogatari shū décrit un tengu emportant un dragon, ce qui rappelle la querelle des garuda avec les serpents nāga. Cependant, le comportement originel du tengu diffère remarquablement de celui du garuda, qui est généralement amical envers le Bouddhisme. De Visser a spéculé que les tengu pourraient descendre d'un ancien démon-oiseau qui a été syncrétisé à la fois le garuda et le tiāngoǔ quand le Bouddhisme est arrivé au Japon. Cependant, il trouva peu de preuves pour supporter cette idée[10].

Dans la dernière version du Kujiki, un ancien texte historique japonais, il est écrit le nom de Amanozako, une divinité femelle monstrueuse née de la férocité crachée par le dieu Susanoo, avec les caractères signifiant tengu divinité (天狗神). Le livre décrit Amanozako comme une créature rageuse capable de voler, avec le corps d'un humain, la tête d'une bête, un long nez, des longues oreilles, et des longues dents qui peuvent broyer des épées. Un livre du XVIIIe siècle appelé Tengu Meigikō (天狗名義考?) suggère que cette déesse pourrait être le véritable prédécesseur du tengu, mais les dates et l'authenticité du Kujiki, et de cette édition en particulier, restent disputés[11].


Esprit malin et fantôme en colère[modifier | modifier le code]

Iga no Tsubone se confronte à l'esprit tourmenté de Sasaki no Kiyotaka, by Yoshitoshi

Le Konjaku monogatari shū, un recueil d'histoire publiées à la fin de la Période Heian, contient certains des plus anciens récits de tengu, déjà caractérisés comme ils le seraient pour les siècles à venir. Ces tengu sont des adversaires gênants pour le Bouddhisme, ils méconduisent les pieux à l'aide de fausses images de Bouddha, enlever les moines et les déposer dans des lieux éloignés, possèdent les femmes afin d'essayer de séduire les hommes saints, volent dans les temples, et procurer à ceux qui les vénèrent un pouvoir impie. Ils se déguisent souvent eux-mêmes en prêtres ou en nonnes, mais leur vraie forme semble être celle d'un milan[12].

À travers les XIIe et XIIIe siècle, des récits continuent de parler de tengu essayant de causer des problèmes dans le monde. Ils étaient alors considérés comme des fantômes de prêtres en colère, hérétiques ou mort en vain qui étaient tombés dans le royaume tengu (天狗道, tengudō). Ils commencèrent à posséder les gens, spécialement les femmes et les filles, et parlent par leur bouche (kitsunetsuki). Encore ennemis du Bouddhisme, les démons tournèrent alors leur attention vers la famille royale. Le Kojidan fait le récit d'une impératrice qui a été possédée, et le Ōkagami monogatari rapporte que l'empereur Sanjō a été rendu aveugle par un tengu, le fantôme d'un prêtre qui avait du ressentiment face au trône[13].

Un des tengu renommés du XIIe siècle était lui-même le fantôme d'un empereur. Le Hōgen monogatari raconte l'histoire de l'Empereur Sutoku, qui a été forcé par son père d'abandonner le trône. Quand il se lança dans la rébellion Hōgen pour reprendre le pays à l'Empereur Go-Shirakawa, il a été défait et s'est exilé dans la province de Sanuki dans le Shikoku. Selon la légende, il est mort dans le tourment, ayant juré de hanter le Japon comme un grand démon et alors devint un effrayant tengu avec des longues griffes et des yeux semblables à ceux d'un milan[14].

Dans des histoires du XIIIe siècle, les tengu commencèrent par enlever des jeunes garçons aussi bien que les prêtres qu'ils ont toujours ciblés. Les garçons étaient souvent rendus, alors que les prêtres étaient découverts entravés au sommet d'un arbre ou d'autres lieux en hauteur. Toutes les victimes de tengu, cependant, revenaient dans un état proche de la mort ou de la folie, quelques fois après avoir été trompé pour manger des excréments animaux[5].

Les tengu de cette période sont souvent conçus comme des fantômes d'arrogants, et comme résultat deviennent des créatures qui sont fortement associées à la vanité et à la fierté. De nos jours, l'expression japonaise tengu ni naru, littéralement, "devenir un tengu", est encore utilisé pour décrire une personne vaniteuse[15].


Grands et petits démons[modifier | modifier le code]

Dans le Genpei Jōsuiki, écrit à la fin de la période Kamakura, un dieu apparait à Go-Shirakawa Et donne un récit détaillé sur les fantômes tengu. Il dit qu'ils se sont échoués sur la voie tengu parce que, comme bouddhiste, ils ne peuvent pas aller en Enfer, et comme personnes de mauvais principes, ils ne peuvent pas aller au Nirvana. Il décrit l'apparence des différents types de tengu: les fantômes de prêtres, de nonnes, des hommes et femmes ordinaires, tous ceux qui ont une fierté excessive dans la vie. Le dieu introduit la notion selon laquelle tous les tengu ne sont pas égaux; les hommes érudits deviennent des daitengu ( (大天狗, grand tengu?), mais les ignorants deviennent des kotengu (小天狗, petit tengu?)[16].

Le philosophe Hayashi Razan a listé les plus grands de ces daitengu comme Sōjōbō de Kurama, Tarōbō de Atago, et Jirōbō de la Hira Mountains (en)[17]. Les démons de Kurama et d'Atago sont parmi les tengu les plus renommés[15].

Corbeau Tengu, fin de la période Edo (28x25x58cm)
Akiba Sanjakubō Daigongen près du portail du Temple Hase (Hasedera), Nara Prefecture

Une section du Tengu Meigikō, annotée plus tard par Inoue Enryō, liste les daitengu dans cet ordre:

Les daitengu sont souvent représentés dans une forme plus humaine que leurs subordonnées, et dû à leur long nez, ils sont aussi appelés hanatakatengu (鼻高天狗, tengu à long nez?). Les Kotengu peuvent être représentés plus comme des oiseaux. Ils sont quelques fois appelés Karasu-Tengu (烏天狗, tengu corbeau?), ou koppa- or konoha-tengu (木葉天狗, 木の葉天狗?)[19]. Inoue Enryō décrit deux sortes de tengu dans son Tenguron: le grand daitengu, et le petit konoha-tengu ressemblant à un oiseau et qui vit dans les arbres Cryptomeria. Les konoha-tengu sont notés dans un livre de 1746 appelé le Shokoku Rijin Dan (諸国里人談?), comme étant des créatures semblables à des oiseaux avec des ailes de deux mètres d'envergure qui ont été vues entrain d'attraper des poisson dans la rivière Ōi-gawa, mais ce nom apparait rarement dans la littérature autrement[20].

Des créatures qui ne sont pas des oiseaux classiques ou des yamabushi sont quelques fois appelées tengu. Par exemple, les tengu en guise d'esprits des bois peuvent être appelés guhin (occasionnellement écrit kuhin) (狗賓 ?), mais ce mot peut aussi se référé au tengu avec une gueule canine ou autres caractéristiques[19]. Les habitants de la préfecture de Kōchi dans le Shikoku croient en une créature appelée shibaten ou shibatengu (シバテン, 芝天狗?), mais c'est un petit être enfantin qui aime les combats de sumo et quelques fois résident dans l'eau, et est généralement considéré comme une sorte de kappa[21]. Un autre tengu résidant dans l'eau est le kawatengu (川天狗, tengu des rivières?) du Grand Tokyo. Cette créature est rarement vue, mais on croyait qu'elle créait d'étranges boules de feu et étaient une nuisance pour les pêcheurs[22].

Esprits et Divinités protecteurs[modifier | modifier le code]

A tengu mikoshi (autel portable) dans la ville de Beppu, Préfecture d'Ōita, dans leKyūshū.

Le Shasekishū, un livre de paraboles bouddhistes de la période kamakura, fait la distinction entre les bons et les mauvais tengu. Le livre explique que les premiers sont à la tête des seconds et sont les protecteurs et non les adversaires du bouddhisme-bien que la fierté ou l'ambition leur a valu d'échouer sur la voie du démon, ils restent basiquement bons, le dharma -respectant les personnes qu'ils étaient vivant[23].

L'image déplaisant du tengu continue d'éroder le XVIIe siècle. Certaines histoires les représentent beaucoup moins malveillants, protégeant et bénissant les institutions bouddhistes plutôt que de les menacer ou de les brûler. Selon une légende du XVIIIe siècle Kaidan Toshiotoko (怪談登志男?), un tengu a pris la forme d'un yamabushi et servit avec foi l'abbé d'un monastère zen jusqu'à ce que l'homme devine la vraie forme de son préposé. Les ailes et l'immense nez du tengu sont alors apparus. Le tengu requit un fragment de sagesse de son maître et partit, mais il continua, invisible, à procurer une aide miraculeuse au monastère [24].

A Yamabushi Tengu (山伏天狗?)

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les tengu commencèrent à être craint en tant que protecteurs vigilants de certaines forêts. En 1764, dans un recueil d'histoires étranges le Sanshu Kidan (三州奇談?), un récit raconte qu'un homme se promenait dans une vallée profonde et ramassait des feuilles, c'est alors qu'il fit face à une tempête de grêles soudaine et féroce. Un groupe de paysans lui dit plus tard qu'il était allé dans la vallée où vivaient les guhin, et n'importe qui prenant une seule feuille de ce lieu mourrait de façon certaine. Dans le Sōzan Chomon Kishū (想山著聞奇集?), écrit en 1849, l'auteur décrit les coutumes des bucherons de la Province de Mino, qui utilisaient un gâteau de riz appelé kuhin mochi pour apaiser les tengu, qui autrement perpétreraient toutes sortes de méfaits. Dans d'autres provinces, une sorte spéciale de poisson appelé okoze était offerte aux tengu par les bûcherons et les chasseurs, en échange d'une journée de travail fructueuse[25].

Les habitants de la préfecture d'Ishikawa ont jusqu'à récemment cru que les tengu détestaient les maquereaux et les ont utilisés comme un charme contre le kidnapping par des esprits malveillants et éviter qu'ils viennent les hanter[26].

Les tengu sont vénérés comme des kami bienveillants dans divers cultes religieux japonais. Par exemple, le tengu Saburō du Mount Iizuna (en) est vénéré sur cette montagne et sur de nombreuses autres comme Izuna Gongen (飯綱権現, incarnation d'Izuna?), une des divinités primaires du culte de Izuna Shugen, qui est aussi lié à la sorcellerie des kitsune et au Dakini du bouddhisme tantrique. Izuna Gongen est représenté comme une figure ailée avec un bec et des serpents enroulés autour de ses jambes, entouré d'un halo de flammes, chevauchant un renard et brandissant une épée. Les adorateurs des tengu d'autres montagnes sacrées ont adopté des images similaires pour leur divinité, tel que Sanjakubō (三尺坊?) ou Akiba Gongen (秋葉権現?) du Akiba et Dōryō Gongen (道了権現?) du Temple Saijō-ji à Odawara[27].

Dans les Contes populaires[modifier | modifier le code]

Le héros populaireKintarō embêtant un nid de petits tengu.

Les tengu apparaissent fréquemment dans les contes transmis oralement et collectés par les folkloristes japonais. Comme ces histoires sont souvent humoristiques, ils tendent à faire un portrait des tengu comme des créatures ridicules qui sont facilement piégées ou confuses par les humains. Certains de ces contes populaires incluent:

  • Le 天狗の隠れみの (Tengu no Kakuremino?): un garçon regarde à travers un bout de bambou et prétend qu'il peut voir des endroits situés au loin. Un tengu, dépassé par la curiosité, offre de l'échanger contre un manteau de paille magique qui rend le porteur invisible. Ayant dupé le tengu, le garçon continue ses méfaits en portant le manteau. Une autre version de l'histoire parle d'un affreux vieil homme qui piège un tengu pour qu'il lui donne son manteau magique et provoque le chaos au sein de ses compatriotes villageois. L'histoire finit avec le tengu regagnant le manteau grâce à un jeu de d'énigmes et punit l'homme en le transformant en loup[28].
  • Le 瘤取り爺さん (Kobu-tori Jiisan?): un vieil homme a une bosse ou une tumeur sur son visage. Dans la montagne, il rencontre un groupe de tengu faisant la fête et rejoint leur danse. Il leur plait tellement qu'ils veulent qu'il les rejoint la nuit suivante, et lui offre un cadeau. En plus, ils enlèvent la bosse de son visage, pensant qu'il voudrait la reprendre et que pour ça il reviendrait la nuit suivante. Un voisin méchant, qui avait aussi une bosse, entendit parler de la bonne fortune du vieil homme et essaya de la répéter, et vole le cadeau. Les tengu, cependant, lui ont simplement donné la bosse en plus de la sienne, parce qu'ils étaient dégoutés par sa mauvaise dance, et parce qu'il avait essayé de voler le cadeau[29].
  • Le 天狗の羽団扇 (Tengu no Hauchiwa?): un coquin obtient l'éventail magique d'un tengu, qui peut agrandir ou rétrécir les nez. Il utilise secrètement l'objet pour agrandir le nez de la fille d'un riche marchand, puis le raccourcit en échange de sa main. Plus tard, accidentellement il s'évente lui-même en dormant, et son nez devient si long qu'il atteint le paradis, résultant un malheur douloureux pour lui[30].
  • Le 天狗の瓢箪 ("Tengu no Hyōtan"?): un parieur rencontre un tengu, qui lui demande de quoi il a le plus peur. Le parieur ment en clamant qu'il est terrifié par l'or ou les mochi. Le tengu répondant sincèrement qu'il est effrayé par telle sorte de plante ou tel objet ordinaire. Le tengu, pensant jouer un tour cruel, fait alors pleuvoir de l'argent ou des mochi sur le parieur. Le parieur est bien sûr ravi et décide d'effrayer le tengu avec ce dont il a le plus peur. Le parieur alors obtient la gourde magique du tengu (ou un autre trésor) qu'il a laissé derrière lui[31].
  • "Le Tengu, et le bûcheron": un tengu ennuie un bûcheron, en lui montrant ses capacités surnaturelles de deviner tout ce que l'homme pense. Le bûcheron balance sa hache et un éclat de bois atteint le nez du tengu. Le tengu fuit de terreur, s'exclamant que les humains sont des créatures dangereuses qui peuvent faire des choses sans y penser[32].
Ushiwaka-maru s'entrainant avec le tengu du Mont Kurama, par Kunitsuna Utagawa.

Arts Martiaux[modifier | modifier le code]

Un karasu-tengu supervisant une compétition d'arcs. Imprimé dans Yōkyu hidensho (Secret Tradition of the Small Bow), 1687
Le régent du Japon Hōjō Tokimune qui combat les tengu

Durant le XIVe siècle, les tengu ont commencé à s'en prendre à d'autres personnes en dehors du clergé bouddhiste, et comme leurs ancêtres menaçant, les tiāngoǔ, les tengu devinrent des créatures associées à la guerre[33]. Des légendes leur prêtent de grandes connaissances dans l'art du combat.

Cette réputation semble avoir son origine dans une légende entourant le fameux guerrier Minamoto no Yoshitsune. Quand Yoshitsune était un jeune garçon du nom de Ushiwaka-maru, son père, Yoshitomo, a été assassiné par le clan Taira. Taira no Kiyomori, à la tête des Taira, permit à l'enfant de survivre s'il était exilé dans le temple du Mont Kurama et devienne un moine. Mais un jour dans la Vallée Sōjō-ga-dani, Ushiwaka rencontra le tengu de la montagne, Sōjōbō. Cet esprit apprit au garçon l'art de l'escrime afin qu'il puisse se venger des Taira[34].

À l'origine, les actes de ce tengu étaient décrits comme un autre essai des démons de provoquer le chaos et la guerre, mais comme la renommée de Yoshitsune en tant que guerrier légendaire a augmenté, son maître monstrueux finit par être décrit sous une lumière plus sympathique et honorable. Dans une des plus fameuses interprétations de l'histoire, la pièce Noh Kurama Tengu, Ushiwaka est la seule personne du temple qui n'a pas abandonné de dégout à la vue de cet étrange yamabushi. Sōjōbō se lia alors d'amitié avec le garçon et lui devint son maître, en sympathie pour sa situation critique[35].

Deux histoires du XIXe siècles continuent sur ce thème: dans le Sōzan Chomon Kishū, un garçon est enlevé par un tengu et passa trois ans avec la créature. Il revient à la maison avec un pistolet magique qui ne rate jamais sa cible. Une histoire de la province d'Inaba, relatée par Inoue Enryō, parle d'une fille avec une mauvaise dextérité manuelle qui est soudainement possédée par un tengu. L'esprit souhaite raviver l'art de l'escrime dans le monde. Bientôt un jeune samouraï se montre, alors le tengu lui apparait en rêve, et la fille possédée lui enseigne à la manière d'un maître escrimeur [36].

Fiction sontene[modifier | modifier le code]

Profondément ancrés dans l'imaginaire japonais depuis des siècles, les tengu continuent d'être des sujets populaires dans la fiction moderne au Japon et leur popularité augmentent dans les autres pays. Ils apparaissent souvent parmi les personnages principaux et les créatures du cinéma japonais, des animes, des manga, et des jeux vidéos.

Un des Tengu fictionnel les plus renommé est le Tengu nommé Haruka (Tactics) (en), de l'animé japonais et manga Tactics (manga) (en). Haruka prend la forme d'un grand jeune homme avec des ailes de corbeau et un nez anormalement grand pour un manga.

En 2009, le film RoboGeisha (en), les soldats de haut-rangs geisha sont appelé Tengun et porte des masques rouge à long nez modelés d'après la forme humaine du tengu. Le "Tengu Milk" est une de leurs attaques.


Tengu
  • Dans Pathfinder (jeu de rôle), le tengu est une race présentée dans le Bestiaire.
  • Dans Urusei Yatsura (Lamu) de Rumiko Takahashi, la princesse Kurama est une jeune Tengu extra-terrestre. Elle est la fille de Yoshitsune (personnage légendaire entraîné par les Tengu) et porte le nom de la montagne sur laquelle il se serait retiré selon le folklore japonais.
  • Graham Masterton s'est servi du personnage du tengu pour écrire un roman d'horreur appelé Tengu.
  • L'un des Robot Masters de Megaman 8 et plus tard Megaman & Bass s'appelle TenguMan.
  • Dans Guild Wars Factions, les tengu sont des humanoïdes avec une tête d'oiseau et des serres. Ils sont incapables de voler mais peuvent tenir des armes. Ils sont divisés en deux tribus principales : les Sensali et les Angchu.
  • Tengu figure sur les boites de jeux hanafuda de Nintendo.
  • Chris Fehn l'un des deux percussionnistes du groupe de neo-metal Slipknot porte un masque de tengu.
  • Dans Gantz, lors de la mission d'Osaka (tomes 22 et 23), l'un des trois chefs des monstres est un Tengu.
  • Le Tengu est un croiseur stratégique dans le MMORPG Eve Online
  • Tengu apparaît dans le jeu Dead or Alive 2.
  • Tengu apparaît dans le jeu vidéo MadWorld en tant que mini-boss.
  • Tengu est mentionné dans l'ouvrage Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne sous le nom de Tingou.
  • Dans le manga Shaman King un tengu apparait sous le nom Dai Tengu et est un esprit de la classe des dieux qui sert la famille Asakura, invoqué premièrement par Yôhken Asakura puis par Tamamura Tamao
  • Tengu apparaît dans le jeu Okami sous la forme de monstres volants masqués, crachant de l'acide et créant des bourrasques dangereuses.
  • Certains ennemis de Muramasa: The Demon Blade sur Wii sont des Tengus.
  • Aya Shameimaru et Hatate Himekaidou, personnages du jeu vidéo amateur, Touhou Project, sont des tengus qui exercent la profession de reporter. De même, Momiji Inubashiri, mini-boss sommaire de l'un des jeux de la série, est un tengu loup blanc.
  • Iô Kuroda a écrit un manga ayant pour thème les tengu, Le Clan des Tengu.
  • Tengalice est un Pokémon inspiré de Tengu.
  • le père de Ryo Sakazaki et Yuri Sakazaki à savoir Takuma Sakazaki dans la saga Art of Fighting et plus tard dans la saga The King of Fighters de SNK a une identité secrète connue sous le nom de Mr. Karate qu'il cache sous un masque tengu
  • Les soldats de la dernière partie de Metal Gear Solid 2 sont des appelé tengu.
  • Dans l'anime Karas de la Tastunoko le personnage principal est un esprit protecteur à l'apparence de corbeau.
  • le Tengu est un monstre sur Dofus Accompagné par la Fuji.
  • Kyo dans le manga Black Bird est un tengu comme le reste de son clan.
  • Dans le manga Toriko, le cuisinier Tengu Buranchi est, comme son nom l'indique, un Tengu.
  • Dans le film 47 ronnins les Tengus sont présentés comme des démons des montagne aillant l'apparence de moines avec une peau écaillé des yeux d'oiseau et un nez aquillin

Notes[modifier | modifier le code]

Utagawa Kuniyoshi, Éléphant attrapant un tengu volant
  1. de Visser, p. 61. Le milan se réfère ici au tobi ou tonbi (鳶), le milan noir japonais (Milvus migrans lineatus).
  2. Encyclopedia of Shinto:Sarutahiko
  3. Moriarty p. 109. Voir aussi: [1].
  4. Fister p. 105. Pour voir les illustrations de ce rouleau « here » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-22 et « here » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-22.
  5. a et b de Visser, p. 55-57.
  6. Fister, p. 103. Pour les images de costume yamabushi voir here.
  7. Mizuki 2001, p. 122.
  8. de Visser, p. 27-30.
  9. de Visser, p. 34-35.
  10. de Visser, p. 87-90.
  11. de Visser, p. 43-44; Mizuki, Mujara 4, p. 7.
  12. de Visser, p. 38-43.
  13. de Visser, p. 45-47. Ce fantôme tengu finalement apparut et admit être monté sur le dos de l'empereur avec ses ailes recouvrant les yeux de l'homme.
  14. de Visser, p. 48-49.
  15. a et b Mizuki 2001.
  16. de Visser, p. 51-53.
  17. de Visser, p. 71.
  18. de Visser, p. 82 ; la plupart des kanji et les corrections des noms proviennent de « here » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-22.
  19. a et b Mizuki 2001
  20. de Visser, p. 84; Mizuki 2003, p. 70. Le terme konoha-tengu est souvent mentionné dans les textes anglais comme un synonyme de daitengu, mais il semblerait que cela soit une erreur largement répétée et qui n'est pas corroborée dans les sources en langue japonaise.
  21. Mizuki, Mujara 4, p. 94
  22. Mizuki, Mujara 1, p. 38; « Kaii-Yōkai Denshō Database (en): Kawatengu » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-02-22
  23. de Visser, p. 58-60.
  24. de Visser, p. 72-76.
  25. de Visser, p. 76-79. Le poisson okoze a pour nom scientifique Anema inerme, le Uranoscopidae.
  26. Textes du Folklore cités dans le Kaii*Yōkai Denshō Database:
    • Ueda Eikichi, 1937: [2], [3]
    • Ogura Manabu, 1972: [4], [5]
    • Chūō Daigaku Minzoku Kenkyūkai (Chuo University Folklore Research Society), 1986: [6]
  27. de Visser (Fox and Badger) p. 107–109. Voir aussi: Encyclopedia of Shinto: Izuna Gongen et Encyclopedia of Shinto: Akiha Shinkō, et Saijoji, a.k.a. Doryo-son.
  28. Seki p. 170. Version en ligne here.
  29. Seki p. 128-129. Version online here.
  30. Seki p. 171. Une version de cette histoire a été popularisée en anglais dans "The Badger and the Magic Fan".(ISBN 0-399-21945-5)
  31. Seki p. 172. Version online here.
  32. Seki p. 54. Cette histoire implique souvent d'autres esprits des montagnes comme yama-uba. Une version impliquant spécifiquement un tengu est écrite en japonaishere.
  33. de Visser, p. 67.
  34. de Visser, p. 47-48.
  35. here. Pour un autre exemple voir le rouleau Tengu no Dairi here, dans lequel le tengu du Mont Kurama travaille comme un Bouddha (qui fut jadis le père de Yoshitsune) pour renverser le clan Taira. Cela indique que le tengu était alors impliqué dans une cause juste plutôt que dans un acte de méchanceté.
  36. de Visser, p. 79.

Références[modifier | modifier le code]

Primary sources[modifier | modifier le code]

  • M. W. de Visser, « The Tengu », Transactions of the Asiatic Society of Japan, Z. P. Maruya & Co., vol. 34, no 2,‎ 1908, p. 25–99
  • (en) Pat Fister, Japanese Ghosts and Demons, New York, George Braziller, Inc,‎ 1985 (ISBN 0-8076-1126-3), « Tengu, the Mountain Goblin », p. 103–112
  • (en) Shigeru Mizuki, Mizuki Shigeru No Nihon Yōkai Meguri, Japan, JTB,‎ 2001 (ISBN 4-533-03956-1), p. 122–123
  • Keigo Seki, « Types of Japanese Folktales », Asian Folklore Studies, Asian Folklore Studies, Nanzan University., vol. 25,‎ 1966, p. 1–220 (liens DOI? et JSTOR?)

Supplementary sources[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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